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L'UE lance une réforme de l'asile et va devoir vaincre les réticences

Durcissement sur les renvois des migrants irréguliers, contrôles accrus aux frontières extérieures, accélération des procédures: la réforme de l'asile présentée mercredi par Bruxelles a été accueillie avec réserve par les Etats tandis que les ONG l'accusaient d'avoir cédé aux gouvernements anti-immigration.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a défendu un équilibre "juste et raisonnable" entre "responsabilité et solidarité" entre les 27: "Nous devons trouver des solutions pérennes sur la migration", a-t-elle plaidé, soulignant que l'incendie du camp grec de Moria était "un rappel brutal".

Cinq ans après la crise de 2015, ce nouveau "Pacte européen sur la migration et l'asile" prévoit que les pays de l'UE qui ne veulent pas prendre des demandeurs d'asile en cas d'afflux devront en revanche participer au renvoi des déboutés du droit d'asile depuis le pays européen où ils sont arrivés vers leur Etat d'origine.

Une façon de mettre tous les Etats à contribution en contournant le refus persistant de plusieurs pays, notamment ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) d'accueillir des migrants.

Consciente des difficultés à surmonter, Ursula von der Leyen rencontrera jeudi matin les Premiers ministres hongrois, tchèque et polonais. Leur homologue slovaque, initialement annoncé, ne participera pas à l'entretien.

Avec ce pacte, Bruxelles tire les leçons de l'échec des quotas de relocalisation décidés après 2015 en abandonnant le principe d'une répartition contraignante des migrants.

Le projet prévoit de "rigoureux contrôles" aux frontières extérieures, de manière à écarter plus rapidement les migrants jugés peu susceptibles d'obtenir une protection internationale, dont le traitement sera accéléré, a affirmé le vice-président de la Commission Margaritis Schinas. Avec l'objectif de limiter ainsi le nombre de migrants entrant dans l'UE.

- Dublin revisité -

Le pacte révise la règle consistant à confier au premier pays d'entrée d'un migrant dans l'UE la responsabilité de traiter sa demande d'asile.

Ce "règlement Dublin", pilier actuel du système d'asile européen, n'a cessé d'alimenter les tensions entre les 27, en raison de la charge qu'il fait porter aux pays géographiquement en première ligne comme la Grèce et l'Italie.

Selon la proposition de la Commission, le pays responsable de la demande pourra être celui où un migrant a des liens familiaux, où il a travaillé ou étudié, ou alors le pays lui ayant délivré un visa. Sinon, les pays de première arrivée resteront chargés de la demande et un Etat soumis à une "pression" migratoire pourra demander l'activation d'un "mécanisme de solidarité obligatoire".

En cas de "crise" similaire à celle de 2015, lorsque plus d'un million de réfugiés avaient pris l'Europe de court, un Etat devra prendre en charge la relocalisation des réfugiés ou le renvoi des migrants déboutés. Et s'il échoue à renvoyer des migrants dans leur pays d'origine dans les huit mois, il devra les accueillir.

Des alternatives jugées irréalisables pour les petits pays, qui n'en ont pas les moyens, fait valoir une source européenne.

Du coup, l'UE veut augmenter les retours de migrants en "intensifiant les négociations" avec les Etats d'origine ou de transit. Seulement un tiers des migrants déboutés quittent effectivement l'UE.

La situation est très différente de 2015, le nombre d'arrivées irrégulières dans l'UE ayant chuté en 2019 à 140.000. Et si en 2015, 90% des migrants ont eu le statut de réfugié, aujourd'hui les deux tiers n'ont pas droit à une protection internationale

Un mécanisme de solidarité concernant les sauvetages en mer est aussi prévu par le nouveau pacte, qui propose d'épargner de poursuites judiciaires les ONG impliquées.

La proposition de la Commission devra être endossée par les Etats membres et le Parlement européen.

- "Faux départ" -

Le nouveau "pacte" a suscité des réactions très contrastées.

Les frontières européennes extérieures doivent rester "parfaitement étanches", a réaffirmé la Hongrie, tandis que l'Autriche a prévenu que la "relocalisation ne (devait) pas revenir par la porte de derrière". La Slovénie a regretté l'inclusion du "concept de solidarité obligatoire" qui "divise les Etats".

"Nous avons maintenant une grande possibilité de montrer au monde que sur ce thème difficile, l'Europe se serre les coudes", a néanmoins réagi le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, dont le pays occupe actuellement la présidence de l'UE.

La Grèce, concernée au premier plan, a simplement réaffirmé "nécessaire que les responsabilités soient partagées de manière juste entre les pays".

Eurodéputés et ONG étaient en revanche très critiques. Pour Oxfam, la Commission "s'incline devant les gouvernements anti-immigration".

"Ce nouveau pacte institutionnalise la honte. La Commission s?est couchée devant Orban et consorts", abonde l'eurodéputé Damien Carême (Verts).

L'ONG allemande Sea-Watch, qui sauve des migrants en Méditerranée, a dénoncé des propositions "choquantes", rappelant que "le besoin de protection individuelle ne peut être évalué dans une procédure rapide" aux frontières et que "de facto le droit à la protection est aboli".

"Vendu comme un nouveau départ, ce pacte est en réalité conçu pour rehausser les murs et renforcer les barrières", s'indigne Amnesty.

L'eurodéputée Fabienne Keller (Renew), rapporteure du Parlement sur la réforme du règlement de Dublin, se montrait plus mesurée: "Nous n'aboutirons pas à un accord en tirant à boulet rouge sur la proposition de la Commission", observait-elle, appelant à"construire une solution commune".

