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Macron lance la mobilisation contre le "scandale de la pauvreté"

Emmanuel Macron a appelé jeudi "toutes les forces de la Nation" à se mobiliser pour éradiquer la grande pauvreté "en une génération", en présentant un plan qui ambitionne de "refonder l'Etat providence".

"Nous nous sommes trop souvent habitués" au "scandale de la pauvreté", a déclaré le chef de l'Etat devant quelque 400 personnes au musée de l'Homme à Paris. Il faut donc "lancer un combat neuf, indispensable, vital pour notre pays, celui de décider résolument de ne plus oublier personne".

Pour cela, il a multiplié les annonces dans un discours d'1h20, dont l'une des plus fortes est la création d'un revenu universel d'activité, qui "fusionne le plus grand nombre possible de prestations". Il a également souhaité la mise en place d'un "service public de l'insertion" et annoncé une série d'aides destinées aux enfants et aux jeunes comme les repas à 1 euro dans les cantines.

Le coût de ces mesures a été évalué à huit milliards d'euros sur quatre ans, jusqu'à la fin du quinquennat, qui "sont entièrement financées" selon l'Elysée.

"Ce n'est pas un plan charité car il ne s'agit pas de permettre de vivre un tout petit peu mieux dans la pauvreté, il s'agit de sortir de la pauvreté", a insisté le président.

Mais l'opposition a dénoncé l'insuffisance des moyens et le flou sur la mise en oeuvre du plan. "A la politique des métaphores (...) nous préférons une politique d'action et de résultats", a réagi Laurence Sailliet (LR) tandis que Rachid Temal (PS) dénonçait "beaucoup de bonnes intentions et un catalogue à la Prévert", qui ne "compense pas les cadeaux faits aux plus riches", selon Julien Bayou (EELV).

En présentant lui-même la "stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté", Emmanuel Macron a cherché à briser l'image de "président des riches" qui a contribué à sa forte baisse dans les sondages.

Il a aussi donné des gages à l'aile gauche de sa majorité, qui appelait à un tournant social de la politique gouvernementale jugée trop libérale par certains élus.

Mais lui-même a rejeté toute idée de "tournant social", réaffirmant la cohérence de la politique menée depuis le début du quinquennat.

Il a d'ailleurs repris l'une de ses formules les plus polémiques, celle sur les "premiers de cordée", qu'il avait utilisée à l'automne 2017. "Personne n'est premier de cordée si le reste de la société ne suit pas", a-t-il souligné, en appelant "les premiers de cordée à ne pas oublier les derniers de cordée".

La France comptait en 2016 quelque 8,8 millions de personnes pauvres, soit 14% de la population, selon l'Insee. Ce taux monte à 19,8% pour les moins de 18 ans.

Sont considérés comme pauvres celles et ceux qui perçoivent moins de 1.026 euros par mois (pour une personne seule), c'est-à-dire moins de 60% du revenu médian de la population.

- Repas à un euro -

Le plan s'appuie sur deux "piliers", la prévention de la précarité, notamment chez les plus jeunes, et l'aide à la réinsertion vers l'emploi.

Sur le premier volet, il prévoit notamment d'ouvrir davantage les crèches aux enfants de quartiers prioritaires ou défavorisés - via des bonus financiers aux collectivités -, de créer un fonds pour financer des petits-déjeuners dans les écoles prioritaires.

"L'accès à la cantine sera rendu plus universel en développant les repas à un euro", a précisé Emmanuel Macron.

Pour les jeunes, l'obligation de formation passera de 16 à 18 ans. Des moyens supplémentaires seront attribués aux missions locales pour qu'elles repèrent les décrocheurs du système scolaire et leur proposent des formations.

En outre, le dispositif "garantie jeune", pour les 16-25 ans les plus éloignés de l'emploi, sera étendu à "500.000 jeunes avant la fin du quinquennat", contre 100.000 actuellement.

L'Etat veut par ailleurs trouver des solutions avec les départements pour prolonger le suivi des enfants de l'Aide sociale à l'enfance jusqu'à 21 ans.

En matière de santé, la CMU (couverture maladie universelle) sera étendue à plusieurs millions de personnes pour qu'elles bénéficient d'une complémentaire santé.

Concernant le "deuxième pilier", le président a annoncé "une loi en 2020" pour créer "un revenu universel d'activité" dont "l?État sera entièrement responsable", précisant que ce revenu serait soumis à "des droits et des devoirs supplémentaires". En contrepartie d'un "droit à être aidé et accompagné (...), nous veillerons à ce que les devoirs soient respectés" par les bénéficiaires.

