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Chine: villes bouclées au coeur de l'épidémie, le bilan grimpe

Près d'une dizaine de villes chinoises étaient bouclées vendredi à l'épicentre de l'épidémie virale, dont le bilan s'est à nouveau alourdi peu après que l'OMS a renoncé à déclarer une urgence internationale.

Vingt-cinq morts sur un total de 830 personnes contaminées: le bilan du nouveau coronavirus apparu en décembre sur un marché de Wuhan (centre) s'est encore aggravé.

"Cette année, notre Nouvel an fait très peur", commente un chauffeur de taxi de Wuhan, la ville de 11 millions d'habitants placée de facto en quarantaine depuis jeudi. "On n'ose plus sortir à cause du virus".

Le long congé du Nouvel an chinois démarre ce vendredi, à la veille de l'Année du Rat qui commence le 25 janvier. Les centaines de millions de déplacements générés par ces congés pourraient favoriser la contagion.

Un précédent bilan communiqué jeudi par la Commission nationale de la santé faisait état de 18 morts et plus de 600 cas de contamination avérés, en grande majorité dans la province du Hubei, dont Wuhan est la capitale.

Sur les 830 cas, 177 sont jugés graves, selon la Commission, tandis que 34 patients "guéris" ont pu quitter l'hôpital. Plus d'un millier de cas suspects sont en cours d'examen.

Face à la crise, le régime communiste a pris jeudi la décision inédite d'interdire tous les trains et avions au départ de Wuhan et de bloquer les autoroutes.

Seuls quelques avions étaient toujours annoncés dans la journée à destination de la ville. Autocars et bateaux sur le Yangtsé, le plus long fleuve de Chine qui arrose Wuhan, ont reçu l'ordre de s'arrêter dans les deux sens.

- "Pas peur" -

Pour la seconde journée consécutive, les rues de Wuhan étaient désertes, les commerces fermés et la circulation réduite au minimum. Le port du masque est obligatoire sous peine d'amende.

Seul un gardien monte la garde devant l'hôpital où sont soignées des personnes atteintes par la pneumonie virale.

"Je n'ai pas peur. J'essaye de faire mon travail le mieux possible", déclare-t-il à l'AFP sans vouloir révéler son nom. "Dans cette situation dramatique, nous devons tous faire notre devoir sérieusement, sinon nous ne nous en sortirons pas".

D'autres communes proches de Wuhan sont coupées du monde.

A une centaine de kilomètres à l'est, une agglomération de deux millions d'habitants, Huangshi, a annoncé vendredi matin la suspension des transports publics et la fermeture d'un pont sur le Yangtsé.

Au total, quelque 26 millions de personnes sont concernées par ces mesures au Hubei, une province de près de 60 millions d'habitants.

- "Urgence en Chine" -

Au terme d'une réunion de deux jours à son siège de Genève, l'Organisation mondiale de la santé a reconnu jeudi "l'urgence en Chine" mais a jugé qu'il était "trop tôt" pour parler "d'urgence de santé publique de portée internationale".

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé le terme d'urgence internationale que pour de rares cas d'épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la République démocratique du Congo depuis 2018.

L'OMS a dit espérer que les mesures radicales adoptées par la Chine seraient "à la fois efficaces et de courte durée".

"Nous avons compris que les mesures prises dans la ville de Wuhan ont résulté de l'initiative de cette ville et ne résultaient pas d'une évolution épidémiologique", a expliqué le président du comité d'urgence de l'OMS, Didier Houssin.

L'OMS assure qu'il n'y a pour l'instant aucune preuve de transmission entre humains en dehors de la Chine et qu'elle semble y être "limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé".

L'OMS ne recommande pas de restrictions de voyages mais d'établir des dépistages dans les aéroports. L'organisation demande aussi "à tous les pays" de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus, contre lequel il n'existe pas actuellement de traitement ou de vaccin.

- Essais cliniques -

A Davos, où se tient le Forum économique mondial, la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI) a annoncé jeudi que les essais cliniques concernant un premier vaccin pourraient avoir lieu "dès l'été".

Des cas de contamination ont été annoncés en Asie (Hong Kong, Macao, Taïwan, Corée du Sud, Japon, Thaïlande, Singapour, Vietnam) mais aussi aux Etats-Unis.

L'épidémie fait redouter une répétition du Sras, un virus similaire, qui a tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong entre 2002 et 2003.

Symbole de l'inquiétude qui s'est emparée de toute la Chine, la Cité interdite de Pékin, l'ancien palais des empereurs, a annoncé sa fermeture jusqu'à nouvel ordre pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs.

La capitale a décrété également l'annulation des festivités du Nouvel an, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs.

Depuis Montréal, le Cirque du Soleil a annoncé qu'il suspendait un spectacle en Chine à la demande des autorités.

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Des retraites aux flambeaux dans plusieurs villes contre la réforme des retraites

Des retraites aux flambeaux étaient organisées jeudi soir dans plusieurs villes, dont Paris, pour protester contre la réforme des retraites, à la veille de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres et d'une nouvelle journée nationale de mobilisation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les manifestants étaient plusieurs milliers au départ de la place de la Nation à Paris en direction de République, beaucoup d'entre eux portant des flambeaux distribués par les organisateurs en échange de contributions financières libres pour alimenter les caisses de grève. Certains arboraient des lampions artisanaux faits de guirlandes électriques dans des bouteilles tenues au bout d'une ficelle.