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Coronavirus : plus de cinq millions de cas en Europe, la France durcit les restrictions

La pandémie de Covid-19 a déjà contaminé plus de cinq millions de personnes en Europe, où la France a emboîté le pas à l'Angleterre mercredi et a durci les restrictions dans sa capitale et plusieurs autres grandes villes.

Au total, 5.000.421 cas ont été recensés en Europe pour 227.130 morts, selon un comptage réalisé par l'AFP mercredi. Un autre seuil symbolique avait été franchi la veille aux Etats-Unis avec plus de 200.000 morts du Covid-19.

Sur le Vieux continent, plus de 380.000 nouveaux cas ont été déclarés ces sept derniers jours, soit le plus grand nombre d?infections recensées en une semaine dans cette région depuis le début de la pandémie.

Cette hausse du nombre des contaminations détectées s'explique en partie par la forte augmentation du nombre des tests réalisés dans certains pays d'Europe, comme en France (plus d'un million de tests par semaine).

Face à une remontée en flèche du taux d'incidence du virus dans la métropole d'Aix-Marseille (sud-est) et en Guadeloupe (Antilles), les autorités françaises ont annoncé mercredi soir des mesures plus strictes, avec notamment la fermeture totale des bars et des restaurants à partir de samedi, pour au moins deux semaines.

Onze autre métropoles, dont Paris, ont été placées en "zone d'alerte renforcée", ce qui implique notamment la fermeture des bars à partir de 22 heures et la limitation des ventes d'alcool.

- Encore des restrictions en Espagne -

Déjà mardi, au Royaume-Uni, le pays le plus endeuillé du continent, le Premier ministre Boris Johnson avait annoncé de nouvelles restrictions : les pubs et les restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, fermeront dès 22H00 en Angleterre et le télétravail sera à nouveau encouragé.

Ces mesures seront en place "peut-être six mois", a avancé Boris Johnson, avertissant que faute de progrès, il faudrait "inévitablement agir de manière plus drastique".

En Espagne, un des pays européens les plus touchés, la région de Madrid, qui y est redevenue l'épicentre de la pandémie, va annoncer vendredi l'extension des mesures de restriction de la liberté de circulation à d'autres zones afin de tenter de freiner les contagions.

Près d'un million d'habitants de la capitale espagnole et de sa périphérie ont interdiction depuis lundi de quitter leur quartier, sauf pour des raisons bien précises : aller travailler ou étudier, se rendre chez un médecin, répondre à une convocation d'ordre légal ou encore s'occuper de personnes dépendantes.

La région a demandé l'aide de l'armée pour réaliser des tests et désinfecter les zones les plus affectées.

- Etats-Unis : le seuil des 200.000 morts -

Face à des campagnes de désinformation qui se multiplient sur le virus, les Nations unies ont lancé mercredi un appel à lutter contre ce qu'elles ont appelé une "infodémie", une épidémie de fausses nouvelles pouvant avoir des effets mortels.

"Le Covid-19 n'est pas seulement une urgence de santé publique, mais également une urgence de communication", a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

La pandémie a fait plus de 971.677 morts dans le monde depuis fin décembre et plus de 31,67 millions de cas ont été comptabilisés, selon un bilan établi mercredi par l'AFP.

Le continent américain, représentant plus de 38% de tous les nouveaux cas signalés au cours de la semaine dernière d'après l'OMS, reste le plus touché, même si le nombre des morts y a baissé de 22%.

Ailleurs dans le monde, certains pays commencent à assouplir leurs restrictions, comme l'Arabie saoudite qui va autoriser l'Omra, le petit pèlerinage à La Mecque, à partir du 4 octobre, sept mois après sa suspension.

Le Japon envisage d'assouplir à partir d'octobre les restrictions d'entrée sur son territoire, en autorisant l'accès des ressortissants étrangers pour un séjour supérieur à trois mois, selon des médias.

Les touristes seraient exclus de ce dispositif et le nombre des entrées quotidiennes serait limité à 1.000, au moment où ce pays cherche à faire redémarrer son économie mise à mal par le coronavirus et se prépare à accueillir les jeux Olympiques de Tokyo, reportés à 2021.

A New-York, après avoir déjà repoussé une première fois sa reprise à fin décembre, le Metropolitan Opera a annoncé mercredi l'annulation de toute sa saison 2020-21.

Après consultation des autorités de santé publique, l'opéra a décidé qu'il ne serait "pas sûr pour le Met de reprendre ses activités" tant que le vaccin n'aurait pas été largement administré au sein de la population.

Sur le front du vaccin, le groupe américain Johnson & Johnson est devenu le quatrième laboratoire pharmaceutique à entamer aux Etats-Unis un essai clinique de phase 3 sur un vaccin expérimental contre le Covid-19 en une seule dose, avec 60.000 personnes sur trois continents.

Si les résultats sont positifs, l'entreprise espère pouvoir déposer une demande d'autorisation d'urgence auprès de l'Agence américaine du médicament (FDA) "début 2021".

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Sorti de l'hôpital, Navalny peut désormais envisager son retour en Russie

Un mois après sa prise en charge à Berlin dans un état grave à la suite d'un empoisonnement présumé au Novitchok, l'opposant russe Alexeï Navalny a été autorisé à quitter l'hôpital et peut désormais envisager de rentrer en Russie.

