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Collaborateur violent de Macron: l'Elysée tente de stopper la bronca

La présidence peinait jeudi à couper court à la bronca suscitée par une vidéo montrant un collaborateur d'Emmanuel Macron frappant un manifestant le 1er-Mai, qui a déclenché l'ouverture d'une enquête préliminaire pour violences et usurpation de fonction.

L'incendie est parti du site du Monde qui a mis en ligne mercredi soir une vidéo filmée par un manifestant place de la Contrescarpe à Paris, où un homme, identifié comme Alexandre Benalla, coiffé d'un casque à visière des forces de l'ordre, s'en prend à un jeune homme à terre.

Les images ont déclenché l'indignation à gauche comme à droite.

Emmanuel Macron, en déplacement en Dordogne a refusé de répondre aux questions. Interpellé par un journaliste lui demandant si la République était "entachée" par cette affaire, il a juste répondu: "non, non, elle est inaltérable !"

Le porte-parole de l'Elysée Bruno Roger-Petit a indiqué qu'Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence au moment des faits, a rapidement reçu "la sanction la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Elysée".

Il a été "mis à pied pendant quinze jours avec suspension de salaire" et "démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du président", pour "punir un comportement inacceptable". C'est "un dernier avertissement avant licenciement", a-t-il souligné.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "violences par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions" et "usurpation de signes réservés à l'autorité publique".

- "Observateur" -

La préfecture de police a souligné qu'"il n'est pas rare qu'elle accueille pour de courtes durées" des personnes extérieures. Casques et gilets pare-balles leur sont fournis, mais elles "doivent se cantonner à un rôle d?observateur."

A l'Assemblée nationale, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a évoqué des "gestes absolument inadaptés". L'entourage du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb ne faisait aucun commentaire.

Selon Bruno Roger-Petit, Alexandre Benalla avait été "autorisé", à sa demande, à "observer les opérations de maintien de l'ordre pour le 1er Mai", sur "un jour de repos".

Mais en participant "physiquement", "il a largement outrepassé cette autorisation", et a été "immédiatement convoqué" par sa hiérarchie.

Un deuxième homme a aussi "outrepassé son autorisation", a révélé le porte-parole de l'Elysée. Vincent Crase, gendarme réserviste et employé de LREM, a aussi écopé d'une "mise à pied de quinze jours avec suspension de salaire", et "il a été mis également fin à toute collaboration entre lui et la présidence de la République".

La polémique a rapidement gonflé dans la classe politique, jusque dans le parti du président. Le député LREM Laurent Saint-Martin a estimé qu'Alexandre Benalla ne devait "plus travailler à l'Elysée" car "il a failli", tout en estimant que l'Elysée a eu le "bon réflexe" en le rétrogradant rapidement.

- "Montrer l'exemple" -

A droite, le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a sommé Emmanuel Macron de "s'exprimer", demandant notamment s'il y a eu "des man?uvres" pour "étouffer" l'affaire.

"Ce n'est pas le genre de la maison", a répondu le chef de file des députés LREM Richard Ferrand.

Même demande de clarification à gauche: pour le premier secrétaire du PS Olivier Faure, M. Benalla doit "être redevable devant la justice".

"Pourquoi les policiers ont laissé faire ? Pourquoi la justice n'a pas été saisie? Pourquoi Emmanuel Macron s'est contenté d'une mise à pied ? Que fait ce nervi dans la sécurité à l'Elysée ?", a interrogé le député LFI Eric Coquerel.

Le porte-parole du Rassemblement national (RN, ex-FN) Sébastien Chenu y a vu "un signal de déconnexion totale d?Emmanuel Macron et sa cour" avec les Français, estimant aussi que cette affaire "fait mal aux forces de l?ordre".

"Quand on est à l'Elysée on doit montrer l'exemple et aujourd?hui le sentiment qu'on a, c'est qu'à l'Elysée on se croit au-dessus de tout", a résumé M. Wauquiez.

Alexandre Benalla a été membre du service d'ordre de François Hollande durant la campagne de 2012. Son efficacité a été très appréciée durant la campagne d'Emmanuel Macron. Il a depuis été souvent vu avec le président. Des images de BFMTV le montraient dans le bus des Bleus sur les Champs-Elysées lundi.

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Israël: accusations de "racisme" après le vote d'une loi sur "l'Etat-nation juif"

Le Parlement d'Israël a adopté jeudi une loi définissant le pays comme "l'Etat-nation du peuple juif", un texte polémique qui suscite des accusations de "racisme" envers la minorité arabe, en dépit de l'amendement d'un article controversé.

La loi, adoptée par 62 voix contre 55, stipule notamment que l'hébreu devient la seule langue officielle d'Israël, alors que l'arabe avait auparavant un statut identique. Il déclare que les "implantations juives (sur le territoire israélien) relèvent de l'intérêt national" et proclame que Jérusalem est la capitale d'Israël, y compris la partie orientale de la ville annexée.

