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"Gilets jaunes" : la mobilisation se poursuit, le gouvernement "tient le cap"

Des "gilets jaunes", bien moins nombreux que la veille, ont à nouveau ralenti dimanche la circulation automobile sur de nombreux axes routiers en France pour protester contre la hausse des taxes sur le carburant, le gouvernement assurant de son côté vouloir "tenir le cap".

"Le cap que nous avons fixé, il est bon et nous allons le tenir", a martelé le Premier ministre Édouard Philippe en début de soirée sur la chaîne de télévision publique France 2, après cette mobilisation inédite pendant tout le week-end.

Et ce même si, a-t-il concédé, dans les rassemblements de manifestants, "on a entendu de la colère mais on a aussi entendu de la souffrance, l'absence de perspectives, l'idée que les pouvoirs publics depuis longtemps ne répondaient pas aux inquiétudes et au sentiment de déclassement, d'abandon ressenti par une partie de la population".

Les manifestants se sont mobilisés contre la hausse du prix des carburants avant de se lancer dans une dénonciation plus globale de la politique du gouvernement en matière de taxation et de la baisse du pouvoir d'achat.

Des blocages mais surtout des barrages filtrants et des opérations escargot ont été à nouveau observés dimanche par l'AFP dans de nombreuses régions, toujours à l'initiative de membres de la société civile organisés via des réseaux sociaux et en dehors des partis politiques et des syndicats.

Dans plusieurs endroits, les "gilets jaunes" ont affirmé qu'ils poursuivraient le mouvement lundi, comme par exemple à Brioude (centre). Dans le Morbihan (Bretagne, ouest), "les routiers nous rejoignent demain", a lancé un porte-parole des manifestants. Même son de cloche au Mans (ouest).

Sur environ 150 sites, les manifestants, dont le nombre a été évalué à environ 40.000 par des médias, avaient appelé à reconduire le mouvement pour le deuxième jour consécutif.

La veille, selon le ministère de l'Intérieur, près de 290.000 personnes avaient manifesté sur 2.034 sites.

Quant au bilan humain du week-end, il est particulièrement lourd avec un mort, une manifestante de 63 ans percutée par une conductrice prise de panique, et plus de 400 blessés - dont 14 grièvement y compris parmi les forces de l'ordre -, tandis que les dégradations ont été nombreuses. 282 personnes ont été interpellées.

Un manifestant a ainsi été grièvement blessé dimanche près de Saint-Quentin (nord) lorsqu'un automobiliste a forcé un barrage de "gilets jaunes" sur un rond-point. Mais ses jours ne sont pas en danger, a précisé la gendarmerie, selon laquelle l'automobiliste a pris la fuite.

Dans l'après-midi, les forces de l'ordre ont par ailleurs dispersé, notamment au moyen de gaz lacrymogène, un millier de "gilets jaunes" qui avaient installé un barrage filtrant au sud de Caen (ouest).

Dans la matinée, elles étaient intervenues pour lever deux points de blocage sur le périphérique sud de cette ville, un radar ainsi que des palettes disposées sur la chaussée y ayant été incendiées pendant la nuit.

Une agression à caractère homophobe présumée samedi d'un conseiller municipal de Bourg-en-Bresse (centre-est) par des "gilets jaunes" suscitait en outre l'indignation, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner condamnant des "actes odieux".

- "Beaucoup de jeunes" -

En dehors des axes autoroutiers, plusieurs abords de zones commerciales ont été bloqués. Le groupe de distribution Auchan a ainsi évoqué une vingtaine de sites touchés.

"Nous constatons un essoufflement du mouvement (...) Ce sont cependant les éléments les plus motivés, parfois les plus durs qui sont restés mobilisés", a expliqué un porte-parole d'Auchan qui a évoqué des "rixes violentes" aux abords de centres commerciaux.

Dans le sud-est, à l'entrée de Cavaillon, quelques dizaines de manifestants qui avaient déployé un drapeau français, filtraient les voitures. "On est beaucoup de jeunes parce qu'on ne s'en sort plus. On travaille comme des forcenés et à un moment donné c'est stop. On ne vit plus, on fait de la survie", dénonçait Emilie, une commerciale âgée de 27 ans.

"Macron desserre l'étau, on étouffe", pouvait-on lire sur une banderole dans la banlieue de Nantes, à proximité de la principale zone commerciale de cette ville de l'ouest. Environ 150 "gilets jaunes" y occupaient un rond-point, arrêtaient les voitures et demandaient aux conducteurs de mettre un gilet jaune pour les laisser passer.

Un barrage filtrant a également été mis en place sur l'autoroute A6, dans le sens Lyon-Paris.

Dans les Pyrénées orientales (sud-ouest), des actions se poursuivaient au péage du Boulou sur l'A9, dernier péage avant l'Espagne tandis que la circulation sur l'A16 était fortement perturbée à Calais, près du tunnel sous la Manche, sans toutefois avoir d'impact sur le trafic du port ou du tunnel, selon la préfecture.

A Eurodisney, près de Paris, des "gilets jaunes" ont déclenché une opération parking gratuit. "Nous, on veut prolonger le mouvement aujourd'hui, demain. On est plusieurs à avoir posé une semaine de vacances pour continuer", a déclaré à l'AFP Arnaud, un fonctionnaire de 47 ans.