M. Navalny, 44 ans, est sorti mardi de l'hôpital berlinois de La Charité et son état de santé "s'est amélioré au point que les soins intensifs ont pu être interrompus", a annoncé mercredi l'établissement de pointe.

"Au vu du déroulement du traitement à ce stade et de l'état actuel du patient, les médecins considèrent qu'un rétablissement complet est possible", a-t-il ajouté.

Le Kremlin a réagi à la sortie de M. Navalny en affirmant qu'il était "libre" de revenir en Russie, "comme tout citoyen russe".

Interrogée par l'AFP le 15 septembre quant à un retour de l'opposant en Russie une fois rétabli, sa porte-parole avait répondu qu'"il n'avait jamais été question d'autre chose".

- Séances de rééducation -

Ce féroce critique du Kremlin a dans la matinée posté une photo de lui sur Instagram où il est assis sur un banc, entouré de verdure. Amaigri, les traits tirés, une casquette posée à côté de lui, il fixe l'objectif, le visage impassible.

Dans un autre message, il a annoncé avoir encore beaucoup de rééducation en perspective pour "tenir sur une jambe. Regagner complètement le contrôle de mes doigts".

Aucune indication n'a été donnée sur l'endroit où il se trouve désormais en Allemagne. Interrogée par l'AFP, la police berlinoise n'a pas voulu confirmer "pour des raisons de sécurité", s'il était sous protection.

"Les éventuelles conséquences à long terme de l'empoisonnement grave ne peuvent être évaluées qu'au cours de la suite du traitement", a rappelé dans son communiqué l'hôpital de La Charité.

Victime d'un malaise au cours d'un vol en Russie le 20 août, Alexeï Navalny a d'abord été admis dans un établissement sibérien avant d'être transféré en Allemagne, où il a été conclu à un empoisonnement au Novitchok, une substance neurotoxique conçue par des spécialistes soviétiques à des fins militaires.

Selon les soutiens de M. Navalny, des traces de Novitchok ont notamment été retrouvées sur une bouteille d'eau ramassée dans sa chambre d'hôtel en Sibérie, où il était en campagne pour soutenir des candidats à des élections locales.

Plusieurs laboratoires spécialisés allemand, français et suédois ont déterminé qu'il avait bel et bien été victime d'un empoisonnement à un agent neurotoxique de type Novitchok, ce que Moscou continue de contester avec vigueur.

- Auto-empoisonnement -

Le président russe Vladimir Poutine a décrit l'opposant avec mépris lors d'un entretien avec le président français Emmanuel Macron le 14 septembre, a rapporté le quotidien Le Monde.

Le président russe aurait ainsi affirmé à propos de son opposant qu'il avait déjà simulé des malaises par le passé et commis des actes illégaux.

Vladimir Poutine a aussi justifié l'absence d'enquête officielle en Russie par le fait que Berlin et Paris n'auraient pas communiqué aux autorités russes les analyses réalisées dans leurs laboratoires.

Le dirigeant russe aurait aussi suggéré que M. Navalny avait pu absorber lui-même le poison et que le Novitchok était une "substance moins complexe qu?on ne le prétendait, même si rien ne confirmait selon lui son emploi", a relaté le quotidien français.

L'opposant, qui dénonce la corruption présumée des élites russes, a raillé sur Instagram ces propos sur un prétendu auto-empoisonnement.

"J'ai fait cuire le Novitchok dans la cuisine, j'ai avalé le contenu de ma flasque dans l'avion et je suis tombé dans le coma", a-t-il écrit. "Mon plan astucieux était de mourir dans un hôpital d'Omsk (en Sibérie, ndlr) où, à la morgue, l'autopsie aurait conclu +Cause de la mort : a vécu assez longtemps+", a-t-il ironisé, ajoutant que sa "provocation avait échoué".

M. Navalny a martelé lundi que du Novitchok avait été identifié dans son organisme et sur son corps, réclamant que Moscou lui rende les vêtements qu'il portait le jour de son empoisonnement, une "preuve vitale".

Victimes d'un empoisonnement au Novitchok en 2018 en Angleterre, l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient eux aussi pu être guéris au terme d'une longue hospitalisation. Ils vivent désormais cachés sous protection.

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Covid-19: "renforcée" ou "maximale", alerte rouge sur la France

La France hisse le drapeau rouge pour éviter une "situation critique": la plupart de ses grandes villes, dont Paris, sont désormais en "zone d'alerte" renforcée ou maximale à cause de l'épidémie de Covid-19, et les bars et restaurants vont même être fermés à Marseille et en Guadeloupe.

La métropole d'Aix-Marseille et l'île antillaise ont été classées mercredi en "zone d'alerte maximale", dernier niveau avant l'état d'urgence sanitaire, selon le nouveau classement des autorités.

Outre les bars et restaurants, à partir de samedi, tous les "établissements recevant du public" vont y être fermés, sauf ceux qui ont un "protocole sanitaire strict", comme les théâtres, les musées ou les cinémas, a annoncé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Ces mesures sont les plus spectaculaires depuis la fin du confinement le 11 mai et ont suscité le mécontentement à Marseille.

Le président de la région PACA, Renaud Muselier, a dénoncé une décision "prise de façon unilatérale", dans laquelle il voit une "punition collective" et un "quasi-reconfinement". La maire de Marseille, Michèle Rubirola, a fait part de sa "colère".

Juste en-dessous de cet ultime niveau, onze autres métropoles sont en "zone d'alerte renforcée": Paris, Lille, Toulouse, Saint-Etienne, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, plus Bordeaux, Lyon et Nice, qui s'y trouvaient déjà.