Parmi les banderoles et slogans: "Macron retire ton projet! Sauvegardons et améliorons nos retraites!" ou "à bas le roi et sa cour". "On n'aime pas les lacrymos, on aime bien les flambeaux", chantait une manifestante.

"Le mouvement se renouvelle, essaie de toutes les manières que ce soit de se faire entendre", a déclaré l'eurodéputée LFI Manon Aubry, croisée dans le cortège, pour qui "peut-être que le gouvernement n'a pas vu la lumière au bout du tunnel depuis un mois mais qu'il va la voir aujourd'hui avec cette nouvelle forme de mobilisation".

Mêmes scènes dans plusieurs autres villes, comme Dijon, Rouen ou Lyon, où à chaque fois plusieurs centaines de personnes ont défilé, selon des journalistes de l'AFP. A Metz, ils étaient 300 selon la police, chantant "on est là, même si Macron le veut pas nous on est là".

A Lille, où la préfecture avait interdit de manifester avec des "objets enflammés de type torche", notamment pour des raisons d'"ordre public", les flambeaux ont été remplacés par bougies, lampes torches ou encore sabres laser par les manifestants (1100 selon la police, au moins 3.000 selon la CGT), au son de la musique de Star Wars.

A Nantes, la manifestation a réuni plus de 3.000 personnes selon l'intersyndicale, 1.400 selon la préfecture. Les forces de l'ordre ont dû reculer vers 20H00, entourés par des manifestants, et des lacrymogènes ont été tirés pour leur permettre de se dégager. Beaucoup de manifestants étaient venus accompagnés d'enfants, a constaté une journaliste de l'AFP. Un garçon d'une dizaine d'année, à côté de ses parents, portait une pancarte à laquelle était accrochée une guirlande lumineuse: "Le monde est construit par des gens en salopettes et détruit par des gens en cravates".

"Le gouvernement ne veut rien céder (...) Je ne pense pas que les gens vont arrêter de manifester. Moi, je ne vais pas arrêter. On trouve d'autres façons de manifester", comme cette retraite aux flambeaux, a déclaré à Dijon Alain Lomberget, 59 ans, qui travaillait "dans le social" mais est aujourd'hui en invalidité.

- "Grève recombustible" -

"Ça change sur la forme. Il faut marquer les esprits différemment. Toutes les actions sont bonnes à prendre. Et concrètement, faire des manifestations en fin d'après-midi, ça permet de mobiliser des personnes qui ne peuvent plus se permettre de faire grève", a souligné à Lyon Mickaël Goyot, qui manifestait sous les drapeaux de la CNT.

A Bordeaux, ils étaient 800 selon la police et ont traversé la Garonne avec leurs flambeaux. A Strasbourg (800 participants selon la police, 1.200 selon la CGT), des manifestants tenaient une grande banderole sur laquelle était inscrite "Macron, Etat, patrons, battez en retraite", tandis qu'un autre brandissait un pantin en costume noir avec un masque d'Emmanuel Macron, de faux billets sortant des poches et une pancarte autour du cou affirmant "c'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches".

A Rennes, où 1.400 personnes ont défilé selon la préfecture, 2.000 selon les organisateurs, les slogans filaient la métaphore du feu: "Notre colère s'enflamme" et "grève recombustible", indiquaient des pancartes, ou encore "il fait bien sombre au pays des lumières". L'open de tennis de Rennes a été interrompu par l'intrusion de manifestants qui ont lancé des fumigènes dans la salle.

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Tempête Gloria dans le sud: les sinistrés commencent à évaluer les dégâts

Les habitants sinistrés de l'Aude et des Pyrénées-Orientales commençaient jeudi à évaluer les dégâts, après le passage de la tempête Gloria, qui a noyé la région sous des trombes d'eau après avoir fait neuf morts en Espagne.

"C'est la catastrophe. L'eau est montée à plus d'un mètre", se désole à Limoux Jean-Claude Rivet, 76 ans, en montrant la trace laissée par l'eau sur le mur de sa villa à une trentaine de mètres de l'Aude.

Avec l'aide du propriétaire de la maison, ils nettoient et essaient de retirer la boue qui s'est accumulée à l'intérieur. "Tout est foutu, les meubles, mes papiers, la bouffe, les matelas. On n'y peut rien, c'est comme ça".

Une soixantaine d'habitants de son quartier de Flassian ont été évacués mercredi puis accueillis dans un gymnase, un sort partagé par quelque 250 riverains de l'Aude dans le département.

Plus en aval à Carcassonne, Myriam Ledoux s'emploie à chasser l'eau et la boue qui macule le carrelage de son salon, dans le quartier du Palais, inondé pendant la nuit.

"L'eau s'est infiltrée par la porte et la fenêtre, on a essayé d'écoper mais ça ne servait à rien" raconte-t-elle. "Heureusement qu'on a pu relever les meubles".

- "Cotes historiques" -

En fin de journée, seul un tronçon de l'Aude, entre Quillan et Carcassonne, restait en alerte rouge crue sur les cours d'eau de la région, après des "cotes historiques autour de 2.20m entraînant d'importants dommages" selon Vigicrues.

