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En Corée du Nord, Xi Jinping s'invite dans le duo Kim/Trump

Xi Jinping est arrivé jeudi en Corée du Nord, la première visite d'un président chinois depuis 14 ans, qui vise à renforcer l'alliance entre les deux voisins au moment où le rapprochement entre Kim Jong Un et Donald Trump piétine.

"Notre peuple est fier d'avoir un ami proche et digne de confiance comme le peuple chinois", s'est félicité le même jour dans un éditorial le Rodong Sinmun, le principal journal nord-coréen.

Le quotidien officiel du parti au pouvoir estime que la visite d'Etat de Xi Jinping "gravera une page nouvelle et durable dans l'histoire de l'amitié" bilatérale. La dernière venue d'un président chinois remontait à 2005.

M. Xi est arrivé en fin de matinée par avion spécial, accompagné par son épouse et son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, selon la télévision d'Etat chinoise CCTV.

A Pyongyang, des drapeaux chinois étaient accrochés dans toute la capitale et les habitants étaient placés le long des rues pour accueillir Xi Jinping.

Alors que le président américain Donald Trump promet un développement économique fabuleux à la Corée du Nord si elle accepte de renoncer à son programme nucléaire, son homologue chinois entend rappeler le rôle incontournable de son pays, qui absorbe 90% du commerce de Pyongyang.

L'amitié sino-nord-coréenne est "irremplaçable, même pour des millions", a assuré Xi Jinping lui-même, dans un texte publié mercredi par le Rodong Sinmun.

La visite devrait accorder une large place à l'histoire et à l'intervention de la Chine dans la guerre de Corée (1950-53), qui devait sauver le régime de Kim Il Sung, grand-père de l'actuel numéro un Kim Jong Un. L'ennemi commun n'était autre que les Etats-Unis.

- Visite surtout symbolique -

Les premières années au pouvoir de Kim Jong Un n'ont pas été faciles pour Pékin: la Chine a appliqué les sanctions internationales destinées à forcer Pyongyang à abandonner son programme nucléaire, provoquant la colère de son voisin.

Conséquence: Kim Jong Un, arrivé au pouvoir à la mort de son père fin 2011, a attendu 2018 pour se rendre pour la première fois en Chine et rencontrer enfin Xi Jinping, aux manettes à Pékin depuis 2012. Les deux hommes se sont vus à quatre reprises l'an dernier.

Une réconciliation qui semble avoir été précipitée par le rapprochement entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, symbolisé par l'historique sommet Trump-Kim de Singapour en juin 2018: Pékin redoute de voir son allié tomber dans le camp américain, tandis que les Nord-Coréens ont besoin des Chinois pour faire le poids face à Washington.

Signe cependant de la nervosité des autorités nord-coréennes, elles ont interdit aux médias étrangers présents à Pyongyang de couvrir la visite de Xi Jinping.

Celle-ci devrait être largement symbolique. Aucun communiqué conjoint n'est ainsi attendu, comme lors du sommet en avril entre Kim Jong Un et le président russe Vladimir Poutine à Vladivostok.

Pour la Corée du Nord, le sommet Kim-Xi "va servir à montrer aux Etats-Unis qu'elle a le soutien de la Chine et à leur dire qu'ils doivent cesser leur politique de pression maximale", observe Lim Eul-chul, professeur à l'Université Kyungnam en Corée du Sud.

- "Grave erreur" -

Le deuxième sommet Trump-Kim en février à Hanoï n'a rien donné. Américains et Nord-Coréens restent bloqués sur la question de la dénucléarisation. Washington exige qu'elle intervienne avant la levée des sanctions internationales, ce que Pyongyang refuse.

Comme pour afficher son soutien à son allié, la Chine, comme la Russie, a bloqué mardi à l'ONU une initiative américaine visant à empêcher les approvisionnements de pétrole raffiné à la Corée du Nord.

Le président chinois a lui aussi maille à partir sur un autre sujet avec son homologue américain qu'il retrouvera la semaine prochaine au Japon à l'occasion d'un sommet du G20: la guerre commerciale sino-américaine.

Mais Yongwook Ryu, spécialiste des relations internationales à l'Université nationale de Singapour, estime que M. Xi ferait "une grave erreur" s'il tentait d'utiliser le dossier nord-coréen dans ses négociations commerciales avec Donald Trump.

Cela étant, "si Xi peut faire pression sur la Corée du Nord pour l'encourager à dénucléariser, ce serait une carotte pour Trump, et il pourrait peut-être obtenir des concessions" du président américain, suppose l'analyste.

La visite est, de fait, très suivie par les Etats-Unis.

"Nous espérons vivement que le président Xi continuera à envoyer des messages constructifs et adéquats au cours de ses entretiens", a déclaré mercredi Stephen Biegun, le représentant spécial américain pour la Corée du Nord.

