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Chili: 7 morts dans les émeutes, le président déclare le pays "en guerre"

Le Chili est "en guerre", a affirmé dimanche le président Sebastian Piñera, dont le pays est secoué depuis trois jours par des émeutes et des pillages qui ont fait sept morts, la pire explosion sociale depuis des décennies.

Pour la deuxième nuit consécutive, une mesure de couvre-feu a été décrétée à Santiago entre 19H00 et 06H00 locales (22H00-09H00 GMT). L'état d'urgence est également en vigueur dans plusieurs régions, dont celle la capitale de 7 millions d'habitants. Il a été étendu dimanche soir à plusieurs grandes villes du sud et du nord du pays.

"Nous sommes en guerre contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne et qui est prêt à faire usage de la violence et de la délinquance sans aucune limite", a déclaré le président Piñera à la presse.

Le général Javier Iturriaga, chargé vendredi de la sécurité publique par le chef d l'Etat, a de son côté appelé les habitants à rester "calmes" et à ne pas sortir de chez eux.

Les émeutes se sont poursuivies dimanche. Des affrontements ont eu lieu entre manifestants et policiers dans l'après-midi dans le centre de Santiago, tandis que des pillages se déroulaient dans plusieurs endroits de la capitale.

Cinq personnes ont ainsi péri dans l'incendie d'une usine de vêtements en proie à des pillages. "Cinq corps ont été retrouvés à l'intérieur de l'usine en raison de l'incendie", dans le nord de la capitale, a annoncé à des médias locaux le commandant des pompiers de Santiago, Diego Velasquez.

Deux personnes étaient déjà mortes dans la nuit de samedi à dimanche dans l'incendie d'un supermarché également pillé par des manifestants dans le sud de la capitale et une troisième avait été blessée, le corps brûlé "à 75%", selon les autorités.

Deux personnes ont également été blessées par balle et hospitalisées dans un état "grave" après un incident avec la police lors de pillages, également dans le sud de la capitale, selon la même source.

Près de 10.000 policiers et soldats ont été déployés. Les patrouilles de militaires dans les rues sont une première dans le pays depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990).

Selon les autorités, 1.462 personnes ont été arrêtées, dont 644 dans la capitale et 848 dans le reste du pays.

Après trois jours de violences, le centre de la capitale chilienne et d'autres grandes villes, comme Valparaiso et Concepcion, offraient des visages de désolation: feux rouges au sol, carcasses de bus carbonisées, commerces pillés et incendiés.

Plusieurs centaines de vols ont été annulés à l'aéroport de Santiago pendant la durée du couvre-feu. Des milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués pour la nuit dans l'aérogare.

- Fracture sociale -

Les manifestations ont débuté vendredi pour protester contre une hausse --de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro)-- du prix des tickets de métro à Santiago, réseau le plus étendu (140 km) d'Amérique du Sud qui transporte quotidiennement environ trois millions de passagers.

M. Piñera a suspendu la hausse samedi. Mais les manifestations et les violences se sont poursuivies, nourries par la colère face aux conditions socio-économiques et aux inégalités dans ce pays loué pour sa stabilité économique et politique, mais où l'accès à la santé et à l'éducation relèvent presque uniquement du secteur privé.

Des dizaines de supermarchés, de véhicules et de stations-service ont été saccagés ou incendiés. Les bus et les stations de métro ont été particulièrement ciblés. Selon le gouvernement, 78 stations de métro ont subi des dommages, dont certaines ont été totalement détruites.

Ces dégâts dans le métro sont évalués à plus de 300 millions de dollars et un retour à la normale sur certaines lignes pourrait prendre "des mois", a indiqué dimanche le président de la compagnie nationale de transports publics, Louis de Grange.

"Il ne s'agit pas seulement du métro, mais de tout. Les Chiliens en ont eu marre des injustices", a déclaré sur une chaîne de télévision locale, Manuel, un travailleur qui tentait dimanche de gagner son lieu de travail.

Quelques rares bus ont circulé dans la capitale, forçant les habitants à se rabattre sur les taxis et les VTC, dont les prix s'envolaient.

Quelques petits commerces ont néanmoins rouvert ainsi que des stations services où les files d'attente de voitures étaient visibles, les habitants craignant une poursuite des violences lundi alors que des étudiants ont appelé à de nouvelles manifestations.

"De l'extérieur, on ne pouvait voir que les réussites du Chili, mais à l'intérieur, il y a des niveaux élevés de fragmentation, de ségrégation (...) La jeunesse en a eu marre et elle est sortie dans la rue pour montrer sa colère et sa déception", a expliqué à l'AFP Lucia Dammert, professeure à l'Université de Santiago du Chili.

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SNCF: amélioration du trafic mais le conflit perdure

La SNCF promet une nette amélioration du trafic ferroviaire lundi, avec des perturbations limitées aux TER et Intercités, sans que le conflit entre syndicats et direction sur les "problèmes de sécurité" soit résolu.

Les trains Ouigo, dont le trafic a été très perturbé pendant le weekend, doivent circuler "normalement", de même que les TGV, selon les prévisions de la SNCF. Circulation normale également sur l'ensemble des lignes du réseau Transilien.

