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La Grèce n'a pas reçu de demande d'ancrage du pétrolier iranien (ministre)

La Grèce n'a pas reçu de demande de permission d'ancrage dans un port grec du pétrolier iranien Adrian Darya qui vient de quitter Gibraltar, a assuré mardi le ministre de la Marine marchande.

"Il n'y a pas officiellement de demande concernant l'arrivée du tanker iranien dans un port grec", a déclaré dans la matinée Ioannis Plakiotakis à des médias grecs.

"Nous suivons sa navigation et nous sommes en coopération avec le ministre grec des Affaires étrangères", a-t-il ajouté.

Selon une source diplomatique grecque, citée par l'agence semi-officielle Ana, Athènes "est en contact via la voie diplomatique" avec les Etats-Unis, dont "les positions sur l'affaire sont connues et communiquées non seulement en Grèce mais aussi à les tous les pays et ports de la Méditerranée".

Le ministre était interrogé sur des informations du site de suivi du trafic maritime Marine Traffic, selon lequel le pétrolier, qui était immobilisé depuis le 4 juillet au large de Gibraltar, a levé l'ancre dimanche et se trouvait mardi à une centaine de kilomètres au nord-ouest d'Oran (Algérie).

Selon le site, le navire pourrait rejoindre le port grec de Kalamata, dans le sud du Péloponnèse. Mais les autorités portuaires de cette ville n'ont pas confirmé l'information.

Il faudrait cinq jours de navigation au tanker pour atteindre Kalamata depuis Gilbratar, selon une source portuaire locale.

Un responsable portuaire iranien a affirmé lundi que le tanker se trouvait dans les eaux internationales, mais il persiste un flou total sur sa destination finale et sur le sort de sa cargaison. Les autorités de Gibraltar n'ont pour leur part jamais confirmé son départ.

Les autorités du territoire britannique avaient arraisonné le navire, soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie, en application des sanctions européennes contre ce pays. Il a été autorisé jeudi à repartir quand Téhéran a assuré que la cargaison de 2,1 millions de barils ne serait pas livrée à la Syrie.

Les Etats-Unis ont souhaité que le pétrolier soit à nouveau arraisonné, une éventualité qui aurait de "graves conséquences" selon Téhéran.

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Open Arms: des migrants désespérés se jettent à l'eau, Madrid va faire une nouvelle proposition

Dix migrants ont sauté mardi du bateau de l'ONG espagnole Open Arms pour tenter de rallier à la nage l'île italienne de Lampedusa toute proche alors qu'une nouvelle solution va être proposée par Madrid face à "l'urgence humanitaire".

Un premier homme a sauté en début de journée, a indiqué l'ONG sur son compte Twitter en diffusant une vidéo.

"Il est possible qu'il ait été débarqué (à Lampedusa par les garde-côtes italiens) mais nous n'avons pas de confirmation officielle", a expliqué une porte-parole d'Open Arms à l'AFP.

Quelques heures plus tard, "neuf personnes se sont jetées à l'eau pour tenter désespérément d'atteindre la côte de Lampedusa (...) La situation est hors de contrôle", a ajouté l'ONG dans un autre tweet.

Ces neuf personnes, dont certaines ne portaient pas de gilets de sauvetage, ont pu être secourues et se trouvaient vers 12H00 (10H00 GMT) "à bord du bateau des garde-côtes italiens", selon la porte-parole de l'organisation espagnole.

Certains des migrants à bord de l'Open Arms y sont depuis 19 jours, égalant ainsi le record des migrants secourus par le SeaWatch3 fin décembre avant leur débarquement à Malte le 9 janvier dernier.

Face au refus de Rome de faire débarquer les migrants de l'Open Arms à Lampedusa malgré l'accord de six pays européens pour les accueillir, Madrid a fini par proposer dimanche au bateau de rejoindre Algésiras, dans l'extrême sud de l'Espagne, ce que l'ONG a jugé "absolument irréalisable".

Le gouvernement espagnol a ensuite proposé les Baléares, plus proches mais toujours distantes d'un millier de kilomètres de Lampedusa, une idée jugée "totalement incompréhensible" par Open Arms en raison des trois jours de mer nécessaires pour rallier l'archipel espagnol.

La ministre espagnole de la Défense Margarita Robles a assuré mardi que Madrid allait faire une nouvelle proposition "dans les heures qui viennent" pour résoudre cette "urgence humanitaire", sans donner de précisions.