La loi labelle "l'Etat d'Israël comme l'Etat national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique ainsi que son droit à l'autodétermination". L'article le plus controversé, qui évoquait la possibilité de créer des localités exclusivement réservées aux juifs, excluant les citoyens arabes israéliens, a en revanche été amendé.

Les Arabes israéliens sont les descendants des Palestiniens restés sur leurs terres à la création d'Israël en 1948. Ils représentent 17,5% de la population israélienne très majoritairement juive et se disent victimes de discriminations.

Le texte amendé affirme que "l'Etat considère que le développement des implantations juives relève de l'intérêt national et que l'Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt".

La formulation initiale avait suscité une vague de critiques, notamment du président Reuven Rivlin, du procureur général Avishai Mandelblit et de la délégation de l'Union européenne en Israël en raison de son caractère jugé discriminatoire.

- "Mort de notre démocratie" -

La nouvelle formule, plus vague, a toutefois été également dénoncée avec force par l'opposition, notamment le député arabe Ayman Odeh, qui a brandi durant le débat un drapeau noir à la tribune pour marquer "la mort de notre démocratie".

Un autre député arabe, Youssef Jabareen, a affirmé que cette loi encourageait "non seulement la discrimination, mais aussi le racisme, elle va perpétuer le statut d'infériorité des arabes en Israël", l'Etat hébreu agissant comme "un mouvement juif et colonial, qui poursuit la judéisation de la terre et continue à voler les droits de ses propriétaires".

La députée d'opposition travailliste, Shelly Yachimovich, a elle aussi affirmé à la radio militaire qu'il s'agissait d'une "loi à la fois superflue et raciste".

Cette loi est "dangereuse et raciste par excellence", a fustigé le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, sur son compte Twitter, affirmant qu'elle légalisait "officiellement l'apartheid".

Selon lui, le texte "dénie aux citoyens arabes leur droit à l'autodétermination qui n'est plus déterminé que par la population juive".

- "Moment d'Histoire" -

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est lui félicité du vote. "C'est un moment décisif dans l'histoire de l'Etat d'Israël qui inscrit dans le marbre notre langue, notre hymne et notre drapeau", a-t-il proclamé.

Et, lors des débats, le député du Likoud --le parti de M. Netanyahu--, Avi Dichter, qui était le rapporteur de la loi, a lancé aux députés arabes: "vous n'étiez pas ici avant nous et vous ne resterez pas ici après nous. Nous avons fait passer cette loi fondamentale pour empêcher la moindre velléité ou tentative de transformer l'Etat d'Israël en une nation de tous ses citoyens".

La loi entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de constitution en Israël.

Elle prévoit encore que le calendrier lunaire juif soit le calendrier officiel du pays.

A propos de la langue officielle, aucune loi n'ayant été votée à ce sujet depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948, l'hébreu et l'arabe étaient jusqu'à présent tous les deux considérées comme des langues quasi-officielles, utilisées dans tous les documents étatiques.

Après le vote de la loi, l'arabe n'aura qu'un "statut spécial", qui n'est pas précisément défini.

La radio publique a souligné que sur les 120 députés, 45 parlementaires juifs d'opposition avaient voté contre la loi.

M. Netanyahu, qui avait fait de ce texte son cheval de bataille, voulait à tout prix qu'il soit voté avant la fin de la session d'été du Parlement.

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La police britannique aurait identifié les empoisonneurs présumés des Skripal

La police britannique pense avoir identifié les suspects de l'empoisonnement au Novitchok de l'ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille Ioulia comme étant des Russes, une avancée majeure dans cette enquête, rapportait jeudi l'agence Press Association (PA).

"Les enquêteurs pensent qu'ils ont identifié les suspects de l'attaque au Novitchok via des (caméras de surveillance)", dont ils ont comparé les images avec "les dossiers des personnes qui sont entrées dans le pays à cette époque", a déclaré une source proche du dossier citée par l'agence britannique. "Ils (les enquêteurs) sont sûrs qu'ils (les suspects) sont Russes", a-t-elle ajouté.

Interrogé par l'AFP, Scotland Yard s'est refusé à tout commentaire.

L'empoisonnement de l'ex-agent double russe et de sa fille, début mars à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) au moyen du Novitchok, un puissant agent innervant issu d'un programme chimique soviétique, a été attribué par Londres à Moscou, qui nie toute implication.

L'affaire avait déclenché une crise diplomatique entre le Kremlin et les Occidentaux, et une vague d'expulsions croisées de diplomates.

Hospitalisés dans un état critique, Ioulia et Sergueï Skripal avaient pu sortir de l'hôpital après plusieurs semaines de soins.

Sergueï Skripal, ancien colonel du service de renseignement de l'armée russe, avait été condamné en 2006 pour "haute trahison", accusé d'avoir vendu des informations aux Britanniques. Il avait bénéficié en 2010 d'un échange d'espions organisé entre Moscou, Londres et Washington, et s'était installé en Angleterre.