Mais quelque 300 personnes restaient empêchées de regagner leur domicile, selon la préfecture, et 396 foyers toujours privés d'électricité, la décrue ne s'amorçant que lentement.

Le trafic était également toujours perturbé sur une soixantaine d'axes routiers, tandis que trois communes étaient privées d'eau potable, sans rétablissement en vue avant le début de la semaine prochaine.

Dans les Pyrénées-Orientales, où 1.500 personnes ont été évacuées mercredi, l'Agly, au nord de Perpignan, a été rétrogradée en vigilance orange.

La préfecture a toutefois maintenu pour la journée son ordre d'évacuation des populations vivant à moins de 300 m du fleuve de six communes catalanes.

Dans l'une d'elles, à Claira, Francis Pinos, 79 ans, prend son mal en patience dans la salle polyvalente où il a passé la nuit. "Sincèrement, je pensais qu'on allait pouvoir rentrer chez nous plus rapidement, on se sent coincés ici, mais les services de secours sont impeccables, on ne manque de rien", dit-il.

- Meilleure anticipation -

"Tout ça c'est aussi de notre faute, le dérèglement climatique, c'est nous, et le fait de vivre cette expérience nous en donne encore plus conscience", philosophe ce retraité.

Daniel et Annie Berthier, un couple de retraités, ont eux décidé de retrouver leur domicile. Soulagement à leur arrivée: la maison n'est pas inondée. "A mon âge, je ne me voyais pas refaire une maison. Ouf, cette fois, le malheur ce n'est pas pour nous!", s'exclame Annie.

Sur l'ensemble des Pyrénées-Orientales, 781 foyers restaient aussi en fin de journée privés d'électricité, et une trentaine de départementales toujours coupées, avec de nombreux éboulements sur le réseau routier.

Dans ces deux départements frappés par des pluies diluviennes depuis lundi, aucun blessé ni mort n'avait été signalé jeudi.

Le phénomène météorologique, s'il a été qualifié d'exceptionnel pour sa durée par Météo-France, a été moins violent et moins brutal que lors des inondations du 15 octobre 2018 dans l'Aude -- qui avaient tué 14 personnes, notamment à Trèbes-- permettant une meilleure anticipation et une plus grande réactivité des pouvoirs publics.

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A Jérusalem, une commémoration de la Shoah avec le dossier iranien en arrière-plan

Les Etats-Unis et Israël ont appelé jeudi à durcir le ton face à l'Iran en pleine cérémonie marquant à Jérusalem le 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz, symbole du génocide juif.

Une quarantaine de dirigeants internationaux, dont les présidents français Emmanuel Macron et russe Vladimir Poutine, sont réunis pour ces commémorations, présentées comme le plus important rassemblement politique dans l'histoire d'Israël par les autorités israéliennes.

Israël accuse depuis des années l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, malgré les démentis de Téhéran, tandis que les tensions entre l'Iran et Washington n'ont cessé de croître depuis la sortie des Etats-Unis, en mai 2018, de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

"J'appelle tous les gouvernements à joindre l'effort vital pour faire face à l'Iran", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l'ouverture des commémorations avant d'ajouter: "Il ne peut y avoir une autre Shoah".

"Israël doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour se défendre", a-t-il ajouté, saluant les sanctions américaines contre les "tyrans de Téhéran", lors de ce rassemblement dédié à la mémoire de la Shoah, extermination de millions de juifs par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, et à la lutte contre l'antisémitisme.

"Nous devons nous préparer à affronter le raz-de-marée de l'antisémitisme (...) nous devons donc rester ferme face au premier Etat pourvoyeur d'antisémitisme", a renchéri le vice-président américain Mike Pence, avant de nommer "la République islamique d'Iran".

- "Haine contemporaine" -

Pour M. Netanyahu, la menace nazie d'antan porte aujourd'hui un autre nom, celui de l'Iran, car Téhéran menace, par son programme nucléaire et balistique, dit-il, l'existence même de l'Etat hébreu. L'Iran dément catégoriquement vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Israël, qui s'oppose à l'accord sur le nucléaire iranien, appelle les Européens à soutenir les Etats-Unis, qui s'en sont retirés, rétablissant ensuite de lourdes sanctions contre Téhéran.

Face à Israël et aux Etats-Unis qui soutiennent la doctrine de "pression maximale" sur l'Iran --dont le chef des opérations extérieures Qassem Soleimani a été tué dans une frappe américaine début janvier en Irak, un pic dans les tensions entre les deux pays--, les Européens soulignent la nécessité de respecter l'accord.

S'il a appelé à rester ferme face à l'antisémitisme et défendu l'idée cette semaine que la "négation de l'existence d'Israël comme Etat" était une "forme contemporaine" d'antisémitisme, Emmanuel Macron a toutefois mis en garde contre une instrumentalisation de la Shoah.

"Nul n'a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division ou quelque haine contemporaine car tous ceux qui sont tombés nous obligent à la vérité, à la mémoire, au dialogue, à l'amitié", a-t-il déclaré dans un discours, sans prononcer le mot "Iran".

