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Virus: l'espoir nait en Europe, les USA submergés

Une "courbe qui commence sa descente" en Italie, "la pression qui diminue" en Espagne et le nombre de morts qui baisse en France : l'espoir d'une amélioration sur le front de la pandémie du coronavirus est né dimanche en Europe, au moment où les Etats-Unis s'enfoncent dans la crise.

A Rome, les autorités ont enregistré au cours des dernières vingt-quatre heures 525 décès, soit le nombre le plus bas depuis plus de deux semaines.

"La courbe a commencé sa descente", s'est félicité le patron de l'Institut supérieur de la Santé, Silvio Brusaferro. La baisse du nombre des morts "est une donnée très importante", dans un pays qui a payé, avec un total de plus de 16.000 morts, un terrible tribut à la pandémie née en décembre en Chine, avant de contaminer la planète.

Le ministre de la Santé Roberto Speranza s'est toutefois empressé de prévenir que "l'urgence n'est pas finie. Le danger n'a pas disparu. Nous avons encore quelques mois difficiles devant nous, ne gâchons pas les sacrifices consentis".

A Madrid, les 674 décès enregistrés dimanche ont marqué le troisième jour consécutif de baisse de la macabre statistique. Jeudi, elle avait atteint 950 morts.

- "Situation plus stable"

"La pression diminue", s'est félicité Maria José Sierra, du Centre d'alertes sanitaires, relevant "une certaine décrue" dans le nombre des hospitalisations et des admissions en soins intensifs.

Et Empar Loren, une infirmière à l'hôpital Arnau de Vilanova à Lérida, en Catalogne, a ajouté : "La situation est plus stable. Le nombre des patients en unité de soins intensifs n'augmente plus tellement et nous commençons à avoir pas mal de sorties".

En France, 357 morts ont été enregistrés dimanche, soit le chiffre le plus bas depuis une semaine.

Les strictes mesures de confinement, dans ces deux pays méditerranéens comme dans tant d'autres, semblent donc commencer à porter leurs fruits, même si partout les autorités redoutent un relâchement de la population avec l'arrivée des beaux jours.

Nulle part ces mesures n'ont été mieux illustrées qu'au Vatican, où le pape François a célébré l'entrée dans la semaine sainte de Pâques dans une basilique Saint-Pierre vide de fidèles, seulement accompagné de religieux et religieuses, avec une seule personne par banc.

"Regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci: ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres !", a lancé le pape dans son homélie.

La nouvelle ligne de front de la maladie semble donc s'être déplacée aux Etats-Unis, où les chiffres de contamination et le nombre des décès explosent, faisant craindre une hécatombe dans les jours et les semaines à venir.

"La semaine prochaine sera un moment comme Pearl Harbor, comme le 11 septembre, sauf que ce ne sera pas localisé, ce sera dans tout le pays", a prévenu l'administrateur fédéral des services de santé publique, Jerome Adams.

New York, littéralement ravagé par le virus, compte ses morts et appelle à l'aide. "Médecins, infirmiers, spécialistes de la respiration... à tous ceux qui ne sont pas déjà dans la bataille: nous avons besoin de vous", a lancé le maire démocrate de la ville Bill de Blasio.

L'Etat de New York, épicentre dans l'épicentre, a annoncé dimanche 594 décès en 24 heures, pour un total de 4.159.

La gravité de la situation dans le pays a conduit Joe Biden, candidat ayant les meilleures chances de décrocher l'investiture démocrate pour la Maison Blanche, à envisager pour cet été l'éventualité d'une convention de son parti sans public.

Depuis son apparition en décembre, la pandémie a fait au moins 65.272 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles dimanche à 11h00 GMT.

- Profondément personnel -

Dans une allocution télévisée solennelle, la quatrième depuis le début de son règne il y a 68 ans, la reine d'Angleterre doit saluer dimanche soir la réponse des Britanniques à la crise sanitaire.

"J'espère que dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la manière dont nous avons relevé ce défi", doit dire Elisabeth II, 93 ans, dans un discours "profondément personnel" selon ses services.

Son fils héritier Charles (71 ans) a contracté la maladie, mais est récemment sorti de quarantaine et se trouve en bonne santé.

L'intervention royale intervient au lendemain de l'annonce d'un nouveau record quotidien de 708 morts en Grande Bretagne, parmi lesquels un enfant de 5 ans. A ce jour, 4.313 Britanniques sont décédés du Covid-19.

Très critiqué pour la gestion de la crise, le gouvernement a une nouvelle fois exhorté dimanche les Britanniques à respecter le confinement. "Ce n'est pas une demande, c'est une exigence inscrite dans la loi", a insisté le ministre de la Santé Matt Hancock.

