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Ozon saura mardi si son film "Grâce à Dieu" sort bien mercredi

Malgré le feu vert accordé lundi par un juge parisien à la sortie en salles mercredi de son film sur la pédophilie dans l'Eglise lyonnaise, François Ozon reste suspendu à une seconde décision judiciaire attendue mardi après-midi à Lyon.

"Grâce à Dieu" raconte la naissance de l'association de victimes "La Parole Libérée", fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts accusant d'abus le père Bernard Preynat.

Quelques heures après la décision du juge parisien, une autre audience se tenait à Lyon. Le réalisateur était cette fois assigné en référé "heure à heure" par Régine Maire, ex-membre du diocèse de Lyon, poursuivie aux côtés de l'archevêque de Lyon pour non-dénonciation. Elle demande que son nom soit retiré du film au nom de la protection de la vie privée et de la présomption d'innocence.

"Grâce à Dieu" donne seulement les prénoms des victimes mais cite nommément le cardinal Barbarin, le père Preynat et Régine Maire - dont les noms, dit François Ozon, "étaient déjà dans la presse".

Ce prêtre lyonnais, poursuivi pour agressions sexuelles, et qui ne devrait pas être jugé avant fin 2019, avait assigné en référé François Ozon pour obtenir un report de la sortie en salles de ce film, auréolé samedi du Grand prix du jury à la Berlinale, deuxième prix majeur après l'Ours d'or.

Mais le tribunal de grande instance de Paris l'a débouté, estimant que "les spectateurs sont informés, à l?issue du film, du principe de la présomption d?innocence dont bénéficie, comme toute personne, Bernard Preynat", selon une décision consultée par l'AFP. Et ce grâce à la présence de trois cartons rappelant notamment la présomption d'innocence de tous les mis en cause.

Et si le film devait attendre la fin de la procédure pénale de Bernard Preynat, il ne sortirait que dans "plusieurs années", ce qui constituerait "une atteinte grave et très disproportionnée au principe de la liberté d'expression et à la liberté de création", estime encore le tribunal.

La sortie du film tombe en pleine actualité judiciaire : un jugement est attendu le 7 mars dans un autre volet de l'affaire, celui qui accuse le cardinal Philippe Barbarin et cinq autres personnes de ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles pédophiles du père Preynat.

François Ozon explique que la date de sortie avait été fixée en raison de sa sélection à la Berlinale.

"La décision, très bien motivée, reconnaît que le film - avec les avertissements qui l'accompagnent - ne justifie pas les mesures demandées qui menaçaient sa sortie", s'est réjoui auprès de l'AFP Paul-Albert Iweins, l'un des deux avocats du producteur et du distributeur du film à midi, lorsque la décision est tombée.

- refaire la bande-son ? -

Si la justice lyonnaise, qui doit rendre sa décision mardi à 17H00, répondait favorablement à a demande de Régine Maire, cela entraînerait de facto le report de la sortie du film d'au moins deux ou trois semaines, selon l'avocat du distributeur. Car le film a déjà été livré à quelque 300 salles. Il faudrait donc rappeler ces copies, modifier la bande-son, demander à tous les acteurs de reposer leurs voix, remixer, puis tout renvoyer.

Ce qui coûterait 50.000 euros, selon l'avocat, sans parler du million d'euros mobilisés pour la promotion du film ni des pertes indirectes pour les salles de cinéma prises au dépourvu. Soit "sa mort pure et simple", estime Me Benoît Goulesque-Monaux, l'autre avocat de l'équipe du film.

- "Censure" -

Au-delà du compte à rebours sur cette sortie ultra-médiatisée, François Ozon n'en a pas fini avec la justice. Car la défense de Bernard Preynat va faire appel de la décision prise à Paris. Un appel non suspensif mais c'est "une question de principe", estime Me Frédéric Doyez.

"Présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n'a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d'innocence", argue son autre avocat, Emmanuel Mercinier.

Et à Lyon, Régine Maire, entend poursuivre le réalisateur sur le fond.

Le film suit trois des victimes du père Preynat, incarnées à l'écran par les acteurs Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

Construit en trois parties comme un passage de relais entre ses trois personnages principaux, il s'appuie largement, du moins dans sa première partie, sur les lettres et les échanges d'emails avec l'institution religieuse de l'une des victimes, Alexandre Hezez-Dussot, incarné par Melvil Poupaud.

Le prolifique réalisateur de "Huit femmes" avait estimé samedi à Berlin que si le film était suspendu de projection jusqu'au procès du père Preynat, "ce serait une sorte de censure".

slb-san-Jfg-jmo/alu/phc

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Venezuela: Guaido dénonce un régime "isolé" après l'expulsion d'eurodéputés

L'opposant Juan Guaido a critiqué l'expulsion de cinq eurodéputés par "un régime isolé et toujours plus irrationnel" à l'orée d'une semaine décisive au Venezuela, avec l'entrée de l'aide humanitaire fixée à samedi, contre l'avis du président Nicolas Maduro.

"Nous sommes en train de nous faire expulser du Venezuela: on nous a confisqué nos passeports, on ne nous a pas communiqué la raison de l'expulsion, pas plus que nous n'avons de document qui justifie pourquoi on nous renvoie du pays", a affirmé l'Espagnol Esteban Gonzalez Pons, l'un des cinq députés européens (tous du Parti populaire européen, droite et centre-droit), dans une vidéo tournée depuis l'aéroport de Caracas-Maiquetia.

"Nous sommes la première délégation internationale qui allait rendre visite au président par intérim Juan Guaido. La question n'est pas qu'on ne nous laisse pas entrer, mais qu'on ne laisse le président par intérim voir aucune autorité étrangère au Venezuela", a-t-il également déploré.