Seuls les TER, avec trois trains sur quatre, et les Intercités (deux trains sur trois) continueront à être impactés, au quatrième jour de ce bras de fer entre syndicats et direction autour du "droit de retrait".

Gare Saint-Lazare à Paris, l'affluence ressemblait à celle d'un lundi matin ordinaire, avec seulement un TER supprimé vers Giverny, et un Intercités vers Le Havre.

A Marseille, gare Saint-Charles, la plupart des TER étaient affichés à l'heure, même si un panneau prévient que "le trafic sera perturbé jusqu'à la mi-journée". "Notre train pour Toulouse est supprimé, expliquent ainsi Sarah et Sébastien, "obligés de payer 30 euros en plus" pour changer leurs billets.

Plus généralement, ils en veulent à la SNCF, qui "met un numéro d'urgence en place, mais on doit payer 40 centimes par minute, c'est assez incroyable", expliquent-ils. Mais n'ont pas de colère contre les agents: "On comprend tout à fait le mouvement sur le fond, il n'y a pas à supprimer des contrôleurs, ça crée des problèmes de sécurité, c'est important d'avoir quelqu'un à qui s'adresser dans les trains".

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a rappelé dimanche soir que les billets seraient remboursés "à 100%" et a annoncé la mise en place rapide d'un fonds d'indemnisation d'un million d'euros pour les voyageurs qui ont subi "des dommages exceptionnels", notamment ceux qui ont dû acheter d'autres billets ou se loger à l'hôtel.

A l'origine du mouvement, un accident survenu mercredi soir, lorsqu'un TER reliant Charleville-Mézières à Reims a percuté un convoi routier exceptionnel coincé sur un passage à niveau, faisant 11 blessés dont plusieurs hospitalisés. Le conducteur, qui a porté secours aux passagers alors qu'il était lui-même blessé, était le seul agent SNCF à bord.

Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité. Ils pointent aussi des problèmes de sécurité particuliers à l'engin accidenté, un autorail grande capacité (AGC).

La direction a mis sur la table trois propositions qui ne les satisfont pas: modification de "certains équipements" de l'AGC; des groupes de travail sur les procédures de sécurité "dans les jours qui viennent" et "accélération" des recrutements, a résumé samedi Guillaume Pepy.

Il a également dénoncé une "grève surprise qui ne respecte pas la loi", puisque à la SNCF le préavis est obligatoire.

Pour les syndicats au contraire, il s'agit bien d'un droit de retrait, une procédure exercée par un salarié lorsqu'il considère qu'il existe un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, ou s'il constate une défectuosité dans les systèmes de protection.

- "Suites judiciaires" -

Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s'est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires".

Dans une interview au Parisien lundi, M. Pepy précise que "dès lors qu'un conducteur gréviste a été qualifié en +absence irrégulière+, il y aura naturellement une retenue sur son salaire, de l'ordre de 70 à 100 euros par jour".

Alors que la direction prévoit une réunion "avec les partenaires sociaux dès jeudi", selon Guillaume Pepy, l'Unsa (2e syndicat SNCF) va organiser des réunions en interne à partir de lundi "pour décider de la stratégie à adopter", a souligné Didier Mathis, son numéro un. Mais le syndicat écarte d'emblée l'idée de déposer un préavis de grève.

SUD-Rail (3e) "va continuer de soutenir les cheminots qui vont exercer le droit de retrait car la direction ne propose rien de concret pour la sécurité", selon Julien Troccaz.

La CGT (1er syndicat) lie les revendications et appelle à participer "massivement" à la journée d'action du 5 décembre contre la réforme des retraites. Elle accuse le Premier ministre de vouloir "le pourrissement".

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Brexit: Boris Johnson martèle que Londres sortira de l'UE le 31 octobre

Le gouvernement de Boris Johnson a martelé dimanche que le Brexit aurait lieu le 31 octobre comme prévu, bien qu'il ait été contraint par le Parlement d'écrire à Bruxelles pour demander un report, un coup de théâtre qui relance l'incertitude sur les modalités du divorce.

La journée de samedi - avec un vote historique prévu au Parlement britannique sur le nouvel accord de Brexit triomphalement annoncé deux jours plus tôt à Bruxelles - devait enfin apporter une clarification plus de trois ans après le référendum de 2016.

Mais les députés ont repoussé leur décision et les Européens se sont retrouvés dimanche avec trois lettres, dont l'AFP a obtenu copie, disant tout et son contraire. Et moins de deux semaines pour éviter une sortie sans accord qui donne des sueurs froides aux milieux économiques.

La première lettre, non signée, demande un report de trois mois du Brexit. La deuxième, signée par Boris Johnson, dit qu'il ne veut pas de ce délai. La troisième, de l'ambassadeur britannique auprès de l'UE, Tim Barrow, précise que le report n'a été demandé que pour se plier à la loi.

Malgré cette demande, le gouvernement a assuré dimanche que le Brexit aurait bien lieu le 31 octobre. "Nous allons sortir le 31 octobre. Nous avons les moyens et la capacité de le faire", a déclaré Michael Gove, bras droit de Boris Johnson, lors d'un entretien avec Sky News.