Il a assuré que Washington ne posait aucune condition préalable à la reprise des discussions avec Pyongyang.

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Objectif Downing Street: place aux deux finalistes

Les députés conservateurs britanniques détermineront jeudi qui se mesurera à Boris Johnson dans le sprint final de la course à la succession de la Première ministre Theresa May, jusqu'ici dominée de la tête et des épaules par l'exubérant champion des pro-Brexit.

Boris Johnson, tenant d'un Brexit dur, ancien maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, a survolé les premiers tours de vote des députés tory, dont le troisième mercredi en récoltant 143 voix sur 313.

Ce scrutin doit désigner les deux prétendants finalistes au poste de chef du Parti conservateur, à qui reviendront les clefs du 10 Downing Street, mais aussi l'épineux dossier du Brexit.

Le résultat des deux derniers rounds prévus jeudi doit être annoncé vers 17H00 GMT. Face à Boris Johnson, intouchable, trois candidats se disputent la deuxième place: les ministres des Affaires étrangères Jeremy Hunt, de l'Environnement Michael Gove, et de l'Intérieur Sajid Javid.

Au cours des prochaines semaines, les deux finalistes sillonneront le pays pour présenter leurs programmes aux 160.000 membres du Parti conservateur, à qui échoit la tâche de les départager, d'ici la fin juillet.

Mais là encore, le suspense semble bien mince: pour "la plupart de ses collègues", il est "maintenant presque inévitable que (Boris Johnson) soit le prochain Premier ministre britannique", souligne le quotidien The Guardian.

- Une mission: le Brexit -

La mise en oeuvre du Brexit constituera, de très loin, la priorité du nouveau chef du gouvernement, trois ans après le référendum de juin 2016, qui avait vu les Britanniques voter à 52% en faveur de ce divorce historique.

Incapable d'y parvenir, usée par les critiques incessantes et complots dont elle a fait l'objet au sein des tories, Theresa May a démissionné le 7 juin de ses fonctions de chef du Parti conservateur.

Après trois rejets successifs par les députés de l'accord de retrait qu'elle a négocié avec Bruxelles, censé organiser une séparation en douceur, la dirigeante avait été contrainte de repousser au 31 octobre la date du Brexit, initialement programmé pour le 29 mars.

Dans un pays déboussolé par ces atermoiements, Boris Johnson joue la carte de sauveur du Brexit, et se dit prêt à ferrailler pour renégocier l'accord de Theresa May, quand bien même Bruxelles a exclu cette éventualité.

En témoigne sa menace de ne pas payer la facture du Brexit - estimée entre 40 et 45 milliards d'euros par Londres - jusqu'à ce que l'UE accepte de meilleures conditions de retrait.

Lors d'un débat télévisé mardi soir, il a répété sa volonté de faire sortir son pays de l'Union européenne d'ici le 31 octobre, quitte à partir sans accord avec l'UE, sans s'engager toutefois à "garantir" un Brexit à cette date.

- Eviter le "no deal" -

Politicien habile et charismatique à l'ambition dévorante, Boris Johnson, 55 ans, jouit du soutien de nombreux militants de la base du Parti conservateur, qui voient en lui le chef idoine pour remettre le Brexit sur les rails.

Et même si ses gaffes à répétition et son discours aux accents populistes agacent ses pairs, beaucoup le considèrent à présent comme un rempart au Parti du Brexit du populiste europhobe Nigel Farage, grand vainqueur des dernières élections européennes au Royaume-Uni, et à l'opposition travailliste de Jeremy Corbyn.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt, lointain deuxième après le tour de vote de mercredi (54 voix), se pose comme une alternative "sérieuse" en mettant en avant ses succès d'entrepreneur, qui ont fait de lui un millionnaire, et sa longue carrière politique.

M. Hunt, comme Michael Gove, estime qu'un nouveau report du Brexit pourrait être nécessaire si un accord avec Bruxelles était à portée de main, afin d'éviter le "no deal" redouté par les milieux économiques, le 31 octobre.

Le ministre des Finances Philip Hammond ajoutera jeudi son grain de sel lors d'un discours devant des représentants du secteur bancaire, fustigeant ceux qui mettent en péril la "prospérité" du Royaume-Uni en brandissant la menace d'un "no deal", selon des extraits communiqués par ses services.

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Soudan: le Conseil militaire appelle la contestation à négocier "sans conditions"

Le chef du Conseil militaire de transition au pouvoir au Soudan a appelé mercredi les manifestants à des négociations "sans conditions", espérant renouer un dialogue qui s'est révélé impossible depuis la dispersion sanglante d'un sit-in début juin.

Après plusieurs mois de manifestations qui ont mené à la destitution par l'armée du président Omar el-Béchir le 11 avril, le Soudan est toujours le théâtre d'un bras de fer entre le Conseil militaire et les principales forces de la contestation.