Dans ces villes, la jauge des rassemblements est abaissée à 1.000 personnes (contre 5.000 auparavant). Cette mesure devrait concerner le tournoi de tennis de Roland Garros, qui débute dimanche. Par ailleurs, les rassemblements de plus de 10 personnes dans l'espace public sont interdits.

Si la situation ne s'améliore pas, d'autres métropoles pourraient passer à ce niveau, a prévenu M. Véran, en citant "Tours, Strasbourg, Dijon et Clermont-Ferrand".

Et "si la situation se dégrade encore", de nouvelles villes pourraient être mises en alerte maximale.

- 69 départements -

Dans la nouvelle définition du gouvernement, qui prône une gestion locale et des mesures adaptées à chaque endroit, les départements classés en rouge le sont selon trois niveaux: la zone d'alerte, où "le virus circule nettement", la zone d'alerte renforcée, où il "circule très fortement", et la zone d'alerte maximale, où "les conséquences sont déjà lourdes sur le système sanitaire".

Soixante-neuf départements sur 101 sont en zone d'alerte.

Trois critères ont été pris en compte: le taux d'incidence (nouveaux cas) de la maladie dans la population, celui chez les personnes âgées (population la plus vulnérable) et la proportion des malades du Covid dans les services de réanimation.

A Marseille et en Guadeloupe, le taux d'incidence dépasse les 250 cas pour 100.000 habitants, soit 5 fois le seuil d'alerte, et est de 100 pour 100.000 chez les personnes âgées. Dans les villes en zones d'alerte renforcée, ces chiffres dépassent 150 pour 100.000 et 50 pour 100.000.

Sans mesures rapides, "nous risquons d'atteindre une situation critique dans quelques semaines", a mis en garde M. Véran, le ton grave.

Car depuis cet été, tous les indicateurs se dégradent de façon régulière, même si on est encore loin des niveaux atteints au pic de l'épidémie, en mars-avril.

- "Bulle sociale" -

Selon le dernier bilan, 13.072 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures. 783 malades du virus ont été nouvellement admis à l'hôpital entre mardi et mercredi, dont 130 en réanimation. 4.244 malades du Covid ont été hospitalisés sur les sept derniers jours, dont 675 en réanimation.

La principale crainte est que l'afflux massif de malades submerge les hôpitaux et les services de réa.

"La part des patients Covid dans les réanimations a commencé à réaugmenter et atteint 19% au niveau national", selon le ministre. Pour l'Île-de-France, "au rythme actuel (...), on peut s'attendre à ce que 40% des capacités régionales de réanimation soient utilisées pour des patients Covid au 10 octobre, 60% le 25 octobre et 85% aux alentours du 11 novembre".

"Il est encore temps d'agir", a martelé M. Véran, en insistant sur "le respect des gestes barrières, le lavage des mains, le respect des distances, le port du masque et la réduction des interactions sociales", autant dans la sphère publique que privée.

"On ne peut pas être extrêmement vigilant dans le métro, le bus, au bureau, dans les commerces, et relâcher toute forme de vigilance" en privé, a-t-il poursuivi.

"Il ne faut pas multiplier les dîners, éviter de sortir plusieurs fois par semaine avec des personnes différentes", a-t-il préconisé, en employant l'expression de "bulle sociale".

De manière générale, dans les 69 départements en zone d'alerte, "les fêtes, mariages, tombolas, événements associatifs, anniversaires, communions devront se tenir en petit comité, à moins de 30 personnes".

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Macron annonce "sept jours obligatoires" dans le congé paternité d'un mois

Emmanuel Macron a officialisé mercredi la décision de porter le congé paternité en 2021 à "un mois", ajoutant qu'il y aurait "sept jours obligatoires", dans un message publié sur Instagram.

"Nous allons porter le congé paternité à un mois, un mois au sein duquel il y aura sept jours obligatoires pour chaque jeune papa", a déclaré le chef de l'Etat, à l'issue du Conseil des ministres. L'Elysée avait annoncé mardi que la durée du congé de paternité allait passer de 14 à 28 jours, ajoutant que la part obligatoire dans ce congé restait à déterminer.

Réclamé de longue date par les militantes féministes, les syndicats et nombre de pères, l'allongement de ce congé avait fait l'objet de plusieurs pétitions.

"Cette décision, c'est une avancée", s'est félicité Emmanuel Macron. Il a rappelé que c'était "avant tout une mesure qui est favorable à l'égalité entre les femmes et les hommes", "grande cause du quinquennat", et que "c'est là-dessus qu'il y avait une très forte mobilisation".

La mesure sera inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2021, présenté prochainement en Conseil des ministres.

Son allongement sera financé par la Sécurité sociale pour un coût également doublé et estimé à plus de 500 millions d'euros en année pleine. Les trois jours du congé de naissance seront toujours à la charge de l'employeur, et les 25 jours seront indemnisés par la Sécurité sociale.

De Julien Bayou (EELV) à Julien Aubert (LR), les représentants politiques ont largement salué cette avancée mardi, les élus de gauche plaidant toutefois pour que le congé s'allonge encore.

Début septembre, la commission Cyrulnik sur les "1.000" premiers jours" du nouveau-né avait recommandé d'allonger à neuf semaines le congé paternité.

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Bélarus: face à la contestation, investiture en catimini pour Loukachenko

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, confronté à un mouvement de contestation post-électoral inédit, a prêté serment mercredi dans le secret pour un sixième mandat, avant de proclamer que la "révolution" voulue par ses détracteurs a échoué.