Cette déclaration du président Macron fait référence aux débats qu'ont pu provoquer récemment les passes d'armes entre la Russie et la Pologne, a précisé une source diplomatique française.

Le président polonais Andrzej Duda a décidé de ne pas se rendre aux commémorations car il n'a pas été autorisé à y prononcer un des principaux discours à l'instar de M. Poutine, qu'il accuse de faire la promotion de sa "politique historique" consistant à faire l'éloge de l'URSS, en faisant oublier son pacte de 1939 avec l'Allemagne nazie.

- "Responsabilité historique" -

M. Poutine a profité jeudi de son passage en Terre sainte pour inaugurer un mémorial en l'honneur des victimes du siège de Leningrad par l'Allemagne nazie, où sont morts environ 800.000 personnes entre 1941 et 1944.

"Le siège de (Leningrad) et la Shoah sont deux événements qui ne peuvent être comparés à rien d'autre", a déclaré le président russe, appelant à lutter contre l'antisémitisme sans mentionner l'Iran, dont la Russie reste proche.

M. Poutine a appelé à un sommet des dirigeants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU --Russie, France, Royaume-Uni, Chine, Etats-Unis-- pour répondre aux "défis" contemporains, dans un contexte de tensions Est-Ouest exacerbées.

La "division face aux menaces" peut "avoir des conséquences terribles", a déclaré M. Poutine. "Nous devons avoir le courage non seulement d'en parler, mais devons tout faire pour défendre et préserver la paix", a-t-il martelé.

"Les cinq membres permanents (...) ont aujourd'hui une responsabilité historique et je partage votre volonté 75 ans plus tard de nous rassembler", lui a simplement répondu M. Macron.

Au mémorial de la Shoah, à Yad Vashem, des survivants ont partagé leur histoire. "Je lutte contre l'antisémitisme chaque fois que je témoigne", a expliqué Nahum Rottenberg, un rescapé 92 ans, disant regretter qu'il y ait encore aujourd'hui des conflits.

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La reine promulgue le Brexit à huit jours du grand départ

Le divorce sera bientôt consommé: la reine Elizabeth II a promulgué jeudi l'accord de Brexit, une des dernières étapes avant que le Royaume-Uni ne largue définitivement les amarres fin janvier, après plus de trois ans de déchirements.

A huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d'un mariage tumultueux avec l'Union européenne, a annoncé sur Twitter le ministre du Brexit, Steve Barclay.

Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement.

"Parfois, nous avions l'impression que nous ne franchirions jamais la ligne d'arrivée du Brexit, mais nous l'avons fait", avait réagi, à la suite de ce vote, Boris Johnson dans un communiqué. "Nous pouvons maintenant oublier les rancoeurs et les divisions de ces trois dernières années et nous concentrer sur la mise en oeuvre d'un avenir radieux et palpitant".

Mais le sujet continue de nourrir les passions. Aussitôt l'annonce de la promulgation, le chef du groupe des indépendantistes écossais du SNP, Ian Blackford, a dénoncé une "crise constitutionnelle", car le parlement écossais n'a pas approuvé l'accord de Brexit. Lors du référendum de 2016, 62% des Ecossais avaient voté en faveur du maintien dans l'UE.

Pour la députée des Verts, Caroline Lucas, c'est un "moment d'énorme regret": Avec cette promulgation, "nous rejetons le droit de travailler, étudier, vivre et aimer dans 27 pays".

Le traité de retrait doit encore être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier, pour que le Royaume-Uni puisse devenir le premier pays membre à quitter l'UE, le 31 janvier à 23H00 (heure de Londres et GMT), et tourner la page de trois ans d'atermoiements et de débats acrimonieux.

Le bouillonnant Boris Johnson a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, s'est cassé les dents. La promulgation du texte, qui traduit dans la loi britannique l'accord de divorce de 535 pages conclu en octobre, marque une grande victoire pour le dirigeant conservateur, arrivé au pouvoir en juillet 2019 en se posant en sauveur du Brexit.

- Négociations complexes -

Depuis le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le "Leave", le Parlement dépourvu de majorité nette était déchiré sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, plongeant le pays dans le chaos politique et entraînant trois reports du Brexit.

L'écrasante victoire des conservateurs aux élections législatives du mois dernier a changé la donne.

L'accord de Brexit règle les modalités du divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise.

Surtout, il vise à garantir une rupture en douceur en prévoyant une période de transition courant jusqu'à la fin 2020, durant laquelle le Royaume-Uni et l'UE négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale.

Mais si le Royaume-Uni s'apprête à entamer un nouveau chapitre de son Histoire, il devra encore affronter des défis de taille, surtout les négociations qui s'annoncent d'ores et déjà complexes avec l'UE, son principal partenaire commercial.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la période transitoire, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes sans prendre part aux décisions. Le calendrier est jugé très serré à Bruxelles.

"Nous abordons la prochaine étape de ce processus dans un esprit amical et nous ne voyons pas pourquoi nous ne pourrions pas obtenir un accord global avec l'UE qui marche pour les deux camps d'ici à la fin 2020", a déclaré jeudi le porte-parole du Premier ministre.