Elle a de nouveau dénoncé l'attitude du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini "qui a montré que les vies humaines ne lui importent pas".

"La fermeté est l'unique façon d'éviter à l'Italie de redevenir le camp de réfugiés de l'Europe, comme le démontre encore ces heures-ci le bateau de l'ONG espagnole des faux malades et des faux mineurs", a martelé pour sa part M. Salvini sur Twitter.

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Le gouvernement populiste italien joue son avenir

Le premier gouvernement populiste italien joue son avenir: la tonitruante rupture entre la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 Etoiles (M5S) pourrait être officialisée mardi par le Premier ministre Giuseppe Conte, qui est attendu devant le Sénat.

Après seulement 14 mois de cohabitation, le divorce du couple Ligue-M5S semblait consommé mardi matin avec des déclarations acerbes du chef de la Ligue (extrême droite) contre tous ceux qui travaillent à une nouvelle coalition entre M5S et le Parti démocrate (PD, centre-gauche), "uniquement pour ne pas perdre leurs sièges".

"Mais un gouvernement PD-M5S représenterait qui exactement ? Quel sens aurait un gouvernement avec tout le monde dedans +contre Salvini+ ? Un gouvernement doit être fort pour pouvoir agir", a-t-il lancé sur Radio 24.

Ces derniers jours, il a tenté une réconciliation avec le M5S - "mon téléphone est toujours allumé" -, en tablant sur les divisions entre l'aile gauche du M5S et celle plus droitière de Luigi di Maio, son ex-allié.

Mais le fondateur du M5S, l'humoriste Beppe Grillo, a fermé la porte à une telle hypothèse ce week-end, estimant que M. Salvini était "un traître pas crédible", depuis qu'il a fait exploser l'alliance avec le M5S le 8 août, au motif que les Cinq Etoiles diraient "toujours non" à ses projets économiques.

En brisant, dans la torpeur du mois d'août, l'attelage instable avec le M5S, M. Salvini misait sur l'affaiblissement de cette formation tombée à 15/16% des intentions de vote, et sur des sondages créditant La Ligue de 36/38%, un rapport de forces totalement inversé par rapport aux législatives de 2018.

L'inconnue réside aujourd'hui dans l'attitude du Premier ministre Giuseppe Conte.

A 15H00 (13H00 GMT), il s'exprimera au Sénat, puis M. Salvini, en tant que sénateur, prendra la parole. Dès le 8 août, M. Conte l'avait prié de venir "expliquer et justifier" au parlement son choix de mettre un terme brutal à la coalition au pouvoir.

M. Conte aura ensuite diverses options: soit attendre le vote éventuel d'une motion de censure contre son gouvernement, soit démissionner directement et monter au palais présidentiel du Quirinal.

Selon certains analystes, M. Conte pourrait aussi rester à la tête d'un exécutif remanié sans la Ligue. Un tel "gouvernement de transition" pourrait faire adopter jeudi en dernière lecture à la Chambre des députés une réduction drastique du nombre de parlementaires ramenés à environ 600 sièges contre près de 950 actuellement - un record en Europe - et avancer dans l'élaboration du budget 2020.

Cela donnerait le temps au PD et au M5S de s'entendre sur un pacte pour "un gouvernement fort et de renouvellement dans son programme", selon les termes du chef du PD Nicola Zingaretti, pour lequel, dans le cas contraire, "il vaudra mieux retourner aux urnes".

- Un gouvernement "Ursula" ? -

Un autre point d'interrogation sera la réaction des marchés alors que l'instabilité de l'union Ligue-M5S a fait perdre cinq milliards d'euros à l'Italie en tensions sur le marché obligataire depuis l'arrivée au pouvoir du premier gouvernement populiste en juin 2018.

L'Italie pèse lourd en tant que troisième économie de la zone euro avec une dette colossale (132% du PIB) qui la place juste derrière la Grèce, en termes de risque pays.

Si, comme c'est le plus probable, M. Conte annonce sa démission mardi, ce sera au président Sergio Mattarella d'entrer en scène. Il mènera des consultations qui dureront plusieurs jours pour explorer la possibilité d'une nouvelle majorité.

L'idée d'une alliance PD-M5S est venue, par surprise, de l'ancien chef de gouvernement Matteo Renzi, toujours poids lourd du PD mais bête noire tout autant de M. Salvini que du M5S. M. Renzi a proposé une réconciliation et lancé l'idée d'un gouvernement "institutionnel" pour adopter le dégraissage parlementaire, cher au M5S, et le budget.