"Alexandre Loukachenko a prononcé le serment en langue bélarusse, après quoi il a signé l'acte de prestation de serment, puis la présidente de la Commission électorale (...) lui a remis le certificat de président de la République du Bélarus", a indiqué d'abord l'agence étatique Belta, puis le site de la présidence.

Dans la matinée, les médias indépendants bélarusses et les plateformes de l'opposition avaient spéculé sur une investiture surprise, le cortège présidentiel ayant défilé dans la rue à toute vitesse, l'artère principale de Minsk ayant été fermée au public et les forces de l'ordre ayant été déployées en nombre autour de la présidence.

"Le président sortant qui affirme avoir gagné avec 80% des voix fait de son investiture une opération des services spéciaux, sous protection des forces antiémeutes et dans le secret", a ironisé sur la messagerie Telegram l'un des représentants de l'opposition, Pavel Latouchko, exilé comme beaucoup de ses camarades.

- "Révolution de couleur" -

Pour les opposants et des médias indépendants, cette cérémonie, qui devait avoir lieu légalement avant le 9 octobre, a été organisée en catimini afin de ne pas servir de catalyseur à une nouvelle grande manifestation.

Selon la présidence, M. Loukachenko a fait état de sa "fierté" dans son discours inaugural devant de hauts responsables triés sur le volet, car selon lui la nation a vaincu les fauteurs de troubles.

Il a affirmé que son pays avait résisté à une "révolution de couleur", surnom donné en ex-URSS aux mouvements populaires qui ont chassé du pouvoir des régimes autoritaire depuis le début des années 2000 en Ukraine, en Géorgie ou encore au Kirghizstan. Pour la Russie et M. Loukachenko, il s'agissait de révoltes fomentées par les Occidentaux.

"Notre Etat était face à un défi sans précédent (...) mais nous sommes parmi les seuls, sinon les seuls, chez qui la +révolution de couleur+ n'a pas fonctionné. C'est le choix des Bélarusses, qui ne voulaient pas la perdition de leur pays", a-t-il dit.

"Nous n'avons pas seulement élu un président, nous avons défendu nos valeurs, la vie dans la paix, la souveraineté et l'indépendance" du pays, a-t-il encore dit.

- "Farce" -

Le chef de la diplomatie lituanienne, l'un des pays accueillant les opposants bélarusses et que M. Loukachenko accuse de comploter contre lui, a raillé la cérémonie. "Quelle farce. Des élections frauduleuses, une investiture frauduleuse", a écrit sur Twitter Linas Linkevicius.

M. Loukachenko est confronté depuis la présidentielle du 9 août à une contestation inédite, des dizaines de milliers de personnes sortant notamment dans la rue chaque dimanche à Minsk pour dénoncer sa réélection jugée frauduleuse, et cela malgré la répression du mouvement.

Les premiers jours, les manifestations ont été réprimées très violemment et des milliers de personnes ont été arrêtées.

Les figures de l'opposition ont été soit incarcérées, soit contraintes à l'exil ces dernières semaines, comme la candidate Svetlana Tikhanovskaïa, une novice en politique, qui a galvanisé les foules durant la campagne électorale et revendique la victoire au scrutin.

De nombreux journalistes ont aussi fait l'objet d'arrestations, d'intimidations ou de retraits d'accréditation. Mercredi, c'est le rédacteur en chef du site indépendant Nacha Niva qui a été arrêté.

M. Loukachenko, qui accuse les Occidentaux d'avoir orchestré la protestation, a promis une vague réforme constitutionnelle pour répondre à cette crise politique. Mais il a exclu tout dialogue avec les détracteurs du régime qu'il pilote depuis 1994.

La Russie l'a assuré de son soutien, bien que dans les semaines précédents la présidentielle il avait au contraire accusé Moscou de chercher à le chasser du pouvoir pour pouvoir vassaliser son pays.

Les Européens menacent eux de sanctionner Minsk, mais ils n'ont pu encore s'entendre sur des mesures, en raison de divergences internes à l'UE.

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Icône de la chanson française, Juliette Gréco est morte

Icône de la chanson française, Juliette Gréco est morte mercredi à l'âge de 93 ans après plus de 60 années d'une carrière où elle a interprété les plus grands, de Vian à Prévert, en passant par Aznavour et Gainsbourg.

"Juliette Gréco s'est éteinte ce mercredi 23 septembre 2020 entourée des siens dans sa tant aimée maison de Ramatuelle. Sa vie fut hors du commun", a déclaré la famille dans un texte transmis à l'AFP.

"Elle faisait encore rayonner la chanson française à 89 ans", a-t-elle ajouté. Jusqu'à l'AVC (accident vasculaire cérébral) qui l'avait frappée en 2016, année où elle également perdu sa fille unique Laurence-Marie.

Encore tout récemment, celle qui a également triomphé à la télévision dans la série "Belphégor" en 1965, proclamait son amour inconditionnel de la chanson.

"Cela me manque terriblement. Ma raison de vivre, c'est chanter ! Chanter, c'est la totale, il y a le corps, l'instinct, la tête", déclarait-elle ainsi dans un entretien publié en juillet dans l'hebdomadaire Télérama.

"C?est une très grande dame qui s?en va", a réagi auprès de l'AFP Alexandre Baud, producteur de sa dernière tournée.

Née le 7 février 1927 à Montpellier, elle commence sa carrière dans l'après-guerre, dans un Paris libéré où la toute jeune femme séduit alors, par sa beauté et son esprit, les intellectuels et artistes de Saint-Germain-des-Prés.