Emmanuel Macron, qui s'était emporté en juin contre +le pognon de dingue+ que représentent les aides sociales, a en outre appelé à "repenser les minima sociaux", un véritable "maquis" selon lui. Cela impliquera que l'Etat s'engage aux côtés des "départements, des métropoles" pour mieux accompagner les personnes les plus éloignées de l'emploi, notamment bénéficiaires du RSA.

jri-ab-jlo-cel/jk/nm

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L'ouragan Florence joue au chat et à la souris en Caroline du Sud

"C'est la roulette russe. Nous ne savons pas où elle va frapper": Florence, l'ouragan qui se dirige vers la côte Est des États-Unis, joue avec les nerfs des habitants de la Caroline du Sud.

Rétrogradée mercredi d'un cran en une tempête catégorie 2, Florence devrait approcher les côtes de la Caroline du Nord et de la Caroline du Sud jeudi soir et vendredi, mais chacun se demande s'il va être dans la partie la plus violente de l'ouragan, dont la trajectoire est incertaine.

"C'est une fille méchante et capricieuse. Elle ne sait pas ce qu'elle veut faire", lance Kelly Preston, une femme au foyer de 56 ans, marchant des les rues encore ensoleillées de Charleston, en Caroline du Sud.

Jusqu'à mardi, on prévoyait que Florence, avec ses vents de 175 km/h et ses pluies torrentielles, toucherait terre en Caroline du Nord.

Mais le Centre national des Ouragans parlait plutôt mercredi soir d'une "arrivée lente" qui lui ferait vraiment toucher terre en Caroline du Sud vendredi soir ou samedi.

"C'est la roulette russe. Nous ne savons pas où elle va frapper", explique Mme Preston. "Tout ce que je veux, c'est aller m'asseoir chez moi dans mon fauteuil".

Nicholas Cundiff, un docteur de 27 ans roulant à vélo dans les rues désertes de la ville, n'envisage pas de la quitter, alors que les autorités de l'Etat ont ordonné l'évacuation de près d'un million de personnes.

"Je n'ai pas encore vraiment décidé, je vais probablement rester", explique-t-il à l'AFP.

"C'est un peu déconcertant, car il y a tellement d'inconnues, mais je crois que ça n'a pas l'air trop horrible, et que je pourrai m'en tirer. Si jamais ça tourne vraiment mal, je partirai", ajoute-t-il.

- "Attention, l'Amérique!" -

Dans Charleston, on ne voyait plus guère dans les rues que les gens en train de finir de protéger les maisons, et les équipes de secours aidant à mettre des planches sur les fenêtres ou des sacs de sable devant les portes d'entrée.

Mais de nombreuses maisons dans cette ville historique sont vieilles et souvent en mauvais état, et beaucoup restaient sans aucune protection.

"Je suis inquiet car je vois que beaucoup de gens ne sont pas préparés. Parce qu'au départ, on ne pensait pas que ce serait trop terrible ici", explique Barry Sparks, un retraité en train de faire provision d'eau à Columbia, la capitale de l'Etat.

Les Etats tout le long de la côte ont déclaré l'état d'urgence, s'attendant à une montée des eaux et des inondations potentiellement catastrophiques.

Les habitants ont même reçu un avertissement... venu de l'espace. L'astronaute allemand Alexander Gerst a tweeté des photos de l'ouragan prises depuis la Station spatiale internationale, avec la légence "Attention, l'Amérique!"

"Préparez-vous sur la côte est, vous avez un vrai cauchemar qui vous arrive dessus", a-t-il ajouté.

Mais le Dr Cundiff refuse de s'inquiéter.

"C'est une belle journée. Comme je vais ensuite être enfermé pendant deux jours, je me suis dit que je pouvais aussi bien profiter de ce beau temps aujourd'hui pour être dehors avec mon vélo".

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Les funérailles nationales de Kofi Annan ont débuté au Ghana

Les funérailles nationales de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, ont commencé jeudi matin dans son pays natal, le Ghana, où se sont rendus de nombreux chefs d'Etat et dirigeants du monde entier.

La cérémonie, sobre et religieuse, se déroule au Centre international de conférences d'Accra, et marque la fin de trois jours de deuil national, où Ghanéens et dignitaires ont pu rendre un dernier hommage à Kofi Annan et se recueillir devant son cercueil.

Monseigneur Daniel Sarfo, évêque de Kumasi, ville d'origine de M. Annan a ouvert les cérémonies par ces mots: "Aujourd'hui, une page de l'histoire se joue au Ghana. L'un de nos fils illustres se trouve devant nous. Nous sommes reconnaissants à Dieu, qu'il l'ait utilisé pour réaliser son travail d'humanité et de paix".

"Aujourd'hui, il a fini sa mission", a déclaré l'homme d'église avant que l'orchestre national entame une longue série de chants religieux anglicans.

Depuis lundi, des posters immenses avec son portrait ont été installés dans Accra pour rappeler que cet enterrement est avant tout "la célébration de la vie" de celui que le président ghanéen à qualifié d'un des hommes "les plus illustres de sa génération".