Juan Guaido a aussitôt dénoncé sur Twitter "l'usurpateur qui fait monter le coût de ce qui est un fait: la transition. Exerçons toute la pression nécessaire pour parvenir à la fin de cette usurpation. Continuons!"

Le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Maduro, Jorge Arreaza, a expliqué sur le même canal que "par voies officielles diplomatiques", Caracas avait "notifié il y a plusieurs jours au groupe d'eurodéputés qui prétendaient visiter le pays, à des fins conspiratives, qu'ils ne seraient pas admis, et il leur a été demandé de renoncer et d'éviter ainsi une autre provocation".

Le régime de Nicolas Maduro, soutenu par la Russie, la Chine, la Turquie, l'Iran et Cuba, contrôle les frontières du pays. Juan Guaido, chef du Parlement qui s'est auto-proclamé président par intérim le 23 janvier, est pour sa part reconnu par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis, sans avoir les leviers du pouvoir exécutif.

- "Un million de volontaires" -

L'opposant a donné rendez-vous à ses partisans pour convoyer samedi l'aide humanitaire stockée dans des pays frontaliers. Il a promis qu'à cette date, l'aide entrerait "quoi qu'il arrive", "par la terre ou la mer", pour former une "avalanche humanitaire". Au risque d'une épreuve de force avec l'armée loyale à Nicolas Maduro, qui y voit un prétexte pour une intervention militaire des Etats-Unis.

Dans ce pays en plein marasme économique, miné par l'hyperinflation et les pénuries, l'aide d'urgence est au coeur du conflit entre les deux hommes, et ce samedi pourrait en être le point d'orgue.

Juan Guaido vise "un million de volontaires", "sur le terrain ou de manière active sur les réseaux sociaux", a-t-il écrit aux 600.000 bénévoles qui ont déjà répondu à son appel. Tout en convoquant des manifestations de soutiens ce même samedi.

Constitués en "caravanes", les volontaires se rendront en autocars jusqu'à la ville frontalière colombienne de Cucuta, à la frontière avecle Brésil, où deux centres de stockage sont installés dans l'Etat du Roraima, et au point d'arrivée de l'aide qui sera envoyée depuis l'île néerlandaise de Curaçao.

En attendant, des groupes de volontaires s'activaient lors de réunions de préparation. Et dans des installations de fortune baptisées "campements humanitaires", à plusieurs endroits du pays, des personnels médicaux (aide-soignants et médecins généralistes, pédiatres, nutritionnistes etc.) recevaient des patients des alentours.

Mari Tovar, mère de trois enfants, dont l'un souffre de dénutrition, s'est inscrite sur le site internet pour apporter son aide. "Si vous petit-déjeunez, vous ne déjeunez pas, si vous déjeunez, vous ne dînez pas", dit-elle. "Je veux que mes enfants aient accès à des médicaments et à de la nourriture".

- Stockages -

Nicolas Maduro nie toute "urgence humanitaire". Il n'est donc pas question pour lui de laisser entrer l'aide, qui n'est que de la "nourriture pourrie", des "miettes".

Assurant que son gouvernement distribue de l'aide alimentaire à six millions de familles, il rejette la responsabilité des pénuries sur les sanctions américaines, dont Caracas évalue l'impact à 30 milliards de dollars par an sur l'économie vénézuélienne.

Donald Trump mercredi envisageait mercredi "toutes les options" pour régler la crise vénézuélienne. M. Maduro a demandé à son armée de préparer un "plan spécial de déploiement" à la frontière colombienne, longue de 2.200 km. Il souhaite évaluer "quelles nouvelles forces" sont nécessaires pour que cette frontière "soit inviolable, imbattable, inexpugnable".

Juan Guaido a lui réitéré son appel aux militaires à se mettre "du côté de la Constitution", et à laisser passer l'aide humanitaire.

Des vivres et médicaments envoyés par les Etats-Unis à l'appel de Juan Guaido sont stockés à Cucuta depuis le 7 février. Leur entrée est bloquée au moyen de conteneurs déposés sur un pont frontalier par les autorités de Caracas.

Des dizaines de tonnes supplémentaires ont commencé à atterrir vendredi et samedi à Cucuta, en provenance de bases américaines.

Des Vénézuéliens de Miami se sont également mobilisés en déposant par dizaines des médicaments et produits de première nécessité dans un dépôt près de la ville floridienne. A la fin de la journée de dimanche, ces dons représentaient "plus de mille caisses", a précisé à l'AFP le représentant de Juan Guaido aux Etats-Unis, Carlos Vecchio.

Le point de stockage du Roraima, où le gouvernement brésilien a prévu treize centres d'hébergement pour immigrés vénézuéliens, doit être mis en service lundi. Et un avion arrivera mardi à Curaçao en provenance de Miami.

Le sénateur américain Marco Rubio, candidat aux primaires des républicains pour la dernière élection présidentielle, a apporté son soutien au camp Guaido en visitant dimanche le centre de stockage de Cucuta.

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"Air Cocaïne": ouverture du procès en l'absence de deux acteurs clé

Le procès de l'affaire "Air Cocaïne" s'est ouvert lundi à Aix-en-Provence devant une cour d'assises spéciale, en l'absence de deux de ses principaux protagonistes et malgré les hauts cris des avocats de la défense qui avaient demandé le renvoi de l'affaire.

"On est comme dans un avion sans aile, confrontés à une difficulté majeure, l'absence de deux accusés à ce procès", a déploré dans la matinée Me Céline Astolfe, conseil de Fabrice Alcaud, un des neuf accusés.

Après trois heures de délibéré des six magistrats professionnels de la cour d'assises spéciale, habilitée à juger ce vaste trafic international de stupéfiants en bande organisée, le président Jean-Luc Tournier a annoncé dans l'après-midi un "sursis à statuer" et la poursuite du procès, sans toutefois rejeter les demandes de la défense.