L'empoisonnement des Skripal a été suivi plus récemment de celui d'un couple de Britanniques à Amesbury, non loin de Salisbury. Ces deux personnes ont aussi été intoxiquées par du Novitchok, contenu dans une petite bouteille. Les enquêteurs tentent de déterminer si le poison provient du même lot que celui qui a contaminé les Skripal.

- Fouilles 'méticuleuses' -

Charlie Rowley, 45 ans, est toujours hospitalisé, dans un état "grave mais stable", après avoir été admis dans un état critique le 30 juin. Sa compagne, Dawn Sturgess, 44 ans, mère de trois enfants, n'a pas survécu à l'empoisonnement.

Selon l'agence PA, Mme Sturgess aurait pu être "exposée à au moins 10 fois la quantité d'agent neurotoxique avec laquelle les Skripal sont entrés en contact".

Le Novitchok était contenu dans une bouteille de parfum ramassée par Charlie Rowley, a affirmé sur la BBC le frère de ce dernier, Matthew Rowley, un fait qui n'a pas été confirmé à ce stade par la police.

A la demande de Londres, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a dépêché sur place une équipe pour "déterminer de manière indépendante la nature de la substance qui aurait entraîné la mort" de Dawn Sturgess, a indiqué mercredi l'organisation dans un communiqué.

"L'équipe de l'OIAC a prélevé des échantillons" qui doivent être analysés, a-t-elle ajouté.

Poursuivant ses investigations, la police a de son côté annoncé mercredi avoir entamé des recherches "méticuleuses" dans un parc de Salisbury, le Queen Elizabeth Gardens.

Parallèlement au travail de la police, une "enquête publique" doit être formellement ouverte jeudi dans la ville pour faire la lumière sur la mort de Dawn Sturgess. Au Royaume-Uni, le rôle de ce type d'enquête est d'établir des faits, mais pas de prononcer des condamnations.

Dans une interview à la chaîne américaine Fox News, le président russe Vladimir Poutine a encore réfuté lundi tout implication de la Russie. "Nous voudrions voir des preuves documentées, mais personne ne nous en donne", a-t-il affirmé.

"Nous ne voyons que les accusations infondées -- pourquoi est-ce fait de cette manière? Pourquoi nos relations devraient-elles se détériorer à cause de cela?", s'est-il interrogé.

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Thaïlande: l'excursion dans une grotte qui a viré au cauchemar

C'était censé être une courte excursion entre amis. L'aventure s'est transformée en cauchemar de deux semaines, coincés dans une grotte, pour 13 jeunes Thaïlandais dont la "saga" aiguise désormais les appétits d'Hollywood.

Samedi 23 juin, après un entraînement de foot, les adolescents âgés de 11 à 16 ans avaient décidé d'aller explorer cette grotte, sans prêter attention au panneau à l'entrée mettant en garde contre les risques d'inondation en cette saison de mousson.

Pourquoi sont-ils entrés? Voulaient-ils célébrer l?anniversaire de Pheeraphat, qui a eu 16 ans ce jour-là? Les jeunes affirment que non, que c'était un simple troisième mi-temps entre amis.

Mais la pluie s'est soudain mise à tomber, très fort, et le niveau de l'eau est rapidement monté, obligeant le groupe à reculer dans la grotte.

"Nous n'avions rien avec nous, pas de nourriture", a expliqué mercredi soir Ekkapol Chantawong, l'entraîneur de 25 ans, seul adulte du groupe, lors de la conférence de presse où le groupe a enfin livré sa version de l'histoire.

"Nous buvions l'eau qui s'écoulait le long des roches", a ajouté Pornchai Khamluang, surnommé "Tee".

Pour s'échapper, "nous avons essayé de creuser, pensant qu'on ne pouvait pas se contenter d'attendre les autorités", mais en vain, a ajouté Ekkapol.

Le groupe échoue, l'eau continue de monter et ils se retrouvent à aller, par des boyaux où il faut ramper pour se faufiler, au-delà d'une chambre de la grotte, connue sous le nom de "Pattaya beach".

Et c'est au bout de ce périple, sur un promontoire rocheux cerné par les eaux, qu'ils ont finalement décidé d'attendre que les secours, hypothétiquement, les retrouvent.

Ils avaient abandonné leurs vélos et leurs sacs de sport devant la grotte, indices ayant rapidement aiguillé les recherches, leurs parents connaissant leur attrait pour cette grotte.

Mais au fil des jours, l'espoir d'être jamais retrouvés les a quittés, malgré les prières bouddhistes organisées par l'entraîneur qui a passé plusieurs années dans un monastère.

- Peur de ne jamais rentrer -

"J'avais vraiment peur de ne jamais pouvoir rentrer à la maison", raconte Mongkol Boonpiem, 13 ans, plus connu sous le surnom de "Mark".

Les jours se succèdent, il fait froid et humide dans la grotte pour ces enfants vêtus de simples maillots de foot mouillés et de shorts. Ils se serrent sur leur promontoire pour tenter de se rassurer par leur chaleur humaine.

