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Pologne: le conservateur Duda légèrement en tête au 2nd tour de la présidentielle: sondage sortie des urnes

Le président conservateur polonais Andrzej Duda devançait légèrement le maire libéral pro-européen de Varsovie Rafal Trzaskowski au second tour de l'élection présidentielle de dimanche, selon un sondage à la sortie des urnes affiné dans la nuit.

M. Duda recueillait 51,0% des voix devant M. Trzaskowski (49,0%), selon le troisième et dernier sondage de l'institut Ipsos, dont la marge d'erreur estimée est d'un point de pourcentage.

Le premier sondage à la sortie des urnes donnait une différence moins importante, à l'issu d'une élection disputée à couteaux tirés, qui a connu un taux de participation très élevé pour la Pologne, de 67,9%.

Le président Duda est soutenu par le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS, au pouvoir), alors que le maire de Varsovie représente le principal parti d'opposition centriste Plateforme civique (PO), qui promet notamment de rétablir les liens avec Bruxelles tendus depuis l'arrivée du PiS au pouvoir en 2015.

"Je suis satisfait de ma victoire, même si c'est un sondage de sortie pour l'instant", a déclaré M. Duda entouré de sa femme et de sa fille, devant ses supporters.

M. Trzaskowski a souligné que "le résultat n'a probablement jamais été aussi proche dans l'histoire de la Pologne".

L'issue du second tour est décisive pour l'avenir du gouvernement PiS, que ses détracteurs accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme.

- Champ de bataille -

M. Duda, qui a promis de défendre les aides sociales populaires mises en place par le PiS, a bénéficié du soutien ferme d'agriculteurs, ouvriers, chômeurs et retraités, alors que M. Trzaskowski a tenté de réunir un électorat bien plus disparate.

"C'est une Pologne divisée en deux qui sort de ces élections (...) et il sera difficile d'apaiser la situation et de renouer les liens entre les deux camps", a estimé le politologue Kazimierz Kik de l'Université de Kielce, dans le sud de la Pologne.

"La Pologne se réveille devant un triste champ de bataille avec les deux camps vaincus, car nul ne peut crier victoire", a-t-il ajouté.

Selon des analystes, la lutte risque de se poursuivre devant la justice.

"Je pense qu'il y aura certainement des manifestations et je pense que toute la question se retrouvera devant la Cour suprême", a déclaré à l'AFP Anna Materska-Sosnowska, politologue à l'Université de Varsovie.

- "Entre le blanc-et-rouge et l'arc-en-ciel" -

Le président sortant a fait une campagne polarisante, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste.

"Ces élections sont une confrontation de deux visions de la Pologne, entre le blanc-et-rouge et l'arc-en-ciel",avait résumé vendredi le ministre de la Justice Zbigniew Ziobro, faisant référence au drapeau national polonais et au symbole utilisé par la communauté LGBT.

M. Trzaskowski, quant à lui, est favorable aux partenariats civils y compris entre personnes du même sexe. Sa décision de signer une déclaration de soutien aux LGBT a incité nombre de régions de l'est rural et le plus conservateur du pays à se proclamer "zones libres de LGBT".

Il a également promis de faire marche arrière concernant les réformes controversées du système judiciaire qui valent à la Pologne des critiques de Bruxelles.

A la sortie d'un bureau de vote, Wojciech, un ouvrier du bâtiment de 59 ans, a dit avoir voté Duda en raison de ses liens étroits avec le président américain Donald Trump, "ce qui veut dire que nous pouvons compter sur les Etats-Unis pour nous défendre".

- "Moins de haine" -

D'autres électeurs ont choisi M. Trzaskowski avec l'espoir d'un retour à de meilleures relations avec l'Union européenne.

"C'est important pour nous d'avoir une bonne coopération avec nos partenaires européens", a expliqué la retraitée Danuta Lutecka, espérant aussi qu'un changement de président mènerait vers "moins de haine et de divisions" entre Polonais.

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Coronavirus: Castex défend l'action de l'Etat en Guyane et appelle à la "vigilance" toute la France

"La République n'a pas ménagé ses moyens" pour la Guyane et l'épidémie paraît décélérer: le Premier ministre, en visite express dans ce territoire français d'Amérique du Sud confronté au coronavirus, a appelé à la "vigilance" ses habitants et au-delà tous les Français.

Pour son premier déplacement en Outre-mer depuis sa nomination à Matignon, Jean Castex s'est concentré sur la question sanitaire de ce territoire de 300.000 habitants, grand comme le Portugal, où les centres hospitaliers sont en forte tension.

La Guyane, "c'est pas la porte à côté", a justifié M. Castex en évoquant par erreur une "île" - comme Emmanuel Macron début 2017.

Au cours de ses huit heures sur place, il a enchainé au pas de charge les visites, achevées dans un centre de préparation des colis alimentaires.

"Je comprends que la situation épidémiologique semble s'améliorer et c'est heureux", a d'abord salué le chef du gouvernement aux abords du centre interministériel de crise à Cayenne.

La Guyane, toujours placée sous état d'urgence sanitaire, comme Mayotte, comptait dimanche 6.102 cas de coronavirus confirmés et 26 décès au total. Elle attend toujours le pic de l'épidémie dans la deuxième quinzaine de juillet.