"Saint-Germain a perdu sa muse. Saint-Germain a existé par Juliette. Saint-Germain est deuil et la pleure. Je suis très triste. Juliette était une interprète plus encore qu?une chanteuse. Elle disait les poètes", a déclaré Line Renaud à l'AFP.

- "Transgressive" -

Sur scène, Juliette Gréco chante d'abord Raymond Queneau ou Jean-Paul Sartre à qui elle doit ses premiers succès," Si tu t'imagines..." et "La Rue des Blancs-Manteaux". Dès 1954, c'est la consécration avec un premier passage à l'Olympia.

Elle élargit au fil du temps son répertoire avec Prévert, Desnos, Vian, Cosma. Ou encore Charles Aznavour qui signe "Je hais les dimanche", Léo Ferré sa "Jolie môme" ou encore Serge Gainsbourg qui lui offre "La Javanaise".

"Elle était l?élégance et la liberté. Juliette Gréco a rejoint Brel, Ferré, Brassens, Aznavour et tous ceux qu?elle interpréta au Panthéon de la chanson française. Son visage et sa voix continueront à accompagner nos vies. La +muse de Saint-Germain-des-Prés+ est immortelle", a réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

Beaucoup plus récemment, celle qui a survécu aux modes chantait aussi Olivia Ruiz et Benjamin Biolay, ou encore Miossec, qui avait écrit sa toute dernière chanson, "Merci", présentée en 2015, année où elle entame sa tournée d'adieux.

"Mon coup de c?ur c'est évidemment la chanson +Déshabillez-moi+", a commenté sur RTL la ministre de la Culture Roselyne Bachelot. "Juliette Gréco fait de tout un chef d??uvre, elle a fait de sa vie un chef d??uvre et cette chanson transgressive, c?est le symbole de cette casseuse de code, de cette casseuse d?image", a-t-elle ajouté.

Un "Déshabillez-moi" qu'elle chantait encore en fêtant sur scène à Paris, début 2016, ses 89 ans: "Je ne devrais pas le chanter, je sais, je sais mais je vais le faire", disait-elle alors, espiègle, au Théâtre de la Ville, où elle avait créé cette chanson en 1968.

"Juliette était une très grande dame de la chanson française, iconique du Paris de Saint-Germain-des-Près. C?est une merveilleuse et fabuleuse interprète qui nous quitte", a déclaré à l'AFP la chanteuse Mireille Mathieu.

Divorcée du comédien Philippe Lemaire, père de sa fille unique, puis de l'acteur Michel Piccoli, Juliette Gréco avait épousé en 1988 son pianiste et arrangeur Gérard Jouannest, décédé en 2018.

"Juliette, mon c?ur est lourd mais il s?allège en pensant à celui de Gérard qui frétille de te retrouver", a commenté la chanteuse Olivia Ruiz sur Instagram avant d'ajouter, "Merci mademoiselle. Pour tout".

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Les médias se mobilisent pour soutenir Charlie Hebdo, de nouveau menacé

Journaux, magazines, chaînes de télévision et radios: près d'une centaine de médias publient mercredi une lettre ouverte appelant les Français à se mobiliser en faveur de la liberté d'expression, en soutien à Charlie Hebdo, objet de nouvelles menaces.

L'hebdomadaire satirique a décidé de republier les caricatures de Mahomet, qui en avaient fait une cible des jihadistes, à la veille de l'ouverture du procès de l'attentat qui avait décimé sa rédaction en janvier 2015.

Une réédition saluée par certains, qui lui a aussi valu de nouvelles menaces notamment de la part de l'organisation jihadiste Al-Qaïda et la condamnation de quelques pays musulmans.

Après la republication des caricatures le 2 septembre, "Charlie Hebdo est à nouveau menacé par des organisations terroristes. Des menaces qui constituent une véritable provocation en plein procès des attentats de janvier 2015. Des menaces qui vont bien au-delà de Charlie puisqu?elles visent aussi tous les médias et même le Président de la République", déplore Riss, le directeur de Charlie Hebdo, dans une déclaration à l'AFP.

"Il nous a semblé nécessaire de proposer aux médias de réfléchir à la réponse collective qui méritait d?être donnée à cette situation", explique-t-il.

Cette mobilisation s'est traduite par une lettre ouverte, qui fait la une de l'hebdo satirique ce mercredi et paraît dans les pages et sur les sites internet des médias signataires, parmi lesquels la presse nationale et régionale, les principales chaînes de télévision, des hebdomadaires et des radios.

"Grâce à une mobilisation historique des médias français, en publiant tous ensemble cette lettre à nos concitoyens aujourd?hui, nous souhaitons envoyer un message puissant pour défendre notre conception de la liberté d?expression mais, bien au-delà, de la liberté de tous les citoyens français", indique Riss, invitant "tous les médias qui le souhaiteraient à publier cette lettre".

- "Réunir nos forces" -

"Aujourd'hui, en 2020, certains d'entre vous sont menacés de mort sur les réseaux sociaux quand ils exposent des opinions singulières. Des médias sont ouvertement désignés comme cibles par des organisations terroristes internationales", peut-on lire dans cette lettre intitulé "Ensemble, défendons la Liberté".

Le texte déplore de voir que "c?est tout l?édifice juridique élaboré pendant plus de deux siècles pour protéger votre liberté d?expression qui est attaqué, comme jamais depuis 75 ans" et défend "la liberté de blasphémer".