Soudain, au bout de ce qui s'avèrera être le 9ème jour de leur cauchemar, ils entendent des voix. Ils utilisent la lampe torche qu'ils ont pour éclairer la surface de l'eau boueuse les cernant.

"Nous avons entendu soudain des gens parler", décrit Adul Sam-On, 14 ans, qui a répondu, en anglais, aux plongeurs britanniques les ayant découverts après neuf jours sans contact avec l'extérieur. "Mon cerveau ne fonctionnait pas très bien" après tant de jours sans nourriture, et "ça m'a pris du temps avant de répondre".

Mais quand le plongeur britannique "est sorti de l'eau et m'a demandé: comment ça va? J'ai dit: ça va!", se souvient Adul.

Le moment où il a fallu laisser partir les plongeurs britanniques, venus en explorateurs, a été dur. Mais dès lors, les jeunes rescapés ont su qu'ils n'étaient plus seuls, même s'ils n'ont pas pris tout de suite conscience de l'ampleur médiatique internationale prise par leur histoire et de la mobilisation de plus de mille secouristes.

Une fois d'autres plongeurs revenus attendre avec eux, au terme d'un parcours de plongée très difficile de six heures, ils pensaient encore pouvoir "rentrer en vélo chez eux", comme l'a confié le jeune entraîneur.

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Les rebelles syriens acceptent une reddition dans une zone près du Golan

Des rebelles syriens ont accepté jeudi de céder les territoires sous leur contrôle dans la province de Qouneitra, qui borde la partie du Golan annexée par Israël, au terme d'une série d'accords ayant permis au régime de reprendre des secteurs clé.

Cette annonce intervient après un autre accord conclu cette semaine ayant conduit à l'évacuation jeudi de milliers d'habitants de deux localités prorégime assiégées par les insurgés dans le nord de la Syrie.

Ces deux accords, négociés par Moscou, grand allié du régime, sont perçus comme une nouvelle victoire pour Bachar al-Assad dans la guerre qui ravage le pays depuis plus de sept ans.

Recourant à la puissance de feu et à des négociations pour des accords de reddition, les forces gouvernementales ont capturé ce mois plus de 90% de la province méridionale de Deraa, où les première manifestations contre le régime de Damas avaient éclaté en 2011.

L'aviation du régime a ensuite lourdement bombardé la province de Qouneitra, voisine de Deraa et limitrophe de la zone tampon avec le Golan occupé en majeure partie par Israël.

Sous pression, les rebelles ont accepté de céder Qouneitra et la zone tampon aux forces du régime, ont indiqué jeudi à l'AFP l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et un membre de la délégation de négociateurs rebelles.

L'accord prévoit "un cessez-le-feu, l'abandon (par les rebelles) de l'artillerie moyenne et lourde et le retour des institutions gouvernementales" à Qouneitra (sud-ouest), a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon lui, les forces gouvernementales prendront le contrôle du territoire dans la zone tampon, et les insurgés refusant de rendre les armes seront évacués vers des zones rebelles dans le nord du pays.

- 6.9000 personnes évacuées -

L'accord n'inclut pas les membres du groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, ancienne branche d'Al-Qaïda en Syrie, selon l'OSDH.

L'agence officielle Sana a indiqué être au courant d'un accord permettant au régime de récupérer ses positions d'avant 2011, année du début de la guerre, sans donner plus de détails.

Un membre de la délégation rebelle impliquée dans les pourparlers a confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé pour permettre aux forces gouvernementales d'entrer dans la zone tampon. Il n'était toutefois pas en mesure de dire à quelle date cela interviendrait.

Depuis la guerre de 1967, Israël occupe 1.200 km² du plateau du Golan, dont l'annexion en 1981 n'a jamais été reconnue par la communauté internationale, alors que les quelque 510 km² restants sont sous contrôle syrien.

Appuyé par ses alliés indéfectibles, Iran et Russie en tête, le pouvoir de Bachar al-Assad est déterminé à asseoir son pouvoir sur le pays. Multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, il contrôle déjà plus de 60% du territoire syrien.

Jeudi, les 6.900 habitants de deux localités prorégime dans la province d'Idleb (nord-ouest) --qui étaient les dernières zones assiégées de Syrie-- ont été évacués en territoire gouvernemental en vertu de l'accord conclu mardi entre Moscou et la Turquie, soutien des rebelles.

Foua et Kafraya, en majorité de confession chiite, ont été encerclées pendant trois ans par des rebelles et le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham.

Les opérations ont débuté jeudi après minuit, et quelque 120 bus ont quitté les deux villages. Ils ont franchi l'un après l'autre le point de passage d'Al-Eis, séparant les zones sous contrôle des rebelles et du gouvernement, dans le sud de la province d'Alep.

"Nous avons laissé nos maisons. Certains enfants n'ont jamais vu une pomme de leur vie", a témoigné Chilan Chuweich, une habitante de Foua, évacuée avec son mari et ses deux enfants.

Le siège de Foua et de Kafraya a commencé en 2015 lorsque rebelles et jihadistes ont envahi la province d'Idleb, empêchant l'accès de la nourriture et des médicaments.