Des quatre Français interpellés dans la nuit du 19 au 20 mars 2013 sur le tarmac de Punta Cana (République Dominicaine) au pied d'un Falcon 50 rempli de 680 kilos de cocaïne, seuls les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret, 59 et 58 ans, sont jugés à Aix-en-Provence, aux côtés de sept autres accusés.

Les deux passagers du jet privé, Nicolas Pisapia et Alain Castany, ont obtenu ces derniers jours la disjonction de leur cas sur décision du président de la cour d'assises.

M. Pisapia, 43 ans, est le dernier protagoniste toujours en République Dominicaine dans ce dossier. Il se trouve sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l'île, dans l'attente d'une décision de la cour suprême locale sur sa condamnation à vingt ans de prison. Il est soupçonné d'être l'homme de confiance qui convoyait les bagages pleins de drogue, réservait les hôtels ou accompagnait d'autres membres du réseau dans leurs déplacements.

Alain Castany, 72 ans, un apporteur d'affaires ou "broker" dans le jargon de l'aviation d'affaires, condamné à la même peine que M. Pisapia par la justice dominicaine et qui a pu être rapatrié par la voie légale en France, est quant à lui trop souffrant pour comparaître, pour association de malfaiteurs. Il est le seul à avoir été condamné de manière définitive en République dominicaine.

- jusqu'à 30 ans de réclusion encourus -

"Des choses gravissimes vont se passer dans ce tribunal", avait mis en garde Me Frank Berton, conseil d'Ali Bouchareb, 47 ,ans, soupçonné d'être le commanditaire du trafic, demandant lui aussi dans la matinée le renvoi du procès et dénonçant des manquements aux principes de l'oralité et du caractère équitable des débats.

L'avocat général, Marc Gouton, avait défendu "la disjonction des deux cas car nous n'avons aucune lisibilité sur la possibilité d'un renvoi à une date ultérieure".

Parmi les neuf accusés, seul Ali Bouchareb, déjà condamné pour trafic de cocaïne, comparaît détenu.

Sans aucun commentaire pour la presse, nombreuse devant la cour d'assises lundi matin, les deux pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret sont arrivés ensemble. Ces ex-pilotes militaires chevronnés ont refait leur vie en Rhône-Alpes, Bruno Odos comme conducteur d'engins de damage, et Pascal Fauret comme ambulancier.

Ils ont toujours nié leur implication dans le trafic de drogue, assurant qu'ils ne savaient pas ce qu'ils transportaient pour la société qui opérait le Falcon 50, propriété de l'opticien Alain Afflelou qui le mettait en location lorsqu'il n'en avait pas l'usage.

En 2015, leur fuite rocambolesque de République dominicaine, après leur condamnation également à vingt ans de prison, les avait placés sous les projecteurs de la presse internationale.

Outre le vol intercepté à Punta Cana en mars 2013, la cour d'assises spéciale devra aussi juger les responsabilités de chacun dans deux allers-retours transatlantiques douteux, dans les quatre mois précédents.

Des peines allant jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle sont encourues par certains au terme de ce procès-fleuve de sept semaines, prévu jusqu'au 5 avril, le plus important de l'année devant la cour d'assises à Aix-en-Provence.

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En Syrie, les jihadistes de l'EI sommés de se rendre par la force arabo-kurde

Les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) retranchés dans leur ultime réduit dans l'est de la Syrie n'ont d'autre choix que la "capitulation", a averti lundi une alliance arabo-kurde soutenue par Washington, à l'offensive contre le dernier lambeau du "califat".

Cet avertissement intervient alors que les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis à Bruxelles, discutant notamment de l'appel du président américain Donald Trump à rapatrier les étrangers ayant rallié l'EI, et retenus aujourd'hui par la force arabo-kurde.

Le général Joseph Votel, chef des forces américaines au Moyen-Orient en tournée dans la région, a lui effectué lundi une brève visite en Syrie, où il a rencontré des responsables kurdes.

A son apogée, l'EI avait attiré des milliers d'étrangers dans les régions qu'il avait conquises dès 2014 en Syrie et en Irak. Mais du "califat" autoproclamé, il ne reste plus qu'une poche de moins d'un demi-kilomètre carré, à Baghouz, village de la province de Deir Ezzor aux confins orientaux de la Syrie.

L'offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS) bute toutefois sur la résistance d'une poignée de jihadistes jusqu'au-boutistes.

Depuis une position des FDS tout près du front, une journaliste de l'AFP a pu observer lundi le bout de territoire qui reste encore aux mains de l'EI: quelques personnes se déplacent entre des tentes blanches dont une femme toute de noir vêtue et des hommes masqués.

"Vous voyez ces gens, qui se déplacent derrière le camion-citerne. Il n'est pas clair s'il s'agit de combattants ou de civils", explique à l'AFP un combattant des FDS.

Retranchés pour la plupart dans des tunnels, sous un océan de mines, les jihadistes empêchent la sortie de centaines de civils transformés en "boucliers humains", selon les FDS et la coalition internationale dirigée par Washington.

"Les affrontements sont très limités et sporadiques. Jusque-là, il n'y a aucun changement sur le terrain", reconnaît un porte-parole des FDS, Mustefa Bali.

- Négociations? -

Selon une source au fait des opérations militaires anti-EI, des "centaines" de combattants de l'EI auraient réclamé leur transfert vers la province d'Idleb, tenue par un autre groupe jihadiste dans le nord-ouest de la Syrie. Ils exigent d'être accompagnés par les derniers civils qui serviraient de "boucliers humains".

Cette proposition aurait reçu une fin de non-recevoir, selon cette source ayant requis l'anonymat.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé le rejet de cette requête par les FDS.

L'AFP n'a pu obtenir aucune confirmation officielle de ces informations auprès des forces engagées dans la bataille.