"Ce texte dit parfaitement que nous devons être tous conscients et mobilisés pour défendre cette liberté, a réagi le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer sur Twitter, où le sujet était l'un des plus discutés en France mercredi.

"Menacé de mort et grossièrement calomnié, je défends sans condition la liberté de la presse, le refus absolu de la violence et le châtiment de ceux qui pratiquent ou incitent à la violence", a twitté le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, accusé par Charlie d'entretenir un climat de défiance envers l'hebdo.

L'AFP n'a pour sa part pas souhaité s'associer à ce texte, afin de ne pas mettre ses équipes en danger dans des pays où le droit au blasphème est considéré comme une provocation, selon le directeur de l'information Phil Chetwynd.

"Ce faisant, elle savait qu'elle s'exposerait à des réactions d'incompréhension, à des procès en lâcheté, à des dénonciations de soumission" mais a fait "primer la sécurité" des journalistes sur le terrain, a justifié le PDG de l'agence, Fabrice Fries, tout en ajoutant dans un communiqué que "la direction de l?AFP s?alarme des nouvelles menaces qui pèsent sur Charlie Hebdo et exprime sa pleine solidarité à ses équipes".

Le syndicat SNJ de l'agence a déploré cette décision, faisant part de sa "consternation", tout comme la Société des journalistes (SDJ), qui "regrette l'absence de débat sur ce sujet" et s'est associée de son côté à la lettre ouverte.

Les douze dessins reproduits par Charlie avaient été publiés initialement par le quotidien danois Jyllands-Posten le 30 septembre 2005, puis repris par l'hebdo satirique en 2006. Ils montrent notamment le prophète portant une bombe au lieu d'un turban, ou en personnage armé d'un couteau flanqué de deux femmes voilées de noir.

Alors que se tient jusqu'au 10 novembre le procès de l'attentat qui avait fait 12 morts le 7 janvier 2015, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, a assuré en début de semaine qu'elle avait dû être exfiltrée de son domicile en raison de menaces jugées sérieuses, à la suite desquelles le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a dit avoir demandé à ce "qu'on puisse réévaluer les menaces qui pèsent sur les journalistes et les collaborateurs de Charlie Hebdo".

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Rugby: Bernard Laporte sorti de deux jours de garde à vue dans l'affaire Altrad

A dix jours de briguer un nouveau mandat à la tête de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte est ressorti libre mercredi soir de garde à vue après deux jours d'interrogatoires à Paris, soupçonné d'avoir usé de son influence en faveur d'un grand argentier de ce sport.

Le patron du groupe Altrad, Mohed Altrad, propriétaire du club de Montpellier et sponsor maillot du XV de France, a également été remis en liberté dans la soirée, tout comme le directeur général du Mondial-2023 Claude Atcher, et deux hauts responsables de la Fédération, son vice-président Serge Simon et son responsable des relations internationales Nicolas Hourquet.

Les cinq hommes avaient été placés en garde à vue mardi matin à leur arrivée dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).

Il revient désormais au parquet national financier (PNF) de décider des suites à donner à cette enquête ouverte en 2017 pour examiner notamment les liens entre MM. Laporte et Altrad, propriétaire du Montpellier Hérault Rugby (MHR).

Le PNF peut décider de poursuivre son enquête préliminaire, d'ouvrir une information judiciaire confiée à des juges d'instruction ou bien de mettre un terme aux investigations. Dans ce cas, il peut décider de classer le dossier ou de le renvoyer devant un tribunal.

"L'enquête est voie d'achèvement, aucune décision n'a été prise à ce stade", a fait savoir le PNF dans la soirée.

L'affaire, partie de révélations du JDD en août 2017, avait gâché le début de mandat de Bernard Laporte, élu le 3 décembre 2016. Elle risque maintenant de gêner sa fin de campagne auprès des clubs, chargés de le départager le 3 octobre face à son principal opposant, Florian Grill.

Ses avocats n'étaient pas disponibles mercredi soir pour réagir à l'issue de cette garde à vue.

- Sponsoring et France 2023 -

Le patron du rugby français est d'abord soupçonné d'avoir favorisé Montpellier (Top 14) en intervenant auprès de la commission d'appel de la FFR pour réduire des sanctions contre le club, fin juin 2017.

Ancien sélectionneur des Bleus (2000-2007), puis secrétaire d'Etat chargé des Sports de Nicolas Sarkozy (2007-2009), Bernard Laporte s'en est toujours défendu, même s'il a reconnu avoir téléphoné le 30 juin au président de la commission, Jean-Daniel Simonet.

Des inspecteurs généraux du ministère des Sports ont également établi, dans un rapport transmis à la justice, que les décisions de la commission avaient été "modifiées" entre les 29 et 30 juin 2017.

Le contrat de sponsoring du groupe Altrad, spécialiste des matériels de bâtiment devenu le premier sponsor maillot du XV de France, a également été abordé par les enquêteurs au cours des interrogatoires, selon l'avocat de Serge Simon, Me Pierre Blazy.

Pour Me Antoine Vey, l'avocat de l'homme d'affaires, "les partenariats conclus entre la FFR et le groupe Altrad sont transparents et réguliers et n?avaient d?ailleurs pas donné lieu à la moindre contestation à l?époque de leur conclusion" en février 2017, quelques mois avant le dossier des sanctions examiné par la commission.