- Premiers prisonniers libérés -

"Avec l'arrivée des bus dans les territoires sous contrôle du régime, ce dernier a commencé à libérer les prisonniers selon l'accord", a souligné l'OSDH.

Le texte prévoit la libération de 1.500 prisonniers détenus par le régime en échange de ces évacuations.

"Les combattants de Hayat Tahrir al-Cham sont entrés dans les deux localités" après la fin des évacuations, a indiqué une source au sein du groupe jihadiste.

Selon l'OSDH, l'accord russo-turc garantirait également qu'Idleb ne subisse pas une offensive militaire du régime.

Cette province est limitrophe de la Turquie au nord-ouest, mais elle est presque totalement entourée par des territoires contrôlés par le régime.

Elle abrite plus de deux millions de personnes, y compris des civils syriens et des rebelles qui sont venus s'y réfugier en provenance d'autres territoires dans le cadre d'accords de reddition.

Déclenché en 2011, après la répression par le régime de manifestations pacifiques demandant des réformes démocratiques, le conflit en Syrie s'est complexifié au fil des ans avec l'implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé.

Il a fait plus de 350.000 morts et déplacé des millions de personnes.

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La Turquie maintient en détention le pasteur américain Brunson

Un tribunal turc a ordonné mercredi le maintien en détention préventive du pasteur américain Andrew Brunson, jugé pour "terrorisme" dans une affaire qui empoisonne les rapports entre Ankara et Washington et qualifiée de "honte totale" par Donald Trump.

Le président américain a publiquement appelé mercredi soir son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à oeuvrer pour la remise en liberté du pasteur.

La décision a été rendue lors de la troisième audience de ce procès qui se déroule à Aliaga, dans la province d'Izmir (ouest de la Turquie), selon une correspondante de l'AFP au tribunal. Le procès a par ailleurs été renvoyé au 12 octobre.

Le procès du pasteur, détenu depuis octobre 2016 sous l'accusation d'activités "terroristes" et d'"espionnage", a contribué à tendre des rapports déjà houleux depuis plus de deux ans entre la Turquie et les Etats-Unis.

"C'est une honte totale que la Turquie ne veuille pas libérer un pasteur américain respecté, Andrew Brunson. Cela fait trop longtemps qu'il est retenu en otage. Recep Tayyip Erdogan devrait faire quelque chose pour libérer ce merveilleux époux et père de famille chrétien. Il n'a rien fait de mal et sa famille a besoin de lui!", a tonné Donald Trump dans la soirée sur Twitter.

"Ils le qualifient d'espion. Mais je suis plus espion que lui", avait-il déjà tweeté en avril dernier.

A l'issue de l'audience mercredi, le pasteur Brunson, qui risque jusqu'à 35 ans de prison dans ce procès qui s'est ouvert le 16 avril, a salué de la main les personnes venues le soutenir à Aliaga.

Son maintien en détention balaie les espoirs de ses partisans, alors que l'avocat du pasteur, Cem Halavurt, avait indiqué mercredi matin qu'il s'attendait à sa libération.

M. Brunson "n'a pas été libéré, donc je peux dire que l'injustice se poursuit", a-t-il déclaré à l'issue de l'audience.

Dénonçant "une vraie honte judiciaire", il a affirmé que les accusations pesant sur son client n'étaient pas étayées par des preuves et s'appuyaient seulement sur "les déclarations de quelques témoins".

"Nous sommes déçus par l'issue de l'audience qui s'est déroulée aujourd'hui", a réagi le chargé d'affaires américain à Ankara Philip Kosnett, présent au tribunal.

"Nous allons continuer à suivre cette affaire de près et espérons que le pasteur Brunson retrouvera sa famille bientôt", a-t-il ajouté.

- "Pas la moindre indication" -

Lors de la précédente audience, en mai, le pasteur avait déjà été maintenu en détention préventive, le tribunal invoquant un "risque de fuite".

"J'ai lu l'acte d'accusation, j'ai assisté à trois audiences. Je ne crois pas qu'il y a la moindre indication que le pasteur Brunson est coupable de quelque activité criminelle ou terroriste", a poursuivi M. Kosnett.

La femme du pasteur, Norine Brunson, assistait à l'audience. Quatre nouveaux témoins, deux à charge, et deux de la défense, ont été entendus mercredi.

Avant le début de l'audience, M. Kosnett avait appelé à "résoudre au plus vite ce cas". Ce "serait bénéfique pour tout le monde", avait-il déclaré.

Selon le chargé d'affaires, le cas du pasteur Brunson a été évoqué lors d'un entretien téléphonique lundi entre les présidents turc et américain.

"Les deux présidents se sont engagés à rebâtir la relation (américano-turque) et nous avons beaucoup de travail à faire pour concrétiser cet engagement", a-t-il ajouté.

Les autorités turques accusent M. Brunson d'avoir agi pour le compte du réseau du prédicateur Fethullah Gülen auquel Ankara impute le putsch manqué de juillet 2016, mais aussi pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces deux organisations sont considérées comme terroristes par la Turquie.