Les négociations entre les deux parties qui doivent dessiner l'avenir du pays sont suspendues depuis le 20 mai, chaque camp voulant prendre la tête d'une future instance de transition.

Mercredi, le chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhane, a appelé l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, mais aussi "toutes les forces politiques" à accepter des négociations "sans poser de conditions".

"La situation du pays ne permet pas de rester sans gouvernement. Pour qu'il n'y ait pas de coup d'Etat, venez" négocier, a-t-il poursuivi.

La tension est montée d'un cran le 3 juin, quand des hommes armés en tenue militaire ont dispersé un sit-in devant le QG de l'armée dans la capitale Khartoum.

Les manifestants y campaient depuis des semaines pour faire pression sur les militaires et réclamer un transfert du pouvoir aux civils.

Au moins 128 personnes ont été tuées dans l'opération et la répression qui s'est poursuivie les jours suivants, selon des médecins proches de la contestation. Les autorités ont évoqué un bilan de 61 morts.

- "Révolution en danger" -

Après plusieurs jours de violence et une campagne de désobéissance civile très suivie, un représentant de la médiation éthiopienne a annoncé le 11 juin que le Conseil militaire et la contestation avaient accepté de revenir à la table des négociations. Aucune date n'a toutefois été fixée.

Les meneurs de la contestation restent fermes sur plusieurs points sur lesquels ils s'étaient déjà mis d'accord avec les généraux au pouvoir avant l'interruption des négociations.

Parmi ces conditions, il y a notamment le fait que les deux tiers du Parlement de transition doivent être réservés à l'ALC.

"Nous avons accepté la médiation éthiopienne et nous avons posé un certain nombre de conditions avant la reprise des négociations, en particulier le respect de ce qui a été convenu par le passé", a souligné lundi un leader du mouvement de contestation, Mohammed Naji al-Assam, lors d'une conférence de presse.

Militaires et contestataires s'étaient également accordés sur une période de transition de trois ans, qui doit être suivie par le transfert du pouvoir à une administration civile.

"C'est toujours le pouvoir des armes versus le pouvoir de la rue", a estimé Alan Boswell, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), interrogé par l'AFP. "La révolution est en grand danger. Mais elle est loin d'être terminée".

Les meneurs de la contestation avaient encore appelé à manifester mercredi en fin de soirée dans les zones résidentielles de la capitale. Dans un quartier de Khartoum, des dizaines de personnes clamaient "Le pouvoir aux civils! Le pouvoir aux civils!", selon des témoins interrogés par l'AFP.

- "Reconstruire la confiance" -

La dispersion sanglante du sit-in a provoqué un tollé international, poussant l'ONU, les Etats-Unis et les mouvements de la contestation à réclamer une enquête indépendante.

"Le Conseil militaire a la responsabilité" d'adopter les mesures nécessaires pour "reconstruire la confiance qui ouvrirait la voie à une transition civile", a estimé l'ambassadeur de Grande-Bretagne Irfan Siddiq, dans un entretien à l'AFP.

Les généraux ont regretté des "erreurs qui se sont produites" lors de la dispersion, assurant ne pas l'avoir ordonnée et que l'objectif de l'opération était tout autre.

La crise économique au Soudan et une décision gouvernementale de tripler le prix du pain ont été à l'origine des premières manifestations en décembre contre le régime de Béchir, destitué après trois décennies au pouvoir.

Selon des experts, les Emirats, l'Egypte et l'Arabie saoudite semblent soutenir les généraux tandis que Washington plaide pour une transition menée par les civils.

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Crash du vol MH17: Moscou doit s'assurer que justice soit rendue, exhorte Washington

Les Etats-Unis ont exhorté mercredi la Russie à faire en sorte que "justice" soit rendue après l'annonce que trois Russes et un Ukrainien allaient être jugés pour meurtre en mars 2020 pour le crash du vol MH17, abattu en 2014 au-dessus de l'est séparatiste de l'Ukraine par un missile russe.

Accusés d'avoir provoqué le crash, les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l'Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, seront les premiers à être traduits en justice dans cette affaire, a annoncé l'équipe internationale enquêtant sur cette catastrophe qui avait fait 298 morts.

Le plus connu d'entre eux, Igor Guirkine, surnommé "Strelkov" ("Tireur"), était l'un des principaux commandants des séparatistes du début du conflit avec l'armée ukrainienne il y a cinq ans, et probablement leur représentant le plus médiatique à l'époque.

Il est cependant probable que les quatre suspects soient jugés par contumace, la Russie et l'Ukraine n'extradant pas leurs ressortissants poursuivis à l'étranger. Mais l'annonce du procès des quatre hommes, qui s'ouvrira le 9 mars 2020 au tribunal de Schiphol en banlieue d'Amsterdam, est un message clair envers la Russie, qui a toujours nié toute implication.

Des mandats d'arrêt internationaux ont été délivrés à l'encontre des suspects, dont les noms ont été placés sur les listes nationales et internationales des personnes recherchées, a précisé le chef de la police néerlandaise, Wilbert Paulissen.