Une source au sein des FDS a toutefois assuré qu'aucune "négociation" n'était possible. "L'EI n'a pas d'options (...), il est encerclé et n'a d'autre choix que la capitulation", a-t-elle souligné.

Ces dernières semaines, des milliers de personnes fuyant l'EI ont été transférées vers le camp de déplacés d'Al-Hol (nord). L'ONG Comité international de secours a annoncé lundi que 62 d'entre elles sont décédées en route, durant un trajet qui dure environ six heures dans des bétaillères, ou peu après leur arrivée. Les deux-tiers étaient des enfants de moins d'un an.

Depuis le début de leur lutte contre l'EI, des centaines de jihadistes étrangers ont été arrêtés par les FDS.

Les hommes sont maintenus en prison, les femmes et les enfants dans des camps de déplacés.

L'administration semi-autonome kurde refuse de les juger sur place et réclame leur rapatriement. Mais les puissances occidentales sont réticentes face à l'hostilité d'une partie de leurs opinions publiques.

- Rencontre européenne -

Lundi à Bruxelles, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a annoncé qu'"il n'y aura pas de décision au niveau de l'Union européenne", ajoutant que ce dossier "relève de la compétence de chaque gouvernement".

"Mais nous pouvons avoir une réflexion commune pour apporter une réponse coordonnée", a-t-elle poursuivi après la réunion ministérielle.

La veille le président Trump avait pressé les Européens d'agir: "Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice".

Le Royaume-Uni a rejeté cet appel, estimant lundi que les jihadistes étrangers devront être jugés "dans la région où les crimes ont été commis". Paris, Bruxelles et Berlin ont aussi réagi par la négative ou avec tiédeur.

Le sujet est d'autant plus sensible que M. Trump s'est engagé en décembre à retirer les quelques 2.000 militaires américains déployés en Syrie. Ce désengagement, et la menace d'une offensive turque contre les forces kurdes, font craindre un chaos sécuritaire qui profiterait à une éventuelle résurgence de l'EI.

Outre le dernier réduit objet de l'offensive actuelle, les jihadistes de l'EI sont dispersés dans le vaste désert central de la badiya et revendiquent des attaques menées par des "cellules dormantes" dans les régions des FDS.

La bataille anti-EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie, qui a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés depuis 2011.

Mais les violences se poursuivent dans d'autres zones. Lundi au moins 24 personnes, dont quatre enfants, ont été tuées dans deux explosions successives ayant frappé la ville d'Idleb (nord-ouest), dominée par une autre organisation jihadiste, Hayat Tahrir al-Cham (HTS), selon l'OSDH.

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Furieuse d'accusations d'antisémitisme, la Pologne se retire d'un sommet en Israël

La Pologne s'est retirée lundi d'un sommet de pays d'Europe centrale prévu mardi en Israël, suite à des accusations d'antisémitisme lancées à son égard par le nouveau chef de la diplomatie israélienne.

Le sommet des quatre pays du groupe de Visegrad (V4, Hongrie, Pologne, Slovaquie et République Tchèque) est annulé et sera remplacé par des "discussions bilatérales", a annoncé le Premier ministre tchèque Andrej Babis.

La porte-parole du gouvernement slovaque - qui préside le V4 jusqu'au 30 juin - a déclaré à l'AFP que le sommet était "repoussé" jusqu'à la deuxième moitié de l'année, à la demande de la Pologne.

Mardi, "les Premiers ministres de la Slovaquie, de la République Tchèque et de la Hongrie profiteront de cette visite pour avoir des rencontres bilatérales avec le Premier ministre d'Israël Netanyahu et une rencontre trilatérale", a dit Patricia Macikova, porte-parole du chef du gouvernement de Bratislava, Peter Pellegrini.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon a confirmé qu'il n'y aurait pas de sommet complet, disant qu'il n'était pas clair dans l'immédiat s'il s'agirait d'un sommet entre Israël et les trois participants ou bien d'une série de rencontres séparées.

La Pologne avait annoncé auparavant qu'elle renonçait à cette rencontre.

"Les paroles du ministre israélien des Affaires étrangères sont racistes et inacceptables... Il est clair que notre ministre des Affaires étrangères (Jacek Czaputowicz) n'ira pas au sommet" du V4, a dit le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki aux médias polonais.

Le tout nouveau chef de la diplomatie de l'Etat hébreu Israel Katz avait dit dimanche à la chaîne internationale basée en Israël i24 News que "de nombreux Polonais avaient collaboré avec les Nazis et, comme l'a dit (l'ancien Premier ministre israélien) Yitzhak Shamir, +les Polonais sucent l'antisémitisme avec le lait de leur mère+".

Lundi matin, M. Morawiecki avait mis en garde le gouvernement israélien contre une annulation possible de la participation polonaise au sommet du V4, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"Nous attendons une réaction ferme aux paroles impardonnables et simplement racistes du nouveau ministre des Affaires étrangères d'Israël, c'est quelque chose qui ne peut pas être laissé sans réaction", avait-il dit aux médias polonais.

- Campagne électorale -

Ce regain de tension entre la Pologne et Israël intervient après un premier problème survenu la semaine dernière à propos de déclarations de Benjamin Netanyahu citées dans la presse de son pays et portant sur le rôle des Polonais dans l'Holocauste.

Dimanche, Varsovie a annoncé que M. Morawiecki n'irait pas en Israël pour la réunion du groupe de Visegrad et serait remplacé par son ministre des Affaires étrangères.

La Pologne réagissait ainsi à des déclarations de M. Netanyahu qui avait assuré vendredi que la presse de son pays avait déformé ses propos, portant sur les responsabilités de ou des Polonais dans les crimes nazis contre les Juifs.

S'entretenant avec les journalistes israéliens qui l'accompagnaient à Varsovie mercredi et jeudi pour une conférence sur le Moyen-Orient, M. Netanyahu "a parlé de Polonais, et non pas du peuple polonais ou de la Pologne", ont expliqué ses services.