Installé en Turquie depuis une vingtaine d'années, le pasteur est aussi accusé d'espionnage à des fins politiques ou militaires.

Il dément catégoriquement toutes ces accusations.

Cette affaire a contribué à tendre les relations entre Washington et Ankara, déjà houleuses en raison de nombreux différends, notamment au sujet du soutien américain à une milice kurde syrienne et le refus américain d'extrader M. Gülen, installé aux Etats-Unis.

En septembre, M. Erdogan avait ainsi évoqué l'idée d'échanger le pasteur Brunson contre le prédicateur Gülen, une hypothèse balayée par Washington.

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Tour de France: le peloton en route vers la montée légendaire de l'Alpe d'Huez

Les 161 coureurs du Tour de France sont parti jeudi midi sous le soleil pour la 12e étape du Tour de France, journée consistante de 175,5 kilomètres qui verra le peloton gravir les cols de la Madeleine, de la Croix-de-Fer avant la montée légendaire vers l'Alpe d'Huez.

"Ce sont des classiques", souligne le directeur de course Thierry Gouvenou. A chaque fois, des efforts de longue haleine, des cols de grande dimension jusqu'à la montée finale des 21 virages pour rejoindre la station de l'Oisans.

"C'est une étape qui ne déçoit jamais, surtout que nous y avons ajouté les somptueux lacets de Montvernier. Ce qui donne 65 kilomètres d'ascension", ajoute Gouvenou à propos d'un dénivelé positif global supérieur à 5.000 mètres.

Après l'indigeste Madeleine (25,3 km à 6,2%) et Montvernier, l'interminable Croix-de-Fer (29 km à 5,2%) amène à la vallée de la Romanche et Bourg d'Oisans, pied de l'ascension terminale jusqu'à l'altitude de 1.850 mètres.

L'Alpe d'Huez, où le Tour revient après trois ans d'absence, présente une pente moyenne de 8,1% sur les 13,8 kilomètres d'une montée devenue mythique. Par la grâce d'un cadre faisant office de stade naturel et d'une popularité jamais démentie auprès du public, notamment néerlandais.

Lors des trois précédentes arrivées dans la station de 1.400 habitants, la victoire est revenue à chaque fois à un Français, Pierre Rolland en 2011, Christophe Riblon en 2013 et Thibaut Pinot en 2015.

Le peloton s'est élancé à 12h27 de Bourg-Saint-Maurice, avec une arrivée à l'Alpe d'Huez prévue vers 17h53 (prévision à 32 km/h de moyenne).

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Après l'affaire Lactalis, la commission d'enquête réclame un meilleur contrôle des industriels

Meilleur contrôle des industriels, interlocuteur unique pour les crises sanitaires et révision des procédures de retrait/rappel: ce sont les principales pistes tracées mercredi par la commission d'enquête parlementaire sur la contamination de laits infantiles Lactalis.

Fin 2017, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir consommé un produit pour enfant fabriqué par Lactalis.

Le processus de retrait a été chaotique et de nombreux dysfonctionnements ayant mené à la contamination ont été mis au jour, ce qui a donné lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire et à la création de la commission d'enquête parlementaire, qui a rendu publiques ses préconisations dans l'après-midi.

Le rapporteur de la commission, Grégory Besson-Moreau, député En Marche (LREM), comme le président Christian Hutin, apparenté socialiste, ont souligné qu'ils souhaitaient voir ce rapport aboutir rapidement à une proposition de loi.

M. Besson-Moreau a taclé le géant laitier indiquant que les explications du groupe sur l'origine de la contamination "ne coll(aient) pas", tout en soulignant avoir découvert au fil des auditions que l'ensemble de la chaîne avait "déraillé" durant cette crise.

Les préconisations de la commission d'enquête parlementaire visent donc "chacun des maillons", depuis les industriels jusqu'aux distributeurs en passant par les services de l'Etat, a souligné le député de l'Aube.

- Autorité unique -

Pour éviter les problèmes sanitaires dans l'industrie agroalimentaire, "l'auto-contrôle n'est pas suffisant", avait déclaré plus tôt M. Hutin, à l'antenne d'Europe 1, assurant qu'il fallait "contrôler les contrôleurs, et contrôler les contrôlés" et demandant de vérifier l'indépendance des laboratoires.

La commission préconise de "toucher au portefeuille" les industriels qui "ne respecteront pas une forme de déontologie et de rigueur sur les autocontrôles", selon le député du Nord.

D'après M. Hutin, la commission demande aussi à ce que l'Etat mette fin à la "guerre des polices" et crée une autorité unique dans le domaine de la sécurité alimentaire, transférée au ministère de l'Agriculture, dénonçant une "armée mexicaine" avec "trois ministères (impliqués): la Santé, Bercy (ministère de l'Economie et des finances, ndlr) et Agriculture, c'est pas possible".