- Inquiétude dans les pays pauvres -

Ailleurs dans le monde, les motifs d'inquiétude restent nombreux, en particulier dans les pays pauvres, en crise, ou pour les populations particulièrement à risque. En Grèce, un deuxième camp de migrants près d'Athènes a été placé dimanche en quarantaine par les autorités.

Singapour a placé près de 20.000 travailleurs migrants en quarantaine après avoir constaté la hausse du nombre de contaminations notamment au sein des résidences où dorment ces ouvriers, pour beaucoup Bangladais et Chinois.

En Iran, la propagation a ralenti pour le cinquième jour de suite avec 151 décès supplémentaires en 24 heures (pour 3.603 morts au total), affirment dimanche les autorités, laissant entrevoir une reprise progressive de certaines activités économiques à partir du 11 avril.

Dimanche, les autorités chinoises ont indiqué que leur pays avait vendu depuis début mars près de quatre milliards de masques et d'équipements médicaux à une cinquantaine de pays étrangers, pour une valeur totale de plus de 1,33 milliard d'euros.

Malgré le recul du nombre de cas sur son territoire, Pékin a encouragé les usines à accroître leur production d'équipements médicaux, au moment où d'autres pays affrontent une pénurie et se livrent une concurrence sans vergogne pour mettre la main sur les précieux bouts de tissus.

Certains pays, comme les Pays-Bas et l'Espagne, se sont toutefois plaints de la qualité de ces matériels importés de Chine.

Ces livraisons chinoises ont pris d'autant plus d'importance que les discours officiels sur le port du masque ont évolué ces derniers jours, plusieurs gouvernements recommandant à présent le port du masque généralisé.

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Coronavirus: 594 décès en 24 heures dans l'Etat de New York, pour un total de 4.159

L'Etat de New York, épicentre de l'épidémie de nouveau coronavirus aux Etats-Unis, a enregistré 594 nouveaux décès en 24 heures portant le total des victimes à 4.159, a déclaré dimanche son gouverneur Andrew Cuomo.

Le bilan sur un jour est en légère baisse, comparé aux 630 nouveaux décès recensés la veille, le pire jamais enregistré dans l'Etat. Mais "il est encore trop tôt" pour en tirer des conclusions, a souligné le gouverneur démocrate lors d'une conférence de presse.

De même, les chiffres sur les nouvelles hospitalisations, les admissions dans les services de réanimation ou sur les personnes intubées sont en léger recul, mais il faudra "deux, trois jours" pour dessiner une tendance, a-t-il insisté.

L'Etat de New York est peut-être "très proche du pic" des contaminations ou bien "ce pic est peut-être un plateau et nous sommes dessus", a ajouté M. Cuomo avec prudence.

En attendant, le système de santé de l'Etat est "en situation de stress" faute "d'équipements et de professionnels" en nombre suffisant, a-t-il martelé.

Le président Donald Trump a annoncé samedi l'envoi d'un millier de médecins et infirmiers militaires à New York pour l'aider à faire face à l'afflux de patients.

Les 325 premiers, attendus dès dimanche, seront affectés aux hôpitaux publics de la ville de New York, où la situation est la plus tendue, a précisé M. Cuomo.

L'Etat de New York concentre plus du tiers des 312.481 cas de Covid-19 recensés aux Etats-Unis et près de la moitié des 8.503 personnes qui ont succombé au nouveau coronavirus dans le pays.

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Les Français appelés à ne pas relâcher le confinement malgré le beau temps

"Restez chez vous!": avec un soleil radieux sur l'Hexagone et le début des vacances, les appels se multiplient pour que les Français respectent le confinement, au moment où les transferts de malades se poursuivent contre un virus qui a fait plus de 7.500 morts dans le pays.

Des joggeurs au milieu de familles sur les bords du canal de l'Ourcq à Paris, des passants dans les rues à Marseille, des enfants jouant par groupes dans des cours d'immeubles... par endroits, le confinement se relâche en ce début de vacances de Pâques.

Si les autorités estiment que le confinement est globalement bien respecté, elles mettent en garde contre toute velléité de départ en vacances.

Dans le Morbihan, des vacanciers et résidents secondaires sont venus en famille dans la commune de La Trinité-sur-Mer, indique le quotidien Ouest-France qui rapporte également les inquiétudes du maire de Quiberon Bernard Hilliet au sujet de l'arrivée de nouveaux visiteurs.

"Le déconfinement n'est pas à l'ordre du jour, l'échéance n'est pas fixée", a martelé le secrétaire d?État auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. "Je rappelle la règle (...) on sort lorsque c'est strictement nécessaire", a-t-il ajouté.

"C'est les vacances, il fait beau, ne cédez pas à la tentation, restez au maximum chez vous", a exhorté Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, l'une des les plus sévèrement touchées par l'épidémie et où le "système de santé est complètement saturé".