Le directeur de crise Patrice Latron, arrivé jeudi de Paris, a précisé à l'AFP que "c'est probablement grâce aux mesures de couvre-feu que la situation se stabilise, notamment sur l'ouest de la Guyane et sur le littoral", mais "le centre de gravité de l'épidémie se déplace vers l'ouest".

- pas de relâchement -

"La mobilisation de l'Etat et de l'ensemble des services publics n'est pas étrangère à cette situation" globale d'amélioration, même si "sans doute tout n'a pas été parfait", a admis le Premier ministre, ancien "Monsieur déconfinement".

"Je peux comprendre l'impatience de la population guyanaise", a ajouté M. Castex, alors que certains quartiers ou communes ont été reconfinés. "Pourtant il vous faudra rester vigilants", a-t-il averti.

En métropole, un certain relâchement dans le respect des gestes barrières a été observé, comme à un concert à Nice samedi soir. "A la France entière", M. Castex a dit que "rien ne serait pire que nous nous laissions collectivement aller".

A distance, le chef de l'Etat a tweeté que "les gestes barrières ne sont pas une option", images à l'appui.

"La question de développer" le port du masque est "à l'étude" et concernerait "prioritairement" les lieux clos, a indiqué M. Castex.

Accompagné par les ministres Sébastien Lecornu (Outre-mer)et Olivier Véran (Santé), M. Castex, visage masqué, a visité l'hôpital de Cayenne et exprimé "l'immense gratitude" de la Nation à quelque 150 membres du personnel.

Un infirmier l'a interpellé: "la Guyane a quarante ans de retard", "nous voulons encore plus d'aide, ne restez pas un jour" seulement.

M. Véran a souligné que la Guyane est le territoire "qui teste le plus".

L'épidémie y a fortement augmenté depuis le déconfinement, alors que le territoire avait été relativement épargné initialement.

Depuis mai, en raison notamment de la proximité du Brésil, fortement touché, le virus met à mal le système de santé. Les trois hôpitaux du territoire - Cayenne, Kourou et ouest guyanais -, déjà mobilisés pour la leptospirose ou la dengue, ont déclenché le week-end dernier leurs plans blancs.

Plus d'une centaine de membres de la réserve sanitaire sont sur place et, vendredi, 22 militaires du service de santé des armées et du matériel sont arrivés.

- soutien accru aux TPE -

Plusieurs évacuations sanitaires de malades ont été réalisées vers Guadeloupe et Martinique, mais les places dans les hôpitaux antillais viennent à manquer.

"Il y a des difficultés structurelles auxquelles j?ai bien l?intention de m?attaquer", comme "l?accès des Guyanais aux services publics et aux soins ou encore à la capacité de l?économie locale à produire de l?emploi et des perspectives", avait affirmé en amont de son déplacement le locataire de Matignon au journal France-Guyane.

Le ministre des Outre-mer, qui reste lundi pour évaluer les besoins, a déjà annoncé le doublement d'un volet du fonds de solidarité, à 3.000 euros pour les petites entreprises de Guyane et Mayotte.

Et Jean Castex d'assurer: "Nous allons dans quelques semaines annoncer un plan de relance sans précédent de l'économie française, qui concernera la Guyane en particulier et l'ensemble des territoires ultramarins".

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Virus: nouveau couvre-feu en Afrique du Sud, reconfinement en Catalogne

L'Afrique du Sud a réimposé dimanche un couvre-feu national devant une recrudescence des cas de coronavirus, et en Espagne les autorités catalanes ont reconfiné plus de 200.000 personnes, signe que la pandémie est loin d'être terminée en Europe.

Aux Etats-Unis, le pays le plus lourdement touché, la pandémie continue de flamber, et un débat fait rage sur la réouverture des écoles, défendue par le président Donald Trump mais jugée dangereuse par ses adversaires du Parti démocrate.

Le président Cyril Ramaphosa a décidé dimanche de réimposer un couvre-feu en Afrique du Sud en raison de la remontée des cas quotidiens de contamination. Il a relevé qu'une moyenne de 12.000 nouveaux cas avaient été enregistrés chaque jour ces dernières semaines.

A partir de lundi, le couvre-feu sera de nouveau en vigueur en Afrique du Sud de 21h00 à 04h00 heure locale, et les visites familiales seront interdites.

M. Ramaphosa a également décidé de suspendre à nouveau la vente d'alcool. "Alors que nous nous dirigeons vers le pic des infections, il est vital que nous ne surchargions pas nos cliniques et nos hôpitaux avec des blessures liées à l'alcool qui auraient pu être évitées", a déclaré le président à la télévision.

- Restrictions rétablies -

Les restrictions imposées en mars pour tenter d'enrayer l'épidémie dans ce pays, le plus touché en Afrique, avaient été en partie levées en mai. L'Afrique du Sud a enregistré jusqu'à présent 264.184 cas de coronavirus dont 3.971 mortels.

En Espagne, pour la première fois depuis la fin du confinement déclarée le 21 juin, plus de 200.000 personnes vont être reconfinées à leur domicile afin de lutter contre un fort rebond des cas de Covid-19.

La région concernée se trouve autour de la ville de Lérida, en Catalogne, à une centaine de kilomètres des plages très touristiques de la côte catalane.

"La population devra rester chez elle" à partir de minuit heure locale, a annoncé dimanche la responsable régionale de la Santé, Alba Verges.

L'Espagne n'est pas le seul pays d'Europe où des mesures de restriction sont prises: la Hongrie va interdire mardi l'accès à son territoire aux ressortissants des pays africains et sud-américains, de la plupart des pays asiatiques et de certains pays européens.