Pour illustrer les limites du système, M. Besson-Moreau a expliqué qu'à l'heure actuelle, "la direction générale de la Santé et la répression des fraudes (DGCCRF) travaillent chacune de leur côté à la mise en place d'une application (informatique, ndlr) différente, destinée à prévenir les citoyens lors de crises sanitaires, alors qu'elles auraient pu, ou dû, joindre leurs efforts".

- Création de 800 emplois -

Le rapport, qui sera rendu public la semaine prochaine, entend aussi trouver des fonds pour garantir une meilleure efficacité des services de l'Etat grâce à une nouvelle redevance sur les industriels, votée au niveau européen, dont le produit de 270 millions d'euros sera "automatiquement transféré à la DGAL", selon M. Moreau-Besson. Cette somme pourrait, selon le rapporteur, permettre la création de "800 emplois équivalents temps plein".

Concernant la procédure de retrait/rappel, qui s'était avérée défaillante durant la crise Lactalis, M. Hutin a évoqué plusieurs pistes: des "stress-test" comme pour les banques, le remplacement des codes barres par des QR codes pour faciliter les blocages à la caisse, et la formation du personnel. Il demande également qu'un employé par magasin "soit responsable de la santé publique".

"Dans les cas de risque sanitaire grave et avéré, incluant l'hypothèse d'un acte terroriste d'empoisonnement, tous les moyens doivent pouvoir être mobilisés pour contacter les clients, y compris les données bancaires", a ajouté le rapporteur.

L'organisation de défense des consommateurs UFC Que Choisir a exprimé des doutes sur les propositions des députés. "Si plusieurs des mesures que nous réclamions sont reprises (...) certaines propositions laissent largement dubitatifs", a réagi dans un communiqué UFC Que Choisir, qui avait porté plainte contre Lactalis pour tromperie.

L'ONG a pointé du doigt la création d'une autorité unique pour la sécurité alimentaire dépendant du ministère de l'Agriculture. Un tel rattachement "ne peut qu'inquiéter: faut-il se rappeler de la gestion calamiteuse du scandale de la vache folle et plus récemment celle du Fipronil ?", a jugé l'association.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert a jugé les craintes de l'UFC "hors de propos".

"Il est curieux de lancer des accusations graves qui mettent en cause le travail d'agents qui se sont bien comportés dans la gestion des crises sanitaires", a-t-il dit à l'AFP. "C'est faire injure à tous ces fonctionnaires".

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F1: Lewis Hamilton prolonge de deux ans avec Mercedes, jusqu'à fin 2020 (écurie)

Le pilote britannique Lewis Hamilton, quadruple champion du monde de Formule 1, a prolongé de deux ans son contrat avec Mercedes, jusqu'à la fin de la saison 2020, a annoncé jeudi son écurie à trois jours du GP d'Allemagne à Hockenheim.

"La passion de la compétition qui brûle en moi est partagée par tous les membres de ce groupe", a indiqué Hamilton, 33 ans, vainqueur de trois titres mondiaux et 44 GP depuis qu'il a rejoint en 2013 la marque à l'étoile, en provenance de McLaren.

"Mercedes est devenue la maison de Lewis en F1 et son histoire est liée pour toujours à l'argent et au vert de Mercedes-AMG Petronas", a souligné Toto Wolff, le patron de l'écurie de Brackley.

"Je suis très confiant dans le fait que nous allons encore écrire des chapitres incroyables de notre histoire à l'avenir", a assuré l'Autrichien.

"Cette prolongation de contrat était essentiellement une formalité depuis que nous nous sommes assis, Toto et moi, pour discuter cet hiver. C'est donc bien de signer officiellement pour l'annoncer et continuer à travailler comme d'habitude", a renchéri Hamilton, actuellement deuxième du Championnat du monde à huit points de l'Allemand Sebastian Vettel (Ferrari).

Selon plusieurs sources, Mercedes souhaitait que Hamilton s'engage pour plus longtemps encore, mais ce dernier, dont la faible motivation à poursuivre sa carrière en F1 après l'horizon 2020 a été souvent évoquée ces derniers mois, s'y est refusé.

La possibilité d'une retraite n'est donc pas à exclure à la fin de ce nouveau contrat.

En attendant, le salaire du Britannique, qui détient le record absolu du nombre de pole positions en F1 (76), devrait dépasser les 45 millions d'euros par saison.

Son équipier finlandais Valtteri Bottas, dont l'engagement se termine en décembre, souhaite lui une prolongation de deux saisons, mais Mercedes semble pour l'instant enclin à ne lui offrir qu'une seule année supplémentaire, comme l'an passé.

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Le périple des chevaux de Przewalski vers la Mongolie, leur terre d'origine

De violents coups de sabot font vibrer un petit avion affrété par l'armée tchèque en train de survoler la Sibérie. A son bord, quatre rares chevaux de Przewalski retournent vers les steppes mongoles, leur terre d'origine.

Sauvée de l'extinction grâce à des programmes de reproduction menés par des zoos à travers le monde, cette espèce est actuellement réintroduite avec prudence dans une réserve faunique en Mongolie.