Plus tôt, le directeur général de l'AP-HP Martin Hirsch déplorait la présence de "trop de monde dans les rues, trop de flâneurs, trop de promeneurs" à Paris, croisés par les soignants se rendant à leur travail.

Dans la Manche, la préfecture a rappelé que les plages sont interdites d'accès. Olivier Paz, maire de la commune normande de Merville-Franceville, pestait sur Twitter contre "les résidents secondaires (...) sortis de leur confinement pour venir en Normandie".

Dans les Pyrénées, un imprudent qui s'était perdu en voulant s'acheter des cigarettes en Espagne a dû être secouru en hélicoptère.

Depuis vendredi, début des congés scolaires dans la zone C, qui regroupe les académies d'Ile-de-France et d'Occitanie, plus de 160.000 policiers et gendarmes sont mobilisés. Selon M. Nunez, 500.000 contrôles ont été effectués dans toute la France pour la seule journée de samedi, sur 7,7 millions depuis le début du confinement.

"Le mot déconfinement a été prononcé trop tôt" par le gouvernement, entraînant un "relâchement" dans la population, a regretté le patron des députés LR Damien Abad.

"Je ne comprends même pas qu'on parle du déconfinement, ça continue d'arriver constamment", déplorait Nathalie (prénom modifié), infirmière au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), racontant des services complètement submergés de malades.

- Nouveaux transferts -

De nouveaux patients franciliens atteints du Covid-19 devaient être transférés ce dimanche vers la Bretagne par des trains médicalisés, dont un TGV qui est arrivé à Rennes en début d'après-midi.

Au total, selon la DGS, plus de 550 patients dans un état critique ont été évacués depuis le 18 mars, du Grand Est et d'IDF vers des régions moins saturées.

L'aéroport d'Orly s'est mis également au service de l'évacuation de malades atteints du Covid-19 pour désengorger les hôpitaux d'Ile-de-France.

Confinée depuis le 17 mars pour lutter contre l'expansion du coronavirus, la France a enregistré 441 décès supplémentaires dans les dernières 24 heures à l'hôpital. Avec 2.028 décès dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux, cela porte à 7.560 le total des morts. Samedi, plus de 6.800 personnes se trouvaient en réanimation (176 de plus en 24 heures, une donnée en décélération depuis le début de la semaine).

Le virus a atteint l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Wallis-et-Futuna reste le seul endroit du territoire français épargné.

La perspective d'une poursuite du confinement au-delà du 15 avril semble probable mais le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a indiqué samedi qu'il était "impossible" de savoir quand les élèves pourraient retourner en classe.

- Nouvelle livraison de masques de Chine -

Tandis que le débat sur les masques continue de faire rage, le ministre de la Santé Olivier Véran a précisé samedi que la France avait commandé près de deux milliards de masques en Chine. Airbus a acheminé ce week-end quatre millions de masques vers l'Europe, dont une partie pour la France.

La course contre la montre engagée pour trouver un remède contre la maladie se poursuit, et mardi débutera en France un essai clinique consistant à transfuser du plasma sanguin de personnes guéries du Covid-19 - contenant des anticorps dirigés contre le virus - vers des malades en phase aiguë.

Les laboratoires qui ne sont pas habilités en temps normal à réaliser des actes de biologie médicale (dont les laboratoires départementaux et vétérinaires) pourront par ailleurs "participer à l'effort national de dépistage" du virus, a confirmé ce weekend à l'AFP le ministère de la Santé.

Au plan économique, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a assuré au Journal du Dimanche que L'Etat apporterait "les moyens financiers nécessaires", rappelant qu'il garantirait jusqu'à 300 milliards d'euros de prêts bancaires, soit l'équivalent de 15% du PIB français.

Au quotidien, on s'adapte à la nouvelle routine.

Ainsi le curé d'Illiers-Combray (Eure-et-Loir), Olivier Monnier, continue de célébrer la messe seul, devant ses fidèles connectés via Skype, en accrochant son téléphone sur un pied de cierge.

Sur le plan légal, l'acte de vente d'un logement neuf ou ancien pourra être désormais signé à distance au moyen de la signature électronique recueillie par le notaire.

S'ajoutant à une offre audiovisuelle et virtuelle déjà conséquente, une nouvelle chaîne éphémère, baptisée #ALaMaison, va être lancée lundi et diffusera des programmes éducatifs et familiaux.

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Coronavirus: les décès en Italie au plus bas depuis plus de deux semaines

Le nombre de morts du coronavirus officiellement recensés en 24 heures en Italie (525) est le plus bas depuis plus de deux semaines, a annoncé dimanche la protection civile.

Cela représente une baisse d'un quart des décès par rapport à samedi (681). Il faut remonter au 19 mars pour trouver un bilan plus faible (427).