Dans le même temps, Londres compte bien négocier ses propres traités de libre-échange avec des pays tiers et fait particulièrement les yeux doux aux Etats-Unis, lesquels espèrent en conclure un "cette année", a dit jeudi à Davos le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

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Proche-Orient: Trump promet son plan de paix dans les jours à venir

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il dévoilerait son plan pour mettre fin au conflit israélo-palestinien avant la visite la semaine prochaine à Washington du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz.

"C'est un excellent plan", a-t-il déclaré aux journalistes à bord d'Air Force One. Concocté depuis le printemps 2017 dans le plus grand secret, ce projet, dont la publication a été maintes fois reportée, est déjà jugé mort-né par les Palestiniens.

Le volet économique a été présenté en juin: 50 milliards d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans.

Mais les dirigeants palestiniens, qui refusent de discuter avec l'administration Trump depuis que le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, ont rejeté par avance le plan américain qui semble devoir enterrer la solution à deux Etats jusqu'ici privilégiée par la communauté internationale.

A bord de l'avion présidentiel, Donald Trump s'est félicité que MM. Netanyahu et Gantz aient tous les deux accepté de se rendre à la Maison Blanche alors qu'ils sont en campagne en vue des élections du 2 mars. "Nous avons les deux candidats qui viennent, c'est du jamais vu", a-t-il a souligné.

Selon la Maison Blanche, Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mardi, jour où, par ailleurs, les députés israéliens doivent commencer à discuter de la demande d'immunité du chef du gouvernement, inculpé pour "corruption" dans trois affaires.

Interrogé sur d'éventuels contacts entre son administration et les Palestiniens, M. Trump est resté évasif. "Nous leur avons parlé brièvement", a-t-il répondu, sans autres précisions.

"Je suis certain qu'ils réagiront peut-être de manière négative au début, mais c'est en réalité très positif pour eux", a-t-il ajouté.

- Accord "déjà mort" -

L'Autorité palestinienne a réitéré jeudi son rejet catégorique du projet de paix de la Maison Blanche.

"+L'accord du siècle+ que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort", a déclaré le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas à l'issue d'une rencontre de ce dernier avec le président russe Vladimir Poutine.

"Nous rejetons absolument ce que l'administration Trump a réalisé jusqu'à présent (...) Notre position est claire: Israël doit mettre fin à l'occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967", a ajouté Nabil Abou Roudeina.

La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s'est accélérée ces dernières années sous l'impulsion du Premier ministre Netanyahu et de son allié à Washington.

Mercredi, le président Abbas avait souligné "l'importance du rôle français et européen pour sauver le processus politique", lors d'une rencontre avec le président français Emmanuel Macron qui s'est rendu à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne.

"Quelque processus de paix que ce soit n'est possible que si les parties en présence veulent bâtir la paix, alors la France aidera et dans le rôle qui doit être le sien et sera le sien", a affirmé M. Macron cette semaine à Jérusalem.

C'est le vice-président américain Mike Pence, de passage à Jérusalem pour les commémorations de la libération du camp nazi d'Auschwitz il y a 75 ans, qui a annoncé la visite prochaine de M. Netanyahu à la Maison Blanche pour évoquer "la perspective d'une paix en Terre sainte".

Le plan annoncé par Donald Trump en campagne était attendu à l'automne 2019, après les élections israéliennes de septembre.

Mais ce scrutin, qui a opposé Benjamin Netanyahu à l'ancien chef de l'armée Benny Gantz, n'a pas débouché, comme lors des élections précédentes d'avril, sur la formation d'un gouvernement, d'où la tenue de nouvelles législatives début mars.

"Nous n'avons pas de meilleur ami que le président Trump", a réagi M. Netanyahu. "Avec tant d'amis à la Maison Blanche, nous devrions arriver à un consensus le plus large possible, afin d'assurer la sécurité et la paix d'Israël", a-t-il ajouté.

Benny Gantz "a également accepté l'invitation du président", selon la Maison Blanche qui n'a pas précisé si sa visite interviendrait le même jour.

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Coup de filet à Brest: un réfugié soupçonné d'avoir appartenu à l'EI au coeur de l'enquête

Un réfugié né en Syrie et soupçonné d'avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI) est au c?ur de l'enquête des services antiterroristes après le coup de filet visant sept hommes suspectés de projeter une "action violente" et qui a eu lieu lundi, dans le Finistère.

Interpellés à Brest et dans plusieurs communes du département, ces sept hommes âgés de 16 à 38 ans transférés mercredi soir au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), devaient être présentés dans les prochaines heures à la justice antiterroriste. Selon des sources concordantes, ils sont soupçonnés d'avoir préparé un projet d'"action violente" en France.

Parmi eux, figure un homme né en Syrie et arrivé en France début 2015. Ce trentenaire, qui disposerait d'un passeport palestinien, a obtenu le statut de réfugié quelques mois après son entrée sur le territoire français, selon une source proche de l'enquête. D'après des sources concordantes, Mohammad D. est soupçonné d'avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI).

Selon une des sources proches de l'enquête, il s'agirait du personnage central de cette cellule, démantelée dans le cadre d'une information judiciaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Bénéficiant probablement d'une "aura" liée à son passé d'ancien membre de l'EI, ce trentenaire a agrégé autour de lui une communauté de personnages radicalisés de la région brestoise suivis depuis des années par les services spécialisés.