- "Préserver notre sécurité" -

"Nous devons préserver notre sécurité afin que le virus ne soit pas introduit de l'étranger. Le taux d'infection chez nous est en baisse et nous voulons que cela reste ainsi", a déclaré dimanche à la presse le chef de cabinet du Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Aux Etats-Unis, les contaminations continuent d'augmenter rapidement, particulièrement dans de grands Etats du sud, et un responsable du ministère de la Santé à Washington a estimé dimanche qu'un reconfinement dans ces zones n'était pas exclu.

"Tout devrait être envisagé", a déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, interrogé sur la chaîne de télévision ABC. "Nous sommes tous très inquiets de la hausse du nombre de cas", a-t-il dit.

Les Etats-Unis, qui sont de loin le pays le plus lourdement touché par la pandémie, ont recensé dimanche 59.747 nouvelles contaminations en 24 heures, selon le bilan quotidien de l'université Johns Hopkins. Le nombre de cas confirmés s'établit à 3.301.820 et le nombre de décès à 135.171.

La question de la réouverture des écoles, qui dépend des autorités locales, est devenue un sujet de controverse politique de plus, à quatre mois de l'élection présidentielle qui opposera Donald Trump au candidat démocrate, l'ancien vice-président Joe Biden.

- Controverse politique -

"J'exhorte toutes les écoles à ouvrir et à proposer à leurs élèves des cours à plein temps", a déclaré dimanche sur CNN la ministre de l'Education Betsy DeVos, relayant la position de Donald Trump.

"Ils jouent avec la santé de nos enfants", a rétorqué la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants.

L'Amérique latine connaît elle aussi des bilans quotidiens très importants. Le Mexique est devenu dimanche le quatrième pays en termes de décès devant l'Italie. "Il y a au Mexique 299.750 cas de contamination confirmés et 35.006 décès", ont annoncé les autorités sanitaires mexicaines sur Twitter.

L'Argentine, elle, a dépassé dimanche le seuil des 100.000 contaminations et compte un total de 1.845 décès.

La Bolivie, qui n'a que 11 millions d'habitants, voit elle aussi une progression rapide de la maladie, avec 47.200 contaminations et 1.754 décès. La présidente bolivienne par intérim Jeanine Añez et quatre ministres sont contaminés.

Le Proche-Orient et le Moyen-Orient sont pour le moment relativement épargnés par la pandémie. C'est l'Iran qui est le pays le plus touché de la région avec plus de 12.829 morts recensés pour 257.303 cas, selon le bilan officiel de dimanche.

La pandémie a fait plus de 566.000 morts dans le monde depuis que le bureau de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre.

burx-plh/roc

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Le monde de la nuit fait du bruit pour sa survie

"Si on ne peut pas rouvrir, on va mourir". Fermées depuis le début de la crise sanitaire et au bord de la ruine au moment où elles devraient faire le plein de vacanciers, les discothèques appellent à rallumer sans plus attendre la flamme de la vie nocturne.

"La moitié des clubs vont disparaître", soit environ 800 discothèques, si une réouverture n'est décrétée qu'en septembre et "30 à 40%, maintenant", prévient Matthieu Lebrun, porte-parole des gérants de discothèques de Normandie, venu protester dimanche avec quelque 200 autres professionnels à proximité du ministère de la Santé, au centre de Paris.

"Il nous ont laissé espérer une réouverture hypothétique début juillet. Là, il faut une date précise", réclame-t-il, assurant que les établissements sont prêts à rouvrir en respectant un "protocole sanitaire strict" comprenant notamment l'usage obligatoire du masque et le respect de la distanciation.

Les professionnels tablaient sur une réouverture le 10 juillet. Ils avaient été soutenus en ce sens par une centaine de députés. Mais mercredi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que les discothèques resteraient fermées, évoquant la Suisse où un cas dans une discothèque avait "conduit au confinement de 300 personnes, avec des risques de diffusion communautaire".

Dans ce cas, "refermons les restaurants, refermons les bars, refermons les supermarchés ou les clubs de sport!", s'insurge M. Lebrun, lui-même propriétaire d'une discothèque à Beaudre, dans la Manche.

"Beaucoup d'établissements ne peuvent plus tenir. Normalement la trésorerie pour une discothèque c'est deux mois", fait valoir à l'AFP Alexandre Habibi de Groupe Paris Nuit, magazine du secteur.

"Si on peut pas ouvrir pour l'été ça va pénaliser tous les établissements de la côte qui ne sont ouverts que l'été", poursuit-il alors que les discothèques saisonnières "jouent, selon les organisateurs, "60 à 70% de leur chiffre d'affaires" pendant la saison estivale.

- "Garantie de sécurité" -

Tous les professionnels interrogés sur place par l'AFP se sont dits "choqués" par une Fête de la Musique "les uns sur les autres", la multiplication des soirées privées sans respect des gestes barrières et des concerts rassemblant des milliers de personnes non masquées, comme samedi à Nice.

"Cela ne se passerait jamais chez nous!", assure Thierry Fontaine, du syndicat Umih Nuit. A l'image des carrés VIP, avec "des box sécurisés, on ne pourrait pas avoir d'infections croisées".