Près de 16.000 personnes sont mortes du Covid-19 en Italie, pays le plus endeuillé du monde, selon les chiffres officiels.

"La courbe a commencé sa descente", s'est félicité le patron de l'Institut supérieur de la Santé, Silvio Brusaferro. La baisse du nombre des morts "est une donnée très importante", a-t-il dit.

"Si ces données se confirment, nous devrons réfléchir à la phase 2" du plan de redémarrage de l'Italie, qui prévoit une reprise d'une partie de l'activité productive de la troisième économie européenne.

Cette phase 2 a été décrite par les autorités comme une période de "cohabitation" avec le virus.

Ces résultats sont "conquis jour après jour et il est important de maintenir les mesures qui ont fait diminuer la courbe", a-t-il toutefois dit.

Depuis près de quatre semaines, les 60 millions d'Italiens sont soumis à une stricte atteinte à leurs libertés, avec interdiction de rassemblements, limitation drastique des déplacements et ralentissement considérable de l'activité économique.

Signe que la bataille n'est pas encore gagnée, les services sanitaires italiens ont comptabilisé près de 3.000 personnes infectées supplémentaires ces dernières 24 heures.

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"Bronzer" un peu ? Le confinement à l'épreuve d'un dimanche printanier

Grand soleil, jupes d'été et attestations en poche: de Paris à Montpellier, la tentation était forte en ce week-end printanier de s'autoriser une sortie "exceptionnelle" après 20 jours de confinement, au point qu'autorités et personnels hospitaliers ont réaffirmé l'importance de rester confinés.

Début d'après-midi dimanche à Paris. Au bord du Canal Saint-Martin, des couples marchent main dans la main, à côté de joggeurs transpirants. Sur un banc, un homme profite du beau temps, visage tendu vers le soleil. Deux copines se sont retrouvées: "Ça fait vingt jours que je n'avais vu personne, on discute à bonne distance", souffle l'une d'elle. Y aurait-il du relâchement dans le confinement ?

"Un peu", reconnaît Mathieu, assis près de l'eau avec sa fille et sa compagne, qui se promène pour la "première fois" depuis la mise en place des mesures. "Même si, en soi, on ne se relâche pas vraiment". Une heure de sortie maximum, à quelques pas de leur immeuble: "On respecte la loi".

Des policiers patrouillent régulièrement sur les berges, bondées en temps normal. Benjamin, 27 ans, lunettes de soleil sur le nez et attestation de déplacement dérogatoire à la main, vient de se faire rappeler à l'ordre. "Les policiers m'ont dit qu'il fallait que je me déplace", dit le jeune homme qui s'était assis pour "bronzer". "Je ne vois pas en quoi il y a plus de risques de contamination si je reste assis seul, plutôt que de marcher en croisant des gens, mais bon je comprends, c'est leur travail".

"Le risque avec le beau temps qui arrive c'est le relâchement", a pointé dimanche le secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, rappelant que "le déconfinement n'est pas à l'ordre du jour".

La veille, le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch, avait déploré la présence de "trop de monde dans les rues, trop de flâneurs, trop de promeneurs", à Paris, croisés par les soignants se rendant à leur travail.

- "On dirait un dimanche" -

Sur les quais de Seine, quelques couples et promeneurs solitaires profitent eux aussi du soleil, au-dessus des berges fermées au public. Carine est seule sur un banc, chauffée par le soleil. "Chez moi, je n'ai pas de balcon et mon logement est plein nord alors il fait encore froid", explique la quadragénaire. "A Paris, on n'est pas logés à la même enseigne qu'en province. Ici, c'est tellement dense, les logements sont petits". Le confinement, "c'est plus compliqué", dit-elle.

Place des Vosges, habituellement noire de monde, seuls quelques couples se promènent au milieu des joggers. Pierre, masque sur le visage, reconnaît que le beau temps l'a incité à sortir en famille. "C'est exceptionnel, comme ma copine et moi on ne travaille pas et qu'il fait beau, on a voulu en profiter avec la petite", dit-il.

A Lyon, la Place Bellecour et les Quais du Rhône, lieux de détente et de promenades incontournables, étaient déserts dimanche à la mi-journée. Idem à Montpellier, place de la Comédie.

Toutefois, la police y constate "de plus en plus de personnes sortant avec des prétextes fallacieux. Nous observons un léger relâchement, mais pas aussi probant que dans d'autres régions", assure le commandant Franck Rouffaud.

Retour à Paris, dans le XXe, arrondissement populaire. A l'heure du goûter cinq ou six bambins jouent sur la place de la Réunion, sans jamais s'approcher trop des autres.