Sur la BBC, le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab s'est estimé "confiant", jugeant qu'"il y avait beaucoup de gens dans l'UE qui ne veulent pas d'un report".

- "Toutes les options ouvertes" -

A Bruxelles, le président du Conseil européen Donald Tusk a indiqué samedi soir "commencer à consulter les dirigeants de l'UE sur la manière de réagir". D'après une source européenne, les consultations "pourraient prendre quelques jours".

Dimanche, lors d'une courte réunion à Bruxelles des ambassadeurs des 27, autour du négociateur européen du Brexit Michel Barnier, la demande a été évoquée mais pas débattue.

"L'Union européenne garde toutes les options ouvertes", a déclaré à l'AFP un diplomate européen sous couvert d'anonymat, indiquant que le processus de ratification de l'accord était bien engagé.

Jeremy Corbyn, chef de l'opposition travailliste, crie pourtant déjà victoire : pour lui, "l'accord dommageable (de Boris Johnson) a été défait" et "malgré sa posture irritable et fanfaronne", il a dû "obéir à la loi", a-t-il dit sur Twitter.

La loi qui a forcé à réclamer cette extension a été adoptée en septembre pour éviter un "no deal", Boris Johnson s'étant dit prêt à cette option s'il s'agissait du prix à payer pour sortir le Royaume-Uni de l'UE le 31 octobre.

Elle dispose que si aucun accord de sortie n'était approuvé par le Parlement d'ici au 19 octobre, le Premier ministre doit réclamer un report du Brexit au 31 janvier 2020.

Boris Johnson espérait y échapper en faisant approuver samedi son nouvel accord de retrait de l'UE. Mais par l'un de ces coups de théâtre dont la démocratie parlementaire a le secret depuis le début de cette crise, la Chambre des Communes l'a contraint samedi à s'y conformer en repoussant son vote sur l'accord.

- "Nous nous battrons" -

Cette nouvelle journée folle à Westminster a relancé la grande incertitude au Royaume-Uni sur la manière dont le pays va sortir de l'UE. Le Brexit, initialement prévu le 29 mars, a déjà été repoussé deux fois.

En dépit de ce nouveau développement, la livre restait relativement stable lundi matin sur le marché des changes à 1,2910 dollar, ne cédant qu'environ 0,50% depuis vendredi soir. "On peut dire que la livre tient bon, ce qui montre que les espoirs (d'éviter un Brexit sans accord) n'ont pas été abandonnés", a affirmé à l'AFP Shinichiro Kadota, analyste chez Barclays Securities au Japon.

Vent debout contre une nouvelle prolongation "dommageable", Boris Johnson a assuré qu'il présenterait "la semaine prochaine" au Parlement la législation nécessaire à la mise en ?uvre de son accord de Brexit. "Si nous passons la législation à temps, alors il n'y a pas d'extension. Le 31 octobre est en vue", a dit Michael Gove.

Ils pourront compter sur le soutien de certains rebelles conservateurs opposés à un "no deal", ayant quitté ou été expulsés du parti. Maintenant qu'un report a été demandé pour "éviter un Brexit sans accord", "je soutiendrai l'accord du Premier ministre", a annoncé l'ancienne ministre Amber Rudd.

Anticipant d'autres soutiens, le chef de la diplomatie Dominic Raab a estimé que le gouvernement "avait maintenant le nombre (de voix) pour faire passer" l'accord.

Mais le député Keir Starmer, chargé du Brexit au sein de l'opposition travailliste, a prévenu sur la BBC : "Nous nous battrons avec des amendements". Le Labour va notamment en déposer un visant à organiser un second référendum avec comme options la sortie de l'UE avec accord ou, finalement, un maintien dans le bloc européen.

L'accord de Johnson règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à fin 2020.

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Syrie: retrait total des combattants kurdes d'une ville frontalière de la Turquie

Les combattants kurdes ont quitté dimanche la ville syrienne de Ras al-Aïn, assiégée par les forces turques, un retrait qui devrait accélérer leur départ d'une zone frontalière de la Turquie, condition d'un accord de trêve négocié par Washington à Ankara.

Annoncé jeudi, cet accord prévoit la suspension pour 120 heures de l'offensive lancée le 9 octobre par la Turquie pour permettre un retrait des combattants kurdes de zones frontalières du nord syrien.

Outre ce retrait, l'accord prévoit la mise en place d'une "zone de sécurité" de 32 kilomètres de profondeur pour séparer la Turquie des territoires tenus par la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Les Kurdes ont accepté de se retirer de secteurs conquis par les forces turques entre les villes de Tal Abyad et Ras al-Aïn, distantes de 120 kilomètres. Mais le président turc Recep Tayyip Erdogan a régulièrement évoqué une longueur d'environ 450 kilomètres.

Dimanche, un convoi transportant des blessés, des dépouilles et des combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les YPG, a quitté Ras al-Aïn, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Plus de 50 véhicules, dont des ambulances, ont quitté la ville, a-t-il constaté, affirmant avoir ensuite vu des flammes s'élever de l'hôpital.

Les FDS et la Turquie ont confirmé le retrait total des combattants kurdes de la ville.

C'est la première fois que des combattants des FDS sortent de Ras al-Aïn. Samedi, l'OSDH avait rapporté l'évacuation de 30 blessés et de quatre dépouilles.