Le cercueil de Kofi Annan, recouvert du drapeau vert, jaune, noir et rouge du Ghana, était présenté devant quelques centaines de personnes, dont, au premier rang, son épouse Nane Maria et sa famille proche, ainsi que le président ghanéen Nana Akufo-Addo, le président ivoirien Alassane Ouattara, et le sécrétaire général des Nations Unis, António Guterres, qui doit prononcer un discours en l'honneur de son prédécesseur.

Tous habillés de noir, trois anciens présidents ghanées étaient également présents (J.J Rawlings, John Kuffour and John Mahama), ainsi que des chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest et des représentants de l'Union Européenne et la princesse Beatrix, ancienne reine des Pays-Bas, qui est une amie proche de la famille Annan.

- Prix Nobel de la Paix -

Ces funérailles, qui devraient durer toute la matinée, seront suivies d'un enterrement privé dans le cimetière militaire de la capitale.

M. Annan, que certains considéraient comme une "rock star diplomatique" dans les cercles diplomatiques internationaux, a dirigé l'ONU de 1997 à 2006 et a été le premier originaire d'Afrique subsaharienne à parvenir à ce poste. Il fût également lauréat du Prix Nobel de la Paix, en 2001.

Il est décédé le 18 août à l'âge de 80 ans à son domicile en Suisse, où il a passé la majeur partie de sa vie, après une brève maladie.

Né à Kumasi, deuxième ville du pays et capitale de la région d'Ashanti, M. Annan a consacré quatre décennies de sa vie à l'ONU, où il a eu à affronter les défis des guerres en Afghanistan et en Irak, et où il était apprécié pour son élégance et son charisme discret.

Annan a reçu le prix Nobel de la paix, après les attaques du 11 septembre aux États-Unis, conjointement avec l'ONU, "pour leur travail en faveur d'un monde mieux organisé et plus pacifique".

Après avoir quitté son poste de secrétaire général en 2006, il a continué son travail diplomatique, menant des médiations dans plusieurs conflits, et, plus récemment, il a dirigé une commission consultative en Birmanie sur la crise dans l'État de Rakhine.

Il est également intervenu en tant que négociateur entre le gouvernement et l'opposition kenyane pendant les violences postélectorales de fin 2007, conduisant à la formation d'un gouvernement de coalition.

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Torture en Algérie: Macron reconnaît la mort d'Audin "du fait d'un système institué par la France"

La famille de Maurice Audin et le PCF l'attendaient depuis 61 ans: Emmanuel Macron va reconnaître jeudi que ce mathématicien communiste militant de l'indépendance de l?Algérie, disparu en 1957, "est mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France".

Le chef de l'Etat est attendu jeudi à la mi-journée à Bagnolet, au domicile de la veuve de Maurice Audin, pour lui remettre une déclaration en ce sens, a précisé jeudi l'Elysée, confirmant une annonce sur France Inter du mathématicien et député LREM Cédric Villani, un proche de la famille qui avait toutefois été un peu plus loin en parlant d'une "reconnaissance de la responsabilité de l'Etat" dans son décès.

Emmanuel Macron va également annoncer à cette occasion "l?ouverture des archives sur le sujet des disparus civils et militaires, français et algériens", selon l'Elysée.

La disparition de Maurice Audin est l'une des plus mystérieuses de la guerre d'Algérie. Le 11 juin 1957, cet assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du Parti communiste algérien, suspecté d'aider le FLN, était arrêté, probablement par des parachutistes du général Jacques Massu, pendant la bataille d'Alger. Sa trace était perdue dix jours plus tard.

Aucune explication officielle ne sera donnée sur la disparition de ce père de trois enfants, si ce n'est "son évasion au cours d'un transfert". Sa femme Josette a déposé plainte contre X pour homicide volontaire à Alger et un comité de soutien s'est constitué autour d'elle.

Les défenseurs d'Audin devront attendre 2013 pour obtenir une première victoire avec l'ouverture des archives concernant l'affaire décidée par François Hollande.

- "Acte politique" -

Dans "La vérité sur la mort de Maurice Audin", paru en janvier 2014 le journaliste Jean-Charles Deniau concluait que Maurice Audin avait été tué par un sous-officier français sur ordre du général Jacques Massu, patron de la 10e division parachutiste (DP) pendant la bataille d'Alger. Un ordre répercuté par Paul Aussaresses, un autre général, qui avait revendiqué plus tard l'usage de la torture en Algérie.

Cédric Villani a tracé jeudi un parallèle entre la décision d'Emmanuel Macron et la reconnaissance du rôle de la France dans la Shoah par Jacques Chirac en 1995. Il a défendu "un moment non pas d'accusation, mais un moment de vérité, un moment où on regarde l?histoire en face, et où on prend bien garde à ne pas jeter le blâme sur tout le monde sans distinction, mais où on invite tout le monde à parler et panser les plaies".