Parmi eux, le responsable d'une boucherie halal de Brest qui a servi de lieu de rendez-vous à ce petit groupe où figuraient également quelques convertis et un lycéen de 16 ans, fils d'un commerçant brestois.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le propriétaire de la boucherie, Wahid B. âgé d'une trentaine d'années, avait été interpellé après avoir mimé un tir à l'arme automatique au passage d'une patrouille de police.

Après son interpellation, 15.000 euros avaient été découverts à son domicile ainsi que des images de propagande islamiste, selon le quotidien régional Le Télégramme. Cette affaire lui avait valu une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme".

- Tutoriels -

Ce commerçant brestois est par ailleurs soupçonné d'avoir voulu se rendre en Syrie en septembre 2014, en compagnie de son épouse - décrite par les autorités comme radicalisée- et de leurs deux enfants mineurs.

Si aucune arme et aucun explosif n'ont été découverts lors des perquisitions menées lundi, les enquêteurs ont néanmoins mis à jour plusieurs découvertes inquiétantes comme des tutoriels récemment téléchargés permettant la confection d'explosifs ou de poison, mais aussi du matériel de propagande et plusieurs allégeances au nouveau calife de l'Etat islamique.

Selon les investigations, les suspects auraient également cherché à se procurer des armes et évoqué des "cibles" potentielles, par exemple des grands rassemblements.

En octobre, un Tunisien avait été interpellé avec des proches, par la DGSI, dans le nord de la France, mis en examen et écroué. Il est soupçonné d'avoir combattu en Syrie-Irak avant de rentrer en Europe en 2017, probablement via l'Allemagne. Si les enquêteurs n'avaient pas mis au jour de projet d'attentat, son profil questionne les services, avait commenté à l'automne, une source proche du dossier.

Interrogé sur BFMTV jeudi matin, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que le risque terroriste demeurait "très élevé" en France en précisant que 60 attentats avaient été déjoués depuis fin 2013.

"On saura à l'issue de ces investigations si nous avons eu, ou pas, le 61e", a-t-il indiqué.

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Rohingyas: la CIJ ordonne à la Birmanie de prendre des mesures pour prévenir un génocide

La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné jeudi à la Birmanie de prendre "toutes les mesures en son pouvoir" pour prévenir un éventuel génocide à l'encontre de la minorité musulmane des Rohingyas.

La Cour basée à La Haye (Pays-Bas) a accordé une série de mesures d'urgence requises par la Gambie, qui accuse la Birmanie d'avoir violé la Convention des Nations unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, ce que rejette la cheffe de facto du gouvernement birman, Aung San Suu Kyi.

Depuis août 2017, environ 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de militaires birmans et de milices bouddhistes, qualifiées de "génocide" par des enquêteurs de l'ONU. Le nombre exact de Rohingyas tués au cours des violences n'est pas connu, mais des ONG estiment qu'il s'élève à plusieurs milliers.

La Birmanie "doit prendre toutes les mesures en son pouvoir afin de prévenir la commission de tout acte entrant dans le champ d'application" de la convention sur le génocide, a annoncé Abdulqawi Ahmed Yusuf, le juge président de la CIJ.

Ces actes comprennent notamment le "meurtre de membres du groupe" rohingya et la "soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle".

La Cour, plus haute instance judiciaire de l'ONU, "est d'avis que les Rohingyas en Birmanie restent extrêmement vulnérables", a ajouté le juge.

Dans un communiqué, le ministère birman des Affaires étrangères a insisté sur le fait qu'il "n'y a pas eu de génocide" dans l'Etat Rakhine (ouest).

"Il est important pour la Birmanie que la Cour rende une décision factuellement correcte sur le fond de l'affaire. La condamnation sans fondement de la Birmanie par certains acteurs des droits humains a présenté une image déformée de la situation à Rakhine", a dénoncé le ministère.

- "Journée historique" -

Dans une tribune publiée dans le Financial Times jeudi, Aung San Suu Kyi a estimé que les réfugiés rohingyas ont potentiellement "exagéré" les abus à leur encontre, tout en reconnaissant qu'une enquête interne de la Birmanie a conclu que quelques militaires avaient commis des crimes de guerre.

"Le système de justice international n'est peut-être pas encore équipé pour filtrer les informations trompeuses", a écrit la lauréate du prix Nobel de la paix, très critiquée par la communauté internationale pour son silence dans cette affaire.

La Gambie, soutenue par les 57 États membres de l'Organisation de la coopération islamique, le Canada et les Pays-Bas, avait demandé à la Cour d'ordonner des mesures d'urgence pour protéger les Rohingyas restés en Birmanie dans l'attente d'une décision finale dans cette affaire, qui pourrait prendre des années.

"C'est une journée historique aujourd'hui, non seulement pour le droit international et pour la communauté internationale, mais surtout pour les Rohingyas", a réagi le ministre gambien de la Justice Abubacarr Tambadou en sortant de la CIJ.

La Cour a ordonné à la Birmanie de lui fournir un rapport sur les mesures prises pour exécuter son ordonnance dans les quatre mois, puis tous les six mois.

Les décisions de la CIJ, fondée en 1946 pour régler les litiges entre États, sont contraignantes et ne sont pas susceptibles d'appel. Elle n'a cependant aucun moyen de les faire appliquer.