La presse israélienne a rapporté différemment les mots prononcés par M. Netanyahu et les services gouvernementaux israéliens n'ont pas précisé à quelle version ils faisaient référence.

Les commentateurs polonais ont souligné que les déclarations israéliennes sont faites dans un contexte de campagne électorale dans l'Etat hébreu. La Pologne elle aussi s'achemine cette année vers deux élections: les européennes fin mai et les législatives en automne.

Cette nouvelle tension dans les relations entre la Pologne et Israël suit une importante crise survenue l'année dernière en raison d'une loi polonaise controversée, perçue en Israël et aux Etats-Unis comme une tentative implicite d'empêcher les survivants de l'Holocauste d'évoquer les crimes de Polonais à leur égard.

La Pologne a fini par amender cette loi, destinée, dans son optique, à défendre l'image du pays et des Polonais pendant la Seconde guerre mondiale, et les deux pays avaient annoncé une relance de leurs relations.

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Affaire Benalla: le très attendu rapport d'enquête du Sénat présenté mercredi

Au terme de près de sept mois de travaux, la commission sénatoriale d'enquête sur l'affaire Benalla, aux interminables rebondissements, dévoilera mercredi ses conclusions sur les dysfonctionnements qui empoisonnent la présidence d'Emmanuel Macron.

Ce très attendu rapport d'enquête au sujet de l'ex-collaborateur du chef de l'Etat sera présenté à la presse à 11h00 par les deux corapporteurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR), précise la commission des Lois dans un communiqué publié lundi.

Dysfonctionnements au plus haut des services de l'Etat, mensonges... "Ce ne sera pas un robinet d'eau tiède", prédit un fin connaisseur du Palais du Luxembourg.

"Les Français se sont déjà fait une opinion", confiait récemment Jean-Pierre Sueur.

L'ex-chargé de mission de l'Elysée est mis en examen pour des violences sur des manifestants à Paris, le 1er mai, faits qui ont déclenché la commission d'enquête.

S'est ajoutée en janvier une mise en examen pour utilisation abusive de passeports diplomatiques après son licenciement. Et depuis, le parquet financier a ouvert une enquête sur un contrat signé avec un sulfureux oligarque russe.

C'est en parallèle de ces développements judiciaires, à chaque fois déclenchés par des révélations de presse, que la commission des Lois a conduit ses investigations.

Veillant à ne pas interférer avec la justice, malgré la difficulté de l'exercice, elle revendique une stricte observation de son cahier des charges, comme l'a maintes fois martelé le président de la commission des Lois, Philippe Bas : "Pour nous, l'essentiel c'est d'abord de faire la vérité sur le fonctionnement de l'Etat dans cette affaire".

La commission a également prévu de faire "des recommandations" pour que les "défaillances dans le fonctionnement de l'État" qui ont pu apparaître "ne se reproduisent pas".

- "Parjure" -

Les personnes qu'elle a auditionnées ayant prêté serment, la commission d'enquête peut aussi signaler à la justice ses soupçons de faux témoignages. Plusieurs sénateurs l'ont d'ailleurs appelée à le faire à l'issue des dernières auditions, estimant qu'Alexandre Benalla avait menti devant la commission.

"Qu'il y ait eu parjure, c'est une évidence", a affirmé jeudi le patron des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau.

L'association Anticor avait déjà écrit à M. Bas en novembre, pointant des "faux témoignages" de plusieurs personnalités entendues.

"Nous prendrons s'il y a lieu des décisions vis-à-vis de l'autorité judiciaire", s'est borné jusqu'ici à déclarer M. Bas.

Au total, la commission d'enquête sénatoriale aura procédé à plus de 30 auditions. Alexandre Benalla lui-même, de même que son acolyte Vincent Crase, un ex-employé de La République en marche et chef d'escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, sont passés deux fois sur le gril sénatorial. De même que Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République.

Deux ministres de l'Intérieur ont été auditionnés, Gérard Collomb en juillet, puis son successeur Christophe Castaner en janvier. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian également, mais aussi le chef de cabinet d'Emmanuel Macron, François-Xavier Lauch, le général Éric Bio-Farina, commandant militaire de l'Élysée, Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée...

Pour autant, le président de la commission comme ses rapporteurs ont toujours réfuté toute dimension politique à leurs travaux. "On n'a rien contre personne, on fait notre boulot objectivement", assurait encore récemment M. Sueur.

Très critique vis-à-vis de la commission à l'automne lors de la première audition d'Alexandre Benalla, l'exécutif a depuis changé de ton, s'attachant à démontrer que l'ancien chargé de mission n'était pas "protégé".

"Il y a eu des dysfonctionnements et il faut les régler", déclarait en janvier le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

"Je souhaite que ces épisodes d'une grande tristesse s'arrêtent rapidement", a-t-il encore affirmé dimanche, confiant "un sentiment d'amertume".

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La piste Lelandais examinée dans "une quarantaine" d'affaires non résolues

Nordahl Lelandais est-il impliqué dans d'autres affaires judiciaires ? Une cellule spécialisée de la Gendarmerie nationale a identifié "une quarantaine" de dossiers criminels non résolus dans lesquels un lien avec l'ex-militaire peut être envisagé.

En janvier 2018, peu après la mise en examen de cet ancien maître-chien pour le meurtre de la petite Maëlys et pour l'assassinat du caporal Arthur Noyer, une cellule spécialisée avait été créée au sein de la Gendarmerie nationale.

Son but: effectuer des recoupements entre le "parcours de vie" de Nordahl Lelandais et quelque 900 dossiers de disparitions ou de crimes non élucidés dans une vingtaine de départements.