"On ne comprend pas, il y a deux poids, deux mesures ", s'émeut Aziz Sebhaoui, le représentant Umih des patrons de discothèques des Pyrénées-Orientales, où une banderole a été accrochée sur les grilles de la mairie de Prades, la ville du Premier ministre Jean Castex.

"On offre une garantie de sécurité ce qui n'est actuellement pas le cas des soirées privées où on ne maîtrise rien du tout", comme dans les bars et restaurants devenus "des discothèques déguisées", insiste Matthieu Lebrun à Paris.

"On nous interdit d'ouvrir alors qu'on est capable de respecter un protocole sanitaire strict comme n'importe quelle entreprise", la moyenne des établissements accueillant 200 à 300 personnes, soutient le DJ et directeur artistique de l'Eclipse (Lot-et-Garonne), Matt Perso. "Si on ne peut pas ouvrir on va mourir", car "l'aide de l'Etat ne couvre pas du tout les charges".

La star française David Guetta a apporté dimanche "tout (s)on soutien aux DJs, discothèques et au monde de la nuit", dans un message sur Twitter. "Des clubs sont en danger, des emplois menacés, c'est une catastrophe économique qui s'annonce", a ajouté le disc-jockey aux tubes planétaires "Titanium" ou "Lovers on the sun". "Les clubs sont capables d'accueillir du public en toute sécurité", a-t-il plaidé.

En attendant une date de réouverture, les assurances, le loyer (jusqu'à 15.000 euros par mois), les alarmes incendie, la maintenance des caisses enregistreuses, la climatisation, la location des navettes, courent toujours, font valoir les professionnels qui demandent le droit au chômage partiel pour les directeurs de clubs.

"Les seuls qui se réjouissent ce sont les dealers qui louent des villas sur Airbnb pour écouler de la drogue", lâche avec amertume Thierry Fontaine.

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Le pape François "très affligé" par la conversion de Sainte-Sophie en mosquée

Le pape François a joint sa voix dimanche au choeur des critiques de la conversion en mosquée de l'ex-basilique Sainte-Sophie à Istanbul, se disant "très affligé" par cette décision de la Turquie.

De Washington à Paris en passant par l'Unesco et surtout des pays orthodoxes comme la Russie et la Grèce, les critiques fusent contre la décision annoncée vendredi par le président turc Recep Tayyip Erdogan.

"Ma pensée va à Istanbul, je pense à Sainte-Sophie. Je suis très affligé", a dit brièvement le pape argentin à l'issue de la prière de l'Angélus, sortant du discours prévu.

Les paroles du pape représentent la première prise de position officielle du Vatican et de l'Eglise catholique après la décision turque.

L'Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, avait raconté la veille de manière factuelle les événements, citant les principales réactions internationales sans commenter mais faisant la part belles aux critiques, dans un article intitulé: "Sainte-Sophie, de musée à mosquée".

?uvre architecturale majeure construite au VIe siècle par les Byzantins qui y couronnaient leurs empereurs, Sainte-Sophie est un site classé au patrimoine mondial par l'Unesco et l'une des principales attractions touristiques d'Istanbul avec quelque 3,8 millions de visiteurs en 2019.

Convertie en mosquée après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, elle a été transformée en musée en 1934 par le dirigeant de la jeune République turque, Mustafa Kemal, soucieux de "l'offrir à l'humanité".

Vendredi, après la révocation par le Conseil d'Etat --plus haut tribunal administratif turc-- du statut de musée de l'ex-basilique, M. Erdogan, issu d'un parti islamo-conservateur, a annoncé qu'elle serait ouverte aux prières musulmanes en tant que mosquée le vendredi 24 juillet. Il a rejeté en bloc le lendemain les condamnations internationales, arguant que cela relevait des "droits souverains" de son pays.

- Chef-d'oeuvre architectural -

La directrice de l'organisation de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), Audrey Azoulay, a déploré cette décision "prise sans dialogue préalable" concernant "un chef d??uvre architectural et un témoignage unique de la rencontre de l?Europe et de l?Asie au cours des siècles".

Le gouvernement grec a condamné "avec la plus grande fermeté" la décision turque, la ministre de la Culture Lina Mendoni la qualifiant de "provocation envers le monde civilisé".

Outre "son impact dans les relations gréco-turques, ce choix "affecte les relations d'Ankara avec l'Union européenne, l'Unesco et la communauté mondiale", a fustigé le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

Du côté des chrétiens orthodoxes, le patriarche Bartholomée de Constantinople a averti le mois dernier que la transformation de Sainte-Sophie en mosquée pourrait "tourner des millions de chrétiens dans le monde contre l'islam".

"Nous constatons que l'inquiétude des millions de chrétiens n'a pas été entendue", a renchéri le porte-parole de l'Eglise orthodoxe russe Vladimir Legoïda.

Le patriarche russe Kirill avait dénoncé dès lundi dernier "toute tentative d'humilier ou de piétiner l'héritage spirituel millénaire de l'Eglise de Constantinople" dont la Russie se considère comme la principale héritière avec la Grèce. Le Kremlin avait pour sa part relevé que Sainte-Sophie avait "une valeur sacrée" pour les Russes, tout en jugeant que la question de la reconversion ou non du lieu relevait "des affaires intérieures de la Turquie".

Washington s'est dit "déçu" et Paris "déplore" la décision turque, tandis que le Conseil ?cuménique des Eglises, qui réunit environ 350 églises chrétiennes, notamment protestantes et orthodoxes, a exprimé samedi son "chagrin et consternation".