Le geste du président, à la veille de l'ouverture de la Fête de l'Humanité, et le jour de l'annonce du plan pauvreté, a été immédiatement salué à gauche, et au premier chef par le parti communiste qui plaide depuis des décennies aux côtés de la famille. Pierre Laurent y voit "une victoire historique de la vérité et de la justice", se réjouissant que tombe "un mensonge d'État qui durait depuis 61 ans".

L'historien du colonialisme Alain Ruscio souligne auprès de l'AFP le "front primordial" qu'a été l'affaire Audin dans la lutte anticoloniale, "une sorte d'étendard".

- Guerre des mémoires? -

La décision historique d'Emmanuel Macron risque-t-elle de raviver la guerre des mémoires, comme l'avait fait sa déclaration en février 2017, lorsque le candidat à la présidentielle avait qualifié la colonisation de l'Algérie de "crime contre l'humanité"?

"La France est grande quand elle affronte sereinement tout son passé", a estimé le député PS Boris Vallaud sur Twitter.

Mais pour le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau, qui réagissait sur RTL, si "il ne faut jamais craindre la vérité, (...) il ne faut pas instrumentaliser l'histoire, ce qui est souvent un sport national français, pour se battre la coulpe à perpétuité."

"Macron commet un acte de division, en pensant flatter les communistes", s'est indignée Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN, ex FN), au micro du Talk du Figaro. "Quel est l'intérêt pour le président de la République de rouvrir des blessures, en évoquant le cas de Maurice Audin? Il souhaite surfer sur la division des Français, au lieu de les réunir dans un projet".

"C'est une reconnaissance de la vérité historique. Ce n'est pas un geste de repentance qui montrerait qu'Emmanuel Macron est sous la coupe de tel ou tel lobby", estime en revanche le politologue spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus.

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Guy Orsoni, fils de l'ex-leader nationaliste Alain Orsoni, blessé par balles à Ajaccio

Guy Orsoni, fils de l'ex-leader nationaliste Alain Orsoni, a été blessé par balles jeudi matin en plein centre d'Ajaccio, mais ses jours n'étaient pas en danger, a-t-on appris auprès du parquet.

Le trentenaire a été blessé au bras par des tirs alors qu'il se trouvait à l'entrée des Jardins de l'Empereur, un quartier populaire situé sur les hauteurs de la ville.

Selon une source proche de l'enquête, Guy Orsoni circulait en voiture blindée lorsque deux hommes à moto lui ont tiré dessus. Il a réussi à échapper à ses agresseurs en se dirigeant vers le centre-ville, où il s'est arrêté à hauteur du tribunal et a été pris en charge par des policiers, selon la même source.

Guy Orsoni a été hospitalisé en fin de matinée.

La police judiciaire a été saisie de l'enquête par le parquet, qui devrait, selon une source judiciaire, être "rapidement dessaisi au profit de la Jirs (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille".

Poursuivi avec 10 autres personnes notamment pour assassinats et association de malfaiteurs en vue de commettre des assassinats, Guy Orsoni avait été acquitté en juin 2015 pour les crimes et condamné à 8 ans de prison pour une association de malfaiteurs en vue de se procurer de faux papiers.

L'accusation avait alors affirmé que ces assassinats s'inscrivait dans une "guerre des clans" entre d'un côté les proches d'Alain Orsoni et de l'autre des proches de la bande du Petit Bar, du nom d'un café d'Ajaccio où se réunissaient des malfaiteurs présumés. Pour l'accusation tous ces faits étaient la réponse du "clan Orsoni" à un complot visant à tuer Alain Orsoni déjoué à l'été 2008, doublé d'un conflit financier.

En mai 2017, Guy Orsoni avait été mis en examen dans une nouvelle affaire et placé en détention provisoire pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.

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Birmanie: Aung San Suu Kyi défend l'emprisonnement de journalistes de Reuters

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a défendu jeudi l'emprisonnement de deux journalistes de Reuters après leur enquête sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée de son pays, mais elle a concédé que la crise globale, qualifiée de génocide par l'ONU, aurait pu être "mieux gérée".

"Ils n'ont pas été emprisonnés parce que c'étaient des journalistes" mais parce que "le tribunal a décidé qu'ils avaient enfreint" la loi, a-t-elle dit lors du Forum économique mondial de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est à Hanoï, commentant pour la première fois ce jugement prononcé le 4 septembre.

"Si nous croyons en l'État de droit, ils ont tout à fait le droit de faire appel du jugement", a-t-elle préconisé, alors que l'indépendance du système judiciaire birman est sujet à caution.