Un jeune père s'essaie au skate, une vieille dame traverse, masque de papier et gants de polaire. Quatre jeunes gens rient et s'interpellent, maintenant une distance d'un bon mètre entre eux. Un peu plus loin, un riverain bouquine devant sa porte, un autre bricole sa vieille voiture en râlant. "On dirait un dimanche", dit une dame en passant.

burs-tll/epe/swi

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Dans l'Irak confiné, soupe populaire et masques faits maison

Des bénévoles distribuent riz, sucre et autres lentilles, des commerçants placardent sur leur échoppe "gratuit pour ceux dans le besoin": en Irak, où le confinement contre le nouveau coronavirus rime avec chômage forcé, la solidarité fait parfois des miracles.

Abou Hachem, la cinquantaine, distribue des sacs de denrées alimentaires devant un grand magasin de Bagdad. Pour lui, "tout le monde devrait participer à cet effort humain" face à la pandémie.

Dans un des pays les plus riches du monde en pétrole mais avec 20% de la population en dessous du seuil de pauvreté selon la Banque mondiale, la maladie Covid-19 a déjà tué officiellement 56 personnes et contaminé plus de 800 autres.

Et elle ne fait qu'aggraver la précarité des Irakiens qui, en plus d'un couvre-feu total, assistent à la chute des cours du pétrole, l'unique source de devises du pays.

Depuis le début du confinement obligatoire il y a trois semaines, travailleurs journaliers, secteur informel, employés du bâtiment sont à l'arrêt. Aujourd'hui, seuls les fonctionnaires et quelques rares exceptions touchent encore un salaire.

Mais ces chanceux doivent subvenir aux besoins de toute leur famille car plus personne ne peut apporter un petit revenu supplémentaire avec des ventes à la sauvette, des petits boulots de journalier ou quelques courses comme chauffeur VTC.

- "Pire que l'EI" -

"Je connais un maçon chef d'un foyer de huit personnes: du jour au lendemain, il n'a plus gagné un sou", affirme à l'AFP Moustafa Issa, un Bagdadi de 31 ans qui, avec d'autres bénévoles, aide désormais plus de 450 familles.

"Un père de famille a dû vendre sa bouteille de gaz pour nourrir ses proches", rapporte-t-il encore. "Et un autre a vendu son téléphone".

Contrairement à l'époque de l'embargo international imposé à l'Irak de Saddam Hussein, les rayons des magasins ne sont plus vides.

"Aujourd'hui, Bagdad est pleine de denrées alimentaires mais les gens n'ont pas de quoi les acheter", regrette M. Issa.

Et parfois, ils ont trop honte pour demander de l'aide.

"Une femme a traversé la moitié de Bagdad pour demander à manger dans une mosquée loin de chez elle, afin que personne ne la reconnaisse", raconte-t-il.

Pour un haut responsable gouvernemental, le pire reste à venir: "la pauvreté alimentaire pourrait toucher près de 50% de la population d'ici mai", assure-t-il, alors que les cartes de rationnement héritées de l'époque de l'embargo sont bien loin de couvrir les besoins minimum des Irakiens en produits subventionnés.

Officiellement, les autorités assurent que leurs réserves de 60 milliards de dollars suffiront à couvrir un peu plus d'un an d'importation de céréales et viande, mais la crise économique qui guette ne peut mener qu'à l'austérité, l'inflation voire la dévaluation, selon les experts.

Le Premier ministre désigné, Adnane Zorfi, a aussi évoqué la possibilité que l'Etat ne puisse plus payer ses millions de fonctionnaires.

Dans le doute, M. Issa a stocké de quoi assurer ses distributions alimentaires jusqu'à juillet.

Car l'Irak, dit-il, fait aujourd'hui face "à un danger plus grand que celui du groupe Etat islamique" (EI), dont les jihadistes ont un temps tenu un tiers du pays.

A cause de cette dernière guerre, mais aussi de toutes les violences ayant ravagé l'Irak depuis les années 1980, les infrastructures de ce pays de 40 millions d'habitants sont à genoux, et les hôpitaux sont en pénurie chronique de lits, de médecins et de médicaments.

- "Que Dieu nous épargne" -

Assaad al-Saadi est revenu l'an dernier d'Allemagne pour participer à une inédite révolte antigouvernementale populaire, mais aujourd'hui, il a transformé sa maison en atelier de couture pour aider contre le virus.

"L'épidémie progresse et nous n'avons même pas le minimum pour y faire face", assure ce quadragénaire qui coud avec sa mère 1.000 masques médicaux par jour et les distribue gratuitement.

A 600 km de là, dans la métropole pétrolière de Bassora (sud), Ahmed al-Assadi distribue de la nourriture avec sept bénévoles. "Nous recevons tous nos dons de particuliers, loin de l'Etat et des partis politiques", assure-t-il.

A al-Hilla, Najaf ou Nassiriya, également dans le sud, d'autres Irakiens font de même, tandis que des propriétaires ont cessé de réclamer des loyers et des magasins de faire payer leurs clients les plus pauvres.