Ces nombreuses critiques n'ont cependant pas fait bouger d'un millimètre le président turc.

"Ceux qui ne bronchent pas contre l'islamophobie dans leurs propres pays (...) attaquent la volonté de la Turquie d'user de ses droits souverains", a déclaré M. Erdogan samedi au cours d'une cérémonie en visio-conférence.

"Nous avons pris cette décision non pas par rapport à ce que les autres disent mais par rapport à nos droits, comme nous l'avons fait en Syrie, en Libye et ailleurs", a-t-il ajouté.

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La crise au Liban, coup de grâce pour l'éducation francophone?

La survie de quelque 300 établissements scolaires francophones est menacée au Liban en raison de la plus grave crise économique de l'histoire du pays, provoquant des inquiétudes parmi les enseignants et menaçant la francophonie.

A l'école "Notre-Dame-de-Lourdes", dans la ville libanaise de Zahlé, Colette Moughabghab accueille des parents catastrophés par la nouvelle de la fermeture de l'établissement.

En bas de l'escalier menant à la cour de récréation, un monticule de manuels trône dans un coin, dans une école victime parmi tant d'autres de la crise économique et monétaire qui a plongé près de la moitié de la population dans la pauvreté.

"J'ai tout fait pour obtenir des aides (...) mais en vain", déplore la religieuse qui gère l'établissement.

A l'instar de sa petite école de l'est libanais, fondée en 1885 dans la plaine de la Bekaa, la survie des 330 autres établissements catholiques du pays, dont plus de 80% sont francophones, n'a jamais été aussi menacée.

Certains craignent de graves retombées sur un pilier de l'éducation, mais aussi sur la francophonie, dans un Liban où la langue de Molière cède déjà le pas à l'anglais.

L'ampleur de la crise est telle que la France, ancienne puissance mandataire (1920-1943), a décidé de débourser dans l'urgence une douzaine de millions d'euros pour les écoles dans les prochains mois.

- "Catastrophique" -

Pour le père Boutros Azar, secrétaire général des établissements catholiques, la situation est "catastrophique". "Entre 50 et 75 écoles de notre réseau risquent d'être fermées" en septembre, dit-il.

Implantées au Liban dès le XIXe siècle par plusieurs missions catholiques parties notamment de France, ces écoles ont pourtant survécu à moult épreuves à travers l'histoire, notamment la guerre civile de 1975 à 1990.

Pour la francophonie, l'enjeu est de taille. Le Liban est "le premier pays au monde en termes de nombre d'élèves scolarisés dans le système français, loin devant le deuxième, le Maroc", souligne à l'AFP l'ambassadeur de France à Beyrouth, Bruno Foucher.

Les établissements homologués, labellisés ou certifiés par la France scolarisent quelque 120.000 élèves. Au total, le réseau élargi d'écoles francophones compte un demi-million d'élèves, soit 50% des effectifs nationaux.

Près de 50.000 élèves du réseau, soit plus du quart, sont musulmans.

La Mission laïque française, qui regroupe cinq établissements à travers le Liban, connaît également sa pire crise depuis son implantation dans le pays, il y a plus d'un siècle. Plus de 1.500 départs sont prévus et 180 enseignants ont déjà été licenciés.

- Choix difficile -

Dans le bureau de Colette Moughabghab à Zahlé, Samer et sa femme enchaînent les questions, la mine déconfite, tandis que leur fils Julien, sept ans, erre dans son ancienne école.

Pour les parents qui en ont les moyens, les élèves seront transférés vers une autre école à la rentrée. Mais ce père de famille âgé de 47 ans a été contraint de faire un choix difficile.

"Je ne pourrai pas scolariser mon deuxième enfant l'année prochaine", explique-t-il.

"Je gagne 1,2 million de livres par mois", soit désormais un peu plus de 150 dollars, contre 800 dollars avant une dégringolade la monnaie nationale, qui a plongé toute une partie de la population dans la pauvreté en l'espace de quelques mois.

Ces écoles sont d'autant plus importantes que les écoles publiques, débordées par l'afflux massif de réfugiés syriens depuis 2011, sont sous-équipées face au basculement attendu l'an prochain de 120.000 nouveaux élèves dans l'enseignement public, indique une source au ministère de l'Education.

Pour tenter d'éviter le pire, l'aide française prévoit un plan d'urgence de "plusieurs millions" dédié à une cinquantaine d'écoles homologuées - des prêts à taux zéro et des bourses scolaires aux familles libanaises -, un fonds spécifique aux écoles chrétiennes et un plan spécial pour l'ensemble des écoles francophones.

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Pour la première fois en 17 ans, les Etats-unis préparent une exécution fédérale

Le gouvernement de Donald Trump prépare lundi la reprise des exécutions fédérales interrompues depuis 17 ans, malgré la vive opposition exprimée par des proches des victimes, les milieux religieux et l'Union européenne.

Sauf si la justice lui accorde un répit à la dernière minute, Daniel Lee, 47 ans, recevra une injection létale de pentobarbital dans la chambre de la mort du pénitencier de Terre-Haute dans l'Indiana (nord).

Ancien partisan de la suprématie blanche, il a été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et d'une fillette de huit ans.

Disant "agir au nom du public et des familles", l'administration républicaine a programmé deux autres exécutions cette semaine, et une quatrième le 28 août. Toutes concernent des hommes condamnés à la peine de mort par des tribunaux fédéraux pour le meurtre d'enfants.