- Youyous -

Le convoi est arrivé à Tal Tamr, plus au sud, où des habitants les ont accueillis par des youyous et slogans de soutien aux FDS, selon un correspondant de l'AFP.

Samira, 45 ans, attendait le convoi. "Je n'arrive pas à croire que Sari Kani est tombée", a-t-elle dit, utilisant le nom kurde de Ras al-Aïn. "Nous saluons nos combattants qui nous ont défendus, même si les grandes puissances ont trahi notre peuple."

M. Erdogan a réitéré que l'offensive reprendrait si les forces kurdes ne se retiraient pas totalement de secteurs frontaliers et a affirmé que la Turquie "assurerait la protection de la zone de sécurité" qu'il souhaite établir. Il a aussi exhorté les Etats-Unis à "tenir leurs promesses".

"Les Etats-Unis ont l'obligation de faciliter le retrait des YPG", a indiqué Fahrettin Altun, porte-parole de la présidence turque.

Le président américain Donald Trump a affirmé que "le cessez-le-feu tient très bien", dans un tweet citant son ministre de la Défense, Mark Esper. "Il y a eu des accrochages mineurs (...) Les Kurdes se réinstallent dans de nouvelles zones", selon M. Esper.

Les autorités kurdes syrienne ont exprimé leur "perplexité" face à la déclaration de Trump sur la trêve. "La Turquie et ses mercenaires n'ont absolument pas respecté et ont à plusieurs reprises violé" la trêve, ont-elles déclaré dans un communiqué.

Le fait que "Trump dise que les Kurdes se sont réinstallés dans de nouvelles zones a ouvert la voie au nettoyage ethnique", ont elles ajouté, appelant à une protection internationale des personnes déplacées.

La trêve est ponctuée de combats et bombardements sporadiques dans l'ouest et le nord-ouest de Ras al-Aïn, d'après l'OSDH. Depuis jeudi, les forces kurdes et Ankara s'accusent mutuellement de la violer.

Dans la zone de Tal Abyad, à l'ouest, un soldat turc a été tué et un autre blessé, selon le ministère de la Défense turc.

Dimanche, l'OSDH a par ailleurs rapporté que des combattants proturcs avaient exécuté trois civils qui se cachaient dans des zones industrielles de Ras al-Aïn.

- Retrait américain -

L'offensive turque a été lancée après un retrait le 7 octobre des soldats américains de secteurs frontaliers.

Et le 13 octobre, les Etats-Unis ont annoncé le retrait de quelque 1.000 militaires américains déployés dans le nord et l'est de la Syrie.

Dimanche, plus de 70 véhicules blindés arborant un drapeau américain et transportant du matériel militaire ont traversé Tal Tamr, escortés par des hélicoptères, a constaté le correspondant de l'AFP.

Selon l'OSDH, le convoi s'est retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, et s'est dirigé vers la province de Hassaké plus à l'est.

"Il s'agit de la plus grande base militaire américaine dans le nord et du quatrième départ des forces américaines d'une base en Syrie", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases, dont celle de Minbej et une autre près de Kobané.

Désormais, toutes les bases dans les provinces de Raqa et d'Alep "sont vides de toute présence militaire américaine", a précisé M. Abdel Rahmane. Les Etats-Unis conservent encore des positions dans les provinces de Deir Ezzor et de Hassaké, selon lui.

"On ramène les soldats chez nous", a déclaré M. Trump dans un tweet.

L'offensive turque a tué 114 civils et déplacé 300.000 autres, selon l'OSDH. Les combats et les bombardements ont tué 256 membres des FDS et 196 combattants pro-Ankara.

L'offensive a ouvert un nouveau front dans le conflit syrien qui dure depuis 2011.

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Liban: cinquième jour de manifestations, plan de réformes attendu

Le Liban se prépare à de nouvelles manifestations lundi, journée cruciale pour un mouvement de contestation inédit contre la classe politique, le gouvernement devant se prononcer sur un plan de réformes proposé par le Premier ministre Saad Hariri.

Tôt le matin, des manifestants ont coupé de nombreuses routes à travers le pays pour empêcher les employés d'aller sur leurs lieux de travail, tandis que les appels à descendre dans la rue se multipliaient sur les réseaux sociaux.

Banques, universités et écoles sont restées fermées lundi, alors que le mouvement de contestation paralyse le pays.

Dimanche, les Libanais, de tous bords, étaient des centaines de milliers à réclamer dans une ambiance festive un changement radical d'un système politique accusé corruption, de confessionnalisme et de clientélisme, sur fond de crise économique sans fin.

De Beyrouth à la ville à majorité sunnite de Tripoli, dans le nord, en passant par les localités chiites du sud et les villes druzes ou chrétiennes de l'est, ils avaient défilé dans un élan exceptionnel d'unité pour exprimer leur ras-le-bol.

Aux cris de "Révolution, révolution" ou "le peuple veut la chute du régime", une marée humaine avait envahi le centre de la capitale.

Le mouvement de contestation a été déclenché spontanément jeudi par l'annonce d'une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet comme WhatsApp, une décision finalement annulée.