En Irak, pays parmi les plus corrompus du monde avec un des taux d'emploi les plus bas selon la Banque mondiale, les guerres ont fait des centaines de milliers de morts et invalides, fragilisant des familles entières.

Alors que la pandémie progresse, mieux vaut prévenir que guérir, préconise Mohammed al-Joubouri, agriculteur de la province de Babylone.

"Aujourd'hui, nous devons aider les plus pauvres, pour que Dieu nous épargne de la maladie", dit-il.

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Attaque de Romans-sur-Isère: un troisième Soudanais en garde à vue

Un troisième Soudanais est en garde à vue depuis samedi soir dans l'enquête sur l'attaque au couteau perpétrée le matin par un réfugié soudanais à Romans-sur-Isère (Drôme) qui a fait deux morts, a appris l'AFP dimanche auprès du Parquet national antiterroriste (PNAT).

Il s'agit d'"un jeune Soudanais qui résidait dans le même foyer, là où résidait le mis en cause" dans le centre de Romans-sur-Isère, a indiqué le PNAT à l'AFP.

Cela porte à trois le nombre d'hommes de nationalité soudanaise en garde à vue: outre Abdallah Ahmed-Osman, l'auteur de l'attaque né en 1987 et réfugié en France depuis juin 2017, il y a un deuxième homme présenté comme "une de ses connaissances", qui a été interpellé "chez (Abdallah Ahmed-Osman) mais ne vivait pas chez lui", selon une source proche de l'enquête.

"C'est en perquisitionnant" le logement du deuxième Soudanais "qu'ils ont interpellé le troisième", a-t-on appris de même source.

Le PNAT a ouvert une enquête samedi notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Les premiers éléments de l'enquête sur Abdallah Ahmed-Osman "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", de même source.

L'auteur de l'attaque a obtenu le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans en juillet de la même année. Il est inconnu des services de police ou de renseignement français ou européens, toujours de même source.

Selon une source proche de l'enquête, il a dit "ne pas se souvenir de ce qui s'est passé". Son audition avait été un peu retardée parce qu'il était très agité après son arrestation. Une expertise psychiatrique est prévue dimanche.

Lors d'une perquisition à son domicile, ont été trouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l?auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", selon le PNAT, "a priori" écrits par lui.

Armé d'un couteau, Abdallah Ahmed-Osman a agressé des passants dans la rue et des personnes dans un bureau de tabac, une boucherie et une boulangerie.

Deux personnes sont mortes et deux blessés sont en soins intensifs mais stables. L'un est en salle de réveil et deux ont quitté l'hôpital, selon la source proche de l'enquête.

Les investigations ont été confiées à la Sous-Direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, qui coordonne l'enquête, ainsi qu'à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Cette attaque intervient au moment où la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015, qui a fait 258 morts au total après l'attaque de samedi.

Depuis le début de l'année, la justice antiterroriste s'est saisie d'une attaque à Villejuif (Val-de-Marne) le 3 janvier, lorsqu'un jeune homme converti à l'islam et atteint de troubles psychiatriques avait attaqué au couteau dans un parc des promeneurs, faisant un mort et deux blessés, avant d'être abattu par les policiers.

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Coronavirus : 674 morts en 24 heures en Espagne, troisième jour consécutif de baisse

L'Espagne a enregistré dimanche 674 morts dues au coronavirus au cours des dernières 24 heures, un chiffre en baisse pour le troisième jour consécutif, tandis que la pression se relâche sur les hôpitaux submergés sous l'afflux de malades.

Le total des décès depuis le début de la pandémie se monte à 12.418, selon les chiffres du ministère de la Santé, soit le nombre de morts le plus élevé dans le monde derrière l'Italie.

Mais le bilan de 674 est le plus bas en dix jours. Le nombre des morts quotidiennes avait atteint un pic de 950 le jeudi 2 avril.

Le nombre des cas confirmés de Covid-19 a, quant à lui, progressé de 4,8%, passant à 130.759, contre 14% il y a dix jours, ce qui montre que la contagion ralentit. Le nombre des malades déclarés guéris a augmenté de 11% à 38.080.

Les autorités estiment avoir stabilisé la propagation du virus. Mais pour parvenir à faire reculer la pandémie, le gouvernement a décidé de prolonger jusqu'au 25 avril à minuit le confinement strict imposé aux 46,6 millions d'Espagnols depuis le 14 mars.

"La pression diminue", s'est félicité Maria José Sierra, du Centre d'alertes sanitaires, relevant "une certaine décrue" dans le nombre des hospitalisation et des admissions en soins intensifs.

"La situation est plus stable. Le nombre des patients en unité de soins intensifs n'augmente plus tellement et nous commençons à avoir pas mal de sorties", a confirmé Empar Loren, une infirmière à l'hôpital Arnau de Vilanova à Lérida, en Catalogne.