"Une fois de plus, Aung San Suu Kyi a faux sur toute la ligne (...) Elle ne comprend pas que l'+état de droit+ implique que soient respectées les preuves présentées à l'audience", a critiqué l'ONG Human Rights Watch, réagissant à cette rare prise de parole de la dirigeante birmane.

Sean Brain, de la Commission internationale des juristes, ONG internationale ayant suivi de près le procès, a contredit Suu Kyi, dénonçant un procès ayant été "un échec manifeste de l'état de droit".

La Prix Nobel de la Paix a été très critiquée à l'étranger pour son silence dans cette affaire, au point d'être qualifiée de "porte-parole des militaires" par un haut-responsable de l'ONU.

Campant sur sa ligne de défense, elle s'est aussi montrée imperméable aux accusations contre l'armée birmane venues de l'ONU, qui a parlé fin août de "génocide" de la minorité musulmane des Rohingyas.

Tout juste a-t-elle concédé que les militaires auraient pu "mieux gérer" la crise, qui a conduit à l'exode au Bangladesh de 700.000 personnes depuis l'été 2017.

"A posteriori, il y a bien sûr des façons dont la situation aurait pu être mieux gérée", a-t-elle dit en marge du Forum économique à Hanoï.

- Blocage du gouvernement -

Après des mois de blocage par le gouvernement birman, des fonctionnaires de l'ONU ont débuté mercredi une mission en Birmanie afin d'évaluer les conditions d'un éventuel retour des centaines de milliers de Rohingyas qui ont fui le pays.

Cette mission intervient dans un contexte de grande tension entre la Birmanie et les Nations Unies.

Des enquêteurs de l'ONU avaient demandé en août que des poursuites soient engagées contre le chef de l'armée et cinq haut gradés.

La Cour pénale internationale s'était ensuite déclarée compétente pour enquêter sur certains des crimes perpétrés.

Aung San Suu Kyi est directement visée par le rapport des experts de l'ONU, qui déplore qu'elle n'ait pas utilisé son "autorité morale" pour tenter de faire cesser les atrocités.

En 2017, sous la menace de l'armée et de milices bouddhistes, plus de 700.000 Rohingyas ont fui le pays. Ils ont trouvé refuge dans d'immenses campements de fortune au Bangladesh.

Un accord de rapatriement a été signé entre Dacca et Naypyidaw fin 2017, mais le processus est au point mort, les deux pays se rejetant mutuellement la faute. Les réfugiés rohingyas refusent, quant à eux, de revenir tant que leur sécurité et leurs droits ne seront pas garantis.

Le rapport complet des enquêteurs de l'ONU est attendu le 18 septembre, et la Birmanie sera au centre des attentions lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies.

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Apple, fermement calé sur le haut de gamme, dévoile trois iPhone

Apple a présenté mercredi de nouvelles versions de l'iPhone: deux de très haut-de-gamme appelées iPhone Xs et Xs Max, mais aussi une version un peu plus abordable appelée iPhone Xr, montrant sa volonté de rester sur le segment "premium" sans augmenter massivement ses prix.

Les iPhone dévoilés mercredi au siège futuriste de Cupertino (ouest) sont des variantes plus sophistiquées --plus rapides notamment-- de l'iPhone X ("10") présenté l'an dernier pour fêter les dix ans du smartphone d'Apple, dont la compagnie est très dépendante financièrement.

"Nous allons amener l'iPhone X à un niveau supérieur", a promis le patron du groupe Tim Cook, chemise bleue et baskets blanches, sur la scène du Steve Jobs Theater, à propos de l'iPhone Xs, annonçant comme chaque année avoir concocté "l'iPhone le plus avancé" à ce jour.

Le groupe a présenté deux versions: une avec un écran 5,8 pouces (14,7 cm) et un modèle "Max" avec un écran de 6,5 pouces (16,5 cm).

Apple, qui avait marqué les esprits l'an dernier avec un iPhone X à 999 dollars, était très attendu sur ses nouveaux tarifs, qui doivent être assez élevés pour lui garantir une hausse de son chiffre d'affaires sans pour autant faire fuir les consommateurs.

Apple a donc choisi de vendre le Xs au même prix que le X: 999 dollars aux Etats-Unis pour la version de base, 1.159 euros en France, 1.149 en Allemagne. Le Xs Max, quant à lui, sera vendu à partir de 1.099 dollars, et commercialisé à partir de 1.259 euros en France, 11.249 en Allemagne. Ils seront livrés à partir du 21 septembre.

Le groupe a notamment insisté sur la qualité de l'écran OLED et de l'appareil photo, qui permettent tous deux de mieux profiter de la vidéo et des applications de réalité augmentée, deux domaines sur lesquels Apple travaille, cherchant à diversifier ses activités face à un marché mondial du smartphone en panne.