Une autre piste a été suggérée par l'ex-Premier ministre et ancien président de la Commission européenne Romano Prodi, qui propose un gouvernement pro-européen baptisé "Ursula", du nom de la nouvelle présidente de la Commission, l'allemande Ursula von der Leyen.

M. Prodi imagine une alliance gauche-droite à la manière des coalitions allemandes, pour que l'Italie revienne au premier plan en Europe.

Deux échéances importantes approchent: l'Italie doit donner un nom lundi pour le poste de commissaire européen qui lui revient, et son chef du gouvernement participera le week-end prochain au sommet du G7 à Biarritz.

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Grande Canarie: la progression de l'incendie ralentit, selon les autorités

La progression de l'incendie qui ravage depuis samedi l'île espagnole de Grande Canarie a ralenti dans la nuit de lundi à mardi grâce à la diminution du vent, ont annoncé mardi matin les autorités locales.

"D'après les techniciens qui ont visité la zone cette nuit, l'incendie ralentit (...) et perd de la puissance", a annoncé dans un tweet le président de la région des Canaries, Angel Victor Torres.

"Par chance, le vent est tombé. (...) Par conséquent, la nuit s'est très bien passée, contrairement à ce à quoi nous nous attendions", a expliqué un responsable de l'île de Grande Canarie, Antonio Morales, sur la radio Cadena Ser.

"L'impact sur le parc naturel de Tamadaba", une forêt de pins parmi les territoires les plus sauvages de Grande Canarie, "a été moindre que ce que nous craignions au départ, (le feu) n'a pas atteint la Réserve naturelle intégrale d'Inagua (...) Il s'est agi en majorité d'un feu superficiel de faible intensité" dans le parc, a-t-il précisé.

Selon M. Morales, une partie des milliers de personnes évacuées pourraient être autorisées à regagner leurs habitations si cette amélioration des conditions se maintient.

Lundi, les autorités avaient annoncé qu'environ 10.000 hectares étaient affectés par cet incendie qui s'est déclaré samedi dans le centre montagneux de l'île située au large du Maroc.

Un millier de pompiers et agents sont mobilisés sur le terrain, ainsi qu'une quinzaine d'appareils aériens.

Cet incendie est le troisième en dix jours à toucher l'île de Grande Canarie.

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Evelyn Hernandez acquittée, l'arsenal anti-avortement reste intact au Salvador

Une jeune Salvadorienne, Evelyn Hernandez, a été acquittée lundi du meurtre de son bébé mort-né, mais l'arsenal législatif et judiciaire qui réprime sévèrement l'avortement reste intact au Salvador.

Evelyn Hernandez, qui encourait 30 à 50 ans de prison pour homicide aggravé par négligence après avoir perdu son bébé, a été acquittée lundi faute de preuves.

"Je suis heureuse", a déclaré la jeune femme, âgée de 21 ans, en sortant du tribunal de Ciudad Delgado, au nord-est de San Salvador, la capitale.

"Le juge a été assez juste : il a dit qu'il n'y avait pas moyen de prouver le délit, et c'est pour cela qu'il a prononcé l'acquittement. Il a dit qu'il s'agissait d'un accouchement difficile", a indiqué Bertha Maria Deleon, avocate d'Evelyn Hernandez.

Une centaine de femmes rassemblées devant le palais de justice ont laissé éclater leur joie à l'annonce de la décision : "Attention, attention, la lutte féministe avance en Amérique latine", ont-elles scandé.

- "Grâce à Dieu, justice a été rendue" -

"Grâce à Dieu, justice a été rendue. Je vous remercie aussi vous toutes qui êtes venues ici", a lancé Evelyn Hernandez aux manifestantes.

L'accusation avait réclamé contre la jeune femme une peine de 40 ans de prison pour homicide aggravé par négligence. Le parquet peut faire appel du jugement dans les dix jours. Les représentants de l'accusation ont quitté le tribunal sans faire de déclarations.

"Tout le temps passé (en prison) a été dur", a souligné la jeune femme, qui est restée 33 mois derrière les barreaux après une première condamnation à 30 ans de prison en juillet 2017. Ce premier jugement avait été cassé en février par la Cour suprême, et Evelyn Hernandez avait été libérée.

L'affaire remonte au 6 avril 2016, lorsque la jeune femme, alors adolescente, donne naissance à un bébé dans des toilettes. Transférée à l'hôpital de la ville de Cojutepeque (centre), elle est arrêtée et accusée d'homicide. Evelyn Hernandez a toujours protesté de son innocence et assuré que son bébé était mort-né.