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A Paradise, ville dévastée par le feu, Trump exprime sa "tristesse"

Fumée épaisse, maisons en ruines, voitures calcinées: Donald Trump a assisté à un spectacle de désolation à Paradise, petite ville presque totalement rasée par l'incendie le plus meurtrier de l'histoire de la Californie.

Le visage grave sous sa casquette "USA", le président américain, qui ne portait pas de masque malgré l'épaisse fumée qui enveloppe toujours la région, a constaté l'ampleur des dégâts aux côtés de la maire de Paradise, Jody Jones.

"C'est très triste à voir", a-t-il déclaré après avoir passé une vingtaine de minutes dans un camp de mobile-homes, où seul un drapeau américain apportait une touche de couleur au milieu des cendres.

"En ce qui concerne le nombre de morts, personne ne sait véritablement à ce stade, il y beaucoup de personnes portées disparues", a-t-il ajouté.

Le "Camp Fire" a ravagé près de 60.000 hectares dans le nord de la Californie. Cinq morts supplémentaires ont été comptabilisés samedi soir, portant le bilan à 76 personnes tuées dans l'incendie, selon les autorités. Et plus de 1.000 personnes sont encore portées manquantes.

Le feu, qui a débuté il y a dix jours et est désormais maîtrisé sur 55% de sa surface, a détruit près de 10.000 maisons et plus de 2.500 autres bâtiments.

Interrogé sur le fait de savoir si cette visite avait fait évoluer sa position sur le changement climatique, le président américain a répondu: "Non, non, j'ai un avis tranché. Je veux un super climat et nous allons l'avoir".

Le 45e président des Etats-Unis a plusieurs fois ouvertement mis en doute, au mépris du consensus scientifique, l'impact des activités humaines sur le changement climatique en cours.

Dans le sud de l'Etat, près de Los Angeles, le "Woolsey Fire" a brûlé près de 40.000 hectares, dont une partie de la célèbre station balnéaire de Malibu, prisée des stars. Il a fait au moins trois morts.

Près de 9.000 pompiers sont déployés sur les deux brasiers, qui ont entraîné l'évacuation de dizaines de milliers d'habitants, dont beaucoup n'ont pas encore été autorisés à regagner leurs foyers.

L'essentiel des opérations de recherche des personnes disparues a lieu à Paradise, où vivaient de nombreux retraités qui n'ont pas réussi à fuir à temps. Des sauveteurs passent de maison en maison avec des chiens renifleurs à la recherche de personnes portées manquantes.

"Je vais continuer à chercher et espérer que cela ira", confie à l'AFP Jonathan Clark, à la recherche de son frère, de sa belle-soeur et de leur fils.

- Visible à plus de 200 km -

Dès les premiers jours de l'incendie meurtrier, M. Trump a dénoncé la mauvaise gestion des forêts par les autorités du "Golden State", oubliant que celles-ci sont en majorité sous le contrôle de l?Etat fédéral.

M. Trump a aussi menacé de couper les fonds fédéraux alloués à la lutte contre les incendies. Samedi, juste avant son départ, il a de nouveau enfoncé le clou: "Il nous faudra de la gestion différente, je dis cela depuis longtemps".

Le réchauffement climatique a "peut-être un peu contribué" à la progression fulgurante des flammes, mais "le plus gros problème, c'est la gestion" des forêts, avait-il expliqué la veille sur Fox News.

Une explication qui ne convainc pas Roslyn Roberts, 73 ans, une électrice de Trump qui a dû fuir sa maison.

"Ce feu n'a rien à voir avec une mauvais gestion de la forêt. Des milliers et des milliers de maisons ont été détruites alors qu'il n'y avait pas d'arbres alentours", affirme cette dame réfugiée dans un centre de la Croix-rouge installé dans une église.

Au passage du cortège présidentiel, plusieurs pancartes remerciaient Donald Trump de sa venue mais l'un d'elle le qualifiait de "demeuré".

L'impact du "Camp Fire" est visible à plus de 200 km au sud de Paradise, jusqu'à San Francisco, où les autorités ont lancé vendredi une alerte à la pollution. Les écoles publiques y ont été fermées vendredi et le pont du Golden Gate était enveloppé d'un épais brouillard.

"C'est très mauvais", commente un habitant de la ville, Melvin Karsenti. "Il y a ce nuage permanent sur la ville. L'air semble plus épais. Je n'ai jamais vu autant de gens portant des masques".

Plus au sud, le "Woolsey Fire" était pour sa part contenu à près de 80% et les pompiers espéraient l'éteindre d'ici lundi.

L'enquête se poursuit pour connaître l'origine des deux incendies.

Une plainte a été déposée contre le fournisseur local d'électricité Pacific Gas & Electric (PG&E), qui a évoqué un incident sur une ligne à haute tension juste avant le déclenchement du brasier à Paradise.

La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, a connu plusieurs incendies majeurs depuis un an, qui ont fait plus de 100 morts et brûlé des centaines de milliers d'hectares.

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Europe: Macron met la pression sur Merkel face au risque de "chaos" mondial

Emmanuel Macron a mis dimanche la pression sur Angela Merkel en demandant une refondation de l'Europe face au risque de "chaos mondial" et à six mois des élections européennes, où les sondages promettent une forte poussée nationaliste.

"L'Europe, et en son sein le couple franco-allemand, se trouvent investis" de l'"obligation de ne pas laisser le monde glisser dans le chaos" et pour cela "l'Europe doit être plus forte, plus souveraine", a déclaré le chef de l'Etat français dans un discours prononcé devant la chambre des députés allemands à Berlin.