Le lendemain, Saad Hariri donne 72 heures à sa fragile coalition gouvernementale pour soutenir ses réformes bloquées par les divisions politiques. Mais son discours a été largement interprété par les manifestants comme une tentative de sauver in extremis la classe politique.

Le gouvernement doit tenir en milieu de matinée une réunion présidée par le chef de l'Etat Michel Aoun, pour se prononcer sur les réformes proposées. Dimanche, les principaux partis ont accepté notamment de ne plus imposer de nouveaux impôts et un programme de privatisations, selon un responsable du gouvernement.

Mais cela ne semble pas avoir suffi pour calmer la colère des manifestants.

"Ils sont tous des chefs de guerre (...) On attend depuis plus de 30 ans qu'ils fassent des changements et ils n'en ont pas été capables", a affirmé dimanche soir Patrick Chakar, un manifestant de 20 ans.

"L'heure de vérité est arrivée", titre lundi L'Orient-Le Jour. "Journée test: le pouvoir ou le peuple", écrit en Une le journal Al-Akhbar, proche du Hezbollah.

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Le Canada élit ses députés, Justin Trudeau en sursis

Un deuxième mandat pour Justin Trudeau, usé par quatre ans au pouvoir, ou un changement de cap avec le jeune conservateur Andrew Scheer? Les Canadiens décident lundi qui formera le prochain gouvernement, lors de législatives à l'issue imprévisible.

Les premiers bureaux de vote ouvriront à Terre-Neuve et Labrador (est) à 8h30 locales (11H00 GMT). Dans un pays qui s'étale sur six fuseaux horaires, les derniers électeurs voteront en Colombie-Britannique (ouest) jusqu'à 02h00 GMT (mardi), mais les premiers résultats sont attendus lundi à partir de 23h00 GMT.

Quelque 27,4 millions de Canadiens sont appelés à élire leurs 338 députés à l'issue d'une campagne électorale souvent tendue. Si les sondages disent vrai, ils devraient mettre fin à la majorité absolue dont dispose le Premier ministre sortant depuis sa victoire surprise en 2015.

Car la campagne s'est achevée comme elle a commencé quelque 40 jours plus tôt: sur une égalité quasi-parfaite dans les intentions de vote entre les deux grands partis qui alternent au pouvoir depuis 1867. Du jamais vu depuis des décennies selon les commentateurs.

Les derniers sondages placent le parti libéral (centre) de M. Trudeau entre 31 et 34% et les conservateurs (droite) entre 32 et 33%. Selon les projections, ces chiffres ne permettraient à aucun de ces deux partis de franchir la barre des 170 sièges qui garantit une majorité absolue.

Dimanche, la voix enrouée par des dizaines de réunions publiques, M. Trudeau a lancé un ultime plaidoyer en faveur d'un deuxième mandat.

"Nous avons besoin d'un gouvernement progressiste fort qui unira les Canadiens et luttera contre le changement climatique, pas d'une opposition progressiste", a-t-il lancé lors d'un meeting dans la région de Vancouver.

- L'atout de la jeunesse -

En cas de gouvernement minoritaire, le futur Premier ministre, libéral ou conservateur, devra compter sur l'appui des plus petits partis pour obtenir une majorité à la Chambre des communes.

Comme le Nouveau Parti Démocratique (NPD, gauche), de Jagmeet Singh, l'une des révélations de ces élections, crédité de près de 20% des intentions de vote. Ou le Bloc québécois, formation indépendantiste dirigée par l'autre révélation de la campagne, Yves-François Blanchet qui a su mettre les grandes problématiques québécoises au coeur du débat fédéral.

Ce parti ne présente des candidats que dans la "Belle province", mais celle-ci compte à elle seule près d'un quart (78) des élus à Ottawa et le Bloc pourrait y tailler des croupières aux libéraux.

Dernier grand parti en lice, les Verts d'Elizabeth May ont peiné à faire passer leur message d'une urgence climatique, même si l'environnement a été l'un des thèmes dominants des débats.

A 47 ans, Justin Trudeau n'a plus l'atout de la jeunesse -MM. Scheer et Singh ont 40 ans- et de la nouveauté qui avaient contribué à le porter au pouvoir, à la surprise générale, en 2015 face au conservateur Stephen Harper.

Le dirigeant libéral termine son mandat affaibli par plusieurs scandales. Sa popularité a chuté après une affaire d'ingérence politique dans une procédure judiciaire, et la publication en pleine campagne de photos de lui grimé en Noir ("blackface") a brouillé son image.

- Suspense total -

Tout au long de la campagne, il a défendu son bilan: économie solide, cannabis légalisé, taxe carbone, accueil de dizaines de milliers de réfugiés syriens, accords de libre-échange signés avec l'Europe ou les Etats-Unis et le Mexique...

En face, M. Scheer promet un retour à l'équilibre budgétaire, des baisses d'impôts, avec un objectif simple: "remettre de l'argent dans la poche des Canadiens".

Le jeune conservateur, père de cinq enfants aux valeurs catholiques assumées, a tenté de compenser une image un peu terne par des attaques en règle contre M. Trudeau.