Dans un premier temps, il avait été dit qu'Evelyn Hernandez était enceinte après un viol, mais son avocate a expliqué ensuite, sans donner plus de détails, préférer ne plus évoquer ces circonstances à la demande de la jeune femme qui habite dans un quartier contrôlé par les gangs et pourrait faire l'objet de représailles.

- "Pratique discriminatoire" -

"Cela prouve que le délit n'existait pas, qu'il n'y avait pas lieu d'engager des poursuites", a déclaré à la sortie du tribunal l'avocat Arnau Baulenas de l'Université jésuite centroaméricaine IDHUCA. Le juriste, qui faisait partie de l'équipe de la défense, a déploré que beaucoup de femmes soient poursuivies au Salvador "en raison de convictions religieuses" plus que pour des motifs juridiques.

Amnesty International a salué dans un communiqué "une victoire éclatante pour les droits des femmes au Salvador" : "aucune femme ne doit être mise injustement en accusation pour homicide pour le simple fait d'être confrontée à une urgence obstétrique".

"Maintenant qu'Evelyn a été acquittée, Amnesty International demande au Salvador de mettre fin une bonne fois pour toutes à la honteuse pratique discriminatoire criminalisant les femmes, et de supprimer immédiatement les règles draconiennes contre l'avortement", ajoute l'organisation de défense des droits de l'homme.

En effet, le code pénal salvadorien prévoit toujours une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d'avortement. En outre, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un "homicide aggravé", puni de 30 à 50 ans de réclusion.

Actuellement, 16 femmes sont en prison au Salvador pour des avortements. Au cours des derniers mois, cinq femmes condamnées pour des cas similaires ont été remises en liberté.

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Une sonde indienne réussit à se placer en orbite lunaire

La sonde indienne Chandrayaan-2 est parvenue mardi à se placer en orbite lunaire après avoir réalisé avec succès l'une des man?uvres les plus délicates de sa mission historique vers la Lune.

Quatre semaines après son lancement du pas de tir de Sriharikota, dans le sud-est de l'Inde, la sonde a réussi comme prévu son insertion sur orbite lunaire, a annoncé l'Organisation de recherche spatiale indienne (Isro) dans un communiqué.

L'insertion "a été achevée avec succès aujourd'hui à 09H02 (03H32 GMT) comme prévu, en utilisant le système de propulsion embarqué", a précisé l'agence spatiale.

L'expédition inhabitée partie le 22 juillet a pour but de poser autour du 7 septembre un atterrisseur et un robot mobile près du pôle sud de la Lune, à quelque 384.000 km de la Terre, ainsi que de placer une sonde en orbite lunaire.

Si la mission était couronnée de succès, l'Inde deviendrait la quatrième nation à réussir à poser un appareil sur le sol sélénite, après l'Union soviétique, les États-Unis et la Chine. Une sonde israélienne a raté son alunissage en avril et s'est écrasée.

Le lanceur n'étant pas assez puissant pour atteindre directement la Lune, la mission s'est propulsée en utilisant la force de gravité.

Chandrayaan-2 ("Chariot lunaire" en hindi) a tourné autour de la Terre pendant plusieurs semaines en élevant progressivement son orbite, de façon à atteindre l'orbite lunaire.

L'opération de mardi était particulièrement périlleuse, car si la sonde approchait de l'orbite lunaire à trop grande vitesse, le risque était qu'elle rebondisse et se perde dans l'espace. Mais si sa vitesse était insuffisante, elle risquait d'être emportée par la gravité de l'astre et de s'y écraser.

Le robot nommé Pragyaan -- "sagesse" en sanskrit -- doit accomplir sa tâche pendant un jour lunaire, l'équivalent de quatorze jours terrestres. Il étudiera les rochers et le sol de la surface lunaire.

New Delhi a consacré 140 millions de dollars (124 millions d'euros) à Chandrayaan-2 - un montant bien inférieur à ceux des autres grandes agences spatiales pour des missions de ce type - qui pèse au total 3,8 tonnes.

La Lune a été relativement délaissée par l'homme depuis la fin du programme américain Apollo dans les années 1970, les grandes agences spatiales ayant préféré se consacrer à l'étude et à l'exploration du système solaire.

Le programme spatial indien s'est fait remarquer ces dernières années en alliant ambition et sobriété budgétaire, avec des coûts opérationnels bien inférieurs à ceux d'autres pays, ainsi que par sa progression au pas de charge.