"L'Europe ne pourra pas jouer son rôle si elle devient le jouet de puissances et se contente d'un second rôle sur la scène mondiale", a ajouté M. Macron, venu dans la capitale allemande pour une journée de commémoration des victimes des guerres.

La chancelière allemande Angela Merkel, avec qui le chef de l'Etat français s'est entretenu, a approuvé l'idée que l'Europe "se trouve à la croisée des chemins" et doit définir "son rôle" au plan mondial.

Mais derrière le front uni affiché par les deux dirigeants, le discours de M. Macron a aussi résonné comme une critique implicite face à ce que de nombreux responsables français considèrent en privé comme les atermoiements et hésitations de l'Allemagne depuis plus d'un an sur le sujet.

- Immobilismes -

"Est-il préférable de rester enfermé dans nos immobilismes ?", a tancé M. Macron, qui a fait de la relance du projet européen une des sujets phares de son mandat.

Face au défi du populisme, il faut "prendre de nouveaux risques", "surmonter nos tabous et dépasser nos habitudes", a-t-il dit.

Sur les questions de défense commune au moins, la France et l'Allemagne affichent un front uni. Tant Emmanuel Macron qu'Angela Merkel soutiennent l'idée à terme d'une armée européenne, en dépit des vives critiques du président américain Donald Trump, qui y voit une concurrence pour l'Otan.

Sur les autres sujets l'harmonie franco-allemande est moins évidente.

C'est le cas par exemple d'un autre dossier prioritaire d'Emmanuel Macron, la création d'un budget de la zone euro pour soutenir l?investissement, qui doit être discuté lundi lors d'une réunion des ministres des Finances à Bruxelles.

Après des mois de tractations, Paris et Berlin se sont certes mis d'accord vendredi sur un cadre général sur ce budget, mais pas sur son montant qui reste non défini. Alors que M. Macron espérait à l'origine l'abonder de plusieurs centaines de milliards d'euros.

Le chef de l'Etat français y a fait allusion en soulignant que "la nouvelle étape" qu'il appelle de ses voeux en Europe "nous fait peur car chacun devra partager, mettre en commun (...) une part croissante de son budget et même des ressources fiscales".

Il a invité l'Allemagne et la France à faire dans ce domaine chacune un pas vers l'autre, la première très attachée au respect des règles qui rassurent et la deuxième qui tend parfois à s'en méfier et à vouloir les "contourner".

- Tension sur les Gafa -

Paris et Berlin divergent actuellement sur un autre projet porté en Europe par Emmanuel Macron, la taxation des géants de l'internet, les Gafa.

La France voudrait qu'une décision soit prise par l'Union européenne dès décembre, et a récemment averti qu'un refus de l'Allemagne serait perçu comme "une rupture de confiance".

Angela Merkel, elle, craint un retour de bâton des Etats-Unis contre les entreprises allemandes et préfère repousser toute initiative européenne à 2021.

Un responsable de son parti conservateur, pourtant considéré comme un proche de la chancelière, Armin Laschet, a admis ce week-end dans le Spiegel que son pays était trop "hésitant" sur l'Europe. Il l'a appelé à être "plus enthousiaste" et à avoir une vision "moins comptable".

Mais la chancelière est en fin de cycle politique. Face aux critiques croissante contre sa politique migratoire, elle a été contrainte d'amorcer son retrait politique.

M. Macron lui aussi doit faire face à une baisse de sa popularité dans son pays et depuis peu à un vent de contestation contre la hausse des prix du carburant. Sujet sur lequel il ne s'est pas exprimé dimanche à Berlin.

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Semaine "cruciale" pour le Brexit, Theresa May retourne à Bruxelles

La Première ministre britannique, Theresa May, dont le projet d'accord sur le Brexit négocié avec l'Union européenne est très contesté, va retourner à Bruxelles au cours d'une semaine qu'elle annonce "cruciale".

Après une semaine "difficile", de son propre aveu, en raison de la levée de boucliers provoquée par le compromis trouvé avec l'UE, Theresa May a déclaré dimanche à Sky news que les sept prochains jours allaient être "cruciaux".

Elle a indiqué qu'elle irait à Bruxelles et rencontrerait le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avant le sommet européen prévu pour le 25 novembre qui doit entériner le projet d'accord.

Les discussions porteront en particulier sur la "relation future" entre le Royaume-Uni et l'Union européenne après le Brexit, prévu le 29 mars.

Le projet d'accord sur le Brexit a valu à Theresa May plusieurs départs de son gouvernement, motivés notamment par le sort particulier réservé à la province britannique d'Irlande du Nord après la sortie de l'UE.

- "Police d'assurance" -

Le point le plus controversé est le "backstop", ou filet de sécurité, solution de dernier recours prévoyant le maintien de l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE. Il prévoit également un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'était conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois après le Brexit.

Theresa May a tenté de rassurer dimanche, comparant le backstop à une "police d'assurance".

Mais la cheffe du gouvernement est menacée d'être renversée par un vote de défiance. Celui-ci serait déclenché s'il est demandé par 15% du groupe conservateur au Parlement, soit 48 députés.

"De ce que j'en sais, (ce seuil) n'a pas été atteint", a affirmé dimanche matin la Première ministre. Elle a prévenu qu'un changement de leader ne "faciliterait pas les négociations" et risquait de reporter le départ de l'UE.