- "Avant-goût de justice" -

La décision des juges a été saluée dans les camps de réfugiés du Bangladesh, où se trouvent encore quelque 600.000 Rohingyas.

"C'est un avant-goût de justice. Je suis positif même si je doute que la Birmanie se conforme" aux mesures ordonnées par la Cour, a déclaré à l'AFP Sayed Ullah, un responsable rohingya.

Dildar Begum, une veuve qui dit avoir été violée et avoir perdu deux de ses enfants lors des exactions de l'armée birmane, affirme que la nouvelle lui "a donné de l'espoir". "Je souhaite que ces criminels soient punis", a-t-elle réagi.

L'Union européenne et des groupes de défense des droits humains ont appelé la communauté internationale à faire pression sur la Birmanie pour qu'elle applique les mesures de la CIJ.

La rapporteuse spéciale de l'ONU sur la Birmanie, Yanghee Lee, a quant à elle pointé du doigt le comportement de la Russie et de la Chine, qui avaient bloqué une action du Conseil de sécurité en 2017.

"Il est honteux que ces États ne fassent rien face à toutes les preuves dont nous disposons", a-t-elle déclaré jeudi aux journalistes lors d'une visite au Bangladesh.

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Patinage: Papadakis et Cizeron, d?un souffle seulement

Devant, mais d?un souffle seulement: Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, en quête d'un sixième sacre continental consécutif historique, sont talonnés par un duo russe après la danse rythmique aux Championnats d?Europe de patinage artistique, jeudi à Graz (Autriche).

Après sept ans de règne ininterrompu de l?Espagnol Javier Fernandez, qui a mis un terme à sa carrière dans la foulée de son dernier sacre il y a un an, le jeune Russe Dmitri Aliev s?est lui installé sur le trône européen en soirée, à vingt ans.

Sur les airs entraînants de la comédie musicale Fame, combinaison rose bonbon et turquoise plus guêtres pour elle, haut rose et pantalon beaucoup plus sage pour lui, Papadakis et Cizeron, auteurs d?une prestation impeccable, ont récolté 88,78 points. Soit cinq centièmes de plus seulement que les Russes Victoria Sinitsina et Nikita Katsalapov (88,73). Les Italiens Charlène Guignard et Marco Fabbri complètent le podium provisoire (84,66).

Si le tandem français a "le sentiment" d?avoir patiné sa "meilleure performance de la saison", il a plafonné à plus d?un point de son score record (90,03 en novembre). Les danseurs russes, en revanche, améliorent leur meilleure note de plus de deux points et demi. Une situation qui pose question, mais n?a pas vraiment surpris l?entraîneur des quadruples champions du monde et vice-champions olympique tricolores, Romain Haguenauer.

"Pour moi, c?est de loin leur meilleure performance de l?année, c?était propre, c?était fluide. Je trouve que les notes sont basses, on sent que ça tire un peu vers le bas. Ils ont failli être deuxièmes sans erreur", expose Haguenauer. Avant d'apporter une explication: des directives demandant de "ne pas trop donner de 10" en notes artistiques en danse rythmique, passées par le juge-arbitre lors de la réunion d?avant-compétition des juges.

"A ma connaissance, c?est la première fois (que ça arrive). Ça touche qui ? Ceux qui en prennent beaucoup: eux. C?est vraiment dirigé pour les pénaliser eux", développe-t-il.

- "Piqûre de rappel" -

"Je ne pense pas que ce soit une attaque contre Gabriella et Guillaume, précise-t-il toutefois, c?est que ce couple russe, il faut le remonter en le collant aux favoris. Il y a une concurrence indirecte avec les Américains et les Canadiens". Dans un premier temps dans la course au podium mondial, dans deux mois à Montréal.

"C?est quand même une piqûre de rappel: ils ont très bien patiné aujourd'hui (jeudi), mais ça peut être plus enlevé, et si on ne performe pas extraordinairement bien, les autres se rapprochent, surtout dans un contexte où on veut que les autres se rapprochent", résume Haguenauer.

Papadakis et Cizeron, dont la danse libre programmée samedi après-midi est l?exercice de prédilection, restent néanmoins en position favorable pour s?offrir une sixième couronne européenne consécutive.

Elle leur permettrait, à 24 ans pour elle, et 25 ans pour lui, d'égaler le duo le plus titré de l'histoire au niveau continental, les Soviétiques Liudmila Pakhomova et Aleksandr Gorchkov, six fois médaillé d?or dans les années 1970, mais pas consécutivement.

Elle ferait aussi d'eux les patineurs français les plus couronnés de l'histoire sur la scène européenne, devant Surya Bonaly, sacrée cinq fois entre 1991 et 1995, et Alain Giletti, autant récompensé entre 1955 et 1961.

Aliev, lui, s?est offert son premier titre continental avec plus de 25 points d?avance (272,89) sur un autre Russe, Artur Danielian, 15 ans seulement (246,74), et le Géorgien Morisi Kvitelashvili (246,71). Il pointait en deuxième position après le programme court.