Après un an de travail, les sept enquêteurs qui composent cette cellule baptisée "Ariane", en lien avec les sections de recherches locales, ont dégagé une liste d'une "quarantaine" d'affaires où la piste de Nordahl Lelandais peut-être envisagée, a annoncé lundi Jean-Philippe Lecouffe, sous-directeur de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale.

Les gendarmes ont appliqué une "méthodologie" spécifique pour aboutir à ce résultat, a détaillé M. Lecouffe lors d'une conférence de presse à la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

Dans un premier temps, "un peu moins d'un tiers" des affaires ont été écartées, soit parce que Nordahl Lelandais était au moment des faits "très loin" de la zone géographique concernée, soit parce que certains dossiers avaient été entre-temps résolus, a précisé M. Lecouffe.

Les gendarmes ont ensuite "coté" les dossiers à partir de quatre critères: la période et le lieu des faits, le profil des victimes et un critère additionnel "de sensibilité", "plus subjectif" - certains dossiers ayant, par exemple, une "forte sensibilité médiatique" ou étant "poussés par des associations de victimes".

La cellule a agi comme un "radar qui détecte un écho positif": elle n'a pas "vocation" à enquêter elle-même sur ces dossiers mais elle a signalé ces affaires aux magistrats et enquêteurs compétents, ouvrant "de nouvelles pistes", a-t-il précisé.

"A ce stade, aucun dossier n'amène formellement et judiciairement à mettre en cause Nordahl Lelandais dans aucune de ces affaires", a souligné M. Lecouffe, rappelant que l'ancien militaire reste "présumé innocent" dans les enquêtes où il est mis en cause.

- "Disparitions inquiétantes" -

Nordahl Lelandais a été mis en examen dans quatre affaires différentes.

Il est soupçonné de l'enlèvement et du meurtre de la petite Maëlys à Pont-de-Beauvoisin (Isère), dans la nuit du 26 au 27 août 2017 lors d'une fête de mariage. Il est aussi mis en cause dans la disparition et l'assassinat du caporal Arthur Noyer, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017 après une soirée dans le centre de Chambéry.

Plus récemment, il a été mis en examen pour "agression sexuelle" sur deux de ses petites cousines.

Il a été mis hors de cause dans certains dossiers, comme celui de la disparition en mars 2003 de la petite Estelle Mouzin en Seine-et-Marne ou celle d'un jeune cuisinier belge de 24 ans, Adrien Mourialmé, en juillet 2017 dans les Alpes françaises.

Après des mois de travail, parmi la quarantaine de dossiers évoqués à ce stade, une "majorité" sont des disparitions inquiétantes, "moins d'une dizaine" concernent des mineurs et beaucoup se situent "dans la région Rhône-Alpes, sans que cela soit exclusif", ont précisé lundi les gendarmes.

Le travail de la cellule va se poursuivre et d'autres dossiers "viendront peut être s'y ajouter demain" si de nouveaux éléments apparaissent, ont précisé les gendarmes.

L'expérience de cette cellule a permis de "tirer" des "enseignements", a déclaré M. Lecouffe: une cellule spécialisée sur les affaire non-élucidées est ainsi "en cours" de création au sein du Service central du renseignement criminel de la gendarmerie, à Pontoise.

Un "allongement" de la "durée de conservation de certains fichiers" ou encore l'élaboration d'un "guide de bonnes pratiques en termes de disparition" à l'usage des gendarmes sont aussi à l'étude.

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Mobilisation massive de la classe politique contre l'antisémitisme

Édouard Philippe, plus de la moitié du gouvernement et les représentants d'une vingtaine de partis participeront aux rassemblements contre l'antisémitisme prévus mardi à l'initiative du PS en France, le Rassemblement national, qui n'était pas convié, organisant un hommage de son côté.

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi soir sa participation au rassemblement parisien, place de la République à 19H00.

Quatorze autres ministres ont confirmé leur présence dans ces rassemblements: François de Rugy (Transition Écologique), Jean-Michel Blanquer (Éducation), Agnès Buzyn (Solidarités et Santé), Jacqueline Gourault et Julien Denormandie(Territoires), Frédérique Vidal (Enseignement supérieur), Franck Riester (Culture), Didier Guillaume (Agriculture), Marc Fesneau (Relations avec le Parlement), Élisabeth Borne (Transition écologique), Nathalie Loiseau (Affaires européennes), Annick Girardin (Outre-mer), Muriel Pénicaud (Travail), Sébastien Lecornu (Collectivités territoriales).

Neuf secrétaires d'État prévoient également d'être présents: Brune Poirson et Emmanuelle Wargon (Transition écologique), Christelle Dubos (Solidarités et Santé), Adrien Taquet (Solidarités et Santé), Sophie Cluzel (Personnes handicapées), Agnès Pannier-Runacher (Économie et Finances), Gabriel Attal (Jeunesse), Olivier Dussopt (Fonctionnaires) et le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Le président de la République Emmanuel Macron, qui a vivement dénoncé les actes antisémites et qui s'exprimera mercredi soir au dîner du CRIF, ne participera pas au rassemblement organisé à Paris, malgré l'appel en ce sens lancé par le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

"Ce qui est en péril, c'est notre vivre ensemble", a estimé lundi le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume, lors de l'émission Audition publique sur LCP et Public Sénat, en partenariat avec l'AFP et Le Figaro.

A propos des participants, le ministre a considéré qu'il s'agirait de "républicains, des femmes et des hommes, quoi qu'ils pensent".

- "Hommage séparé" du RN -

Jeudi, 14 partis avaient lancé sous l'impulsion du PS un "appel à l'union contre l'antisémitisme". Une demi-douzaine d'autres ont depuis rejoint l'appel, dont la France insoumise.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon avait expliqué jeudi ne pas avoir été formellement invité à s'associer à cette démarche, malgré un message "Telegram" du premier secrétaire du PS.

L'entourage de M. Mélenchon n'était pas en mesure de dire lundi soir ce que ferait M. Mélenchon mardi.