C'est le député conservateur pro-Brexit Jacob Rees-Mogg, à la tête du puissant groupe parlementaire eurosceptique European Research Group (ERG), qui a lancé la manoeuvre, l'accusant d'avoir trahi les promesses faites au peuple britannique.

Avec ce projet d'accord, le Royaume-Uni deviendra un "état vassal" de l'UE, avec "beaucoup de lois conçues à l'étranger et sur lesquelles nous n'aurons aucune influence", fustige l'ERG, qui a disséqué le document de près de 600 pages et publié ses conclusions dimanche.

- Alternatives -

Un groupe de cinq ministres eurosceptiques tente de son côté de persuader Theresa May de modifier le projet d'accord, selon les médias britanniques.

Le texte sera présenté en décembre au Parlement mais son destin semble incertain en raison de l'opposition affichée du parti travailliste, des libéraux démocrates et du petit parti unioniste nord-irlandais DUP, allié des conservateurs.

Le Parti national écossais (SNP) votera également contre le texte, a affirmé dimanche sa cheffe, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. Cette europhile souhaite proposer un projet alternatif en s'unissant à d'autres partis.

Pour Jeremy Corbyn, le chef du Labour, le compromis trouvé par Theresa May ne "sert pas les intérêts du pays" et elle doit le renégocier rapidement. Le Labour souhaite un "arrangement douanier permanent avec l'UE" et "une garantie des droits".

Le chef du principal parti d'opposition a par ailleurs estimé qu'un second référendum sur le Brexit, une idée qui a gagné du terrain ces derniers mois, est "une option pour l'avenir mais pas pour aujourd'hui". Theresa May l'exclut catégoriquement.

Carolyn Fairbairn, directrice générale de la principale organisation patronale, la CBI, a imploré les députés d' "entendre la voix des entreprises", expliquant que celles-ci avaient assisté avec "horreur" aux divisions politiques.

Pour Dominic Raab, qui a démissionné de son poste de ministre du Brexit et a été remplacé par Stephen Barclay, un avocat eurosceptique de 46 ans, la Première ministre a subi le "chantage" de Bruxelles. Toutefois, si "deux ou trois points étaient changés, un accord pourrait être conclu", a-t-il jugé dimanche, interviewé par la BBC. "Mais il est vraiment tard et nous devons changer de cap".

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L'épave du sous-marin argentin San Juan découverte dans l'Atlantique

Après un an de recherches, l'épave du sous-marin argentin San Juan, disparu avec ses 44 membres d'équipage lors d'une mission dans l'Atlantique sud le 15 novembre 2017, a été découverte par 907 mètres de fond.

L'amiral José Villan, chef de la Marine argentine, a expliqué que le relief des fonds marins avait compliqué la localisation, alors que "tous les navires étrangers et argentins avait cherché dans cette zone".

Fin 2017 et début 2018, des bâtiments d'une dizaine de pays avaient mobilisé des moyens inédits pour tenter de localiser le sous-marin, puis la Marine avait prix le relais avec des moyens dérisoires.

L'épave a été localisée par la société privée américaine Ocean Infinity, à environ 500 km des côtes de la Patagonie. Faute de matériel pour le faire, l'Argentine avait sollicité cette société, lui promettant une prime de 7,5 millions de dollars en cas de succès.

"Une phase d'enquête sérieuse est amorcée pour connaître toute la vérité, une vérité pour laquelle nous nous sommes engagés dès le premier jour", a déclaré le président argentin Mauricio Macri, en annonçant un deuil national de trois jours.

- Implosion -

Des débris du San Juan de 11, 13 et 30 mètres de long ont été aperçus dans une "zone lunaire irrégulière avec des canyons", la coque du sous-marin est déformée, "enfoncée vers l'intérieur", a indiqué le capitaine Enrique Balbi lors d'une conférence de presse.

"Il a implosé", a précisé Gabriel Attiz, le commandant de la base navale de Mar del Plata, port d'attache du submersible, après avoir rencontré les familles des victimes, réunies dans l'hôtel Tierra Del Fuego.

Les autorités argentines ont montré aux familles des victimes des photos du submersible prises samedi à l'aube par des modules sous-marins.

"Nous sommes émus par cette nouvelle", a déclaré Jorge Villareal, le père d'un des 44 membres d'équipage.

"Maintenant, c'est un autre chapitre qui s'ouvre. A partir de l'analyse de l'état dans lequel se trouve le sous-marin, nous verrons comment nous procédons", a poursuivi le porte-parole.

Avant d'annoncer officiellement la nouvelle, les autorités argentines ont prévenu les familles des 44 marins qui ont péri à bord de l'ARA San Juan.

"J'avais encore un espoir qu'ils soient vivants", a confié Luis Niz, père d'un des sous-mariniers, la gorge serrée.

"Nous sommes tous détruits", lâche Yolanda Mendiola, mère d'un autre membre d'équipage, Leandro Cisneros, 28 ans.

- Remonter le San Juan -

Les parents des victimes demandent que le submersible soit remonté des profondeurs de l'océan pour que l'épave puisse être expertisée.

"Remonter le sous-marin à la surface, ce n'est pas impossible, mais c'est une opération très complexe, et donc très coûteuse", a dit à l'AFP un officier de la Marine qui a requis l'anonymat.