Arrivé en prétendant légitime à l?or, le Français Kévin Aymoz n?a même pas été invité à participer au deuxième acte au lendemain de son programme court cauchemardesque. Deux chutes au bout de deux sauts sous-tournés, et une combinaison de sauts avortée l?avaient précipité au 26e rang mercredi.

Le jeune élève de Brian Joubert, Adam Siao Him Fa (18 ans), a lui effectué une jolie remontée au classement : 24e et dernier qualifié à l?issue du court, il se classe finalement onzième (219,89) après un programme libre ponctué de trois quadruples sauts.

En tête avant le libre, le vétéran tchèque Michal Brezina (29 ans) s?est effondré au point de ne terminer que septième.

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Les bergers afghans menacés par la sécheresse due au changement climatique

Nooruddin le berger n'a rien pu faire lorsque les 100 moutons de son troupeau ont commencé à mourir de faim et de soif, à cause de la sécheresse dévastatrice qui accable l'Afghanistan depuis bien trop longtemps.

Il a abattu le reste de ses bêtes plutôt que de les voir dépérir sur les collines arides de la province de Balkh, dans le nord du pays.

"Je leur ai coupé la tête", raconte le berger de 65 ans. "La viande était inutilisable, nous l'avons donnée aux chiens?", ajoute-t-il.

Au marché au bétail des abords de Mazar-i-Sharif, fait de terre battue parcourue de pelages blancs et bruns, ils sont nombreux à souffrir de l'impact du changement climatique, qui touche les bergers comme les tisseurs.

Et la situation ne va faire qu'empirer, alertent les experts - même si le pays ne produit que 0,1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Dans les quatre prochaines décennies, l'Afghanistan pourrait connaître une chute des précipitations et une hausse de 4 degrés Celsius des températures par rapport à 1999, selon des scientifiques cités par l'ONU.

Une catastrophe quand environ 80% des Afghans tirent leurs revenus des cultures pluviales et de l'élevage, selon le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

- Bêtes émaciées, vies ruinées -

"J'ai vu des épisodes de sécheresse dans le passé mais jamais aussi sévères que celui de l'an dernier", dit Mirza, un vendeur de bétail de 45 ans.

"La plupart des gens n'ont pas les moyens d'acheter de la nourriture pour leurs bêtes. Beaucoup de moutons et d'autres animaux meurent dans les montagnes et dans le désert" aux terres brûlées.

Mohammed Aref élève des moutons Karakul, dont le pelage bouclé des agneaux sert à fabriquer des chapeaux traditionnels. Selon lui, les bergers ont été contraints de vendre leurs bêtes émaciées pour presque rien aux bouchers, qui ont jeté les peaux.

"La plupart d'entre nous n'avons pas les moyens de racheter du bétail et aujourd'hui nos vies sont ruinées", déplore le jeune homme de 19 ans, un matin frais de début d'hiver.

Des pluies légères en octobre ont temporairement soulagé les malheurs des éleveurs mais le ciel s'est éclairci depuis.

Lorsqu'on leur demande s'ils sont inquiets pour la saison prochaine, plusieurs fermiers donnent une réponse typiquement afghane, à l'instar d'Aynoddin, un autre éleveur de moutons Karakul: "S'il y a la sécheresse, Dieu décidera, donc je ne m'inquiète pas".

- La sécheresse devient la norme -

Nombre d'habitants de Balkh n'ont aucune compréhension de l'impact du changement climatique, faute d'un accès suffisant à l'information et à l'éducation. Mais tous constatent un changement.

La dernière grande sécheresse dont ils se souviennent remonte à environ 10 ans. Avant cela il n'y en avait pas eu depuis un demi-siècle, selon eux.

Le Pnud a noté qu'à partir de cette année les épisodes de sécheresses deviendraient la norme, accélérant la désertification et la perte de sols arables.

Et lorsque la pluie arrive enfin, c'est sur un sol sec qui ne peut l'absorber. Au printemps dernier, des crues soudaines ont balayé des villages et champs entiers.

Dans un pays à la démographie galopante, où le chômage est l'un des principaux moteurs de la guerre et la nourriture une rareté dans de nombreux endroits, de nouvelles pertes de terres agricoles ne feront qu'aggraver la pauvreté et l'insécurité.

La Global Adaptation Initiative, menée par l'université américaine de Notre Dame, classe aujourd'hui l'Afghanistan au 173e rang sur 181 pays pour leur vulnérabilité face au changement climatique et leur capacité à s'y adapter.

En 2018, la sécheresse a fait 250.000 déplacés. Un an plus tard, faute de récoltes, l'ONU a estimé que la moitié de la population rurale du pays, soit 13,5 millions d'habitants, se trouvait en insécurité alimentaire.

Le coût humain est évident dans un camp pour déplacés aux abords de Mazar-i-Sharif. Des rangées de tentes blanches fournies par l'ONU abritent des centaines de familles. La principale source d'eau est un grand réservoir collectif.

Shamayel, une mère de 35 ans originaire de la province de Faryab (nord-ouest), dit être là avec sa famille pour fuir le conflit et la sécheresse.

Elle qui tissait des tapis kilim traditionnels colorés a dû s'arrêter quand le prix de la laine a flambé, passant de 17 à 28 euros pour sept kilos en deux ans. Le pelage des moutons abattus ou tués par la sécheresse était trop abimé.

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