- "Coopérer" -

"Nous n'émettrons pas de demande d'extradition puisque les Constitutions russe et ukrainienne interdisent l'extradition de leurs ressortissants. Mais nous demandons encore une fois à la Russie de coopérer. Plusieurs de nos questions restent sans réponse", a annoncé le procureur néerlandais Fred Westerbeke.

La Russie a réagi en dénonçant des "accusations gratuites": "une fois de plus, des accusations tout à fait gratuites sont avancées contre la partie russe et visent à discréditer la Fédération de Russie devant la communauté internationale", a dénoncé le ministère des Affaires étrangères.

L'Ukraine a en revanche appelé Moscou à reconnaître sa responsabilité" et à "commencer à coopérer avec l'enquête".

Washington, par la voix de son chef de la diplomatie Mike Pompeo, a exhorté Moscou à permettre que les suspects "actuellement" en Russie soient traduits en justice.

"C'est un pas important dans la recherche de la vérité", a également salué M. Pompeo en allusion à l'annonce.

Les quatre suspects sont accusés d'avoir convoyé dans l'est de l'Ukraine le système de missiles anti-aériens BUK, utilisé selon les enquêteurs pour tirer le missile ayant abattu le 17 juillet 2014 le Boeing de la Malaysia Airlines au-dessus de la zone de conflit armé dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres de l'équipage avaient péri.

A l'annonce du procès, Piet Ploeg, président d'une association des familles qui a perdu trois proches lors du crash, a loué le "courage" du parquet néerlandais, qui n'a "épargné personne pour des raisons politiques".

Silene Fredriksz, dont le fils et la belle-fille avaient péri dans la tragédie, s'est dite "heureuse que le procès puisse enfin débuter". Quand on lui a demandé qui était responsable du crash, elle a répondu : le président russe Vladimir "Poutine, parce qu'il a rendu cela possible. Il est le principal responsable".

- "Découvrir la vérité" -

Igor Guirkine, ancien ministre de la Défense de la République autoproclamée de Donestk, démis de ses fonctions en août 2014 dans des conditions mystérieuses, a démenti mercredi toute implication des séparatistes ukrainiens prorusses: "tout ce que je peux dire, c'est que le Boeing n'a pas été abattu par les rebelles". Il a aussi annoncé qu'il n'entendait pas coopérer avec la justice.

L'équipe internationale d'enquêteurs (Joint Investigation Team, JIT), conduite par les Pays-Bas et composée d'enquêteurs d'Australie, de Belgique, de Malaisie, des Pays-Bas et d'Ukraine, avait annoncé en mai 2018 que le missile ayant abattu l'avion provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk (ouest de la Russie).

Les Pays-Bas et l'Australie, dont 38 ressortissants figuraient parmi les victimes, avaient alors accusé la Russie. Pour la première fois, la responsabilité de cette catastrophe était ouvertement imputée à Moscou, qui a toujours nié avec véhémence et rejeté la faute sur Kiev.

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Réclamé par l'Espagne, l'ancien leader de l'ETA de nouveau arrêté en France

Aussitôt après avoir obtenu sa remise en liberté mercredi par la justice française, l'ancien chef de l'aile politique de l'organisation séparatiste basque ETA, Josu Ternera, a été de nouveau arrêté à Paris, cette fois en vertu d'une demande de remise de la justice espagnole.

Le leader indépendantiste, arrêté mi-mai en France après plus de 16 ans de cavale, a été "placé en rétention judiciaire" dans la soirée sur instruction du parquet général de Paris, destinataire de la demande espagnole, selon une source judiciaire. Dans les faits, Josu Ternera ne s'est jamais retrouvé à l'air libre: la police est venue le chercher dans l'enceinte de la prison.

Le parquet général doit désormais examiner la demande de ses homologues espagnols, qui veulent juger Josu Ternera pour son rôle présumé dans un attentat commis en 1987 contre une caserne de la garde civile à Saragosse, dans le nord de l'Espagne, qui avait fait 11 morts, dont cinq enfants.

Au terme de cette rétention, qui peut durer jusqu'à 48 heures, Josu Ternera devra être présenté au parquet général qui lui notifiera la demande de remise espagnole, puis la cour d'appel de Paris devra statuer sur son éventuelle détention provisoire dans l'attente d'un examen complet de cette procédure.

"Une très bonne nouvelle", s'est félicité le Collectif des victimes du terrorisme du Pays basque (Covite). "Nous sommes satisfaits de cette nouvelle arrestation", a salué l'Association espagnole des victimes du terrorisme (AVT).

Josu Ternera n'en a pas pour autant fini avec la justice française, qui doit encore examiner les recours qu'il a formés contre ses deux condamnations par défaut, quand il était en fuite: la première à cinq ans de prison, prononcée le 7 janvier 2010 puis alourdie à sept ans en appel, et la deuxième à huit ans de prison, le 1er juin 2017. Une audience procédurale doit se tenir à ce sujet le 28 juin à Paris.