"L'affaire est désormais entre les mains de la justice", a souligné le ministre de la Défense Oscar Aguad, perplexe sur la faisabilité de l'opération, l'Argentine ne disposant pas de la technologie pour le faire.

Un sous-marin comme le San Juan ne pouvait pas descendre en dessous de 300 mètres, pour une question de résistance des matériaux. "Quelle que soit la cause", précise-t-il, "le sous-marin a implosé".

Ocean Infinity avait dépêché dans l'Atlantique sud le navire Seabed Constructor, équipé de la technologie la plus sophistiquée, dont des caméras sous-marines capables de filmer les fonds marins jusqu'à 6.000 mètres de profondeur.

Ocean Infinity est également engagé dans la recherche des débris du vol MH370 de la Malaysia Airlines, qui a disparu en mars 2014 en effectuant la liaison Kuala Lumpur-Pékin.

La détection du son d'une explosion sous-marine dans la zone où se trouvait le submersible accrédite la thèse d'une explosion à bord, probablement des batteries qui propulsaient le sous-marin.

Avant la rupture des communications, le commandant du submersible avait signalé un problème au niveau des batteries, une avarie qui, selon lui, n'était pas un obstacle à la poursuite de la navigation vers sa base de Mar del Plata, un port de l'Atlantique à 400 km de Buenos Aires.

Une entrée d'eau par une valve défectueuse du "snorkel", la prise d'air du système de ventilation lors des montées à la surface, qui aurait ensuite déclenché une explosion des batteries, est l'hypothèse privilégiée par les experts.

"C?est un métier à haut risque, souligne un ancien commandant du San Juan, Carlos Zavalla. Je suis convaincu qu'il n'ont pas souffert, tout s'est passé d'un manière très rapide, instantanée".

"Nous voulons savoir ce qui s'est passé", insiste Mme Mendiola, appelant à punir tous les responsables de la catastrophe.

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Netanyahu juge "irresponsable" d'appeler à des élections anticipées

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, confronté à une crise au sein de sa coalition gouvernementale, a jugé dimanche "irresponsable" d'appeler à des élections anticipées.

S'exprimant lors d'une adresse télévisée à la nation, M. Netanyahu a également dit qu'il garderait pour le moment le portefeuille de la Défense et qu'il s'emploierait à convaincre ses partenaires de rester dans la coalition.

"Aller maintenant aux urnes serait irresponsable (...) La sécurité de l'Etat est au-dessus des considérations politiques", a déclaré le Premier ministre, qui ne cesse de dire son opposition à des élections anticipées depuis le début de la crise mercredi avec la démission du ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

Après la défection de M. Lieberman et de son parti nationaliste Israël Beitenou (5 députés), la coalition de M. Netanyahu ne dispose plus que d'une seule voix de majorité au Parlement qui compte 120 membres.

Un autre membre clé de la coalition, Naftali Bennett, ministre de l'Education et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif (8 députés), avait exigé d'hériter du portefeuille de la Défense mais le Premier ministre, qui détient également le portefeuille des Affaires étrangères, avait refusé vendredi.

"Je suis ministre de la Défense pour la première fois", a déclaré dimanche M. Netanyahu, assurant qu'il compte "apporter la sécurité aux habitants du sud et à tout le pays".

Il a rappelé avoir pris tout au long de sa carrière des décisions délicates pour la sécurité de l'Etat d'Israël, se présentant comme l'homme le mieux placé pour conserver le portefeuille de la Défense.

Avant son adresse, M. Netanyahu a vu son ministre des Finances Moshé Kahlon du parti Koulanou (10 sièges) mais la rencontre s'est achevée "sans résultats", selon le porte-parole de M. Kahlon. Les deux hommes doivent se revoir dans le courant de la semaine.

Après le départ de M. Lieberman, le soutien de M. Kahlon est devenu vital pour le Premier ministre. Or M. Kahlon s'est prononcé pour la tenue d'élections le "plus vite possible" alors que la législature actuelle ne doit prendre fin qu'en novembre 2019.

"Je fais tous les efforts pour éviter ces élections inutiles et j?espère que mes partenaires prendront leurs responsabilités", a encore dit M. Netanyahu.

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Netanyahu dénonce comme "irresponsables" les appels à des élections anticipées

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé dimanche comme "irresponsables" les appels à des élections anticipées, en pleine crise politique qui menace son gouvernement.

S'exprimant lors d'une adresse télévisée à la nation du siège du ministère de la Défense à Tel-Aviv, M. Netanyahu a défendu sa politique sécuritaire et affirmé qu'il s'emploierait à convaincre ses partenaires de rester dans la coalition gouvernementale.

"Aller maintenant aux urnes serait irresponsable (...) La sécurité de l'Etat est au-dessus des considérations politiques", a déclaré le Premier ministre, qui ne cesse de dire son opposition à des élections anticipées depuis le début de la crise mercredi avec la démission du ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

Après la défection de M. Lieberman et de son parti nationaliste Israël Beitenou (5 députés), la coalition de M. Netanyahu ne dispose plus que d'une seule voix de majorité au Parlement qui compte 120 membres.

Un autre membre clé de la coalition, Naftali Bennett, ministre de l'Education et chef du parti nationaliste religieux Foyer juif (8 députés), avait exigé d'hériter du portefeuille de la Défense mais le Premier ministre, qui détient également le portefeuille des Affaires étrangères, avait refusé vendredi.