L'Isro compte d'ici 2022 envoyer un équipage de trois astronautes dans l'espace, ce qui serait son premier vol habité. Ses scientifiques travaillent aussi à l'élaboration de sa propre station spatiale, attendue au cours de la prochaine décennie.

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Essai d'un missile américain: Moscou et Pékin crient à l'escalade militaire

La Russie et la Chine ont condamné mardi le premier essai par les Etats-Unis d'un missile de portée intermédiaire depuis la Guerre froide, dénonçant le risque d'une "escalade des tensions militaires" et d'une relance de la course aux armements.

Ce test américain marque la mort du traité de désarmement INF qui abolit l'usage - par la Russie et les Etats-Unis seuls - des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5.500 kilomètres, officiellement suspendu par les deux puissances rivales il y a moins d'un mois.

L'essai, réussi, a été effectué dimanche depuis l'île de San Nicolas, au large de la Californie (ouest), à 14H30 (21H30 GMT), selon le Pentagone, qui a précisé qu'il s'agit d'une "variante d'un missile de croisière d'attaque sol-sol Tomahawk".

Des images publiées par l'armée américaine montrent le missile tiré à proximité du rivage, depuis un système de lancement vertical Mark-41.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a regretté mardi une "escalade des tensions militaires" tout en assurant que Moscou "ne cédera pas à la provocation".

La Chine a de son côté déploré "une escalade des confrontations militaires" qui "aura de graves conséquences négatives pour la sécurité régionale et internationale". Elle a accusé Washington de chercher "la supériorité militaire unilatérale".

Après six mois d'un dialogue de sourds, la Russie et les Etats-Unis avaient pris acte début août de la fin du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), dont la signature à la fin de la Guerre froide en 1987 avait mis un terme à la crise des euromissiles, déclenchée par le déploiement en Europe des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires.

- "Ecouter" la Russie -

Le traité avait été dénoncé par le président américain Donald Trump le 1er février, puis par Moscou le lendemain, les deux pays s'accusant mutuellement de le violer.

Les Américains mettent notamment en cause le missile russe 9M729 d'une portée selon eux de 1.500 km, ce que Moscou dément, insistant sur le fait que son nouveau missile a une portée maximale de "480 kilomètres". La Russie dénonce de son côté le système de défense antimissile américain Aegis Ashore déployé en Pologne et en Roumanie.

Les Etats-Unis déploient depuis longtemps des missiles de croisière de moyenne portée embarqués, et ils sont généralement tirés depuis des systèmes Mark-41. Ce qui est nouveau avec le test de dimanche, c'est que le système de lancement était installé au sol. Le missile est conventionnel, mais tout missile peut, par la suite, être équipé de tête nucléaire.

Selon M. Riabkov, le "délai extrêmement serré" qu'il a fallu aux Etats-Unis pour procéder avec succès à ce test d'un nouveau missile après la fin du traité INF démontre que Washington s'était préparé de longue date à la mort de l'accord.

D'après le diplomate, l'usage du Tomahawk et du Mark-41 signifie que "ces systèmes seront utilisés pour le lancement non seulement de missiles intercepteurs, mais aussi de missiles de croisière", qui disposent d'une longue portée.

En visite en France lundi, le président russe Vladimir Poutine a accusé les Américains de ne pas "écouter" Moscou. "Les Européens ont intérêt à ce qu'on nous écoute et à réagir", a-t-il lancé.

- "Éviter le chaos" -

Début août, M. Poutine avait déjà appelé Washington à un "dialogue sérieux" sur le désarmement pour "éviter le chaos". Il avait alors proposé un moratoire sur le déploiement des armes nucléaires prohibées par le traité INF.

M. Poutine a donné fin février l'ordre de mettre au point de nouveaux types de missiles terrestres dans les deux ans, notamment en adaptant des engins de portée intermédiaire déjà existants mais déployés en mer ou dans les airs uniquement.

Il avait également menacé de déployer de nouvelles armes "invincibles" mises au point par son pays pour viser les "centres de décision" dans les pays occidentaux.

Il ne reste désormais en vigueur qu'un seul accord nucléaire bilatéral entre Moscou et Washington: le traité START, qui maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide. Il doit arriver à échéance en 2021.

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Twitter et Facebook accusent Pékin de chercher à semer la discorde à Hong Kong

Twitter et Facebook ont accusé Pékin de soutenir une campagne sur les réseaux sociaux pour discréditer la mobilisation en faveur de réformes démocratiques à Hong Kong et semer la zizanie dans l'ex-colonie britannique.