Comme attendu, Apple a aussi présenté une version moins onéreuse, le iPhone Xr, vendu à partir de 749 dollars aux Etats-Unis et disponible en octobre. Il dispose en grande partie des mêmes fonctionnalités que le Xs mais avec un écran LCD plutôt que OLED et un châssis en aluminium plutôt qu'en acier.

"Nous voulons atteindre autant de clients que possible", a indiqué Phil Schiller, un des dirigeants du groupe, en charge du marketing mondial.

Moins cher, ce modèle confirme toutefois la volonté d'Apple de rester une référence haut-de-gamme: l'iPhone Xr sera vendu à partir de 859 euros en France, 849 en Allemagne, ce qui représente plus de la moitié du salaire mensuel minimum dans le pays.

- Aficionados -

Pour l'analyste Avi Greengart (GlobalData), "Apple a joué extrêmement bien" mercredi, notant que l"iPhone Xs Max devrait "se vendre très, très bien" tandis que l'iPhone Xr devrait "attirer ceux qui ne peuvent s'offrir un iPhone X". Tout cela "devrait faire augmenter le prix de vente moyen" pour Apple, dit-il.

La stratégie du très haut de gamme permet à Apple de maintenir jusqu'à présent sa part de marché tout en continuant d'augmenter son chiffre d'affaires issu de ses smartphones, un bon moyen de compenser l'atonie du marché mondial, complètement saturé et marqué par la concurrence croissante des groupes chinois.

Apple peut, de plus, compter sur un socle d'aficionados indéfectibles, prêts à casser leur tirelire pour s'offrir le dernier-né de la gamme.

Dès l'ouverture de son show ultra huilé au décorum hérité de son fondateur Steve Jobs aujourd'hui décédé (immense scène dépouillée sur fond noir), Apple avait annoncé avoir déjà vendu 2 milliards d'appareils mobiles.

"Nous sommes sur le point de livrer notre deux milliardième appareil fonctionnant sous iOS", système d'exploitation mobile d'Apple au c?ur des iPhone et des iPad, s'est vanté Tim Cook.

Le groupe a aussi présenté sa quatrième version de montre connectée AppleWatch, qui a notamment un écran 30% plus grand et davantage de fonctionnalités liées à la santé, comme un détecteur de chute et la possibilité de réaliser un électrocardiogramme.

Une façon de s'adresser à un public vieillissant mais connecté tout comme à de jeunes hipsters vivant à cent à l'heure.

Ces annonces confirment qu'Apple est à la "croisée des chemins", dix ans après le premier iPhone, estime le cabinet CB Insights. "Apple est clairement en train de se renforcer dans la réalité augmentée et les +wearables+ (accessoires à porter sur soi, comme l'Apple Watch, NDLR)" mais le prochain produit révolutionnaire d'Apple --comme l'ont été l'iPod ou l'iPhone -- "se fait toujours attendre".

Avec environ 12% du marché mondial, la firme à la pomme a perdu au deuxième trimestre sa deuxième place, détrônée par le chinois Huawei qui connaît une croissance ultrarapide, selon les cabinets Gartner et IDC.

Malgré les polémiques, (optimisation fiscale, condition de travail chez les sous traitants, dépendance à la technologie, prix élevés, obsolescence programmée, panne d'inspiration...) rien n'y fait, Apple continue d'engranger des bénéfices records ces dernières années.

Preuve de la confiance des investisseurs, Apple a franchi début août le seuil symbolique des 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, le premier groupe privé à franchir cette barre.

Mercredi, le titre Apple a fini la séance en repli de 1,24%.

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Sécurité routière: net recul du nombre de morts en métropole en août

Le nombre de morts sur les routes de France métropolitaine a fortement baissé en août (-15,5%) avec 251 personnes tuées, contre 297 au cours du même mois en 2017, a annoncé la Sécurité routière jeudi.

Après une forte chute en mai (-8,4%), en juin (-9,3%) et en juillet (-5,5%), ces chiffres confirment la tendance à la baisse de la mortalité routière en France, amorcée en 2017 après trois années consécutives de hausse, selon les estimations provisoires de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).

Le nombre de blessés est lui aussi en baisse: 5.395 personnes ont été blessées sur les routes de métropole le mois dernier, contre 5.523 à la même période l'an dernier (-2,1%).

Au total, métropole et Outremer confondus, 267 personnes ont perdu la vie sur les routes en août 2018.

Mais cette baisse de la mortalité routière pendant un mois d'août traditionnellement chargé sur les routes s'accompagne de "mauvais résultats" concernant les cyclistes et les motos, parmi les pires "depuis cinq ans" avec 24 cyclistes tués, souligne la Sécurité routière.

La 1er juillet, au tout début de la période des vacances d'été, est entrée en vigueur la nouvelle limitation controversée de la vitesse à 80 km/h sur 400.000 km de routes secondaires, avec l'objectif de réduire le nombre de tués.