Mais, confinées dans des caisses en bois, les s?urs finlandaises Helmi et Hanna, ainsi que les juments allemande Spes et suisse Yanja, ne semblent pas apprécier ce périple.

Le zoo de Prague, qui élève des chevaux de Przewalski depuis 1932 et tient le livre généalogique mondial de l'espèce, a lancé son projet de réintroduction en Mongolie en 2011.

"Le voyage en avion est l'étape la plus difficile", explique à l'AFP le vétérinaire en chef du projet, Roman Vodicka, en s'efforçant de couvrir le bourdonnement continu du bimoteur à hélices.

"Il arrive que le cheval fasse un faux pas, qu'il reste coincé ou se couche, ce qui risque d'arrêter la circulation sanguine dans les jambes. Si cela se produit lors du déplacement à bord d'un camion, nous pouvons le relâcher pour qu'il dégourdisse ses jambes dans la nature, mais c'est bien sûr impossible dans l'avion", sourit-il.

Les quatre juments trapues, robe sable brun et jambes courtes, vont bientôt rejoindre les troupeaux de Takhin Tal, la "steppe des chevaux sauvages", leur terre d'origine où quelque 220 chevaux de Przewalski savourent déjà leur liberté.

C'est là que le dernier survivant sauvage avait été aperçu en 1969. Depuis, l'espèce n'a été perpétuée que grâce aux animaux des zoos.

"Ces juments ont une chance que d'autres n'auront pas. Elles retournent chez elles", explique Jan Marek, responsable du zoo pragois en charge des ongulés.

- Sifflets et foin -

Mais pour le moment, elle sont agitées, après une journée bien remplie qui a commencé très tôt le matin, dans un centre d'acclimatation au sud de Prague.

Anesthésiées, elles ont subi différents tests et traitements, avant d'être enfermées dans des caisses et transportées par camion vers une base aérienne militaire dans la banlieue de Prague.

Les spécialistes du zoo les surveillent tout au long du voyage. Ils essaient de les calmer, par des sifflements et grâce au foin notamment, alors que la température à l'intérieur de l'appareil est comprise entre 15 et 19 degrés.

Après l'atterrissage, à Bulgan Sum dans l'ouest de la Mongolie, les juments voyagent en camion sur des routes cahoteuses jusqu'à la réserve reculée de Takhin Tal. C'est là qu'elles peuvent finalement galoper à l'intérieur d'un enclos.

Au printemps prochain, elles seront relâchées dans la nature pour rejoindre un étalon solitaire ou un harem, un groupe d'une douzaine de chevaux à Takhin Tal, dans la zone protégée de Grand Gobi B qui s'étend sur plus de 9.000 km2.

"L'organisation du harem est une très belle structure sociale, au sein de laquelle chacun a son rôle à jouer", a indiqué à l'AFP Ganbaatar Oyunsaikhan, directeur de Gobi B.

- "Dzud" -

Le zoo de Prague a jusqu'ici réintroduit dans la nature sauvage mongole 31 chevaux de Przewalski, un projet lancé par son directeur Miroslav Bobek mais dont le financement est assuré par des zoos du monde entier.

"J'ai pris cette décision après le +dzud+ de 2009-2010 qui a réduit le nombre de chevaux locaux de deux tiers, à une cinquantaine", explique M. Bobek.

Le "dzud" est un hiver particulièrement enneigé en Mongolie, pendant lequel les animaux n'arrivent pas à trouver leur nourriture à travers la neige.

Les Européens n'ont fait la connaissance du cheval de Przewalski qu'à la fin du XIXe siècle, grâce à l'explorateur et géographe russe Nikolaï Mikhaïlovitch Przewalski (1839-1888) qui l'a découvert dans des montagnes bordant le désert de Gobi.

Sa population actuelle est forte de quelque 2.400 chevaux dont quelque 800 vivent en liberté. "Tous les chevaux de Przewalski actuels descendent d'un groupe génétiquement restreint d'une dizaine d'animaux reproducteurs", dit M. Bobek.

- Améliorer la diversité génétique -

Les zoologistes espèrent que les quatre nouvelles juments venues de zoos différents vont améliorer la diversité génétique du troupeau mongol.

"Si nous faisions venir ici uniquement des chevaux tchèques, ce serait le même sang. Nous essayons de créer une population aussi diversifiée que possible", explique Jan Marek.

Une étude publiée en février dans la prestigieuse revue Science par une équipe internationale de chercheurs a révélé que cet équidé, qui a jadis inspiré des peintures rupestres d'artistes préhistoriques, n'est pas le seul cheval encore sauvage dans le monde comme on le pensait: il a pour ancêtre des animaux domestiqués, dont quelques-uns se sont échappés dans la région de Botaï, au nord de l'actuel Kazakhstan, il y a quelque 5.500 ans.

Mais "de toute façon, l'unicité du cheval de Przewalski est évidente", dit Miroslav Bobek. "Et nous continuerons notre effort".

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