Les deux géants technologiques américains ont annoncé lundi avoir suspendu près de mille comptes actifs liés à cette campagne, Twitter précisant avoir aussi fermé 200.000 autres comptes avant qu'ils ne soient réellement actifs.

"Ces comptes cherchaient délibérément et spécifiquement à semer la discorde politique à Hong Kong et notamment à saper la légitimité et les positions politiques du mouvement de protestation sur le terrain", a expliqué Twitter à propos des comptes actifs suspendus.

Facebook a précisé que certaines publications des comptes suspendus comparaient les manifestants hongkongais aux combattants du groupe islamiste Etat islamique, les qualifiant de "cafards" et leur attribuant de soi-disant projets de meurtres au moyen de lance-pierres.

Région semi-autonome du sud de la Chine, Hong Kong traverse depuis juin sa plus grave crise politique avec des manifestations et autres actions presque quotidiennes pour demander davantage de libertés.

- En coulisse -

La mobilisation a très souvent dégénéré ces dernières semaines en affrontements entre radicaux et forces de l'ordre, ce qui s'est traduit par des menaces d'intervention plus pressantes du gouvernement central chinois, qui a par ailleurs qualifié le mouvement de "terroriste".

Officiellement, Pékin a cependant laissé les coudées franches à l'exécutif local et à sa police pour régler la situation. En coulisse, le gouvernement central s'agite pour tenter d'influer sur l'opinion, affirment Twitter et Facebook.

"Nous dévoilons une campagne importante d'information soutenue par l'Etat (chinois, ndlr) centrée sur la situation à Hong Kong, particulièrement sur le mouvement de protestation et son appel à des changements politiques", a dit Twitter.

Le réseau social a dit avoir suspendu 936 comptes "coordonnés dans le cadre d'une opération soutenue par l'Etat" chinois pour "miner la légitimité et les positions politiques" des manifestants.

Non sans ironie, Twitter rappelle qu'il est banni de Chine continentale par le régime, dont les agents ont dû en grande partie faire appel à un VPN (un réseau virtuel permettant de contourner des restrictions géographiques par exemple). D'autres ont avancé moins masqués en utilisant des adresses IP débloquées pour l'occasion.

Facebook, informé par Twitter, a pour sa part dit avoir supprimé, pour les mêmes raisons, sept pages, cinq comptes et trois groupes du réseau social, eux aussi "liés à des individus associés au gouvernement de Pékin".

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a quant à lui assuré "ne pas être au courant de la situation".

- "Retour au calme" -

Après une série de manifestations de plus en plus violentes au cours des semaines passées, Hong Kong a été le théâtre dimanche d'un immense rassemblement pacifique. Les organisateurs ont affirmé qu'1,7 million de personnes avaient défilé sous une pluie battante dans le centre-ville.

Le but était de couper court aux accusations de terrorisme de Pékin et de prouver que la mobilisation demeure populaire, en dépit des dérapages auparavant observés.

Il n'y a eu aucune arrestation dimanche et aucune grenade lacrymogène n'a été tirée par la police.

"J'espère de tout c?ur que cela marque le début d'un retour au calme de la société et d'une fin des violences", a à cet égard déclaré mardi devant la presse la cheffe de l'exécutif hongkongais pro-Pékin Carrie Lam, qui concentre sur elle la colère des manifestants.

Cette crise politique, la plus grave qui secoue l'ex-colonie britannique depuis sa rétrocession en 1997, est née en juin du rejet d'un projet de loi de l'exécutif qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine continentale.

Les manifestants ont cinq demandes fondamentales, parmi lesquelles l'abandon total du projet de loi sur les extraditions, la démission de Mme Lam et une enquête sur l'usage de la force par la police, qui a utilisé de grandes quantités de gaz lacrymogène ces dernières semaines et souvent tiré des balles en caoutchouc.

Mme Lam, nommée par Pékin, n'a cependant annoncé aucune concession mardi. Et certains experts pensent que, dans ces conditions, la mobilisation devrait continuer de faire coexister manifestations pacifiques et actions plus musclées.

De son côté, le ministère britannique des Affaires étrangères s'est dit "extrêmement préoccupé" par des informations sur l'arrestation en Chine d'un employé de son consulat à Hong Kong.