Depuis l'annonce de cette mesure en janvier, "on a énormément parlé de sécurité routière et plus on parle de sécurité routière, plus on a de bons résultats", a réagi auprès de l'AFP Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, expliquant toutefois qu'il faudra "se donner du temps pour voir" les effets précis de l'abaissement de la limitation de la vitesse à 80 km/h.

L'annonce de la mesure avait fait bondir des associations d'automobilistes, de motards, mais aussi des parlementaires et des élus locaux de tous bords qui s'étaient mobilisés, en vain pour le moment, pour tenter de faire reculer le gouvernement.

"L'objectif, ça n'est pas d'emmerder le monde. L'objectif, c'est de faire en sorte qu'il y ait moins de morts et moins de blessés graves", avait martelé fin juin le Premier ministre Edouard Philippe.

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Coupe Davis: et la France se reprend à rêver

Un seul être vous manque... Le forfait de Rafaël Nadal a totalement relancé le suspense d'une demi-finale de Coupe Davis France-Espagne qui en paraissait quasiment dépourvue, permettant aux Bleus de rêver d'une deuxième finale de suite, à partir de vendredi à Villeneuve d'Ascq.

Une bonne étoile suit décidément Yannick Noah. Depuis qu'il a pris les rênes de l'équipe de France de Coupe Davis en 2016, les N.1 adverses ont bien souvent eu la fâcheuse tendance à manquer à l'appel. Des désistements qui ont considérablement dégagé la route des Bleus depuis deux ans (Berdych et Raonic en 2016).

Lors de la campagne victorieuse de 2017, la France a joué face au Japon sans Nishikori, face à la Grande-Bretagne sans Andy Murray et face à la Serbie sans Djokovic. Un strike! Si cela ne rabaisse en rien la valeur d'une Coupe Davis - la Belgique a été battue en finale avec David Goffin -, cela facilite évidemment la tâche.

L'histoire se répète donc. On ne donnait pas cher de la peau de Bleus bien pâles ces dernières semaines face à une équipe d'Espagne agrémentée d'un Nadal qui n'a perdu qu'un seul match de Coupe Davis dans sa carrière.

- Morceau compliqué -

La probabilité d'un forfait du Majorquin, ultramotivé cette saison pour ramener la Coupe, la dernière sous l'ancienne formule, la seule, la vraie, couvait avec insistance depuis que le genou récalcitrant du Majorquin était apparu strappé à l'US Open.

Juste avant l'annonce de la sélection française la semaine dernière, le scénario d'un énième forfait idyllique pour les Bleus semblait se dessiner. Et cela n'a pas raté. Le lendemain de son abandon face à Del Potro en demi-finale, Nadal a jeté l'éponge.

Ce retrait change tout comme l'a résumé mardi le capitaine des Bleus, assurant diplomatiquement qu'en tant que "fan de tennis", il regrettait que le N.1 mondial ne vienne pas à Villeneuve d'Ascq. Mais il a vite repris sa casquette: "En tant que capitaine, cela change tout pour la rencontre. La physionomie est totalement différente, notamment au niveau de la préparation. Quand Nadal joue, c'est quasiment deux points (assurés) pour l'Espagne... Là, ça change et il faut s'adapter".

Une adaptation dans ce sens apparaît tout de suite plus facile à gérer. Mais voilà. Même sans Nadal, l'Espagne reste un morceau compliqué. Les deux meilleurs joueurs de Sergui Bruguera, Carreno Busta (21e) et Bautista Agut (26), se tiennent à deux places près des deux meilleurs Français Lucas Pouille (19e) et Richard Gasquet (24e). Et la surface rapide choisie au départ pour tenter de désavantager le plus possible Nadal, n'est pas du tout un problème pour eux.

- Des Bleus qui se cherchent -

Comme l'a rappelé Yannick Noah, "sur le papier" cette équipe "est encore meilleure que la nôtre". Un état des lieux à mettre en relief avec le niveau des joueurs français en ce moment.

En dehors de la blessure de Nadal, l'US Open ne leur a pas fait du bien, incapables de poursuivre en deuxième semaine, comme à chaque Grand Chelem cette saison.

Lucas Pouille, en quête de confiance depuis des mois, s'en est un peu mieux sorti, battu au 3e tour. Mais sa spirale négative n'a pas été brisée. Il n'a jamais affronté Carreno Busta, qui lui aussi a tutoyé le top 10 il y a un an. Et Bautista Agut n'est pas un joueur qui lui réussit (3 victoires à 1 pour l'Espagnol).

La situation n'est pas meilleure pour Richard Gasquet, qui n'a jamais gagné contre Carreno Busta, et une seule fois en trois confrontations contre Agut. La possibilité de voir jouer Benoît Paire, le bizuth surprise de la sélection, après le forfait de Nadal, a considérablement fondu. A moins que Yannick Noah ne concocte une énième surprise...