Mais, dans l'attente de ces nouveaux procès, la cour d'appel de Paris avait ordonné mercredi sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Ses avocats Laure Heinich-Luijer et Laurent Pasquet Marinacce avaient plaidé devant la cour que son maintien en détention provisoire était "incompatible avec son état de santé".

Selon les médias espagnols, l'ancien "etarra" de 68 ans souffrirait d'un cancer. Il avait été arrêté le 16 mai sur le parking d'un hôpital français dans les Alpes, où il se rendait pour être soigné.

Interrogée par l'AFP à l'audience, Consuelo Ordóñez, présidente du Covite, a exigé que M. Ternera soit extradé vers l'Espagne. "Nous le réclamons depuis 17 ans", a-t-elle rappelé.

- "L'abuelo" -

Présents également, le fils et la fille de Josu Ternera, Egoitz et Irati Urrutikoetxea, avaient plongé dans les bras l'un de l'autre en apprenant la remise en liberté de leur père. Cette décision "ouvre de nouvelles perspectives sur la voie de la réconciliation", avait assuré Egoitz.

Josu Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, de son vrai nom, a été à partir de la fin des années 1970 le chef de l'appareil politique de l'ETA.

"Ternera, c'était l'+abuelo+ (grand-père) de l'organisation (...) respecté pour sa trajectoire", selon Gorka Landaburu, directeur du magazine Cambio16 et rescapé d'un attentat de l'ETA.

"Il a pris rapidement le pouvoir à la fin des années 1970 et a été un des chefs d'ETA au moment des attentats les plus meurtriers dans les années 1980", ajoute-t-il.

Il est alors considéré comme l'instigateur de la stratégie d'attentats à la voiture piégée. Et celui qui a mis sur pied le commando "itinérant" d'ETA, formé de militants français, le plus meurtrier de l'organisation.

Il avait été interpellé une première fois en France en 1989, à Bayonne, une grenade à la main et muni de faux papiers, puis condamné à 10 ans de prison et expulsé vers l'Espagne après sa remise en liberté en 1996.

Il s'était alors petit à petit fait le promoteur de négociations de paix avec l'Etat espagnol, avant d'être écarté de la direction du groupe en 2006.

Elu en 1998 au Parlement autonome basque espagnol, il avait été désigné en 1999 comme l'un des trois négociateurs de l'ETA dans le processus de paix finalement avorté. L'indépendantiste s'était évanoui dans la nature en 2002.

Fondée en 1959, l'ETA est considérée comme responsable de la mort d'au moins 853 personnes durant quatre décennies de violence, avant que l'organisation ne décrète un cessez-le-feu en 2011. C'est Josu Ternera qui, le 3 mai 2018, avait annoncé sa dissolution.

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Affaire des "écoutes": Nicolas Sarkozy bientôt jugé pour "corruption"

Pour la première fois sous la Ve république, un ancien président sera jugé pour corruption: la justice a définitivement validé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans l'affaire dite des "écoutes".

La Cour de cassation a rejeté mardi les derniers recours formés par l'ancien chef de l'Etat, son avocat et ami Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert qui tentaient d'éviter un procès, a appris l'AFP de sources concordantes mercredi.

Le procès de Nicolas Sarkozy, 64 ans, sur qui pèse par ailleurs la menace d'un procès pour "financement illégal" de sa campagne de 2012 dans l'affaire Bygmalion, devrait se tenir dans les prochains mois.

L'ancien président Jacques Chirac, avait été déjà jugé dans une affaire politico-financière mais pour des faits différents: il avait été condamné en 2011 pour "détournements de fonds publics" dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Nicolas Sarkozy, retiré de la vie politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, par l'entremise de Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l'affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013) et ce, en échange d'un coup de pouce pour un poste à Monaco.

Au terme de leur instruction, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour "corruption" et "trafic d'influence" contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du Parquet national financier (PNF). MM. Herzog et Azibert seront aussi jugés pour "violation du secret professionnel".

Dans un réquisitoire sévère en octobre 2017, le PNF avait comparé les méthodes de Nicolas Sarkozy à celles d'"un délinquant chevronné" et stigmatisé les nombreux recours intentés par ses avocats qui avaient "paralysé" l'instruction.

- Alias "Paul Bismuth" -

L'affaire trouvait son origine dans les interceptions de conversations téléphoniques de l'ex-chef de l'Etat avec son avocat, diligentées dans le cadre de l'enquête sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007.

Les policiers avaient découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un portable secret ouvert au moyen d'une carte pré-payée sous l'alias de "Paul Bismuth" pour communiquer avec un unique interlocuteur: son avocat.