Là encore, le porte-parole des Affaires étrangères à Pékin a dit "ne pas être au courant".

burx-jac/bds

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Le rugby au Japon, des racines bien plus anciennes qu'il n'y paraît

Le rugby, un sport récent au Japon? Plutôt tout l'inverse: il y a plus de 150 ans, des matches se tenaient déjà à quelques kilomètres du stade de Yokohama, où se déroulera la finale du Mondial le 2 novembre.

Tout a commencé au début des années 1860, quand des militaires anglais ont débarqué à Yokohama pour protéger les ressortissants britanniques, après l'assassinat de l'un d'entre eux, marchand de son état, par des guerriers samouraï.

Mais les tensions sont retombées et les officiers du corps expéditionnaire se sont vite retrouvé dés?uvrés. Ils ont alors commencé à faire des parties de ballon ovale pour passer le temps.

La première mention d'un match au Japon remonte ainsi à 1863, 40 ans à peine après que William Webb Ellis, étudiant de la prestigieuse école anglaise de Rugby, a posé les bases modernes de ce sport.

"En décembre 1864, il y a des preuves attestant que (les officiers britanniques, NDLR) y jouaient tous les après-midi, avec quelques civils", explique à l'AFP l'historien anglais Mike Galbraith, spécialiste des origines du rugby au Japon.

- Un des plus vieux clubs du monde -

Début 1866, une quarantaine de ces premiers joueurs ont fondé le "Yokohama Foot Ball Club". Dans un éditorial rapportant cette nouvelle, le Japan Times de l'époque se réjouissait de voir parmi ces fondateurs "deux ou trois" diplômés des écoles de Rugby et Winchester, ce qui promettait selon le journal un excellent niveau de jeu.

Selon M. Galbraith, ce serait donc l'une des plus anciennes associations de rugby au monde, du moins dans la catégorie de celles ouvertes à tous, à la différence des clubs fermés des grandes écoles ou d'universités.

Le rugby à XV s'est plus solidement ancré au Japon au tournant du 20e siècle, quand deux anciens étudiants de Cambridge, Edward Bramwell Clarke et le Japonais Ginnosuke Tanaka, ont introduit le sport à l'université Keio de Tokyo.

Sa popularité a par la suite grimpé rapidement dans le pays: la fédération japonaise de rugby à XV a été créée en 1926 et au début des années 1930, certains matches attiraient 20.000 spectateurs, selon M. Galbraith.

Sans que le rugby passionne autant les foules nippones que d'autres sports d'équipe tels que le base-ball et le football, l'équipe nationale a participé à toutes les éditions du Mondial depuis la création de la compétition en 1987.

- Un faible championnat national -

En Coupe du monde, les "Brave Blossoms" (les fleurs valeureuses) ont alterné le pire - une humiliante défaite 145-17 face à la Nouvelle-Zélande en 1995 - et le meilleur: une victoire retentissante face à l'Afrique du Sud en 2015 (34-32).

Récent vainqueur de la Coupe des nations du Pacifique, le Japon pointe actuellement à la 9e place du classement World Rugby. C'est son meilleur rang à ce jour, qu'il avait déjà atteint en 2016.

Les organisateurs nippons espèrent que le Mondial 2019, le premier organisé en Asie, va doper le développement du rugby au Japon et ailleurs dans la région.

Cependant, la fréquentation désespérément faible des matches de Top League, le championnat nippon, ainsi que son piètre niveau de jeu n'incitent pas à l'optimisme.

Autre coup dur: faute de résultats probants, les Sunwolves de Tokyo, la seule équipe japonaise du Super Rugby, va devoir quitter à la fin de la saison 2020 cette ligue internationale regroupant également des équipes d'Australie, de Nouvelle-Zélande, d'Afrique du Sud et d'Argentine.

Quand au club amateur de Yokohama où tout a commencé, il existe toujours, mais végète un peu. "La situation actuelle n'est pas très bonne", soupire M. Galbraith, lui-même ancien joueur du club.

Une pénurie de membres venant des grandes nations du rugby a durement affecté le club, selon lui: "C'est plus difficile de former une équipe première de 15 joueurs".

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En Syrie, un cinéma itinérant émerveille les enfants des zones kurdes

Devant un écran installé dans la cour de leur école, des enfants kurdes s'esclaffent en découvrant les pitreries en noir et blanc de Charlie Chaplin grâce à un cinéma itinérant qui parcourt depuis quelques semaines le nord-est de la Syrie.

Munis d'un projecteur, d'un écran, d'un ordinateur et de haut-parleurs, le réalisateur Chiro Hindi et son équipe sillonnent la région pour "répandre" le 7e art.