C'est une banalité en Coupe Davis mais la bascule du double devrait être évidemment décisive. Le néo-retraité Julien Benneteau (probablement associé à Nicolas Mahut), qui avait été privé de finale la saison dernière, aura certainement à coeur de finir (enfin) sa carrière sur une victoire dans cette même salle de Villeneuve d'Ascq où les Bleus avaient été sacrés.

L'exploit est en tout cas à portée. Reste à le saisir.

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Hôpitaux, maisons de retraite: quand le "fait maison" dame le pion à la restauration collective

"Manger un repas beau, bon, chaud, que l'on a choisi" contribue à la guérison, estime-t-on au Centre de cancérologie Léon Bérard à Lyon, qui sert du mixé fait maison, varié et frais, en lieu et place des menus uniques et décongelés de la restauration collective.

Quand Pierrot Gourdet, Guyanais de 57 ans, est venu soigner son cancer du pancréas, il ne s'alimentait presque plus et pesait 40 kilos. En une semaine il en a regagné quatre et mange avec plaisir les repas mixés préparés sur place.

"J'ai perdu 12 kilos en deux mois, je ne tenais plus debout, ma tête tournait. Maintenant ça va. Ici, on me demande ce que je veux manger et c'est bon", dit-il à l'AFP.

En 2009 le centre Léon Bérard a mis fin au contrat du groupe de restauration collective Sodexo pour travailler avec une PME locale, SHCB. Et depuis six mois, il se passe des barquettes de repas mixés que livrait l'industriel Nutrisens pour les patients ayant des problèmes de déglutition, atteints par exemple de cancers de la sphère ORL.

"Nous voulions retrouver la maîtrise des choses, servir des repas plus sains, sans additifs, frais, avec des ingrédients locaux et du bio", dit Tristan Deredec, responsable de la restauration et salarié de SHCB.

Les malades qui "ne faisaient pas la différence entre du b?uf, du poulet ou du veau", ont retrouvé le goût des aliments, rapporte Anne Villeneuve, diététicienne de SHCB, et ils "apprécient la variété des recettes".

Aussi les repas mixés industriels, allongés avec du bouillon, se transformaient en bouillie liquide peu nourrissante: 1.500 kilocalories, soit 500 kcal de moins que les besoins quotidiens d'un adulte.

Un an de tests a été nécessaire pour lever les difficultés: empêcher que les pâtes ne deviennent élastiques ou qu'une croûte ne se forme à la surface, en l'absence de stabilisant industriel.

Ainsi ont été mis au point des mixés maison savoureux, à la texture ferme grâce à l'ajout de blanc d'?uf et de crème "pour fixer la volaille, le b?uf ou l'agneau", explique la jeune Jennifer, qui les prépare.

- Manger à la cuillère, "déprimant" -

Ces purées se mangent ainsi à la fourchette et non "à la cuillère, ce qui était très déprimant" pour les jeunes patients, souligne Mme Villeneuve.

Une enquête de satisfaction montre des retours positifs et d'autres établissements comme le centre hospitalier de Montpellier ou les Hospices civils de Lyon, sont venus s'inspirer de l'expérience.

En outre, il n'y a "pas eu de surcoûts par rapport à des plats préparés" car les produits frais sont "achetés en grands volumes" ce qui fait baisser leur prix précise Sophie Beaupere, directrice générale adjointe de Léon Bérard.

De grands groupes reviennent eux aussi au cuisiné sur place comme Korian, dans ses 750 cliniques et maisons de retraites en France, Allemagne, Belgique et Italie.

"Tout est préparé chez nous, avec des ingrédients non transformés, achetés à 70% en France (...) nous organisons des concours de chefs et le groupe Gault et Millau a labellisé dix tables", dit à l'AFP Sophie Boissard, sa directrice générale. Centraliser les achats a permis de "faire des économies en supprimant les intermédiaires" et de "monter en gamme pour le même budget".

De leur côté, les géants Elior ou Sodexo, numéro deux mondial de la restauration collective derrière le Britannique Compass, assurent vouloir répondre à l'exigence de traçabilité et d'approvisionnement local ou bio de leurs clients.

Mais cela entre en conflit avec la recherche de rentabilité dans un secteur aux marges en érosion.

Fin juin en rencontrant les investisseurs, Elior s'est ainsi félicité de réduire ses "contraintes de livraison" en produisant des repas consommables pendant trois semaines.

Le groupe veut aussi augmenter les capacités de production de sa centaine de "cuisines centrales" en France, Espagne et Italie, d'où sortent des millions de repas, surgelés et livrés plusieurs jours après, en "automatisant toutes les tâches qui ne présentent pas de valeur ajoutée culinaire".

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