Aux Etats-Unis, la plupart des crimes sont jugés au niveau des Etats, mais la justice fédérale peut se saisir des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires, entre plusieurs Etats ou dans des réserves amérindiennes.

Au cours des 45 dernières années, seules trois personnes ont été exécutées au niveau fédéral, dont Timothy McVeigh responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995) en 2001. La dernière exécution fédérale remonte à 2003.

- "Irresponsable" -

A la surprise générale, le ministre de la Justice Bill Barr a toutefois annoncé il y a un an son intention de renouer avec cette pratique. Après une série de rebondissements judiciaires, il a fixé en juin le calendrier, au moment même où les cas de nouveau coronavirus repartaient à la hausse dans une grande partie du pays.

Or, une exécution implique de nombreuses personnes: "le personnel pénitencier, des avocats, des proches des victimes ou des accusés, des journalistes, un aumônier...", énumère pour l'AFP Robert Dunham, le directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC) qui fait référence sur le sujet.

C'est "irresponsable de vouloir mener autant d'exécutions en si peu de temps" dans ce contexte de crise sanitaire, ajoute-t-il, en dénonçant une "instrumentalisation politique de la peine capitale".

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains mais reste fort chez les électeurs républicains qui sont 77% à y être favorables pour les meurtriers.

Devant ses partisans, Donald Trump, qui espère décrocher un second mandat le 3 novembre, réclame régulièrement un usage renforcé de cette sanction ultime, notamment pour les tueurs de policiers ou les trafiquants de drogue.

- "Plus de douleur" -

A l'approche de l'échéance, les appels se sont toutefois multipliés pour que le locataire de la Maison Blanche fasse preuve de clémence envers Daniel Lee.

"En tant que partisane du président Trump, je prie pour qu'il entende mon message: l'exécution de Danny Lee pour le meurtre de ma fille et de ma petite-fille n'est pas ce que je veux et apportera plus de douleur à ma famille", a notamment déclaré Earlene Peterson, mère de Nancy Mueller, assassinée en 1996, dans une lettre ouverte adressée au milliardaire new-yorkais.

Un autre homme qui avait joué un rôle central dans les meurtres n'a écopé que d'une peine de réclusion à perpétuité, a souligné cette femme de 81 ans: "Nous pensons que c'est ce que M. Lee mérite."

En parallèle, avec d'autres membres de la famille, elle a introduit un recours en justice pour obtenir un report de l'exécution. Invoquant leur vulnérabilité au nouveau coronavirus, ils ont plaidé qu'ils se trouvaient dans un choix impossible entre leur droit d'assister aux derniers moments du condamné et le respect de leur santé.

Un tribunal de première instance leur a donné raison vendredi soir, mais une cour d'appel saisie en référé a cassé la décision dimanche. Dans la foulée, ils ont saisi la Cour suprême, qui devra trancher en urgence.

Les avocats de M. Lee ont également introduit des requêtes de procédures, dont l'issue reste également en suspens.

De leur côté, un millier de responsables religieux, catholiques et évangéliques, ont appelé le président à se "concentrer sur la protection de la vie et non sur les exécutions" en ces temps de Covid-19.

Et vendredi l'Union européenne lui a demandé de "reconsidérer" une position qui, selon elle, "va à l'encontre d'une tendance générale aux Etats-Unis et dans le monde d'abolir la peine de mort, par la loi ou en pratique".

De fait, "seules" 22 exécutions ont eu lieu en 2019 aux Etats-Unis et sept depuis le début de l'année.

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Troubles sanglants au Mali, un influent imam appelle ses fidèles au calme

L'imam à la tête de la coalition qui réclame un changement de pouvoir au Mali a appelé ses partisans au calme dimanche après deux jours de troubles sanglants à Bamako.

"Ne provoquez personne. Ne vous attaquez à personne. Je parlerai cet après-midi et cela sera diffusé à la télévision. Avant cela, ne mettez pas le feu aux stations essence ni à (cet) arrondissement. Du calme, s'il-vous-plaît! Du calme !", dit l'imam Mahmoud Dicko en s'adressant à des fidèles dans cette vidéo tournée dans sa mosquée.

C'est autour de cette mosquée que se sont produits dans la nuit les affrontements les plus sanglants entre Bamakois et forces de sécurité tirant à balles réelles. Elle restait dimanche au coeur d'une grande agitation.

Quatre civils, dont deux mineurs de 15 et 17 ont été tués depuis samedi à Bamako, a indiqué à l'AFP un responsable des urgences d'un grand hôpital. Au moins trois avaient trouvé la mort vendredi. Le camp de l'imam Dicko fait état d'un bilan bien plus lourd.

L'entourage de l'imam Dicko a diffusé des vidéos s'apparentant à des images de guerre des évènements de la nuit.

Elles montrent au moins deux hommes visiblement morts baignant dans leur sang et d'autres perforés par des projectiles, ainsi qu'une grande confusion d'hommes s'agitant dans le complexe de la mosquée selon l'entourage de M. Dicko. Des coups de feu claquent à distance par saccades régulières, sans que les tireurs puissent être identifiés.

"Vous êtes en train de tuer les Maliens, dans la mosquée, (à) balles réelles. La mosquée est en feu", s'écrie un homme dans l'une de ces vidéos qui n'ont pas pu être identifiées indépendamment par l'AFP.