L'ancien président de la République François Hollande et l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve ont confirmé leur venue. Pas d'information en revanche du côté de Nicolas Sarkozy.

Le Rassemblement national, qui avait déploré ne pas avoir été convié, a annoncé qu'il rendrait un hommage séparé "aux victimes des actes antisémites".

Dans son communiqué, le RN (ex-FN) explique qu'il "n'entend pas défiler aux côtés de formations et de dirigeants politiques qui, soit n'ont rien fait depuis trente ans contre l'implantation des réseaux islamistes dans les quartiers, soit les ont encouragés, soit même entretiennent à leur égard un double langage irresponsable et criminel".

Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la France, a annoncé qu'il se rendrait place de la République, bien qu'il n'ait pas non plus été invité.

Un groupe de "gilets jaunes" a aussi annoncé sa venue, celui des "Gilets jaunes citoyens" emmenés par Thierry Paul Valette.

La sénatrice EELV Esther Benbassa, très présente dans les manifestations de "gilets jaunes", a invité sur Twitter ces derniers à venir nombreux.

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a fait savoir qu'il participerait à un autre rassemblement, prévu à 19H00 à Ménilmontant (Paris XXe), "contre les actes antisémites, contre leur instrumentalisation, pour le combat contre le racisme sous toutes ses formes", aux côtés d'autres organisations dont le Parti des indigènes de la République (PIR), le Comité Adama ou l'Union juive française pour la paix (UJFP).

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Ligue des champions: Lyon rêve d'exploit face à Barcelone

C'est le match de l'année au Groupama Stadium, mardi (21H00) en 8e de finale aller de la Ligue des Champions : Lyon peut-il battre le FC Barcelone, quintuple champion d'Europe, et s'ouvrir la voie à une première qualification en quarts depuis 2010 ?

. Un défi

"On prépare ce match avec beaucoup de motivation, vu mon jeune âge c'est un match un peu rêvé. On est conscient du défi qui nous est imposé mais on est très motivé pour le relever", lance le milieu lyonnais Houssem Aouar, 20 ans. Pour faire aussi bien que ses prédécesseurs ?

En 2010, avec le très critiqué Claude Puel comme entraîneur, l'OL avait atteint les demi-finales, battu par le Bayern Munich (0-0, 3-0) non sans avoir, au passage, barré la route au prestigieux Real Madrid au même stade des 8es de finale (1-0, 1-1).

C'est la quatrième fois que l'Olympique lyonnais affronte le club catalan, qu'il n'a jamais battu. La dernière fois, le Barça s'était qualifié pour les quarts de finale en 2008-2009 (1-1, 5-2).

A l'époque, Aouar avait dix ans. "C'est vrai que petit, on a pas mal regardé ces grandes équipes là. Pour l'instant, ce sera le plus grand match de ma jeune carrière mais il ne va pas falloir non plus se laisser bercer par l'engouement médiatique".

. Les superlatifs d'Aulas

"Mardi, nous allons vivre une soirée exceptionnelle, un match que nous avons toujours rêvé de pouvoir faire", confie le président Jean-Michel Aulas évoquant les records (médias, spectateurs, hospitalités, recette estimée à 5 millions d'euros) pour le Groupama Stadium, bâti pour recevoir ce type d'événements.

"La rencontre sera suivi par des millions et des millions de téléspectateurs", s'enflamme-t-il.

Au plan sportif, l'emblématique dirigeant en espère "une surmotivation collective".

"Nous allons nous préparer comme des fous pour essayer d'exister mardi soir. Tous les joueurs ont une envie incroyable de jouer ce match", dit-il encore, en rappelant que "le PSG a montré la voie contre Manchester".

. Fekir absent, Denayer incertain

Pour cette rencontre, Lyon devra se passer de son maître à jouer, Nabil Fekir, suspendu. Un handicap, car l'international français a marqué à chaque fois dans les grands matches (contre Manchester City, Shakhtar Donetsk, PSG..). "Nabil va beaucoup nous manquer" acquiesce Aouar, pressenti pour le remplacer au coeur du jeu. Et de dédramatiser: "On a pas mal de grands joueurs dans l'équipe avec assez d'expérience pour prendre le relais".

Autres problèmes, comme l'a admis Bruno Genesio à la veille du match, "on a encore des incertitudes concernant Jason Denayer et Tanguy Ndombélé", tous deux blessés.

Les deux joueurs figurent toutefois dans le groupe des 19 joueurs convoqués pour le match. Bonne nouvelle ? Il le faut car sans eux, ni Fekir, l'Olympique lyonnais serait vraiment affaibli.

. Memphis en question

En l'absence de Fekir, la performance de Memphis Depay, qui espère un jour être recruté par un grand club du niveau du Barça, sera certainement essentielle devant.

Mais le Néerlandais, remplaçant vendredi contre Guingamp et qui n'a joué qu'un quart d'heure, pour une performance indigne, avant de quitter très rapidement le stade en boudant, n'a plus marqué depuis son doublé contre l'En-Avant, le 10 novembre.

Il devra hisser son niveau tant pour son intérêt personnel que celui du collectif.

. Ne pas avoir peur

Jusqu'à présent, les joueurs de Lyon affichent leur détermination à l'image du défenseur Marcelo qui a affirmé à l'AFP "que l'OL ne doit pas avoir peur et montrer (son) football".

Même si il y a un quintuple Ballon d'Or nommé Lionel Messi en face ? "C'est un génie du foot", commente le coach lyonnais Bruno Genesio, qui a sa petite idée face à lui: "Le marquage individuel face à Messi est pour moi obsolète. A un moment donné, il trouvera la solution. Le fait d'avoir de la densité autour de lui, cela peut réduire son influence".