"Depuis deux ans, Mohed Altrad a fait connaître son souhait de faire valoir sa position, notamment pour corriger des éléments faussés qui circulaient dans la presse", a déclaré l'avocat à l'AFP, déplorant que "ces auditions se soient déroulées dans le cadre d?une garde à vue (...) qui n?a aucune justification, si ce n'est de créer une +affaire+ sur le plan médiatique".

Autre sujet d'intérêt de la police financière, selon Me Blazy: le soutien du groupe Altrad à la candidature française, finalement victorieuse, pour l'organisation de la Coupe du monde 2023, comme l'avait écrit le Canard enchaîné mi-août.

Selon L'Equipe, MM. Laporte, Atcher, Simon et Hourquet sont montés à bord de l'avion personnel gracieusement prêté par Mohed Altrad pour soutenir la candidature française en Mongolie ou en Géorgie, en mai et juin 2017.

En révélant l'affaire en août 2017, le JDD avait aussi mis au jour l'existence d'un contrat entre BL Communication, une société dirigée par Bernard Laporte, et Altrad Investment Authority, pour un montant de 150.000 euros. Sous la pression, l'ancien manager de Toulon y avait renoncé.

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Sylvain Hélaine alias Freaky Hoody, instituteur le jour, star du tatouage la nuit

Aucune partie de son corps n'est vierge d'encre, pas même les yeux ou la langue : à Palaiseau, en région parisienne, un homme de 35 ans conjugue sa passion du tatouage avec son métier d'instituteur en école élémentaire.

"J'en suis à environ 460 heures de tatouage, 57.000?." Sylvain Hélaine, alias Freaky Hoody sur les réseaux sociaux, est considéré comme l'homme le plus tatoué de France.

Motifs floraux colorés sur le crâne, tête de démon dans le dos, la coqueluche des conventions de tatouage a commencé à recouvrir son corps en 2012.

"Je l'ai fait en trois ans. Maintenant je repasse en transparence", explique-t-il en désignant son bras dont les anciens motifs sont recouverts de fines lignes imitant des fibres musculaires.

Il n'en regrette aucun, dans "une démarche philosophique inédite : je rends le tatouage, qui est censé être permanent, éphémère. Je finirai surement tout noir à 80 ans."

Le plus impressionnant, ce sont ses yeux, "plus une modification corporelle qu'un tatouage", souligne-t-il. Ses pupilles et ses iris marrons ressortent à peine du "blanc" des yeux, transformé en noir de jais. Il a dû aller en Suisse pour avoir recours au tatouage oculaire, interdit en France.

"C'est une torture, on vous tient l??il grand ouvert, vous sentez l'aiguille qui le perce", raconte cet homme de 35 ans. "On ne sait pas si ça va bien se passer. C'est pourquoi je dis aux gens +ne le faites pas+. Mais moi, j'avais l'impression d'être incomplet."

- Passion et vocation -

Son corps lui ouvre des portes. "Des agences de mannequin m'ont recruté pour des films, des séries. J'ai rencontré Mathieu Kassovitz, Joey Starr, Lana Wachowsky..."

De fil en aiguille, il anime et défile dans des conventions de tatouage, et des boîtes de nuit le recrutent pour danser. "Le tatouage alimente le tatouage", explique celui qui a vécu jusqu'à 33 ans chez sa mère, seule façon de financer ses tatouages avec son "salaire d'instit'".

Car Sylvain Hélaine, tatoué des pieds à la tête, est maître d'école. Ses élèves, du CP au CM2, ont entre 6 et 11 ans. L'âge de toutes les curiosités mais aussi de toutes les peurs.

"Je provoque toujours un moment de stupéfaction chez les enfants et les parents. Mais quand je me présente et qu'ils voient que je suis un enseignant comme les autres, tout se passe bien", raconte celui qui se dit passionné par son métier.

L'enseignant estime pourtant que sa particularité fait sa force : "les enfants qui me voient apprennent la tolérance et le respect des autres. Quand il seront adultes il y aura peut-être plus de chance qu'ils ne soient pas racistes, homophobes, qu'ils ne regardent pas les handicapés comme des bêtes de foire."

- "Monsieur Serpent" -

"Il ne faut pas le juger à cause de son apparence", s'exclame Gayané, en CM1 à l'école Paul Langevin de Palaiseau. "C'est juste ses yeux qui font peur mais il est très gentil."

"C'est inquiétant que les gens s'arrêtent à l'apparence physique. C'est surtout les parents qui réagissent parce qu'aujourd'hui on éduque plus les jeunes à respecter toutes les apparences", analyse Loïc, l'un de ses anciens élèves en CM2.

Les seuls problèmes qu'il rencontre, "c'est avec les parents d'enfants que je n'ai pas en classe." Certains ont même envoyé une lettre à nsa hierarchie avec des photos de lui nu trouvées sur internet, provoquant sa "mise au placard" pendant sept semaines.

"Je n'ai rien contre les tatouages mais je pense qu'un prof doit être neutre à l'heure où on parle de la tenue vestimentaire des filles", estime Farid, 45 ans, qui "ne sait pas" si son enfant a été en classe avec l'instituteur.

"C'est sa vie, il fait ce qu'il veut tant qu'il respecte, et il travaille bien", remarque un autre parent d'élève dont l'enfant est en CM1 avec M. Hélaine.

"Il faut être tolérant : ce qu'il fait de sa vie privée ne nous regarde pas", tranche Lydie Songo, mère d'élève. "Mes enfants l'appellent +Monsieur Serpent+ mais je vais leur parler, il faut qu'ils l'acceptent comme ça. Ça doit le gêner toute cette attention."

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