D'après les écoutes, Nicolas Sarkozy semblait s'engager à intervenir en faveur de Gilbert Azibert pour un poste de prestige sur "le Rocher", qu'il n'a finalement jamais eu.

Nicolas Sarkozy avait renoncé à cette démarche au dernier moment, toujours d'après ces interceptions. Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que l'ex-président et Thierry Herzog venaient d'apprendre que leurs téléphones secrets étaient sur écoute.

Les enquêteurs se sont aussi interrogés sur d'éventuelles interventions de Gilbert Azibert, que ce dernier réfute, pour tenter d'influer sur la décision des magistrats de la Cour de cassation concernant les agendas de l'ex-chef de l'Etat, dont le contenu était susceptible d'intéresser des juges dans d'autres dossiers, notamment l'arbitrage Tapie.

"M. Azibert n'a rien obtenu, je n'ai pas fait de démarche et j'ai été débouté par la Cour de cassation" concernant les agendas, s'était défendu l'ancien président après sa mise en examen.

Les écoutes policières, socle de l'accusation, avaient été validées par la Cour de cassation en mars 2016. Mais elles devraient encore alimenter une âpre bataille à l'ouverture du procès.

Dans ses derniers recours, la défense de Nicolas Sarkozy soulevait notamment une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) de juin 2016, selon laquelle une retranscription d'écoutes peut être utilisée contre un avocat mais pas son client.

"La Cour de cassation n?a pas écarté les moyens de droit qui avaient été soulevés par la défense mais a choisi de laisser au tribunal le soin de les trancher", a réagi dans un communiqué à l'AFP son avocate, Jacqueline Laffont.

"Il appartiendra au tribunal de dire si une juridiction française peut s'affranchir d'une décision" de la CEDH, a-t-elle ajouté.

Nicolas Sarkozy, qui a exclu récemment tout retour au sein des Républicains, plombés par leur déroute aux européennes, vit sa retraite politique sous pression judiciaire: à côté des dossiers Azibert et Bygmalion, il a été mis en examen en mars 2018, notamment pour corruption passive, dans l'affaire libyenne.

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Quintuple infanticide: "Pour moi, ce n'était pas des bébés", répète Sylvie Horning

"Pour moi, ce n'était pas des bébés": jugée pour un quintuple infanticide, Sylvie Horning l'a répété inlassablement mercredi devant la cour d'assises du Haut-Rhin, posant plus de questions qu'elle n'a apporté de réponse, tout en demandant pardon aux bébés comme à sa famille.

"Ce n'était pas des bébés pour moi, c'était des êtres que mon esprit et mon corps n'acceptaient pas", "quelque chose qui grandissait en moi que je n'acceptais pas", a dit la quinquagénaire, mère de trois grands enfants et quatre fois grand-mère, s'exprimant très distinctement.

"Quand ça sortait de mon corps, je ne voulais pas voir ce que c'était", a-t-elle expliqué, se souvenant avoir couvert les nouveau-nés pour ne pas les voir mais incapable de dire si elle les a étouffés ou étranglés tous les cinq.

Il y a eu des gestes néonaticides "sans doute pour un, deux, trois, mais pour tous je n'en suis pas sûre", a-t-elle dit, confrontée par la présidente à ses aveux en garde à vue et au fait que trois des nouveau-nés ont été retrouvés avec des liens autour du cou.

"Aujourd'hui, j'arrive à dire (que c'était) des bébés, avant je n'y arrivais pas", a-t-elle expliqué. Incarcérée depuis un an et demi à la maison d'arrêt de Mulhouse, l'ancienne graveuse industrielle est suivie par une psychologue une fois par semaine.

La femme qui a tué ces bébés, sur une période allant de 1995 à 2003, qu'elle décrit comme une période de sa vie "très difficile", "ce n'était pas moi", dit-elle aussi.

Elle raconte avoir accouché trois fois la nuit, une fois le matin, une fois l'après-midi, toujours dans la salle de bains de leur maison de l'époque, à Wittelsheim, en banlieue de Mulhouse, à l'insu de tous ses proches et notamment de l'homme qui a partagé sa vie pendant 34 ans.

C'est lorsqu'elle évoque son compagnon, décédé en 2018, auquel elle fait une véritable déclaration d'amour posthume, et ses relations avec ses enfants qu'elle vacille.

"Je regrette d'avoir fait autant de mal à ces bébés, à ma famille, c'est tout ce que je peux dire", assure-t-elle, la voix étranglée de sanglots.

"J'aime mes enfants, les trois", répète-t-elle, mais quand elle lance "regarde-moi" à son fils aîné, qui s'est porté partie civile, il ne lève pas la tête vers elle.

- "Pas une mère" -

Plus tôt dans l'après-midi, ses trois enfants avaient eu des mots très durs à son encontre.