Dans son adresse dimanche, M. Netanyahu, qui a pris en charge le portefeuille de la Défense, a dit qu'il le garderait pour le moment.

Naftali Bennett et la ministre de la Justice Ayelet Shaked, numéro deux du Foyer juif, ont annoncé qu'ils feraient lundi matin une déclaration à la presse.

Selon des analystes, ils pourraient annoncer leur démission et, sans leur parti, M. Netanyahu ne disposerait plus de majorité, ce qui provoquerait des élections anticipées.

- "Nous vaincrons nos ennemis" -

"Je suis ministre de la Défense pour la première fois", a dit M. Netanyahu, assurant qu'il comptait "apporter la sécurité aux habitants du sud et à tout le pays".

Les localités du sud d'Israël sont limitrophes de la bande de Gaza et ont été ces derniers mois la cible de centaines de roquettes et d'obus tirés de l'enclave palestinienne, avant l'entrée en vigueur mardi d'une trêve entre Israël et les groupes armés palestiniens dont le Hamas au pouvoir à Gaza.

M. Lieberman a démissionné pour protester contre cette trêve conclue entre Israël et le Hamas par l'entremise de l'Egypte, après les plus durs affrontements entre l'armée israélienne et les groupes palestiniens depuis la guerre de 2014.

Le Premier ministre israélien a dit avoir pris tout au long de sa carrière des décisions délicates pour la sécurité de l'Etat d'Israël, se présentant comme l'homme le mieux placé pour conserver le portefeuille de la Défense.

"Nous vaincrons nos ennemis et je ne minimise pas les défis qui nous attendent", a-t-il précisé.

Il a évoqué la situation de crise avec Gaza, affirmant "comprendre les critiques" après la trêve.

Juste avant son adresse, M. Netanyahu a vu son ministre des Finances Moshé Kahlon du parti Koulanou (10 sièges) mais la rencontre s'est achevée "sans résultats", selon le porte-parole de M. Kahlon. Les deux hommes doivent se revoir dans le courant de la semaine.

- "Efforts" -

Après le départ de M. Lieberman, le soutien de M. Kahlon est devenu vital pour le Premier ministre. Or M. Kahlon s'est prononcé pour la tenue d'élections le "plus vite possible" alors que la législature actuelle ne doit prendre fin qu'en novembre 2019.

"Je déploie tous les efforts pour éviter ces élections inutiles et j?espère que mes partenaires prendront leurs responsabilités", a encore dit M. Netanyahu.

Plus tôt, le porte-parole du Likoud, le parti de M. Netanyahu, avait déclaré que ce dernier allait "décider s'il procède à un remaniement ministériel dans les prochains jours".

Selon des médias, le Premier ministre pourrait attribuer le portefeuille des Affaires étrangères qu'il détient également à l'un de ses partenaires pour éviter un effondrement de la coalition.

Lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres le matin, M. Netanyahu a agité la menace d'un éventuel retour au pouvoir de la gauche en cas d'élections anticipées, rappelant que deux gouvernements menés par le Likoud étaient tombés après la défection de ses alliés situés plus à droite.

"Cela a abouti (après les élections) en 1992 et 1999 à la catastrophe d'Oslo et la catastrophe de la deuxième Intifada", a-t-il prévenu.

Il faisait allusion aux accords sur l'autonomie palestinienne conclus en 1993 par le gouvernement dirigé par le travailliste Yitzhak Rabin et le déclenchement de la deuxième révolte palestinienne en 2000 alors qu'Ehud Barak, un autre dirigeant travailliste, était au pouvoir.

Pour Reouven Hazan, professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem, M. Netanyahu "veut que la situation avec Gaza soit calme avant d'entrer en campagne électorale, c'est la principale raison pour laquelle il s'oppose aux élections anticipées".

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L'Apec divisée après la passe d'armes entre Pékin et Washington

Les dirigeants de l'Asie-Pacifique ne sont pas parvenus à réconcilier leurs différences dimanche à Port Moresby lors d'un sommet marqué par une passe d'armes incisive entre la Chine et les Etats-Unis, sur fond de lutte d'influence dans la région.

Pour la première fois, les dirigeants des 21 pays de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) ne sont pas parvenus à un consensus sur une déclaration écrite commune, en raison du fossé qui sépare les deux premières économies au monde sur les règles du commerce international notamment.

"Vous savez qui sont les deux grands géants dans la pièce", a déclaré aux journalistes le Premier ministre papouasien Peter O'Neill alors que Pékin et Washington sont enferrés dans un conflit commercial potentiellement dévastateur pour l'économie mondiale. "Qu'est ce que je peux dire?".

Son homologue canadien Justin Trudeau a observé que "quelques pays étaient en désaccord sur certaines approches au niveau du commerce, dont les Etats-Unis et la Chine entre autres".

Selon certaines sources, les Etats-Unis avaient poussé les autres Nations en amont du sommet à accepter une déclaration qui se serait apparentée à une dénonciation de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et à un appel à la réforme profonde de cette organisation multilatérale.

Une exigence inacceptable pour Pékin, qui aurait beaucoup à perdre à une telle refonte.

- En attendant le G20 -

M. O'Neill a nié que l'absence de déclaration commune puisse être gênante pour l'Apec ou pour son pays qui organisait pour la première fois un tel raout. Les divergences de Port Moresby n'augurent cependant rien de bon pour le prochain sommet du G20 à la fin du mois en Argentine où le président chinois Xi Jinping fera face cette fois au président américain Donald Trump.