Dans un climat propice aux rumeurs et aux alarmes, les fidèles de l'imam redoutent qu'il ne soit arrêté comme l'ont été depuis vendredi plusieurs leaders de la contestation.

Dimanche, alors que des centaines de personnes se pressaient aux alentours de la mosquée jonchés de cartouches vides, de pierres et de résidus de pneus brûlés, ces fidèles ont recommencé à dresser des barricades "au cas où des policiers reviennent" selon les mots de l'un d'eux.

- A qui la faute -

Des affrontements ont aussi été rapportés près de la maison de la présidente de la Cour constitutionnelle, Manassa Danioko, l'un des personnages publics qui focalisent la colère. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent au moins un homme apparemment mort. Ailleurs, des hommes ont dressé des barrages, incendié des pneus et se sont livrés au saccage.

La capitale, préservée en temps normal par les violences jihadistes et intercommunautaires qui endeuillent le nord et le centre du pays, est la proie depuis vendredi de ses troubles civils les plus graves depuis des années.

Les tensions sont allées s'intensifiant depuis les législatives de mars-avril. Une coalition hétéroclite de leaders religieux, de personnalités du monde politique et de la société civile s'est agglomérée autour de l'imam Dicko pour porter la protestation.

Ce mouvement dit du 5-Juin canalise une multitude de mécontentements dans l'un des pays les plus pauvres du monde: contre la dégradation sécuritaire et l'incapacité à y faire face, le marasme économique, la défaillance de l'Etat, ou le discrédit répandu d'institutions suspectes de corruption.

Vendredi, le mouvement est entré selon ses mots en "désobéissance civile", frustré par les réponses successives du président à des exigences radicales: dissolution du Parlement, démission des juges de la Cour constitutionnelle, formation d'un gouvernement dont il nommerait le Premier ministre et, au bout du compte, départ du président.

Le mouvement dit être pacifique et accuse le pouvoir des violences.

- Alliés et voisins inquiets -

Des leaders qui n'ont pas été arrêtés semblent se cacher. Le contrôle que le mouvement exerce encore sur la contestation n'est pas clair, pas plus que l'effet des propos que l'imam Dicko devrait prononcer dans l'après-midi à la faveur des funérailles des disparus.

La décision de la Cour constitutionnelle d'invalider une trentaine de résultats des législatives passe pour un élément déclencheur de la contestation.

Samedi soir, dans sa quatrième allocution en un mois, le chef de l'Etat a annoncé la dissolution de la Cour. Il a aussi ouvert la voie à des législatives partielles là où la Cour a invalidé les résultats, suivant en cela les recommandations d'une mission de bons offices des Etats ouest-africains.

L'escalade en cours alarme en effet les alliés du Mali, inquiets d'un élément déstabilisateur de plus dans un pays confronté au jihadisme et à une série de défis majeurs, dans une région elle-même tourmentée.

Aucune des ouvertures de M. Keïta, 75 ans, président depuis 2013, n'a jusqu'alors fait retomber la fièvre, au contraire.

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Real Madrid: Ferland Mendy, la chance de sa carrière ?

La chance de sa carrière ? A une semaine de la fin de la Liga et un mois avant les échéances européennes, Ferland Mendy explose dans le couloir gauche du Real Madrid pendant la blessure de Marcelo, son concurrent au poste.

Ce pic de forme arrive à point nommé: le leader de la Liga se déplace à Grenade lundi, pour la 36e journée, et n'est plus qu'à deux victoires de destituer son ennemi juré, le Barça, de sa couronne nationale.

Depuis la reprise, le latéral gauche français (25 ans, 4 sélections avec les Bleus) brille de plus en plus, au point de faire oublier l'absence du vieillissant brésilien Marcelo (32 ans), blessé à l'adducteur gauche.

Le Real était privé de nombreux cadres défensifs contre Alavés samedi soir (Ramos et Carvajal suspendus, Nacho et Marcelo blessés), mais Mendy a pris ses responsabilités. L'ex-Lyonnais a remporté presque tous ses duels en défense, en s'appuyant toujours sur ses qualités physiques au-dessus de la moyenne, et a ainsi permis au Real d'enchaîner un cinquième match de rang sans encaisser le moindre but.

Il a surtout rayonné par son apport offensif, ses courses tranchantes et ses appels transversaux vers la surface de réparation adverse, qui lui ont permis de provoquer le penalty transformé par son compatriote Karim Benzema (11e).

- "Bonne nouvelle" -

Arrivé à la "Maison blanche" en juillet 2019 pour six ans et 48 M EUR, Ferland Mendy se fait encore souvent charrier par ses coéquipiers pour son espagnol approximatif. Mais quand il s'exprime sur le terrain, il met tout le monde d'accord. Comme samedi, où il a signé son meilleur match chez les Merengues.

"On est contents de sa prestation, de ce qu'il fait. C'est une première année pour lui (au Real), il est au niveau et ça c'est la bonne nouvelle. Il est venu ici pour montrer ses qualités, c'est ce qu'il est en train de faire, et on est tous contents de son rendement", s'est réjoui son entraîneur Zinédine Zidane en conférence de presse d'après-match, samedi soir.

"Zizou" a été le grand artisan de la venue de l'ancien Havrais au Real, l'été dernier. Alors que Marcelo (23 matches, dont 21 comme titulaire cette saison, toutes compétitions confondues) tient toujours son rôle de dynamiteur dans le couloir gauche, Zidane a tenu à importer la jeunesse et la stabilité de Mendy (28 matches dont 21 comme titulaire, toutes compétitions confondues).