Les autorités commencent à évoquer les mesures à prévoir pour éviter un retour de la maladie lorsque la quarantaine sera progressivement assouplie.

Le ministre de la Santé Salvador Illa a annoncé la distribution d'un million de tests rapides aux autorités régionales et leur a demandé de recenser les bâtiments où pourraient être logés ceux dont les tests confirmeraient qu'ils sont positifs.

"Notre objectif fondamental dans cette phase de désescalade est que toute personne qui présente des symptômes soit diagnostiquée de façon précoce et soit placée en isolement", a déclaré Maria José Sierra. Elle a ajouté étudier "très sérieusement" l'hypothèse d'une obligation faite à chacun de porter un masque pour sortir de chez soi.

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Coronavirus: l'incertitude gagne le football français

Casse-tête du calendrier, incertitudes sur la durée du confinement et suspension des droits TV: devant la crise sanitaire liée au coronavirus, l'hypothèse de l'interruption définitive de la saison gagne du terrain dans le football français, qui refuse néanmoins encore de se résoudre à ce scénario.

Peu à peu, le discours évolue. Après trois semaines de suspension du championnat, le mot d'ordre parmi les dirigeants de clubs n'est plus tout à fait à la reprise "coûte que coûte", et quelques voix divergent.

Le président de Lyon Jean-Michel Aulas a glissé dans L?Équipe dimanche qu'"il y a plus d'incertitudes aujourd'hui" et que les chances de "terminer tous les matches (sont) plus faible(s)". Et celui de Brest Denis Le Saint n'a pas caché son scepticisme en indiquant carrément dans les mêmes colonnes que "la saison ne (pouvait) pas reprendre".

Cette prise de position a été accueillie diversement par ses homologues.

Certains la comprennent. "Denis Le Saint a une position très humaine qui place la santé de tous au-dessus de tout. C'est une façon de voir les choses partagée par beaucoup de gens dans le milieu du foot", affirme à l'AFP Bernard Joannin, le président d'Amiens. "Maintenant, il faut bien comprendre que le seul commandant est le Covid-19. Malheureusement, c'est lui qui imprime le rythme."

D'autres, au contraire, s'en sont outrés. "On souhaite que le championnat se termine si c'est possible. Cela me gêne beaucoup de voir chez certains une espèce de honte à assumer que le football veuille reprendre vie à un moment donné. Moi, je le revendique haut et fort", tonne Pierre Wantiez, le directeur général du Havre (L2), à l'AFP. "Se voiler la face en disant +C'est fini, on ne peut rien faire+, je trouve ça très anticipé. C'est une hypothèse qui existe mais attendons avant de dire que c'est mort".

"Quand on pourra recommencer, il faut vraiment qu'on aille au bout du championnat (...) pour sauver le chiffre d'affaire des 40 clubs (L1 et L2). Car on est 40 dans le même bateau", renchérit Nicolas Holveck, le nouveau président de Rennes.

- "Urgent d'attendre" -

La situation a de quoi dérouter les dirigeants. Le confinement est prolongé au moins jusqu'au 15 avril, la plupart des clubs - joueurs y compris - sont passés au dispositif d'activité partielle, certaines stars du championnat sont même à l'étranger. Plus inquiétant encore, les diffuseurs Canal+ et beIN Sports ont suspendu le versement des droits TV du championnat, principale source de revenus des clubs.

Dans ce cadre, la Ligue de football professionnel (LFP), qui multiplie les réunions téléphoniques, temporise en ne communiquant qu'au compte goutte ses intentions.

"Aujourd'hui, qui peut dire ce qui va se passer ? On se prépare à tout. Pour l'instant, je pense qu'il est urgent d'attendre...", justifie auprès de l'AFP Olivier Delcourt, le président de Dijon.

"C'est un débat stérile (...) Il faut toujours essayer d'anticiper mais il est urgent de ne pas prendre de décision", reprend son homologue d'Auxerre (L2) Francis Graille. Bernard Joannin invite lui à "se laisser 15 jours pour voir comment les choses évoluent".

- Deux semaines cruciales -

Deux semaines, donc, pour éclaircir l'horizon dans de nombreux dossiers.

Celui des droits TV, avec des négociations à venir avec Canal+, sera abordé dès cette semaine par un quatuor de présidents emmené par Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, par ailleurs aussi patron de beIN Media, l'autre diffuseur, ont confirmé plusieurs dirigeants.

Celui du calendrier de la reprise prendra lui sans doute plus de temps, car il dépend des choix des autorités quant à la durée du confinement. Et, à un degré moindre, de ceux de la Fifa et de l'UEFA. La première doit amender les modalités du marché des transferts, la seconde s'est montrée ouverte à un report de sa Ligue des champions à fin juillet ou août, pour permettre aux championnats domestiques de se conclure.