Mais il n'a pas échappé à son lot de polémiques: hostilité personnelle à l'avortement, révélation tardive de sa double nationalité canadienne et américaine ou soupçons d'avoir commandité une campagne de dénigrement de son rival Maxime Bernier.

A quelques heures des résultats des législatives, le suspense est total. D'autant que le système électoral canadien prévoit qu'un Premier ministre sortant peut rester en poste même si son parti n'obtient pas la majorité des sièges, tant qu'il réunit une majorité lors des votes de confiance à la Chambre des communes.

M. Scheer s'est insurgé par avance contre une telle perspective, accusant M. Trudeau de négocier en coulisses avec le NPD pour se maintenir au pouvoir même si son parti perd dans les urnes.

Verdict lundi soir.

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Etats-Unis: les grands laboratoires en procès pour la crise des opiacés

Des milliards de dollars sont en jeu: un procès retentissant va s'ouvrir lundi à Cleveland avec plusieurs géants pharmaceutiques sur le banc des prévenus, accusés d'avoir attisé la crise des opiacés et ses dizaines de morts par overdose chaque jour aux Etats-Unis.

Après l'échec vendredi d'une tentative de conciliation de dernière minute entre les grands distributeurs et les plaignants, ce procès pourrait être le plus dramatique et coûteux qu'ait connu le pays depuis celui contre les compagnies de tabac dans les années 1990. A l'époque, il avait été prouvé que les géants du secteur avaient cyniquement dissimulé les dangers de la cigarette pour faire davantage de profits.

De la même manière, la plainte dans ce premier procès fédéral relatif à la crise des opiacés affirme que producteurs et distributeurs étaient tout à fait conscients des dangers que représentaient leurs antidouleurs, notamment le fentanyl, cinquante fois plus puissants que l'héroïne et donc puissamment addictifs, avec lesquels ils ont inondé le marché ces 15 dernières années. Ignorant les signaux d'alarme, ils en ont tiré des profits faramineux.

La procès devant un tribunal fédéral de Cleveland, dans l'Etat de l'Ohio (nord), rassemble 2.300 plaignants, des Etats, des comtés, des municipalités ainsi que des tribus indiennes. En face, quelques-uns des géants mondiaux de la distribution de médicaments: Cardinal Health, Amerisource Bergen et McKesson Corp, le fabricant israélien de médicaments génériques Teva, la chaîne de pharmacies Walgreen Boots Alliance, ainsi qu'un petit distributeur de l'Ohio, Henry Schein.

- Bébés nés accros -

Le laboratoire Johnson & Johnson a de son côté négocié un accord amiable de 20,4 millions de dollars avec deux comtés de l'Ohio qui font partie des 2.300 plaignants. En août, la firme avait déjà reçu l'ordre de payer 572 millions de dollars à l'Oklahoma pour compenser les dépenses que cet Etat du centre du pays a dû engager pour faire face à la crise des opiacés.

Le juge fédéral Dan Polster a fait pression pendant des mois pour qu'un accord amiable soit trouvé, espérant pouvoir éviter le long et douloureux procès qui s'ouvre lundi. Mais les parties n'ont pas pu parvenir à un accord, sur une base proposée de 48 milliards de dollars, dont 18 milliards en liquide, après une dernière rencontre vendredi entre les représentants des six entreprises accusées et les avocats des plaignants.

Quatre Etats étaient favorables à l'accord de règlement proposé. Mais d'autres, ainsi que de nombreux petits plaignants, n'étaient pas satisfaits du montant total ni de la partie distribuée en cash notamment.

Les quatre Etats voulaient ainsi que l'argent leur soit versé dans leur budget général, qu'il pourraient ensuite utiliser comme bon leur semble. Mais les autres Etats et les municipalités veulent que les fonds leur soient versés pour permettre de traiter directement les conséquences de la crise: pour financer des systèmes de santé et de sécurité sociale surchargés, permettre à des familles endettées en raison de l'addiction de certains de leurs membres de se remettre à flot, de soigner des bébés nés déjà accros aux antidouleurs...

- 400.000 décès -

"Tous les experts ayant étudié ce problème estiment que notre pays sera confronté aux retombées de ce type de drogues pendant des années", a souligné la semaine passée le procureur général de l'Ohio, Dave Yost. "Tout l'argent récupéré doit être utilisé pour régler ce problème et ne doit pas être utilisé à autre chose".

Le montant de l'accord n'aurait représenté qu'une partie du coût réel de cette épidémie des opiacés, qui a provoqué la mort de 400.000 personnes entre 1999 et 2018 et fait encore plus de 130 morts par jour. Une étude publiée la semaine passée a estimé que la crise avait coûté au moins 631 milliards de dollars entre 2015 et 2018. Pour cette année seulement, des montants de 172 à 214 milliards de dollars sont évoqués.

Cependant, les communautés subissent souvent une intense pression financière et ne veulent pas passer des années à se battre devant les tribunaux: cela donne aux laboratoires et distributeurs un premier élément sur lequel s'appuyer.

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Elections en Bolivie: Morales en tête, mais contraint à un second tour inédit

Le président bolivien sortant, Evo Morales, est arrivé dimanche en tête de l'élection présidentielle, suivi de près par son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa, le contraignant à un second tour inédit dans ce pays, selon des résultats partiels.