"C'est une femme mais c'est pas une mère, elle n'aurait jamais dû avoir d'enfant", a lancé sa fille de 29 ans, qui n'avait plus de relations avec elle depuis presque 5 ans quand elle a été interpellée, en 2017, mais vient la voir en prison, par fidélité à son père, qui lui avait demandé de la soutenir.

Son fils aîné a évoqué "un manque réel d'affection", tandis que la benjamine, pourtant la "chouchoute" qui dit avoir été proche de sa mère, lui a reproché d'avoir détruit sa vie.

Pour ses deux premiers enfants, leur père avait appris la grossesse au 6ème ou 7ème, pour leur dernière fille seulement 3 heures avant sa naissance.

Les experts se sont divisés sur la thèse du déni de grossesse, le gynécologue Israël Nisand soutenant que toutes ses grossesses avaient donné lieu à des dénis, tandis que le psychiatre Henri Brunner a estimé que l'accusée "désirait être enceinte mais ne voulait pas des enfants".

"J'ai toujours eu peur des médecins", a avancé mercredi l'accusée, qui prenait la pilule de façon erratique et avait demandé la ligature des trompes après la naissance de sa benjamine.

Dans cette affaire restée longtemps non élucidée, Sylvie Horning a été identifiée et interpellée 14 ans après la découverte fortuite de quatre premiers corps de nouveau-nés dans une forêt. Un cinquième avait été découvert dans une glacière au domicile de la famille.

"J'ai eu envie de me dénoncer quand j'ai entendu ça (la découverte des corps, NDLR) à la radio mais j'avais un conjoint et trois enfants", a-t-elle raconté, disant avoir aussi envisagé le suicide.

Le verdict est attendu jeudi.

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Philippe "Zdar", membre du duo électro Cassius est mort (agent)

Philippe Cerboneschi, dit "Zdar", membre du duo Cassius, pionnier de la French Touch de l'électro, est mort accidentellement d'une chute d'un immeuble parisien, mercredi soir, a annoncé à l'AFP son agent.

"Il a fait une chute accidentelle, par la fenêtre d'un étage élevé d'un immeuble parisien", a déclaré Sébastien Farran, sans plus de précision.

Philippe Cerboneschi composait depuis 1996 avec Hubert Blanc-Francard le duo Cassius, devenu incontournable sur la scène électronique française dès la parution de leur premier album "1999" sorti la même année et qui mêlait hip hop, house et funk.

Ils s'étaient rencontrés quelques années plus tôt, quand "Zdar" travaillait déjà comme ingénieur du son pour des artistes comme Serge Gainsbourg et avait créé Motorbass, un premier duo avec Etienne de Crécy.

Trois autres albums studio de Cassius suivront: "Au rêve" en 2002, "15 Again" qui marqua un virage vers le rock en 2006 avec le single "Toop Toop" et "Ibifornia" en 2016.

Acteur majeur de la French Touch, "Zdar" a aussi énormément collaboré avec des artistes divers, tels que les Beastie Boys, Ph?nix, The Rapture, Cat Power, Chromeo, Tiga, M ou encore Franz Ferdinand.

"Ses amis de son et de c?ur se joignent à sa famille pour témoigner de leur infinie tristesse. Ce soir la musique a perdu un génie", ajoute le communiqué .

Philippe Cerboneschi avait 50 ans.

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Cyclisme: Bardet officialise son forfait pour le championnat de France

Romain Bardet (AG2R La Mondiale) a confirmé mercredi son forfait pour le Championnat de France de cyclisme, le 30 juin à La Haye-Fouassière (Loire-Atlantique), pour mieux préparer le Tour.

Julian Alaphilippe (Deceuninck), l'une des autres têtes d'affiche du cyclisme français, sera également absent. Le numéro un mondial ne figure pas sur la liste des engagés communiquée mercredi par la Fédération française de cyclisme (FFC).

Rémi Cavagna sera le seul des trois coureurs français de l'équipe belge à participer à l'épreuve, du fait de la blessure de Florian Sénéchal, qui a chuté au Giro.

D'après la liste de la FFC, l'équipe la mieux représentées sera la Groupama-FDJ, avec 21 coureurs.

Pour Bardet, la décision a été prise "après concertation entre la direction générale, le staff technique et le coureur", a annoncé l'équipe AG2R La Mondiale en précisant que 18 coureurs de la formation prendraient le départ de la course.

L'Auvergnat a expliqué avoir choisi la décision "la plus rationnelle" pour préparer le Tour, qu'il a terminé à deux reprises sur le podium depuis 2016.

"Je comprends l?importance de la présence des meilleurs coureurs de notre pays pour les organisateurs, les dirigeants et le public", a ajouté Bardet qui veut profiter de la période pour effectuer ses derniers entraînements en montagne avant le Tour.

"A 6 jours du Grand Départ (du Tour), il était plus cohérent et sage de laisser Romain peaufiner sa préparation en vue du Tour de France qui est son objectif principal", a déclaré Vincent Lavenu, le responsable de l'équipe française en soulignant que son chef de file "ne pouvait nourrir que peu d'ambitions sportives" sur le circuit sinueux de La Haye-Fouassière.