De l'avis de plusieurs dirigeants, il faut pourtant rapidement fixer une "date butoir" pour la reprise du championnat. Celle-ci devra être décidée "en accord avec les actuels et les futurs nouveaux diffuseurs ainsi que l'UEFA qui souhaite une fin des championnats nationaux au 3 août maximum", selon Bernard Joannin. Et Pierre Wantiez d'alerter: "Il ne faut pas qu'une reprise à la Saint Glin-Glin reporte le problème sur le championnat suivant."

cors-fjt-fcc-ama/bpa

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Coronavirus: un goût amer pour le sirop d'érable au Canada

"Pour moi, ça représente un manque à gagner entre 80.000 et 100.000 dollars" (52 à 65.000 euros), se désole Simon Lanoue, producteur de sirop d'érable au Québec, devant les tables vides de sa "cabane à sucre" frappée par la crise du coronavirus.

Sous un ciel éclatant, avec le printemps qui pointe le bout du nez, le sirop coule à flot dans son érablière de Saint-Alexis, à une soixantaine de kilomètres au nord de Montréal.

Avec un maillet, les deux pieds dans la neige, il enfonce dans un arbre une tubulure de plastique reliée à une autre et qui finissent par tisser comme une vaste toile d'araignée dans la forêt.

L'ingénieux système achemine la sève par gravité jusqu'à sa cabane à sucre Osias, aménagée dans une ancienne grange.

A l'intérieur, la salle à manger est déserte. Elle peut accueillir 140 personnes. Les jours de weekend, les tablées s'y succèdent toutes les deux heures, en temps normal.

- "Temps des sucres" -

Mais Simon a dû fermer sa salle à manger à la mi-mars, à peine deux semaines après le début du "temps des sucres".

Véritable tradition, les Québécois affluent dans les cabanes à sucre qui servent généralement jusqu'à fin avril des repas traditionnels et proposent de se "sucrer le bec" avec de la "tire" d'érable, un épais sirop chaud, répandue sur la neige.

D'habitude, "la restauration représente de 75 à 80%" du chiffre d'affaires de la cabane de Simon, mais cette année il devra se contenter de la vente de son sirop, "qui ne représente pas grand-chose".

"Mais il y a des cabanes en plus mauvaise posture que la mienne", se console-t-il.

Idem dans le village voisin de Saint-Esprit, à la cabane à sucre Constantin Grégoire. "Ici, il y a trois salles à manger, généralement, c'est plein partout", dit la propriétaire Denise Grégoire dans l'une de ces pièces où des bois d'orignal trônent sur l'imposante cheminée.

"Le 15 mars, on a fermé nos portes, puis on ne pourra pas rouvrir cette année, ça va aller à l'année prochaine", explique Mme Grégoire, qui a dû licencier une vingtaine d'employés.

Néanmoins, Jacqueline, une cliente, tient à venir "acheter du sirop d'érable comme chaque année. Habituellement, on vient manger à la cabane. Mais là cette année, à cause du virus, c'est pas possible".

- "Réserve stratégique" -

Il y a plus de 200 de ces cabanes dites "commerciales" dans la province, explique Hélène Normandin, porte-parole de la fédération "Producteurs et productrices acéricoles du Québec".

"Elles vivent une situation catastrophique. C'est vraiment pas drôle pour les propriétaires. Cette année 2020 est complètement perdue pour eux", résume-t-elle.

Mais Covid-19 ou pas, la fabrication de sirop se poursuit, l'industrie ayant été désignée "essentielle" par le gouvernement de la province.

Le Canada assure 92% de la production mondiale, largement grâce au Québec (72%), le reste provenant des Etats américains frontaliers.

La province de Québec compte plus de 11.000 producteurs regroupés dans 7.400 entreprises, la plupart artisanales, qui contribuent annuellement à hauteur de 600 millions de dollars (393 millions d'euros) à l'économie locale, assurant l'équivalent de 10.500 emplois à temps plein.

Saison record, le Québec a récolté l'an dernier plus de 72.000 tonnes de sirop, exportées à 80% dans soixante pays, Etats-Unis, Allemagne et Royaume-Uni étant les plus importants acheteurs.

La saison actuelle s'annonce "normale", selon Mme Normandin, laissant prévoir une récolte un peu plus modeste.

"Le point positif de la chose, c'est que la production de sirop va très bon train. Je pense qu'on va avoir une bonne année, puis le sirop encore une fois est excellent", souligne Simon Lanoue.

Et aucune pénurie n'est appréhendée, la fédération disposant d'une "réserve stratégique d'or blond" pour assurer la stabilité des prix: plus de 45.000 tonnes de sirop stockées dans des barils dans un entrepôt cadenassé, grand comme cinq terrains de football.

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