Le socialiste Morales remportait 45,28% des voix, tandis que M. Mesa totalisait 38,16% des votes, a annoncé vers 20H00 (00H00 GMT) la présidente du Tribunal suprême électoral bolivien, Maria Eugenia Choque, avec près de 84% des bulletins dépouillés.

"On est au second tour!", s'est réjoui devant ses partisans survoltés Carlos Mesa, en prenant connaissance des premiers résultats dans son QG de campagne au sud de La Paz.

Peu après, depuis le palais présidentiel dans le centre de la ville, face à des centaines de partisans du Mouvement vers le socialisme (MAS) qui scandaient "Evo, tu n'es pas seul!", le chef de l'Etat a dit faire confiance au vote des zones rurales pour éviter un second tour.

"Le peuple bolivien s'est imposé pour continuer le processus de changement", s'est-il félicité en référence au nom du programme du gouvernement.

Pour éviter un second tour, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

"En cas de second tour, ça devient un référendum" pour ou contre Evo Morales, a déclaré à l'AFP Gaspard Estrada, spécialiste de l'Amérique latine à Sciences Po Paris.

Neuf candidats aspiraient à diriger la Bolivie, mais seul Carlos Mesa, un journaliste de 66 ans qui fut déjà président entre 2003 et 2005, semblait en mesure de faire trébucher le chef de l'Etat de 59 ans, jusqu'ici systématiquement élu dès le premier tour.

Dans ce pays de 11,3 millions d'habitants, le vote est obligatoire.

Dans le centre de La Paz, Jorge Aguilera, 24 ans, et son père Hector, ont assisté, en tant que simples citoyens, au dépouillement dans le collège Hugo Davila.

"C'était important de venir, à cause de ce qui s'est passé dans le pays", déclare Jorge à l'AFP, à propos des risques de manipulation des résultats. "Je ne crois pas que la fraude ait lieu à ce niveau (...) mais au moment de rentrer l'information dans le système informatique. Le risque est là!", ajoute son père une fois le décompte manuel terminé.

L'opposition a appelé à un "vote sanction", le camp présidentiel au "vote sûr". Après avoir voté, le vice-président Alvaro Garcia Linera a enjoint les électeurs à "penser à la tranquillité de la Bolivie", en mentionnant les violentes manifestations au Chili et en Equateur.

- Candidature mal vue -

Pour la politologue bolivienne Maria Teresa Zegada, "le pouvoir a remplacé les politiques destinées à toute la population par d'autres qui ne servent les intérêts que de certains secteurs, et des leaders de l'opposition ont été persécutés". "Tout cela a provoqué un malaise citoyen et donné l'impression que la démocratie était en danger", analyse-t-elle dans un entretien à l'AFP.

En outre, la décision de M. Morales de briguer un quatrième mandat, malgré le "non" lors du référendum de février 2016, est très mal vue par une partie des Boliviens et critiquée par l'opposition, qui estime que le pays pourrait verser dans l'autocratie en cas de nouvelle victoire.

Tant les partisans du MAS que ceux de l'opposition, dont certains secteurs ont appelé à la "rébellion", ont promis de descendre dans la rue en cas de victoire du camp adverse.

Enfin, les gigantesques incendies qui ont ravagé en août et septembre une zone presque de la taille de la Suisse ont provoqué l'indignation des peuples indigènes, qui accusent Evo Morales d'avoir sacrifié la Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les terres agricoles et augmenter la production de viande destinée à la Chine.

Les défenseurs de l'environnement mettent en cause une récente loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares de la déforestation par brûlis.

De son côté, M. Morales a fait campagne en insistant sur sa réussite économique (maintien d'une croissance économique élevée, forte réduction de la pauvreté, niveau record de réserves internationales), qui a fait de la Bolivie un des pays avec le meilleur taux de croissance de la région.

Les 7,3 millions d'électeurs boliviens ont voté dimanche pour leurs président et vice-président, ainsi que pour leurs 130 députés et 36 sénateurs.

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XV de France: Un point d'écart mais quatre ans d'errance

Il y a certes le carton rouge de Vahaamahina, mais la cruelle défaite (20-19) face au pays de Galles dimanche en quart de finale de la Coupe du monde sanctionne quatre années d'errance que n'ont pas permis d'effacer deux mois et demi de préparation et un renforcement de l'encadrement.

"Quelque part, c'est un échec", a reconnu le Jacques Brunel, juste après le match.

Le sélectionneur nourrissait pourtant le même espoir que ses prédécesseurs, soulignant, le 18 juin que "la Coupe du monde (restait) un moment particulier avec deux mois de préparation et deux mois de compétition".

Alors, le XV de France s'est mis au travail durant l'été. Mais l'élastique a fini par craquer, sous la forme d'un coup de coude de Vahaamahina et d'une élimination pour un petit point.

Si le résultat aurait peut-être été différent sans cette exclusion définitive, une équipe mieux rodée et sereine aurait probablement tenu. Or, le XV de France avait accumulé trop de peu de certitudes depuis le naufrage face aux All Blacks (62-13) en quart de finale du Mondial-2015 pour arriver serein et sûr de ses forces au Japon.