"Je le dis aujourd'hui, il faut arrêter de le comparer à Marcelo. Marcelo est Marcelo, et Mendy est Mendy. C'est un bon joueur, il a son avenir devant lui, il est dans un grand club et son club est fier de lui", a mis au clair Zidane dimanche en conférence de presse d'avant-match, fatigué par les questions sur la comparaison du Français avec le Brésilien.

- "Il ne me surprend pas" -

Alors que la presse espagnole et les fans du Real s'étaient montrés dubitatifs face à cette recrue inconnue en Espagne l'été dernier, tous sont désormais conquis par la "surprise" Mendy.

"Mendy nous a donné beaucoup de profondeur. En première période, il a fait deux ou trois actions très dangereuses. Son engagement et celui de toute l'équipe et indubitable", a complimenté le directeur des relations institutionnelles et ancienne gloire du Real Madrid, Emilio Butragueño, samedi soir après la victoire des Merengues.

"Moi, il ne me surprend pas. Son recrutement avait été effectué sur une demande de ma part, oui, mais en accord avec le club, comme toujours. Il est jeune, il a du talent, il a quelque chose (en plus) et il est en train de le prouver", a aussi jugé Zidane dimanche.

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"Enorme fierté": paroles de soldats mobilisés pendant la crise sanitaire

Formée pour secourir les militaires sous le feu, la caporale Céline, du régiment médical de l'armée de Terre (RMed), a mis ses compétences au service d'une mission inhabituelle pendant la crise sanitaire, loin des sables du Sahel: participer en France à la prise en charge de civils atteints du Covid-19.

"On va te ramener, accroche-toi mon grand, je vais te faire un piqûre!": au camp militaire de La Valbonne (Ain), l'entraînement au sauvetage au combat a repris pour la jeune auxiliaire sanitaire, affairée à pratiquer les gestes qui sauvent sur un mannequin allongé dans l'herbe, après une simulation d'embuscade.

Un retour à son coeur de métier après une expérience inédite: au printemps, Céline et des dizaines d'autres camarades de son régiment ont été dépêchés à Mulhouse pour monter de toutes pièces un service de réanimation sous tente (EMR) destiné à désengorger l'hôpital public voisin, et y épauler l'équipe médicale du service de santé des armées.

"On était employées à l'habillage et au déshabillage des personnels soignants, et parfois on pouvait aller dans les travées auprès des patients, pour aider un peu", raconte cette militaire de 23 ans, large sourire sous le masque, en confiant son "énorme fierté d'avoir participé" à cette aventure, "au plus près de la population".

Au volant de son véhicule de transport logistique, la soldate de 1ère classe Julie, elle, était affectée à "une mission qui ne se voyait pas": enchaîner les allers-retours pour approvisionner la structure. "Je travaillais au coup de sifflet, quand les pharmaciens manquaient de matériel".

Au pic de la pandémie, le RMed, qui déploie chaque année 400 militaires en opérations extérieures en appui du service de santé des armées, a été mobilisé tous azimuts pour venir en aide aux Français. Un engagement dans l'urgence qui lui vaut de participer cette année à Paris la cérémonie du 14-Juillet.

- Renfort au SAMU -

Le caporal-chef Laurent, lui, a été envoyé en renfort à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris.

"On est venus remplacer des pompiers infectés par le Covid", raconte-t-il. "Le rythme était soutenu, on a connu pas mal de nuits blanches. On enfilait la combinaison pendant que le camion grillait les feux rouges. On était les premiers à faire les gestes sur les malades".

"Pendant une intervention, on avait la tête dans le guidon et d'un coup les gens se sont mis à applaudir: il était 20h. Je l'ai pris pour moi, ça m'a fait chaud au coeur", souligne le trentenaire, vétéran du Tchad et du Mali.

Voisin du RMed à La Valbonne, le 68e régiment d'artillerie d'Afrique a également apporté sa pierre à l'opération "Résilience" déclenchée en mars par Emmanuel Macron, à laquelle 3.000 soldats de l'armée de Terre ont participé.

Au lieu de munitions, les artilleurs ont transporté des millions de masques vers les hôpitaux, Ehpad, administrations et entreprises de la région. "Quand on est arrivés, de nuit, le patron de Michelin nous a payé des pizzas!", se souvient le maréchal des logis Kevin, 26 ans.

D'autres ont été déployés pour protéger les stocks des établissements de santé. Certains, enfin, ont apporté du renfort au SAMU local, une première pour des militaires français.

"Le SAMU était débordé, en tension permanente. On est venus les soulager dans la régulation des appels téléphoniques", explique l'adjudant Guillaume, chef de la cellule secourisme de son régiment.

"Au début, il y a eu des interrogations chez le personnel, après ils ont vite compris qu'on était là pour offrir de l'entraide. L'ambiance était extraordinaire", malgré le flot incessant d'appels, assure-t-il. "C'était vraiment de l'aide concrète à la population et au milieu hospitalier, avec des résultats immédiatement visibles".

"Les soldats se sont sentis utiles", commente le chef de corps du 68e régiment, le colonel David Pawlowski. "On a dû faire preuve d'imagination pour servir au mieux les besoins exprimés localement", mais "en tant qu'artilleurs, l'appui de la première ligne, c'est ce qu'on sait faire!"

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