La participation au championnat de France est devenue obligatoire cette année. Mais la mesure, qui a été acceptée par l'association des coureurs français (UNCP), relève avant tout de l'incitation, sans sanction majeure prévue en cas de forfait autre que médical, a-t-on appris auprès de l'UNCP.

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Le revolver qui aurait servi à Van Gogh pour se tuer fait recette

Le revolver rouillé, qui aurait servi à Van Gogh pour se suicider, a été acquis par un particulier pour 162.500 euros frais compris. Une arme découverte en 1960 qui a attiré une foule de collectionneurs et d'"accros" au peintre néerlandais mercredi à l'Hôtel Drouot à Paris.

Le revolver de type Lefaucheux qui aurait servi au peintre néerlandais pour se blesser mortellement en 1890 dans un champ d'Auvers-sur-Oise a été adjugé au marteau par Me Rémy Le Fur au prix de 130.000 euros (frais non compris) à un particulier qui enchérissait au téléphone et dont on ignore l'identité.

L'arme fatale a atteint plus du double du haut de sa fourchette d'estimation (entre 40.000 et 60.000 euros).

Ce n'est cependant pas le révolver le plus cher de l'histoire des enchères. En 2016, un autre révolver, également Lefaucheux, estimé 50.000 à 60.000 euros, avec lequel Verlaine avait tenté de tuer Rimbaud en 1873, avait été adjugé 435.000 euros chez Christie's à Paris.

Surnommé "l'arme la plus célèbre de l'histoire de l'art", le revolver attribué à Van Gogh, de calibre 7 mm, a été mis sous le marteau par la maison AuctionArt - Rémy Le Fur. La foule était au rendez-vous: Européens, Américains, Asiatiques sont restés debout dans la salle exiguë faute de suffisamment de sièges.

Me Grégoire Veyrès, commissaire priseur adjoint, a brièvement présenté "le revolver avec lequel Van Gogh se serait donné la mort", en citant une phrase d'une lettre du peintre à son frère: "Mon travail à moi, j'y risque ma vie".

Martin, 38 ans, venu des Pays-Bas, avait conscience de ne pas en avoir les moyens d?enchérir: "de magnifiques fleurs et la folie dans la tête, la vie et la mort, pour moi, c'est Van Gogh."

- Deux jours d'agonie -

Très vite, l'enchérissement s'est fait davantage par téléphone et par internet que dans la salle même.

L'arme avait été retrouvée dans les années 1960 par le cultivateur du champ où le peintre s'était mortellement blessé à Auvers-Sur-Oise et a été exposée par le Musée Van Gogh d?Amsterdam en 2016.

Elle avait été remise aux propriétaires de l'hôtel Ravoux où Van Gogh séjournait en 1890. C'est la fille de ces propriétaires qui la vendait aux enchères. L'hôtel avait changé de propriétaires dans les années 80.

L'artiste, sujet à de fréquentes crises psychologiques, était au sommet de son art, peignant plus d?une toile par jour.

Le dimanche 27 juillet 1890, il se serait rendu dans un champ, aurait soulevé sa chemise et se serait tiré une balle dans la poitrine avec cette arme empruntée à son hôte, l'aubergiste Arthur Ravoux, selon la thèse généralement retenue par les spécialistes.

Le revolver lui aurait échappé des mains et il se serait évanoui. Il se serait réveillé à la tombée de la nuit, blessé, et aurait pris le chemin de l'auberge. Malgré les soins du docteur Paul Gachet, Van Gogh meurt après deux jours d'agonie dans une chambre modeste.

- "Présomption forte" -

Selon AuctionArt, l'analyse de l'arme atteste qu'elle est restée enfouie dans le sol durant un laps de temps pouvant correspondre à 1890.

En 2011, des chercheurs américains ont défendu une autre thèse en affirmant que Vincent van Gogh aurait été blessé par un tir accidentel de jeunes gens qui jouaient avec une arme.

"Nous pensons que cette arme est celle de Van Gogh, les expertises vont dans le sens de cette attribution. C'est une présomption forte mais cela ne peut jamais être prouvé à 100%", a déclaré à l'AFP Me Grégoire Veyrès.

Le revolver fait déjà l'objet d'une demande de prêt du Musée Städel de Francfort pour une exposition d'octobre prochain à février 2020, selon la maison de ventes.

Van Gogh suscite les fantasmes par ses crises de folie, son originalité qui a franchi les frontières de son pays, et les films et livres sur lui.

La vente aux enchères intervient au moment où une exposition immersive, organisée par l'Atelier des lumières jusqu'en décembre à Paris, permet aux visiteurs de plonger dans les paysages qu'il a peints à travers des projections sur les murs, les plafonds et le sol.

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