. Aucun complexe

Genesio, régulièrement stigmatisé ou moqué, a aussi assuré lors d'un questions-réponses avec des supporters "qu'il se sentait capable de rivaliser des entraîneurs tels Ernesto Valverde ou Diego Simeone", entraîneurs du Barça et de l'Atlético Madrid.

Car Lyon a prouvé sa capacité à se hisser au niveau des meilleurs en s'imposant sur le terrain de Manchester City (2-1) en C1 avant de concéder le résultat nul au retour (2-2) mais aussi en prenant le meilleur sur le Paris Saint-Germain (2-1) en L1.

Ce sera l'exemple à suivre mardi pour au moins rêver jusqu'au 13 mars.

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La municipalité d'Istanbul au chevet des animaux de rue

Mevlüde a trouvé un chat noir sur le campus universitaire où elle travaille: inquiète de le voir avec un oeil fermé, elle l'a emmené consulter auprès de vétérinaires de la mairie d'Istanbul, qui multiplie les initiatives pour choyer ses animaux de rue.

Les visiteurs venus admirer les mosquées centenaires ou les palais ottomans sur les rives du Bosphore sont souvent surpris de voir chats et chiens s'approprier les meilleures places sur les terrasses des cafés et restaurants sans être inquiétés.

A l'instar de Mevlüde, de nombreux Stambouliotes s'occupent des chiens et chats de leur quartier, leur laissant gamelles et abris sur les trottoirs. Et la municipalité tente de s'assurer de la bonne santé de ces animaux.

Le "Vetbus" où Mevlüde a conduit son protégé, bus transformé en clinique ambulante, stationne plusieurs jours par semaine dans différents quartiers de la mégapole turque.

"Nous entrons souvent en contact avec la municipalité quand on voit des animaux qui ont besoin de soins", explique-t-elle une fois rassurée sur l'état du chat, aux yeux désormais grand ouverts.

L'attention portée par les Stambouliotes à leurs voisins à quatre pattes "vient en partie de la tradition islamique et en partie de la structuration de l'espace public sous l'Empire ottoman", explique Mine Yildirim, doctorante à la New School for Social Research de New York.

Dans l'Istanbul ottoman, les gens évoluaient, selon la chercheuse, essentiellement entre leur maison, la mosquée et le marché. Les rues étaient l'espace des chiens. "La ville a grandi mais elle a gardé ses animaux comme composante de son espace public", ajoute Mme Yildirim.

Certaines politiques d'extermination ont bien été menées au début du XXe siècle pour s'aligner avec l'Occident. Et dans les années 1990, la ville répandait du poison dans les rues pour tuer les animaux, affirme Mme Yildirim.

Mais depuis l'adoption de la loi de protection des animaux de 2004, les mairies doivent prendre en charge ceux des rues.

"En général, les gens amènent les animaux dont ils s'occupent (...) pour qu'on leur administre des antiparasites", explique Nihan Dinçer, vétérinaire du Vetbus.

- Vaccins -

Outre cette clinique ambulante, la mairie du Grand Istanbul (IBB) dispose de six centres de soins. Mevlüde a confié deux chats à l'un d'eux.

Le but est de vacciner, stériliser et soigner les quelque 130.000 chiens et 165.000 chats errants d'Istanbul, selon la mairie. Equipés d'une puce électronique, ils doivent ensuite être ramenés là où ils ont été recueillis ? sauf ceux adoptés entretemps.

En 2018, 73.608 animaux ont ainsi été pris en charge par une centaine de vétérinaires et techniciens, contre seulement 2.470 en 2004. Et aucun cas de rage n'a été détecté à Istanbul depuis 2016, d'après la municipalité.

Elle refuse de dire combien coûtent ces services. Mais selon le ministre de l'Agriculture et des Forêts Bekir Pakdemirli, son ministère a soutenu les autorités locales du pays à hauteur de l'équivalent de 6 millions de dollars entre 2009 et 2018 pour prendre en charge des animaux de rue.

"Si les gens savaient combien d'argent est dépensé pour ces services, peut-être que certains seraient contrariés. Mais ça n'est pas dévoilé", relève Mme Yildirim, également coordinatrice du collectif de défense des animaux Dört Ayakli Sehir (La Ville à quatre pattes).

- Croquettes -

En ville, les animaux sont souvent bien nourris. Des particuliers, restaurants et boucheries leur réservent leurs restes.

Mais dans les forêts alentour, "si on ne les nourrit pas, ils mourront", explique le vétérinaire de l'IBB Umut Demir lors d'une patrouille dans la forêt de Belgrade.

Mine Yildirim accuse toutefois l'IBB de ne pas systématiquement ramener les animaux là où ils ont été trouvés, comme elle l'affirme, et d'en relâcher dans ces forêts.

Une tonne de nourriture y est distribuée chaque jour par des équipes dépêchées à bord de camionnettes remplies de croquettes. Les chiens accourent en entendant le klaxon, et semblent aussi excités par la nourriture que par les caresses distribuées.

Selon Tugçe Demirlek, vétérinaire en chef du centre de soins de Sultangazi, dans l'ouest d'Istanbul, le fait que les animaux soient aussi bien nourris et soignés garantit leur calme et limite les agressions.

Malgré les efforts de stérilisation systématique, le nombre de chiens errants reste en revanche quasi stable: "Les animaux que nous n'attrapons pas continuent de se reproduire", explique la vétérinaire.

Des chiots naissent ainsi dans la nature à Istanbul, comme ce petit chien doré d'une quarantaine de jours, signalé à la ville par des riverains inquiets de l'avoir trouvé gémissant et seul au bord d'une route.

Une fois ausculté, il est mis à l'adoption, dans une vitrine spéciale du Vetbus. Il a attiré beaucoup de regards ce jour-là, sans trouver preneur, et retournera passer la nuit au centre de soins.

"On retentera notre chance demain", sourit Mme Dinçer.

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