Avant même le début du sommet, le ton avait été donné par le Xi Jinping et Mike Pence.

Le vice-président américiain avait appelé les pays de la zone à se ranger derrière les Etats-Unis et à ne pas céder aux sirènes d'une diplomatie chinoise fonctionnant à coups de prêts financiers aux conditions "au mieux opaques".

"Nous ne noyons pas nos partenaires dans une mer de dettes", s'est-il emporté à la tribune d'un forum de chefs d'entreprise. "Nous ne contraignons pas, nous ne corrompons pas, nous ne compromettons pas votre indépendance."

Quelques minutes plus tôt, M. Xi, vedette incontestée du sommet en l'absence de M. Trump et de Vladimir Poutine, avait défendu le titanesque programme d'investissements eurasiatiques dit des "Routes de la soie" promu par son pays, en expliquant qu'il ne s'agissait "pas d'un piège comme l'ont présenté certains".

Malgré ces discours musclés, le sommet en lui-même s'est déroulé sans accroc, les dirigeants posant pour la traditionnelle photo de famille, vêtus cette année de chemises jaunes ou rouges à motifs.

MM. Xi et Pence ont même eu de brefs échanges lors d'un dîner de gala.

- "Conversation franche" -

"J'ai parlé deux fois au président Xi pendant cette conférence. Nous avons eu une conversation franche", a confié aux journalistes le vice-président américain.

Comme pour démentir tout désengagement américain face à une Chine de plus en plus présente dans la région, les Etats-Unis ont annoncé un projet conjoint avec l'Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Il vise à accélérer l'électrification de la Papouasie, avec l'idée de faire passer de 13 à 70% la proportion de la population ayant le courant.

La Papouasie est un des théâtres de la bataille d'influence que se livrent les Etats-Unis et la Chine dans le Pacifique. M. Xi a d'ailleurs inauguré à Port Moresby un "Boulevard de l'Indépendance" financé par Pékin.

Washington, et Pékin dans la foulée, ont imposé ces derniers mois des droits de douane punitifs à leurs importations mutuelles, mais l'excédent commercial chinois bat record sur record.

Le leader chinois s'est fait le chantre du multilatéralisme en s'attaquant frontalement au "protectionnisme et à l'unilatéralisme".

Combatif, M. Pence a répliqué que Washington ne céderait rien sur sa stratégie douanière "tant que la Chine n'aura pas changé son attitude".

En coulisses, certaines voix s'inquiètent des répercussions que pourrait avoir sur les économies de l'Apec la rivalité sino-américaine.

"C'est une situation contrainte, un pays qui essaie d'obliger tous les autres pays à changer des droits de douane décidés il y a des années", a déclaré à l'AFP le milliardaire irlandais Denis O'Brien, président de Digicel.

Le programme officiel du sommet a aussi été éclipsé par le simple fait que la réunion se tienne pour la première fois dans une ville à la réputation de coupe-gorge, ce qui a impliqué le déploiement d'un important dispositif de sécurité, en partie délégué à des armées étrangères.

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Ligue des nations: la Suisse avec l'Angleterre et le Portugal en demi-finales

La Suisse est revenue du diable Vauvert pour renverser la Belgique (5-2), dimanche à Lucerne, et décrocher son billet pour le Final Four de la Ligue des nations où elle retrouvera le Portugal et l'Angleterre, déjà qualifiés.

Menée 2-0 au bout d'un gros quart d'heure, suite à un doublé de Thorgan Hazard (2e, 17e), la "Nati" devait donc marquer quatre buts pour renverser la vapeur et valider une inespérée place en demi-finale: Ricardo Rodriguez (26e sp), Haris Seferovic (31e, 44e, 84e) et Nico Elvedi (62e) ne se sont pas fait prier pour éteindre les espoirs des Diables Rouges, troisièmes du dernier Mondial.

L'autre rencontre du jour, dans la Ligue A, a vu l'Angleterre, elle aussi, se qualifier pour les demi-finales en prenant in extremis sa revanche sur la Croatie (2-1) à Wembley.

Longtemps, le spectre de la demi-finale de la Coupe du monde a plané sur Londres. Comme à Moscou, les Anglais ont dominé de la tête et des épaules, tout en se montrant incapables de tuer le match avant les dix dernières minutes grâce à l'inévitable Harry Kane, passeur (78e) puis buteur (85e).

Cette défaite envoie les Croates, finalistes malheureux du Mondial russe, en Ligue B, et prive l'Espagne, qui avait besoin d'un match nul entre les deux équipes pour se qualifier, d'une place dans le Final Four.

La veille, le Portugal, sans Cristiano Ronaldo, avait tranquillement validé son ticket pour les demies avec un nul contre l'Italie (0-0).

La dernière place pour le tournoi final de la nouvelle compétition européenne se jouera, à distance, entre la France et les Pays-Bas.

Les "Oranje" ont besoin d'un nul ou d'une victoire, lundi en Allemagne, pour chiper la qualification aux Bleus champions du monde.

Dans la Ligue B, l'Autriche a dominé l'Irlande du Nord (2-1) dans un match "pour du beurre", les hommes de Michael O'Neill étant déjà relégués, ceux de Franco Foda ne pouvant rien espérer.