"Notre objectif d'ici un an est de faire en sorte que chaque enfant dans le Rojava ait vu un film de cinéma", affirme le cinéaste kurde de 39 ans, utilisant le nom donné à la région semi-autonome instaurée par sa communauté à la faveur du conflit syrien.

Si cette région est aujourd'hui relativement épargnée par la guerre, elle a payé par le passé un lourd tribut à ce conflit, qui a fait plus de 370.000 morts depuis 2011.

Avant de lancer son projet, Chiro Hindi a réalisé "Histoires de cités sinistrées", un film qui relate les destructions de villes kurdes, dont Kobané, où ont eu lieu les premiers combats entre les forces kurdes et le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Début 2015, les Kurdes ont repris Kobané et, il y a près de six mois, une alliance de combattants kurdes et arabes, aidée d'une coalition internationale menée par Washington, a chassé les jihadistes du dernier pan de leur "califat" autoproclamé en Syrie.

- "Sensibiliser au cinéma international" -

Dans le village de Sanjak Saadoun, les enfants attendaient de pied ferme le début de "The Kid", réalisé par Chaplin en 1921, la plupart n'ayant jamais vu de film au cinéma.

Assis dans la cour près du terrain de basketball sur des chaises en plastique dépareillées, ou debout, faute de place, certains échangent avec le réalisateur.

"Nous avons déjà projeté des films dans des villes, nous voulions que les enfants des villages puissent en profiter" eux aussi, explique à l'AFP Chiro Hindi, cheveux frisés et moustache encore plus fournie que celle de l'idole du cinéma muet.

Tandis que le générique commence, les enfants s'émerveillent et leurs yeux s'écarquillent. Leurs rires entrecoupent les scènes muettes du film, surtout au moment où le comédien donne à manger à l'enfant à l'aide d'un arrosoir.

L'idée d'un cinéma ambulant a émergé après plusieurs tentatives vaines de sédentariser le projet dans un centre culturel ou une salle de projection.

Quant au choix de Charlie Chaplin, il a été motivé par le désir de faire connaitre l'histoire du cinéma à des enfants qui ont grandi pendant la guerre. Mais l'équipe projette aussi des films français ou encore des dessins animés, doublés en kurde.

"Nous voulons les sensibiliser au cinéma international, depuis sa création", explique M. Hindi.

Longtemps absent des villes et villages du nord-est syrien, même avant le déclenchement de la guerre, le cinéma reste quasi inexistant aujourd'hui dans les zones kurdes, la plupart des salles s'étant transformées en lieux de réception ou de concerts.

- Raviver des "souvenirs" -

La mémoire collective kurde reste par ailleurs marquée par un incendie, déclenché en 1960 dans un cinéma de la ville syrienne d'Amouda, non loin de la frontière turque, qui accueillait des écoliers. Plus de 280 enfants avaient alors péri.

"Durant mon enfance, le cinéma représentait cet endroit sombre", se souvient M. Hindi. Avec ce projet "j'ai voulu remplacer cette obscurité par des couleurs."

Dans le village de Chagher Bazar près d'Amouda, il projette le film d'animation "Spirit, l'étalon des plaines", sorti en 2002, qui raconte l'histoire d'un cheval durant la conquête de l'Ouest aux Etats-Unis au XIXe siècle.

Dans la cour de l'école, les enfants s'empressent de s'asseoir.

"Je veux que mes enfants découvrent le cinéma", affirme d'une voix timide Amal Ibrahim, entourée de Hélène, six ans, et Kadar, sept ans. "Ils attendaient impatiemment de venir ici. Ils n'ont jamais été au cinéma", ajoute-t-elle.

Quelques hommes du village n'ont pas hésité à rejoindre le public juvénile. Certains, comme Adnane Jouli, 56 ans, n'ont pas vu de film sur grand écran depuis des décennies.

"Il y a plus de quarante ans, je regardais les films à travers les fenêtres" qui donnaient sur une salle de projection, raconte-t-il. "Et voilà qu'aujourd'hui mes deux enfants" sont là et "ravivent mes souvenirs", se réjouit-il.

Si l'initiative permet de divertir le public, l'expansion du cinéma dans le nord-est de la Syrie à plus long terme fait partie des rêves de l'équipe de Chiro Hindi.

Objectif: créer des salles de cinéma et organiser des festivals en collaboration avec des cinéastes étrangers.

"Mais cela dépendra de la fin de la guerre et du retour à la stabilité", lâche le réalisateur.

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