Par ses résultats, qui apportent la confiance indispensable: sept victoires pour douze défaites avant le Mondial depuis l'arrivée de Brunel fin 2017, dont aucun succès face à une nation majeure.

Et par son manque de repères communs: la conquête tricolore, notamment en mêlée fermée, a souffert pendant toute la compétition et les Bleus ont été incapables de garder le fil de leur jeu durant une rencontre en entier.

- Instabilité chronique -

Contrairement aux meilleures nations mondiales, l'Angleterre en tête, qui ont débarqué gonflées d'assurance et d'automatismes, les Français ont eux traversé quatre années d'atermoiements.

Ils ont abordé la Coupe du monde avec une 3e ligne (Lauret-Alldritt-Ollivon) et une paire de centres (Fickou-Vakatawa) qui n'avaient jamais joué ensemble. Et que dire de la charnière, où 10 différentes associations ont été testées en 23 matches...

Autre signe de cette instabilité chronique, 104 joueurs ont été appelés depuis le Mondial-2015 par Jacques Brunel et son prédécesseur Guy Novès!

Ce dernier a été limogé fin 2017 par le président de la Fédération Bernard Laporte, dont le pari de le remplacer semble donc perdu, quand bien même les Bleus ont sauvé les meubles en évitant une première sortie de route avant la phase finale. Puis en s'inclinant avec les honneurs face aux Gallois.

- "Construire sur la confiance" -

Face à l'urgence et au manque de candidats, en pleine saison, l'encadrement du XV de France a été constitué à la va-vite autour de Brunel, épaulé par trois adjoints: un qui ne se destinait pas à une carrière d'entraîneur (Julien Bonnaire, chargé de la touche), un autre qui n'avait officié que trois saisons en Top 14 (Sébastien Bruno, avants) et un dernier qui avait quitté le Stade Toulousain au printemps 2017, d'un commun accord, à un an du terme de son contrat (Jean-Baptiste Elissalde).

En situation d'échec, cet encadrement a été renforcé, sur insistance de Laporte, après le dernier Tournoi de six nations, par l'arrivée du futur sélectionneur, Fabien Galthié, accompagné de deux de ses futurs adjoints (Laurent Labit pour les arrières et Thibault Giroud, directeur de la performance).

Sous leur houlette, changement de cap... à quelques mois de l'échéance! Exit par exemple le vice-capitaine Mathieu Bastareaud entre autres joueurs, puisque la moitié des Bleus présents au Japon ne faisaient pas partie de l'effectif lors du Tournoi-2018.

Place à de nouvelles têtes et à un jeu davantage structuré et porté sur le mouvement, ainsi qu'à une nouvelle organisation défensive. Que les Bleus n'ont donc travaillé que depuis cet été, avec trois ans et demi de retard sur les meilleurs mondiaux.

"Personne ne nous voyait sortir des poules, personne ne nous voyait gagner ce quart de finale. On est sorti de la poule et montré qu'on avait la possibilité de gagner ce quart, sauf qu'on ne l'a pas fait. On est forcément déçus", résume Brunel.

Il s'en va... Et laisse un conseil: "Il faudra essayer de construire une équipe sur de la confiance, des résultats et la constance, chose qui nous a certainement un peu manquée". En creux, écrire la contre-histoire de la période 2015-2019.

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Pluie de météorites aux enchères à Drouot

A l'occasion du cinquantième anniversaire du premier pas de l'Homme sur la Lune, 130 objets extra-terrestres dont la célèbre météorite du Mont-Dieu pesant 364 kg, découverte en 2010 dans les Ardennes, seront mis aux enchères lundi à Paris, a annoncé l'hôtel Drouot.

Troisième plus grosse météorite conservée en France, la météorite du Mont-Dieu qui s?est écrasée sur Terre à la fin du XIXe siècle, est mise sur le marché pour la première fois par son inventeur, Jean-Luc Billard, un orpailleur ardennais.

Découverte grâce à un détecteur de métaux à 70 cm de la surface du sol, cet objet céleste composé de fer, de nickel et de sulfure, est estimé entre 80.000 et 120.000 euros, selon les experts.

Au terme d'une procédure judiciaire de quatre ans qui a fait jurisprudence, la propriété exclusive de la météorite a été attribuée à son découvreur par le Tribunal de grande instance de Charleville-Mézières considérant que l'objet céleste était un "bien sans maître".

Propriétaire du terrain, l'Etat revendiquait la météorite en estimant qu'"il n?y a pas découverte par le pur effet du hasard lorsqu?on recherche avec un détecteur de métaux". Depuis, la météorite du Mont-Dieu était exposée au Planétarium de Belfort.

Autre objet extra-terrestre d'exception, un fragment de 157 kg de la météorite lunaire de Saint-Aubin avec sa croûte de fusion, découverte en 1968 par un agriculteur dans l'Aube, est estimé entre 30.000 et 50.000 euros.

Les passionnés pourront aussi se disputer un rare exemplaire original du dossier de presse de la mission Apollo 11 (2.000 euros en estimation haute), ainsi que des photographies de la Nasa et des objets scientifiques.

La maison de ventes Lucien Paris qui organise cette vente, propose une exposition en libre accès samedi et dimanche, à l'hôtel Drouot.

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