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De l'Afghanistan au bush: les réfugiés qui renoncent aux villes australiennes surpeuplées

Réfugié afghan de la minorité hazara, Ali est désormais installé dans le vaste arrière-pays australien. Il a ouvert un "Restaurant de l'amitié afghane" en hommage à l'accueil chaleureux qu'il dit avoir reçu à son arrivée à Griffith voici cinq ans.

Ce père de trois enfants âgé de 44 ans figure parmi un nombre croissant de réfugiés et de migrants qui ont préféré saisir des occasions d'emploi dans le bush, plutôt que d'aller dans des grandes villes comme Sydney et Melbourne, où les prix de l'immobilier sont astronomiques.

Le mot "amitié" écrit en lettres rouges brille au dessus de la tête du cuisinier. Les clients défilent, attirés par l'odeur alléchante des brochettes d'agneau.

C'est le premier restaurant afghan de Griffith, à six heures de route de Sydney en plein coeur d'une région agricole et viticole. L'établissement sert des plats à des années-lumière des tourtes et des frites habituellement proposées dans le bush de l'immense île-continent.

"Je dis à tous mes amis, surtout aux Afghans, de venir à Griffith car c'est très accueillant", raconte Ali à l'AFP. Il ne veut pas donner son nom de famille pour protéger les siens restés au pays. "On peut aussi trouver du boulot car il n'y a pas trop d'habitants".

L'Australie est un pays d'immigrants. Près de la moitié des 25 millions d'habitants sont nés à l'étranger ou ont au moins un parent né à l'étranger.

Canberra accueille environ 14.000 réfugiés chaque année, auxquels s'ajoutent parfois des arrivées en vertu de programmes d'accueil exceptionnels comme celui qui a concerné récemment 12.000 Irakiens et Syriens.

- "Trop élevé" -

Mais la politique extrêmement dure menée par l'Australie contre les boat-people clandestins et des incidents liés au racisme lui ont donné la réputation d'être inhospitalière envers les migrants non-Blancs.

D'après l'Institut de recherches Lowy, le ressentiment antimigrants est monté en flèche bien que le nombre d'arrivants, limité à 190.000 chaque année, soit resté stable.

Pour la première fois, le sondage annuel 2018 de Lowy montre que plus de la moitié des Australiens estiment le nombre de migrants "trop élevé", contre 40% en 2017.

L'adoption par la classe politique conservatrice classique des messages de la droite dure a banalisé certains préjugés, une situation aggravée par la stagnation des salaires et les coûts élevés de l'immobilier dans les grandes villes, jugent les experts.

Mais parallèlement, les agglomérations de l'intérieur du pays manquent de bras et d'habitants.

Le ministre des Populations et des villes Alan Tudge veut ainsi obliger les nouveaux migrants à habiter plusieurs années en zone rurale pour décongestionner les grands centres urbains.

Cette annonce récente a été descendue en flammes par l'opposition, qui juge cette politique inapplicable et dit que les migrants auront du mal à s'intégrer dans des communautés rurales.

Mais le son de cloche est totalement différent chez Jock Collins, chercheur à l'Université de technologie de Sydney, qui suit 250 familles arrivées récemment d'Irak, de Syrie et d'Afghanistan. Nombre d'entre elles ont un jugement positif sur leur expérience après s'être installées dans des localités perdues comme Toowoomba, à une heure et demie de route de Brisbane, souligne-t-il.

- "Success story" -

Pour que ça marche, poursuit-il, il faut un environnement favorable, "une ville qui se plie en quatre pour accueillir les réfugiés", des opportunités d'emploi et la présence d'autres familles à l'expérience similaire.

"Beaucoup de villes régionales et rurales perdent des habitants, en particulier en raison des jeunes qui s'en vont. L'immigration peut compenser", dit M. Collins.

Joanne Fitzpatrick, qui aide environ 80 réfugiés afghans de Griffith et de la localité voisine de Leeton, explique qu'une intégration réussie nécessite "beaucoup d'aide et de soutien".

Mingoola, petite ville à la frontière entre les Etats du Queensland et de Nouvelle-Galles du Sud, se prévaut d'être une "success story". La localité qui se mourait à petit feu du fait du vieillissement de la population a accueilli des réfugiés d'Afrique de l'Est issus de régions rurales et qui n'arrivaient pas à s'en sortir à Sydney.

Même chose à Nhill, à quatre heures de route de Melbourne, en pleine renaissance depuis que l'éleveur de canards Luv-a-Duck a persuadé des membres de la minorité Karen de Birmanie de s'y installer. Huit ans après, les affaires sont florissantes et les Karen représentent 10% des 2.000 habitants.

"Ces villes étaient en déclin et aujourd'hui elles prospèrent", souligne Jack Archer, de l'Institut de l'Australie rurale. Il réclame une stratégie nationale sur le sujet au lieu des initiatives isolées actuelles qui font se rencontrer les localités en manque de main-d'oeuvre et les migrants à la recherche d'emploi.

A Griffith, les réfugiés entrepreneurs renforcent le marché du travail. Le restaurant d'Ali emploie un autre réfugié et un migrant de Malaisie.

Ali sert même de pont entre la campagne et la ville. Un couple est venu trois fois de Sydney pour manger chez lui, malgré les six heures de route. "C'est pour la soupe", dit-il. "Ils l'aiment et c'est pour ça qu'ils viennent."

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